Le Monde de L'Écriture

Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: kosmos le 25 Mai 2013 à 04:31:38

Titre: Le Fantôme de Hoi An
Posté par: kosmos le 25 Mai 2013 à 04:31:38
2 Petites notes de lecture avant de lire le texte:
1. Gateau du ciel et gateau de la terre:  Le banh day, gâteau rond préparé pour les célébrations du Têt au Vietnam (nouvel an chinois), est un symbole du ciel. Le banh chung, de forme carrée, est un symbole de la terre. Les deux sont à base de riz gluant.
2.  Ao-Dai: Tenue traditionnelle vietnamienne. 



Mon bâton creuse un léger sillon dans la rivière. Je le lâche. Il se pose doucement sur la surface de l’eau et poursuit sa route tranquille vers la mer. Hoi An est une ville reposante. Sa digue, qui longe la rivière Thu Bon et la regarde passer depuis des siècles, me raconte son histoire, des folles heures commerçantes à la douce retraite des bateaux enlisés dans le sable. Et la rivière qui poursuit sa route tranquille vers la mer…
Comme aspirés par les courants, les effluves parfumés des restaurants se joignent au flot paisible en frôlant mes narines. Les cuisines travaillent. Bientôt les terrasses du quai accueilleront des touristes éreintés par une journée de sensations nouvelles. Odeurs de mets et de victuailles que je ne peux saisir. Odeurs fugitives et voyageuses immatérielles qui me séduisent au passage, puis m’abandonnent à leur souvenir. Mes sens sont troublés, se perdent dans ces nuages aromatiques dont il me faut maintenant trouver la source.

   Une vieille chanson de Jacques Brel m’invite au « café des amis », où je décide de prendre mon repas. Des mélodies nostalgiques se mêlent aux fraîches senteurs de la cuisine vietnamienne et je me perds un moment dans ce doux dédale d’impressions. Le patron m’aborde avec un sourire ancien. Il tient un gâteau rond et un autre carré entre ses mains .
« En guise de hors-d’œuvre et pour célébrer la fête du Têt, prendrez-vous le gâteau du ciel ou celui de la terre ?
- Je préférerais la terre mais le gâteau du ciel me semble un peu plus léger.
- Ah…L’impalpable… »
   
   
   De retour dans ma chambre, j’attends patiemment le sommeil. Les pales immobiles du ventilateur guettent mes paupières pour commencer leur ronde dans mon imagination. Je songe au repas digéré, mais aussi aux odeurs le long de la digue, aux pagodes chinoises et au pont japonais, aux artisans et aux tableaux tapis dans l’ombre des ateliers, aux regards furtifs des passantes…
   Comme issue de mes songes, une ombre blanche et ondulante se détache du plafond. Peu à peu elle prend forme, se dessine. Une tunique lactescente et des pieds nus… C’est une jeune femme en ao-dai . Mais je distingue mal son visage. Soufflée par les pales du ventilateur, sa chevelure noire le couvre comme un rideau ou un voile. Elle flotte lentement vers moi. Mes bras s’ouvrent pour la recueillir, mais au lieu de me rejoindre elle finit par se fondre dans le mur.
   Elle a disparu et je suis assis sur mon lit, les yeux dans le vide. Le ventilateur ne danse plus. Ma tête, par contre, bourdonne encore. Et au matin, lorsque le coq chante et les radios crient leurs musiques stridentes, je ne me suis pas encore endormi.
   
   La journée est longue et pesante. Découragé par la fatigue qui bride mes élans d’explorateur, je ramène mon vélo de location une heure à peine après l’avoir sorti, et trouve juste assez de volonté pour contenter les élans de mon estomac. Le patron du « café des amis » me scrute d’un air étrangement complice. Quand je lui demande l’addition, il m’offre le repas et me conseille d’aller me reposer.
   Mais quand je pose la tête sur l’oreiller pour m’endormir enfin, mon apparition de la veille vient à nouveau perturber mon sommeil. Elle paraît si réelle que je crois pouvoir la saisir, ou même juste la toucher. Et pourtant rien n’y fait. Plus mon attention se concentre sur elle, et plus elle s’efface, se dissipe, pour réapparaître seulement à la frontière de mes songes, quand je pense alors lui avoir échappé. Cette nuit encore elle joue avec mon imagination, et me garde éveillé.

Je passe les journées suivantes dans mon lit, ne sortant que pour prendre mes repas au « café des amis » ou pour flâner le long de la digue. Car chaque nuit la femme en ao-dai me rend visite et m’empêche de dormir. Chaque nuit elle s’approche un peu plus près, et dès que mes bras s’ouvrent elle s’échappe, s’enfuit, me file entre les doigts comme un nuage. Elle est silencieuse, sans odeur, immatérielle… Je ne rêve pas, je sais que je ne rêve pas. Même si elle n’existe que pour moi, elle existe. Car je la vois, car j’attends sa venue chaque soir en rejoignant ma chambre… Et c’est peut-être moi qui n’existe pas encore pour elle.

Après plusieurs nuits blanches et plusieurs journées d’errances, une rencontre me change enfin les idées. Une jeune couturière du marché de Hoi An. Nous sympathisons un peu, je lui achète une chemise, nous sympathisons un peu plus. Ma triste mine n’a pas l’air de l’effrayer, en tout cas pas assez pour l’empêcher  de m’inviter à prendre un thé chez elle.
En chemin, nous passons devant le « café des amis ». Le patron, assis sur sa terrasse, m’aperçoit. Sans que ses lèvres ne bougent, je l’entends murmurer : «L’impalpable… »


C’est elle ! Je la regarde à travers le prisme de mon verre de thé et retrouve la couleur de mes rêves. C’est bien elle. Pas assise en face de moi, mais en peinture, encadrée au-dessus d’un vieux buffet délaissé. Une jeune femme vêtue d’un ao-dai blanc. La couturière me sourit. « C’est un portrait que mon oncle a fait de moi l’an dernier… » Je m’approche de cette incarnation nouvelle de mon fantôme pour la toucher enfin, la sentir. Je la croquerais presque. Sa saveur serait, j’en suis sûr, familière…
 « Cette peinture, me la donneriez-vous ? » Non. La jeune femme tient beaucoup à son portrait, évidemment. Et puis il a été peint par son oncle avec une recette spéciale… J’insiste, mais en vain.
Une idée insensée fleurit alors dans mon esprit fatigué. « Cet ao-dai, sur le portrait, si vous l’avez encore, pourriez-vous le porter devant moi ? » La jeune femme accepte sans hésiter, sans que cela me paraisse étrange. Elle disparaît alors de la pièce en me priant de l’attendre sans bouger. L’attente est longue, assez longue pour que tombe la nuit. Et quand elle réapparaît enfin, je réalise en frémissant qu’elle n’est plus couturière, mais femme flottante et insaisissable, songe et peinture à la fois. Je m’élance vers elle en sachant que l’effort est inutile. Je la traverse. Impalpable.
Le tableau est encore sur le mur. Je le décroche et m’enfuis avec.

Je cours, sans me retourner. Mais plus j’approche de mon hôtel, plus je sens que la peinture m’échappe, me file entre les doigts, comme si elle cherchait à revenir sur mes pas. Je m’arrête enfin, pour découvrir qu’elle a effectivement glissé d’entre mes mains, goutte par goutte. Ne reste dans ma paume qu’un fond de couleur. Une dernière tâche, ronde, épaisse, et pâteuse comme le riz gluant.

Je lève les yeux et m’aperçois que je suis de nouveau sur la digue. Je m’approche doucement de la rive et ramasse un bâton. Mon bâton.
« Voilà déjà le cycle accompli...» Je reconnais la voix du vieux patron du « café des amis ».
« La réalisation d’une recette ancestrale...
- … Une recette ?
- Oui. Celle du banh day, le gâteau du ciel ! Regardez, dans votre main gauche… »
La tâche de couleur… Ronde, épaisse et odorante comme un gâteau. Je le donne au vieillard. « Merci, je le garderai pour l’an prochain… A moins que vous en vouliez un morceau ? »
Je suis retourné sur la digue sans lui répondre. Dans la main droite, mon bâton. Je le jette de toutes mes forces pour qu’il atteigne le milieu de la rivière, pour qu’il atteigne enfin la mer.

Demain, je quitterai Hoi An.

Titre: Re : Le Fantôme de Hoi An
Posté par: Vivi le 25 Mai 2013 à 09:16:31
Ca fait très "histoire de fantômes chinois", non ? ;)
Malgré deux lectures (la deuxième plus assidue sur la fin), j'avoue ne pas avoir trop capté ladite fin >< .

Pour le reste, c'est formidable. Ce passage est superbement poétique (apothéose pour le passage en gras  :coeur:) :
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Comme aspirés par les courants, les effluves parfumés des restaurants se joignent au flot paisible en frôlant mes narines. Les cuisines travaillent. Bientôt les terrasses du quai accueilleront des touristes éreintés par une journée de sensations nouvelles. Odeurs de mets et de victuailles que je ne peux saisir. Odeurs fugitives et voyageuses immatérielles qui me séduisent au passage, puis m’abandonnent à leur souvenir. Mes sens sont troublés, se perdent dans ces nuages aromatiques dont il me faut maintenant trouver la source.

Les sentiments du héros sont très bien décrit, la femme fantôme extrêmement mystérieuse et vaporeuse. On est vraiment subjugué par ton texte, un style vraiment magnifique, on s'y baignerait tous les jours tellement qu'il est immersif, coulant, onirique, sensitif... :coeur:

Merci pour ce texte et les prochains m(_ _)m

Encore²  o(^_^)o
Titre: Re : Le Fantôme de Hoi An
Posté par: Ambriel le 25 Mai 2013 à 16:51:23
Salut !

J'ai pas compris grand chose  :-[

Ca se lit bien et c'est sympa, mais je reste sur ma faim puisque que rien n'est venu éclairer ma lanterne, ni le début ni le milieu ni la fin... Peut-être qu'il faut s'y connaître en légendes asiatiques pour comprendre ?
Voilà pas grand chose à dire de plus du coup.
Bonne continuation !
Titre: Re : Le Fantôme de Hoi An
Posté par: Aléa le 27 Mai 2013 à 03:39:50
Woh, j'ai beaucoup aimé, imagé et un peu poétique, ton style restransmet parfaitement l'ambiance, et pis ce petit coté culture asiatique  :-[

La fin si j'ai bien compris, c'est que le tableau dont il n'est resté qu'une tache, s'est en fait rematerialisé en tant que 'gateau', un cycle refermé comme signalé par le fait qu'il a couru jusqu'au point de depart de l'histoire, moi j'aime bien ça meme si ça fait un peu surréaliste, ou avec un manque de precision sur ce gateau de fin...
Par contre, le patron, qui est vraisemblablement 'l'oncle' et aussi un genre de sorcier, pourquoi il dit qu'il resservira son gateau maudit pas avant un an?
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Je la donne
du coup 'le', vu qu'en fait la tache est exxactement comme un gateau, pis ca precise ^^

Au plaisir de te lire!
Titre: Re : Le Fantôme de Hoi An
Posté par: kosmos le 27 Mai 2013 à 04:52:06
Merci beaucoup  pour vos commentaires, ca m'a fait realiser qu'il manquait la petite note de bas de page qui etait dans mon fichier Word mais qui etait absente ici:

1. Gateau du ciel et gateau de la terre:  Le banh day, gâteau rond préparé pour les célébrations du Têt au Vietnam (nouvel an chinois), est un symbole du ciel. Le banh chung, de forme carrée, est un symbole de la terre. Les deux sont à base de riz gluant.

Ben a effectivement bien compris l'histoire, il lui manquait juste le contexte que cette note apporte: ces gateaux ne sont offerts qu'une fois par an Durant le nouvel an chinois (fete du Tet au Vietnam), d'ou l'idee du cycle accompli, etc. avec chaque nouvelle annee...

J'espere que c'est plus clair maintenant et que ca se lira mieux! qu'en pensez-vous?

Merci aussi Ben pour "Je le donne", tres fine observation que je me suis empresse de mettre en application.

re: Viviane: moi aussi j'aime beaucoup ce passage, parce que c'est une sensation tres forte dans le voyage!
Titre: Re : Le Fantôme de Hoi An
Posté par: Vivi le 27 Mai 2013 à 12:54:42
La peinture qui devient un gâteau, j'avais saisi (à la 2° lecture). Ce que je ne comprends pas, où plutôt, que je n'arrive pas à appréhender, c'est le pourquoi du truc en fait. Y'a pas vraiment de lien avec un début de cycle ou un petit indice qui laisse à penser que le héros à un "cycle en cours", si on peut dire comme ça, avec la peinture/fantôme.
Le texte est bien, le déroulement est cohérent ; MAIS, il manque un petit truc dans le fond pour obtenir une cohérence/explication (pas forcément complète, une esquisse suffit) globale du fait que cette peinture/fantôme s'intéresse à ton héros et pas au vieux qui tient la boutique, par exemple...
Tu vois ce que je veux dire ??? ?
Titre: Re : Le Fantôme de Hoi An
Posté par: Aléa le 27 Mai 2013 à 22:35:32
(La théorie du sorcier resolvait ce probleme  8) )

Ahh super oui avec la petite note tout est clair pour moi  ^^ Si j'avais pu relever plus de trucs je l'aurais fait mais..pas trouvé aha x)
Titre: Re : Le Fantôme de Hoi An
Posté par: Mogdhorel le 28 Mai 2013 à 19:01:09
Très bon texte, très poétique et j'aime beaucoup l'atmosphère asiatique qui s'en dégage.

Je ne sais pas si c'est basé en partie sur une expérience personnelle (c'est l'impression que ça me donne en tout cas pour le lieu), mais je changerais le nom du café. "Café des amis", ça fait très bistrot parisien et du coup ça fait tâche dans ton récit emprunt de poésie.


Titre: Re : Le Fantôme de Hoi An
Posté par: Baptiste le 29 Mai 2013 à 12:25:56
Salut

J'ai bien aimé ce petit texte qui m'a rappelé certains conte asiatique. Effectivement, une fin un peu brusque
mais je kiffe la dernière phrase

Au plaisir
Titre: Re : Le Fantôme de Hoi An
Posté par: Linu le 29 Mai 2013 à 16:49:22
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café des amis

aaaaaaaaah ! bon ben voila. j'ai compris pourquoi le bar à coté de chez moi s'appelle comme ça :D

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doux dédale

j'aime bcp :)

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sans odeurs

pas de "s" puisqu'il n'y en a pas (d'odeur)

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Car je la vois, car j’attends sa venue chaque soir

j'aurais ôté le second "car"

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Je m’approche de cette incarnation nouvelle de mon fantôme pour la toucher enfin, la sentir

"de mon fantôme" est de trop pour moi, l'idée d'incarnation suffit. Et puis on pourrait croire qu'avec "mon", il se désigne lui-même, ce qui serait assez bizarre.

J'ai bien aimé ce récit, les trois parties sont équilibrées, et on voyage avec plaisir ^^
Après, c'est toujours un souci chez moi, j'ai toujours des questions qui me taraudent, comme : Et d'abord, s'il avait choisi le gâteau carré, il se serait passé quoi , hein ? Comment apparait le gâteau carré ? Le "cycle" culinaire du gâteau rond, il faut l'avouer, est assez surréaliste (fantôme > peinture > gâteau  :o ^^) mais j'aime bien les trucs un peu fous, et je me demande si ce serait la même chose pour le banh day.

Titre: Re : Le Fantôme de Hoi An
Posté par: kosmos le 13 Juin 2013 à 13:59:12
merci pour les critiques constructives!

Re: Mogdhorel
Bonne observation. Je suis effectivement passé par Hoi an Durant le festival du Tet, il y a bien longtemps, et mon restaurant prefere etait le "café des amis", tenu par un ancien athlete epris de vieille chanson Francaise... Le nom dessert effectivement un peu l 'histoire, et je ne m'en etais pas rendu compte car il est la plus par nostalgie que pour autre chose... dur de m'en defaire... si jamais un nom plus adequat me vient a l'esprit je le changerai peut-etre!
Titre: Re : Le Fantôme de Hoi An
Posté par: Rémi le 03 Avril 2016 à 18:11:27
Salut kosmos,
Belle ambiance dans ce texte, à la fois l'ambiance asiatique (je sais pas pourquoi, j'ai ressenti une chaleur moite en lisant) et l'ambiance onirique. J'aime bien l'écriture, je n'ai rien relevé. Par contre, je suis resté sur ma faim à la fin, le cycle, le gâteau dans la main touça, ça tombe un peu comme un cheveu d'ange dans la soupe ; en tout cas, j'ai pas capté.
Merci pour ce joli texte, très agréable à lire.

Rémi
Titre: Re : Le Fantôme de Hoi An
Posté par: extasy le 03 Avril 2016 à 19:19:54
Hello,

Texte très doux, j'ai eu l'impression de lire quelque chose de précieux, j'ai beaucoup aimé.
Pour ma part, je n'ai pas été particulièrement dérangé par la fin.
Vraiment une chouette lecture.

Merci :)
Titre: Re : Le Fantôme de Hoi An
Posté par: Chouc le 04 Avril 2016 à 11:20:29
Bonjour !

Un texte très poétique, qui glisse comme de la soie, vraiment très agréable.
Au point que je me fous de ne pas avoir tout compris  :D

Merci pour cette lecture, au plaisir  ;)
Titre: Re : Le Fantôme de Hoi An
Posté par: Fried le 04 Avril 2016 à 11:59:18
Bonjour kosmos, bravo pour ce texte entre ciel et terre, j'ai bien aimé la description des lieux.
 Tout en lisant je pensais, ça serait bien qu'il nous raconte une rencontre amoureuse, et voilà la couturière. Fille de ses rêves en plus. Merci pour ce plongeon asiatique.
Titre: Re : Le Fantôme de Hoi An
Posté par: MillaNox le 04 Avril 2016 à 17:58:29
Salut !

Je lis pour le coup de cœur du mout :)

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Mon bâton creuse un léger sillon dans la rivière. Je le lâche. Il se pose doucement sur la surface de l’eau et poursuit sa route tranquille vers la mer. Hoi An est une ville reposante. Sa digue, qui longe la rivière Thu Bon et la regarde passer depuis des siècles, me raconte son histoire, des folles heures commerçantes à la douce retraite des bateaux enlisés dans le sable. Et la rivière qui poursuit sa route tranquille vers la mer
la répétition est volontaire ? :\? le rendu est bof bof je trouve.

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Les pales immobiles du ventilateur guettent mes paupières pour commencer leur ronde dans mon imagination
:???: j'ai pas compris, ce sont les pales qui guettent ??

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Soufflée par les pales du ventilateur, sa chevelure noire le couvre comme un rideau ou un voile.
pb grammatical il me semble, ton "le" coince

hop là, tout lu !
alors j'ai pas tout capté, mais j'ai bien aimé l'ambiance. Le tout début m'a paru un peu manquer de fluidité et les images me parlaient moins, un peu too much peut-être. Puis c'est devenu plus fluide, plus aérien avec l'apparition de la femme/forme pour laquelle tu as bien su doser à l'inverse. Je suis toujours un peu frustrée quand j'ai pas vraiment d'explication à ce que j'ai lu, mais là tu le poses un peu comme un paradigme, une base à accepter, cet élément fantastique. C'est pas tant l'enjeu de ce mystère qu'une promenade au côté de ce voyageur, un spectacle de son quotidien étrange dans ce lieu. (à la murakami un peu quoi) Du coup ça passe plutôt bien :)
(mais quand même chui un peu frustrée)

au plaisir !

Milla