— En fait, ça a commencé très tôt. À l'âge des premiers boutons sur la gueule, des premiers poils, des premières barrettes de chichon avec les potos sur les marches de l'église à teuteur du mat'…les premières branlettes, quoi.
« Avant ça, c'était facile, je bossais pas trop mal à l'école, je faisais mes devoirs le soir en rentrant pour que ma reum me laisse jouer aux jeux vidéos après. Le week-end, c'était le tour de mon vieux de péter les noyaux avec ses histoires de bois à couper pour l'hiver. Bon, il me restait quand même mes dimanches tranquillou dans ma chambre ou chez les copains, vu que mes deux cons de géniteurs étaient affalés devant la télé jusqu'au soir.
« Nan, où ça a merdé, c'est quand les nanas sont devenues connes. Bon, elles en tenaient déjà une couche, hein, on va pas s'le cacher. Mais là, ça devenait vraiment n'imp'. Elles s'foutaient à part en nous regardant comme des veaux et en couinant comme des chiennes en chaleur ; tout ça parce qu'elles avaient les nichons qui poussaient. Chui sûr qu'elles devaient se les montrer dans leurs chambres ces salopes.
« Alors nous entre mecs, on se faisait des concours de bites, ou de celui qui pine le plus loin. Histoire de se venger de leurs conneries. Gégé, c'était le plus dégourdi. L'avait réussi à se faire branler par la Suzette, la fille du barman. Une mocheté pas possible : un pif aussi gros que l'Italie et presque pas de nichons, l'horreur ! Et les deux thons qui l'accompagnaient toujours, c'étaient pas des starlettes de porno non plus, hein, pfiouu. Histoire de pas passer pour des cons, on avait chambré l'Gégé parce qu'il avait pas été fichu de voir sa chatte. Qu'est-c'qu'on a pu s'marrer, hohoho.
« La p'tite Sonia. C'était la fille du voisin. On jouait déjà à touche pipi dans sa chambre pendant que nos vieux bouffaient comme des porcs et se pintaient au Chablis. Alors avec le temps, on s'était dit que se serait dommage de pas continuer. J'ai eu du bol, elle avait pécho des gros nibards. J'me souviens d'les avoir pelotés pendant des plombes. C'était doux, chaud, ferme, et ses tétons tout durs ; ooh puutiin, j'triquais comme un âne mort ! Elle a foutu sa main dans mon falzard. J'ai tout balancé au moment où elle m'a déglandé. On a dû s'arrêter là, vu que je venais de baptiser sa moquette — enfin pas celle que j'aurais voulu, hein, hahaha. La salope. La semaine d'après, elle m'a fait ma première pipe dans ma chambre. J'peux vous dire que ça a pas traîné, elle a tout pris dans la gueule au deuxième coup de langue, c'te chienne ; mais moi, j'pensais qu'à sa p'tite chatte. Ah la la. J'y ai jamais eu droit d'ailleurs.
« À partir de là, j'ai passé la surmultipliée. À chaque fois que je voyais une nana, je matais son cul et ses seins, et j'imaginais sa chatte. J'en étais toujours à m'branler sur des connasses en jpeg les jambes écartées avec leurs dindons velus ou leurs abricots fendus aussi lisses que le lino d'la cuisine. Putin, j'aurais étriper mon vieux et vendu ma mère pour une chatte. Saloperie d'adolescence de merde !
« Finalement, j'ai bossé dans l'usine du paternel tout le mois d'août pour avoir de l'argent de poche. Le lendemain de la paye, j'ai tout claqué aux putes. Quitte à se faire une salope, autant que se soit une professionnelle. Faut pas gâcher, hein. Elle m'a dit s'appeler Monique, mais je pouvais lui donner un autre nom pour le même prix. Une pro quoi. Quand j'ai joui dans sa chatte, ça été comme une révélation. L'essence même de ma raison de vivre. Je devais baiser, baiser et baiser encore, jusqu'à la mort, même jusqu'à en crever si possible. Quand j'ai dit ça au Gégé, il a dit qu'il me comprenait. Mais comme il était à la colle avec Ginette, la fille du boulanger, j'me disais qu'il était foutu. D'ailleurs ça à pas loupé, y s'est marié avec ce con. Moi chui pas l'homme d'une femme, je suis l'homme de toutes les femmes : jeunes, mûres, vieilles, célibataires, mariées, veuves, riches, pauvres, mineures, majeures…mais pas les moches. Faut bien en laisser pour les autres, hein !
« Enfin, bref. Vous voyez l'tableau, quoi. J'profite de la vie, moi…
« Vous, j'sais pas, mais moi, de parler comme ça pendant des plombes, ça me donne soif…
« J'boufferais bien un cul, là…»
— Hum hum. Vous n'arrivez toujours pas à penser avec votre cerveau du haut à ce que je vois.
— Ahh, j'vais pas vous mentir, j'y arrive des fois, mais ça dure pas longtemps. Et puis j'me perds dans mes pensées, même que des fois j'm'endors aussi sec ; quand ça me refile pas un mal de crâne carabiné !
— Pourriez tenter le coup, là ? Juste pour voir.
— Bah, ok. Je dois faire quoi ?
— Je ne sais pas. Comptez par exemple.
— Ok. 1, 2, 3, 4… Dites, vous savez la différence qu'y a entre moi et toutes les bonnes femmes de la Terre ?
— Hum… Dites toujours.
La main du Machin venait de se saisir son sexe en érection, conséquence directe de l'image d'une lycéenne en jupe courte qui venait de surgir dans son cerveau primaire.
— Moi, avec une seule main, je peux compter jusqu'à six ! Hahahahahahha.
Là-dessus, son interlocuteur se leva :
— Bon, fin de la séance ! Remballez-moi votre matériel avant de saloper mon canapé. Ce sera 90 euros et on se revoit la semaine prochaine, même jour, même heure.
EDIT 1 : fautes relevées par Manolo
EDIT 2 : faute relevée par Olive