Le Monde de L'Écriture
Salon littéraire => L'Atelier => Le petit amphithéâtre => Discussion démarrée par: Milora le 24 Janvier 2008 à 18:28:17
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(je n'ai pas vérifié, mais je ne pense pas qu'un fil de discussion sur le sujet ait déjà été ouvert)
Parfois, quand on lit un livre, certains personnages dégagent une sorte d'aura, de présence, on a vraiment l'impression de les sentir, qu'ils sont là. Une espèce de charisme. Or, je m'interroge : à quoi est-ce que c'est dû ? Est-ce que c'est simplement moi qui ressens ça, est-ce que tout le monde le ressent pour les mêmes personnages ?
Pour cette dernière question, c'est facile de répondre : il suffit de citer des exemples. Je citerais Lord Asriel, Mme Coulter, Hurle (Le Château de Hurle), un peu Qadehar (Le Livre des étoiles), Dumbledore (et Rogue sur la fin...), un peu Vérité, Farag Boswell (Le Dernier Caton), un peu Nathaniel (La Trilogie de Bartiméus), et d'autres que j'oublie, mais pas si nombreux que ça.
En regardant cette liste, je m'aperçois que ce ne sont pas forcément des gentils ou des méchants, drôles ou sérieux, jeunes ou vieux, qu'ils ont des caractères très différents...
ça ne dépend pas non plus de leur profondeur psychologique, parce que pour la profondeur psychologique de Qadehar, on repassera, et que d'autres personnages très travaillés et bien réussis n'ont pas cette "présence".
Peut-être est-ce dû au mystère qu'ils dégagent ? A leur puissance ? Ou à la façon des les présenter, en faisant vraiment voir certains traits ou attitudes (pour Hurle, par exemple, tout ça serait réuni) ?
Enfin bref, quel est votre avis ?
(parce que la question qui en découle c'est : comme arriver à reproduire ce genre de sensation en écrivant ^ ^)
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Pour Hurle, je suis tout à fait d'accord... Il a une aura, quelque chose de différent qui le rend encore plus vrai et présent dans mon esprit. Dumbledore un peu également, mais moins...
Pourquoi ? C'est une très bonne question, et je dirais que c'est peut-être leur personnalité, leurs agissements et tout ce qui fait d'eux ce qu'ils sont qui les rend ainsi ^_^ (désolée pour cette phrase très constructive mdr ><)
Je pense que pour réussir à créer un tel personnage, il faut vraiment connaitre son caractère à fond, savoir exactement comment il agirait dans telle ou telle situation, son passé, son futur, ses sentiments..... Ainsi, il devient de plus en plus réaliste et proche du lecteur. ::)
Qu'en pensez vous, les autres ? :)
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Oui, mais par exemple, si on prend Fitz, il est très travaillé de ce côté là, mais il ne fait pas le même effet. Est-ce que la condition c'est qu'on ne soit pas dans la tête du personnage, pour qu'on puisse le percevoir comme un individu et non comme une personne dans la peau de qui on se glisse ?
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Fitz est trop humain pour qu'on s'attache à lui ::)
Enfin, je dis ça, mais je l'adore. Chacun ressent la présence d'un personnage de façon différente, non ? Pour moi, Fitz est depuis longtemps sorti de l'Assassin royal. Il a pris forme, indépendamment du bouquin. Parfois, je vis une scène, et je me demande comment lui aurait réagi, je me dis qu'il aurait cru faire le bon choix, comme toujours, et je remets en question mes appréciations ><
Concernant le Fou, c'est différent. Je le trouve moins humain. Il est terriblement creusé, comme personnage, plus que tout autre, et j'ai vibré avec lui plus qu'avec certaines connaissances. Mais il est moins proche de nous, pas seulement parce qu'on le voit à travers Fitz. Il est moins humain, qu'on le veuille ou non, et un Prophète Blanc est trop important, trop héroïque pour qu'on puisse s'y identifier complètement. Fitz, c'est un héros-malgré-lui, il fait des mauvais choix, il est sincère mais toujours confronté à la compléxité du monde.
C'est pour ça que, même si mon personnage préféré reste le Fou, c'est Fitz qui dégage pour moi la plus grande... humanité. Il est humainement chaleureux, Fitzounet :) il ne maîtrise rien ou pas grand-chose, pas même sa relation avec le Fou. C'est le Fou qui l'amène sur le chemin de l'héroïsme, c'est le Fou qui sculpte Parangon, c'est le Fou qui écrit la lettre.
C'est en ce sens que je le trouve plus humain que le Fou : Fitz parvient rarement à ses fins. Il emprunte des voies de substitution, comme la plupart d'entre nous.
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Je suis assez d'accord avec Loredan, sur l'idée que Fitz est plus "ancré dans la réalité" (si un personnage peut l'être ^^ ) que le Fou. Moi aussi, il m'arrive de voir des situations, pas forcément vécues mais dans un autre roman par exemple, et de me demander ce que Fitz aurait choisi. pas le Fou, non, Fitz. Justement parce qu'il est très humain, que l'on peut s'y identifier un peu et que c'est un anti-héros.
Et pourtant, si je devais désigner un personnage qui détiendrait une aura, une présence, un personnage qui m'a marqué pour toujours -enfin, je crois... :noange: Bon ben vous connaissez déjà la réponse, c'est le Fou.
Le Fou, justement parce qu'il est à la fois là et absent, parce que l'on en arrive à très bien le connaître de par certains aspects, et en même temps, à ne pas le connaître du tout. Parce que l'on attend sa présence ou ses simples apparitions, une fois que l'on s'y est attaché, que l'on relit encore et encore les passages où il apparaît, et qu'il possède lui-même un bagout, une prestance que remarquent les autres personnages.
Je ne sais pas si c'est la "présence" dont tu voulais parler au départ, Milora. Mais je pense pour moi, cette présence réside en le fait de reconnaître certaines postures corporelles typiques du Fou, de parvenir à imaginer sa (ou plutôt "ses") voix au point que j'ai l'impression de les entendre, de s'interroger souvent sur lui et ses secrets, etc.
A mon avis, on peut parler de "présence" non seulement lorsque le personnage l'est non seulement dans le récit, mais aussi dans l'esprit. :)
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Mais je pense pour moi, cette présence réside en le fait de reconnaître certaines postures corporelles typiques du Fou, de parvenir à imaginer sa (ou plutôt "ses") voix au point que j'ai l'impression de les entendre, de s'interroger souvent sur lui et ses secrets, etc.
Il doi y avoir de ça, effectivement...
A mon avis, on peut parler de "présence" non seulement lorsque le personnage l'est non seulement dans le récit, mais aussi dans l'esprit.
Là par contre, je dirais oui et non, parce que par exemple Bartiméus est très présent dans l'esprit, mais je ne lui trouve pas cette espèce d'aura...
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Oui, mais par exemple, si on prend Fitz, il est très travaillé de ce côté là, mais il ne fait pas le même effet. Est-ce que la condition c'est qu'on ne soit pas dans la tête du personnage, pour qu'on puisse le percevoir comme un individu et non comme une personne dans la peau de qui on se glisse ?
Je trouve ton sujet très intéressant Milora. Je crois que JK réussit bien à nous faire éprouver des sentiments pour ces personnages parce qu'elle est capable de te les décrire dans la banalité. C'est ce côté vit de tous les jours qui rend les gens plus proche de nous.
(avant que loredan conteste mon propos je tiens à souligner qu'il n'engage que moi)
C'est plus facile de comprendre Rogue quand on apprend qu'il était éperdument amoureux de Lily Potter.
J'ai décidé pour m'aider à donner de la profondeur à mes personnages de créer les petites histoires dans lesquelles je relate un événement qui n'a rien à voir avec l'histoire. Au fur et à mesure je découvre moi-même l'histoire et l'identité de mes personnages. Parfois je me l'aise surprendre par leurs réflexions et c'est sympa
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Très intéressante comme discussion!
Je suis d'accord avec vous sur beaucoup de points.
Le Fou est un perso poignant par ses attitudes et comme Ambrena je pense que ce sont ses postures qui jouent à lui donner une certaine "présence"
Pour Rogue (personnage que j'adore), au contraire le fait qu'il soit tombé amoureux de Lilly, ça veut le rendre trop humain on veut lui donner en gros " des circonstances atténuantes", je l'appréciais plus quand on ne savait pas ça.
En fait, les personnages qui ont le plus de "présence", ce sont ceux qui sont un peu énigmatiques, non?
Rogue, Dumbledore, le Fou et même Fitz
Il faut qu'on sente proche du personnage, au point que parfois on se demande comment il aurait agi dans telle ou telle situation, mais un même temps il faut qu'il nous échappe un peu.
C'est une sorte de jeu en quelque sorte ^^
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Hm, autant les trois premiers, oui, autant Fitz... Fitz, énigmatique ? au contraire, c'est lui qui nous est le plus ouvert, on a le détail de chacune de ses pensées, interrogations, réflexions, de chacun de ses doutes... il analyse, ré-analyse ses actions ; ce que nous ne savons pas de sa vie, lui l'ignore parfois de même ; et, s'il y a une ellipse dans le récit, c'est qu'il nous dit "rien d'intéressant ne s'y est passé, aucune clef qui vous permette de mieux me comprendre".
Fitz, on le comprend plus que quiconque. On ne mesure pas toujours tout de suite la portée de ses entreprises (mais qui la mesure, à part le Fou ?) ; Fitz veut maîtriser son destin mais, invariablement, ses actions finissent par se révéler les actions souhaitées par le Fou.
C'est bien pour ça, je crois, qu'il a une profonde humanité : parce que le lecteur le cerne autant, voire plus, que lui se cerne, et qu'il est établi une cohérence profonde, en toute chose, entre ce qu'il pense et ce qu'il fait, entre ce qu'on sait de lui et ce qu'il décide de faire (même si ça n'exclut pas qu'il puisse nous surprendre ; la compréhension peut se faire a posteriori)...
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D'un autre côté je ne l'ai pas tous lu! :-°
Je sais pas trop en fait... pour moi, ce n'est pas parce que on a les pensées d'un personnage qu'on le comprend (me voilà partie dans la philo, là ><)
Il y a tout de même des moments où j'ai dû mal à comprendre pourquoi il agit comem ça même si ses pensées le justifient
en fait ce que je veux dire, c'est que si on connaît "trop" un personnage, pour moi, il nous touche moins
c'est la différence, le fait que l'autre n'agisse pas forcément comme on l'attendait qui fait qu'il est intéressant
mais c'est peut-être le mot "énigmatique" qui ne correspond pas bien à ce que je veux dire en
Je crois que par principe, je ne veux pas cerner les personnages ::)
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Très intéressante comme discussion!
Je suis d'accord avec vous sur beaucoup de points.
Le Fou est un perso poignant par ses attitudes et comme Ambrena je pense que ce sont ses postures qui jouent à lui donner une certaine "présence"
Pour Rogue (personnage que j'adore), au contraire le fait qu'il soit tombé amoureux de Lilly, ça veut le rendre trop humain on veut lui donner en gros " des circonstances atténuantes", je l'appréciais plus quand on ne savait pas ça.
En fait, les personnages qui ont le plus de "présence", ce sont ceux qui sont un peu énigmatiques, non?
Rogue, Dumbledore, le Fou et même Fitz
Il faut qu'on sente proche du personnage, au point que parfois on se demande comment il aurait agi dans telle ou telle situation, mais un même temps il faut qu'il nous échappe un peu.
C'est une sorte de jeu en quelque sorte ^^
En fait, je suis totalement d'accord. Sauf peut-être pour Fitz, en effet, mais moi non plus je n'en ai pas beaucoup lu. Mais ça ne règle pas entièrement la question, car tout personnage mystérieux ne produit pas cet effet... si ?
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Mais ça ne règle pas entièrement la question, car tout personnage mystérieux ne produit pas cet effet... si ?
non bien sûr ^^
en fait ça concernerait plus les personnages pour qui on se dit "mais pourquoi est-ce qu'il a une telle attitude ?"
et je pense qu'un personange peut avoir de la "présence" sans pour autant qu'il soit mystérieux ( c'est pas une règle, quoi !), maintenant je trouve pas d'exemples, vous en avez ?
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Mais ça ne règle pas entièrement la question, car tout personnage mystérieux ne produit pas cet effet... si ?
Tout personnage mystérieux, lorsqu'il a été travaillé comme un personnage important, d'une certaine envergure... Dumbledore, Le Fou, Snape sont dans ce cas-là. Mais il y a d'autres exemples de personnages énigmatiques qui ne sont que secondaires (là tout de suite, je n'en trouve pas :P), et ceux-là, du moins pour moi, n'ont pas cette aura.
Edit : post croisé avec ernya !
Je voudrais préciser que pour moi les deux sortes de persos évoqués ont cette présence : ceux que nous cernons presque complètement tellement ils sont proches de nous, humains, ou du moins ont autant de défauts que nous (Fitz), et ceux qui au contraire nous échappent totalement...
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Ha, c'est donc pour ça que j'ai l'impression d'avoir Melkor dans mon dos :o
Tout personnage mystérieux, lorsqu'il a été travaillé comme un personnage important, d'une certaine envergure...
Justement, si un personnage est très travaillé, on a généralement beaucoup de détails sur lui et du coup, il n'est plus si mystérieux. Non?
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Justement, si un personnage est très travaillé, on a généralement beaucoup de détails sur lui et du coup, il n'est plus si mystérieux. Non?
Non, si le travail repose sur son caractère mystérieux
je m'explique: faire un personnage mystérieux c'est pas si facile que ça, c'ets plus dur de donner quelques petits détails au compte goutte de façon à ce que le lecteur ne cerne pas bien le personnage que de caractériser à fond un personnage
... remarquez, peut-être pas, j'en sais rien en fait :-[
pour résumer: travailler un personnage ça ne veut pas dire donner plein de détails, ça veut dire en donner le juste nécessaire pour la cohérence du personnage
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Heu oui, j'ai du mal lire :D
Effectivement, tout dépend de la manière de travailler un personnage. Et un personnage mystérieux ne doit pas être facile à faire. On ne peut pas ne pas donner de détail sinon le lecteur ne pourra pas du tout se le représenter et ne l'aimera d'office pas(ça peut être l'effet voulu mais il y a moyen de faire mieux).
Et je devrai créer des personnages mystérieux, ça risque d'être dur :P
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Justement, si un personnage est très travaillé, on a généralement beaucoup de détails sur lui et du coup, il n'est plus si mystérieux. Non?
travailler un personnage ça ne veut pas dire donner plein de détails, ça veut dire en donner le juste nécessaire pour la cohérence du personnage
Ernya a en partie répondu ce que je voulais dire ! On peut penser au Fou ou à Dumbledore... Ils sont tous deux très travaillé dans chacune des deux séries, et pourtant qui pourrait dire qu'il les a parfaitement compris ? Leur donner de la cohérence ce n'est pas les expliciter complètement ; et leur donner de la profondeur, ça peut aussi les rendre encore plus mystérieux...
Edit : encore un post croisé (je suis trop lente !)
Et je devrai créer des personnages mystérieux, ça risque d'être dur
Je crois qu'on aspire tous à en créer ... mais c'est pas si facile ::) puisque de toute façon, ce n'est pas nous qui allons dire que nos persos ont une aura, une présence, c'est le lecteur !!
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Et puis c'est surtout qu'un personnage peut être important dans le rôle qu'il joue dans l'action, sans qu'on sache tout sur son passé, par exemple.
Bref, en revanche, bien qu'il ne soit pas facile de créer un mystère autour d'un personnage, je crois que c'est l'une des solutions les moins difficiles et l'une de celles qui vient tout de suite à l'esprit quand on veut intéresser le lecteur. Des paroles prophétiques, un air malicieux : hop, le tour est joué. Le problème, c'est le stéréotype qui s'étend comme un gouffre à ses pieds...
Donc la présence d'un personnage, je pense, doit moins venir des caractéristiques que l'auteur a prévu pour lui (sarcastique/passé trouble/look particulier, par exemple) que du travail sur sa psycho, ses pensées, ses réflexions, ses actes, analysés et ré-analysés...