Le Monde de L'Écriture

Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: Insane le 02 mai 2013 à 01:29:00

Titre: Frénésie
Posté par: Insane le 02 mai 2013 à 01:29:00
   La grande place ensoleillée est pleine de gens qui marchent vite, se précipitent, défilent en un éternel courant d'air tourbillonnant. Les voitures semblent sortir de nulle part, en un flot continu et rapide se déversant autour d'elle sans l'atteindre jamais. Il fait beau mais si froid. Le pavé étincelle, resplendissant au pied de la cathédrale, et les lumières dans le sol éclairent le sang séché sur le verre. Ainsi les gens déambulent sans s'apercevoir de la noirceur peut-être trop évidente, ou éblouie par les astres qui aveuglent aussi, les yeux ternes et retournés sur eux-mêmes de l'humanité.
   Ni le sillon des gens sur leur passage ni les vibrations des moteurs ne faiblissent, mais contribuent à immortalisé le temps comme dans un ballet éternel, et à griser les regards qui s'achèvent sur un horizon indistinct. La vitesse rend les choses inexplicablement claires et immobiles autour de soi, et elle ne distingue qu'une seule chose dans toute cette masse indéfinie. Elle s'avance sur cette grande place, tourne son visage sur la circulation, sur l'espace ensoleillé avec le visage haut et fier, comme un roi du haut de son cheval qui rallierait son peuple à se battre, déterminé et incertain mais avec cette flamme au fond. Elle s'approche inévitablement de l'unique clarté environnante, et son coeur s'élance et bat, bat, bat et cogne sourdement. Continuant de marcher, rapidement, toujours, se mue en elle un désir insoutenable. Vertigineusement elle s'avance encore, brûle de l'éphémère bientôt pour toujours disparu et s'emmure dans des doutes qui la tueront un jour, au petit matin d'un printemps où rien ne grandit sans rien. Elle brûle si fort que son désir en sera étouffé, transformé en désespoir quand l'instant trop guetté sera enfin révolu. Désiré au vide n'est que perte de temps. Attendre encore aussi. Et elle s'affranchit des voitures qui ne cessent de glisser et des paroles si étrangères puisque bientôt cela sera terminé. Elle tourne. Et ses yeux se posent et s'ancrent dans un bleu à la fois merveilleusement familier et inconnu pourtant, qui la caresse et lui murmure doucement de l'aimer encore, de ne jamais s'en aller, de l'aimer toujours. Et rien n'a jamais autant briller que ces regards qui s'entrecroisent impunément, à l'insu de tous.
   Puis la fierté abandonnée au fil d'un instant reprend ses droits avec les convenances de celui qui passe inaperçu. C'est un amour déterminé et incertain figé dans une forteresse de glace. Le temps a repris ses droits incontestables et le désir n'a pas été étouffé. Elle ne peut résister, se résoudre à cesser de l'aimer. Dans cet éphémère inachevé perdure l'amour. Il est scandé au détour d'une rue, au hasard d'un soir, dans un silence immuable, dans un geste imperceptible ou encore dans un regard. Un regard qui vous dépouille et vous livre à l'Harmonie, car c'est dans ce silence que les mots prennent tout leur sens.
Titre: Re : Frénésie
Posté par: Baptiste le 10 mai 2013 à 01:35:00
Salut
Euhhhh.
Honnêtement, c'est pas trop mon truc.
J'aime beaucoup le petit bout la dernière phrases
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car c'est dans ce silence que les mots prennent tout leur sens.
Mais sinon je pense que tu complexifie des choses qui pourrait être plus simple
Que pas mal de phrase ne me touche pas, ce qui est dommage.
Essaye peut être de reprendre ton texte et de t'"imposer" une contrainte. Un traitement different, une facon nouvelle de voir les choses.

Bon je suis pas sur de t'avoir aidé. En tout cas
Au plaisr
Titre: Re : Frénésie
Posté par: Aquarelle le 11 mai 2013 à 23:14:46
Bonsoir !

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Ni le sillon des gens sur leur passage ni les vibrations des moteurs ne faiblissent, mais contribuent à immortalisé le temps comme dans un ballet éternel, et à griser les regards qui s'achèvent sur un horizon indistinct.
à immortaliser

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Elle s'avance sur cette grande place, tourne son visage sur la circulation, sur l'espace ensoleillé avec le visage haut et fier, comme un roi du haut de son cheval qui rallierait son peuple à se battre, déterminé et incertain mais avec cette flamme au fond.
"tourne son visage vers" plutôt que "sur", non ?
Je ne suis pas fan de cette comparaison royale...

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Vertigineusement elle s'avance encore, brûle de l'éphémère bientôt pour toujours disparu et s'emmure dans des doutes qui la tueront un jour, au petit matin d'un printemps où rien ne grandit sans rien.
Je n'aime pas trop cette tournure... Je trouve qu'elle est trop grandiloquente et elle ne m'évoque pas grand chose.

 
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Et rien n'a jamais autant briller que ces regards qui s'entrecroisent impunément, à l'insu de tous.
n'a jamais autant brillé

Je n'ai pas trop aimé, mais c'est peut-être aussi une question de style et de préférences personnelles. Pour moi, c'est trop d'expressions grandiloquentes, de tournures compliquées et un peu hyperboliques, je n'arrive pas à entrer dans le texte et à vraiment ressentir des émotions. Ni même finalement à visualiser vraiment la scène.

Je me suis dit qu'il y aurait peut-être quelque chose à accentuer au niveau du rythme, par exemple après le passage :
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Elle s'approche inévitablement de l'unique clarté environnante, et son cœur s'élance et bat, bat, bat et cogne sourdement. Continuant de marcher, rapidement, toujours, se mue en elle un désir insoutenable.
où on voit le rythme se hacher et s'accélérer comme les battements du cœur, mais ensuite ça se perd je trouve.
Titre: Re : Frénésie
Posté par: Hanako Kuro le 11 mai 2013 à 23:39:46
Salut !  :)

et les lumières dans le sol...

Je trouve qu'il y a quelque chose qui cloche avec ce mot par rapport à la façon très poétique avec laquelle tu as écrit ton texte. Il est trop en contraste, il faudrait le changer ou reformer la phrase pour que ça "glisse" mieux et qu'on ne but plus contre ce "dans".
En espérant que ça t'aide, à bientôt  ! ;)

Hana-chan