Après mon franc succès en poésie, je vous présente la première partie du premier chapitre d'un roman qui jusqu'à présent n'a jamais eu -par écrit- qu'un chapitre.
C'est assez glauque, mais le reste devait être dans une tonalité plus légère... Peut-être que si j'ai le courage de les écrire, je mettrai d'autre extrait de cette histoire qui se ballade gentiment dans le grand vide de ma boite cranienne depuis quelques années maintenant!
Donc voila, je voudrais juste avoir votre avis, et des conseil pour améliorer ce texte parce que je ne suis jamais satisfaite de ce que j'écris -c'est vrai c'est compliqué les mots, il faut toujours trouver le moyen de se dépatouiller avec, et eux ils font que se patouiller, enfin, surtout les miens... :(-
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Alouette, gentille alouette…
Elle battit des paupières. Tout était flou à travers ses yeux embués et pourtant… Pourtant elle se contentait de cette vision, elle ne voulait pas revoir ces lieux sinistres, elle les connaissait déjà trop. Trop pour savoir que ce n'était pas un songe, et que personne ne viendrait la délivrer d'un sommeil agité. Elle gémit, une fois de plus. L'humidité du souterrain la pénétrait et engourdissait chacun de ses membres. Repoussant le sol de ses mains, elle tenta de se redresser. A cet acte, tout son corps se tendit et lui sembla ne plus être qu'une grande plaie. Sous l'effort, elle serra les dents et déglutit. Un goût de sang lui emplit la gorge. Elle s'appuya sur ses coudes écorchés et resta ainsi pendant quelques minutes en essayant de reprendre son souffle. Sa respiration était sifflante. Elle essaya de bouger ses ailes. La droite était paralysée. La gauche se souleva sans opposer de résistance à l'air, la fée en conclut qu'elle était déchirée. Elle essaya alors de s'asseoir sur ses genoux. Le contacte glacial du sol dallé la fit frissonner toute entière. Soudain, elle ressentit une douleur aigue à la cheville. L'anneau métallique qui la retenait attaché venait d'y faire une entaille. Elle plissa les yeux faisant se craqueler la traînée de sang séché qui avait coulé de son oreille mutilée, et se laissa basculer sur le côté. Son épaule et sa tête appuyées contre le mur de pierres, elle gardait les yeux clos. Elle ne pleurerait pas. Ses larmes étaient taries, elle était là depuis trop longtemps.
Alouette, je te plumerai…
La voix rauque s'était rapprochée. Elle ouvrit complètement les yeux. D'immenses voûtes s'élevaient devant elle à intervalles réguliers d'environs dix pas. Elle n'avait jamais réellement su quel était ce lieu où on la retenait prisonnière. Cela ressemblait fort aux souterrains d'un château quelconque mais elle ne comprenait pas pourquoi, si tel était le cas, on l'avait attachée ici plutôt que dans les geôles. Tout était construit de pierres, sans doute blanches à l'origine. Les murs couverts de mousse et de moisissure suintaient et on entendait le bruit de l'eau qui goutte résonner sans discontinuer dans toute la cave. Le peu de lumière qui éclairait l'immense salle provenait de quelques torches fixées aux voûtes par des barres de fer rouillé. Partout, l'air était infecté par une odeur de pourriture qui semblait émaner d'une sorte de brouillard poisseux qui planait à quelques mètres du sol. Le gros homme se tenait à quelques pas d'elle. La torche la plus proche éclairait son sourire jaunâtre et édenté. Il n'était vêtu que d'un épais pagne noir. Son ventre nu et gras était recouvert de balafres. Ses cheveux noirs et drus étaient coiffés en une longue natte et une barbe de quelques jours parsemait le bas de son visage rond d'une nuée de points sombres. Il fit un mouvement en avant. Un éclair : la hache que tenait le bourreau brillait sous l'éclat des flammes. De peur, la fée se plaqua du plus qu'elle le pouvait contre le mur, la bouche ouverte dans un cri muet. Elle tremblait. Qu'allait-il lui faire à présent? D'une main brusque, l'homme l'empoigna par les cheveux et la jeta contre le sol. Elle mordit ses lèvres ensanglantées sous l'effet de la douleur.
Et les ailes, et les ailes, alouette…
Elle se recroquevilla, serra ses genoux contre son ventre. L'homme maintenait ses ailes collées au sol. Elle ferma les yeux de nouveau. Qu'il frappe, et vite. Elle n'attendait plus rien que le coup fatal qui la délivrerait enfin de ses souffrances. L'homme leva la hache meurtrière de son bras droit. A ce moment, une larme coula le long de la joue de la fée, la seule, la dernière. L'air siffla alors que la lame s'abaissait, sectionnant en quelques fractions de seconde chair, os, tendons, avant de cogner le sol dans un grand bruit. La fée hurla, les yeux exorbités par la souffrance. Elle fut secouée d'un grand spasme puis sa tête cogna le sol. Tout devint noir. Seule résonnait encore la lugubre ritournelle du bourreau.
Alouette, gentille alouette…