Le Monde de L'Écriture
Salon littéraire => L'Atelier => Cuisiner la langue : ustensiles et méthodes => Discussion démarrée par: Krapoutchniek le 18 Mai 2013 à 10:54:41
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Salut,
Je me posais une question :
Ca se fait d'écrire tout un paragraphe au passé antérieur ? Le paragraphe en question décrit un événement antérieur à l'action, donc ça me semble indiqué mais en général, le passé antérieur s'emploie avec un passé simple. En plus, dans mon cas c'est le premier paragraphe d'un texte, l'action "en cours" n'est pas encore indiquée...
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Développe un exemple...
Le passé antérieur exprime des nuances telles que :
Lorsqu'il aura compris...
Ce qui ne signifie nullement qu'il comprendra un jour.
Ou encore :
Quand il comprendra que j'ai raison...
La seule différence est que le futur exprime ici une presque certitude tandis que le futur antérieur laisse une plus grande place au doute ?
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euh c'est pas plutôt du futur antérieur que vous parlez ? (ça existe vraiment, le passé antérieur?)
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Oui ça existe.
Mais en fait, je crois que je me suis planté de temps. Je voulais dire "plus-que-parfait" :-¬?
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Ben, je sais pas si ça se fait, mais je crois qu'en j'en abuse pas mal dans mes textes. J'aime bien l'ambiance que ça peut créer pour une scène, j'ai l'impression que ça donne une jolie distance.
Par contre, je ne comprends pas bien quel est ton problème, au final ???
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Ben, par exemple dans mon paragraphe, j'ai ce passage :
"Il m’avait aperçu, avait hoché la tête à mon intention et enfin, il avait jeté son fardeau par-dessus bord. Puis, il s’était frotté les mains et avait soupiré. Pour lui, il ne s’agissait que d’une corvée banale. En retournant dans ses confins, il m’envoya une tape amicale sur l'épaule lorsqu’il se trouva à ma hauteur. La pluie s’était mise à tomber, rafraichissant à peine l’atmosphère pesante des derniers jours. Je n’avais pas bougé d’un pouce et mes yeux faisaient toujours des aller-retour entre les éléments qui se déchaînaient de plus en plus."
La troisième phrase est au passé simple, contrairement aux autres. Logiquement elle devrait aussi être au plus-que-parfait, mais je ne sais pas pourquoi, je trouve qu'elle ne passerait pas à ce temps. Du coup, je ne sais pas si c'est une faute grammaticale ou pas de la laisser au passé simple.
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Pas tellement que ce soit une faute, c'est surtout que tu perds ton lecteur dans les temps. J'veux dire, quand j'ai lu ton paragraphe, le moment où tu passes au passé simple, je l'ai compris comme un retour au temps du récit alors que c'était pas le cas.
Peut-être que ce qui ne passe pas dans cette phrase c'est le fait qu'elle soit trop, eux, comment dire, dans l'action (c'est pas le bon terme, j'arrive pas à trouver) ? Je dis peut-être de grosses conneries, mais, pour moi, c'est le "lorsqu’il se trouva à ma hauteur" qui ne passe pas au plus-que-parfait.
(je suis désolée, j'ai le cerveau un peu en compote, j'ai du mal à m'exprimer)
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Normal que ça ne passe pas au plus-que-parfait puisque c'est au passé simple :mrgreen:
Je devrais donc transformer cette phrase en "En retournant dans ses confins, il m’avait envoyé une tape amicale sur l'épaule lorsqu’il s'était trouvé à ma hauteur."
Grammaticalement parlant, c'est sans doute correct. Mais par contre c'est affreusement moche. Il me suffirait peut-être simplement de modifier un peu la phrase ?
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Je me suis vraiment mal exprimée alors ! :D
C'est ce que je voulais dire : si tu mets cette partie de la phrase ("lorsqu’il se trouva à ma hauteur") au plus-que-parfait, ça ne passe pas ; c'est pour ça qu'il faudrait peut-être le supprimer ou je sais pas.
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Perso, je trouve surtout ça méga lourd tous ces "avait".
Et je suis d'acc avec Anlor, le passé simple marque pour moi un retour au récit, ce qui n'est pas le cas.
Mais c'est surtout une impression de lourdeur que je ressens.
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Ca, c'est le problème du plus-que-parfait : trois tonnes d'auxiliaires qui alourdissent le texte. Mais c'est ça ou zapper le passage...
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Bah, oui, ça se fait je pense, en tout cas je l'ai déjà vu/déjà fait une fois ou deux. Ca se fait et c'est lisible, mais bon, un plus que parfait, c'est lourd de toute façon, quoi qu'on y fasse XD. Mais enfin, du coup, personnellement, vu que c'est inévitable, ça me dérange pas. C'est nécessaire pour comprendre la chronologie des événements, donc je fais abstraction facilement de la mocheté des auxiliaires et je me plonge plutôt dans l'histoire. D'autant plus quand c'est un paragraphe au milieu d'un roman de deux cents pages (avec une nouvelle, c'est plus dur, parce que proportionnellement ça prend une part plus importante du texte).
Maintenant, si ça t'ennuie vraiment, et si le passe s'y prête, tu peux aussi essayer de reformuler (dire juste avant que le personnage se souvient, que c'est un flashback, un souvenir, n'importe quoi), séparer cette partie du reste et garder le passé simple (ou passer au présent pour marquer la diffzérence).
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C'est ce que je vais faire finalement. Surtout que je débute l'histoire avec ça. Rien ne m'empêche de commencer par cet événement et suivre la chronologie.