Le Monde de L'Écriture

Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: Ambriel le 17 Avril 2013 à 12:56:17

Titre: Ptula
Posté par: Ambriel le 17 Avril 2013 à 12:56:17
Salutations !
Voilà un texte que j'ai fini il y a un bout de temps, et commencé il y a bien plus longtemps (genre j'ai mis presque un an à m'y remettre et le finir)
Il est lié à un autre texte que je posterai plus tard (si ça vous intéresse), qui explique la fin de celui-ci (qui en elle-même est assez en queue de poisson sinon)
Ah par contre il est super long en fait, je le sépare en deux parties.




   Son souffle s'apaisa et il se rendormit. Je détournai la tête et observai la nuit, si belle, autour de moi. La fête du Printemps battait son plein, ici comme ailleurs. Tous les membres de la caravane étaient rassemblés autour du grand feu de joie et dansaient au rythme des flûtes et des tambours. Les tout-petits couraient et riaient à perdre haleine, tournoyant près des flammes. Ils se gardaient bien d'y poser un pied ou d'y tomber. Les nomades savaient éduquer leurs enfants. La vie n'était pas des plus faciles, et sans règles on ne s'en sortait jamais. Désœuvré, mon regard se posa sur Ptula par habitude. Elle se tenait à l'écart, les yeux baissés. Cela ne me surprit pas outre mesure. Il se passa alors une chose étonnante : un garçon dont je ne voyais que le dos s'inclina devant elle en lui présentant sa main. Même de là où je me trouvais, je pus lire la surprise et une sorte de ravissement dans ses yeux. Elle posa sa main, fragile, sur celle qu'on lui tendait et se laissa entraîner. Je détournai le regard, sentant mon cœur se serrer légèrement.

*

   J'émergeai doucement de la sombre mélasse de l'inconscience. Des bribes de songe me dansaient devant les yeux. De la musique parvenait à mes oreilles. Flûtes en tous genres, tambours, instruments à cordes... la mélodie me paraissait familière. Familière et bizarrement rassurante. Je ne parvenais pourtant pas à me rappeler... tant pis. Je me laissai bercer un moment puis ouvris les yeux. Le petit se tenait assis à mes côtés. Il était torse nu et maigrelet, comme toujours. Ses cheveux, qui tenaient plus de la crinière au demeurant, s'ébouriffaient et s’emmêlaient dans son dos jusqu'au sol. Un vrai sauvageon. Pourtant, quand il tourna la tête vers moi, son visage éclairé par les flammes était d'une finesse et d'une douceur étonnantes.
   « Ah, tu es réveillé ? Comment te sens-tu ? »
   Je balbutiai quelques mots et lui fis comprendre que j'avais soif. Quelle humiliation ! Mon propre petit-fils, que j'avais vu faire ses premiers pas, tuer son premier lapin, était réduit à s'occuper de moi tandis que toute la troupe dansait et riait. J'avais honte. Honte de dépérir ainsi, de m'attarder. Si seulement j'étais mort au combat ou à la chasse ! Mort subitement, glorieusement. Pas décrépi, allongé sur une paillasse, toussant et crachant comme je le fais aujourd'hui. Mais qu'y pouvais-je ? Les suicidés et les assassinés connaissent après la mort une destinée bien pire encore que les malades et les vieillards.

*

   Le vieux s'était encore réveillé, avait bu puis s'était rendormi. Il ne parlait presque plus, à présent, mais j'avais lu la tristesse dans ses yeux. Cela faisait des jours que son état s'aggravait petit à petit. Il valait mieux pour lui qu'il meure rapidement. Ce n'était pas bon de dépérir comme ça ; et je pourrai enfin reprendre une activité normale. Cela faisait un moment que je m'étais fait à sa mort. Mes larmes avaient déjà été versées. La tâche de veiller sur le vieux pendant sa maladie m'était revenue par tradition : quand un vieillard était malade, le veilleur était le membre de sa famille le plus âgé mais sans obligation familiale, et appartenant à la plus jeune génération. En l’occurrence, dans notre famille, le petit-fils le plus âgé des non-mariés : moi. Et cela me prenait tout mon temps. Sans cela, j'aurais peut-être même déjà pu commencer à courtiser Ptula. Cette perspective me paraissait de plus en plus lointaine et invraisemblable, au fur et à mesure que le temps passait. Ce qui venait de se passer confirmait mes doutes.
   Je cherchai une nouvelle fois sa silhouette dans la foule et l'aperçus, rayonnante, à danser avec l'autre. Malgré son inexpérience, elle était d'une grâce discrète. Son visage, à la lueur des flammes, me paraissait d'une beauté exotique. Je crus un instant croiser son regard, mais elle le détourna sans montrer qu'elle m'avait vu. Sans doute avait-elle mieux à faire, de toute façon. Le fait que nous étions amis d'enfance ne m'autorisait pas plus qu'un autre à tenter de gagner son cœur. Et je n'étais qu'un piètre chasseur, maladroit de mes deux mains. Pas doué d'un instrument non plus. Ma mère me disait que j'avais une voix plutôt jolie, mais je ne parvenais à chanter correctement que seul, ou en présence d'une personne de confiance. Ce qui ne ferait pas de moi un chanteur non plus. Les bêtes m'aimaient bien, en général. Pourtant Elard, celui qui s'occupait des chevaux de trait, avait mis fin à mon apprentissage dès le troisième jour. Selon lui, j'étais trop maladroit, trop prudent, pas assez autoritaire et j'avais trop peu confiance en moi pour m'occuper correctement des bêtes. Car le berger, comme on l'appelait, ne s'occupait pas seulement de nourrir et soigner. Il devait également élever et dresser les chevaux, et savoir commercer.
   Je n'avais donc à peu près aucun projet d'avenir devant moi, à part devenir homme à tout faire ou piètre chasseur de la caravane. Je pouvais aussi quitter le clan pour de bon et vivre ma vie par moi-même. Cette idée m'effrayait au plus haut point. Je restai un moment à contempler Ptula, comme je n'avais rien de mieux à faire.

*

   C'était bien la première fois que je dansais lors d'une fête du Printemps. La danse traditionnelle était tellement difficile, je m'y emmêlais tout le temps. Ce soir pourtant, j'avais l'impression de m'en sortir plutôt bien. Je voyais à peine ce qui se passait autour de moi, absorbée par les pas et mon partenaire. La fameuse euphorie des danseurs du Printemps commençait doucement à me gagner, moi aussi. Erin m'avait invitée à danser, moi ! Je ne pouvais m'empêcher de lui jeter un coup d’œil de temps en temps. Je l'avais toujours trouvé intimidant, à cause de son regard froid et de son air distant. On aurait dit qu'il ne vous estimait pas digne de lui adresser la parole. D'ailleurs, les rares fois où j'avais tenté d'engager la conversation, il m'avait simplement regardée d'un air indifférent et … était parti. Que lui était-il passé par la tête, pour m'inviter à danser ce soir ? Et moi, pour avoir accepté ? Bien sûr, cela ne s'était jamais fait de refuser. Mais Erin... était-ce l'objet d'un pari ? Plus absorbée dans mes pensées que dans la danse, je fis un faux pas et perdis le rythme. Erin soupira et s'arrangea pour que je me reprenne sans problème. La joie simple qui m'habitait quelques instants plus tôt m'avait soudain quittée. Je me concentrai pour ne plus faire d'erreurs.

*

   Je réussis enfin à apercevoir le profil de celui qui dansait avec Ptula et n'en crus pas mes yeux : Erin. Lui, qui paraissait mépriser presque tous les gens de son âge depuis qu'on était petits, danser avec ma Ptula ? C'était du gâchis pur et simple. Elle méritait bien mieux que cet espèce de...
   « Luys, mon petit, écoute un peu par ici, fit une voix chevrotante près de moi.
- Oui, grand-père ?
- Je crois que c'est la fin. Je m'en vais. Tu es en âge de te marier, à présent, c'est pourquoi ma roulotte et tout ce qu'elle contient te revient. Ainsi que les ânes, Ciboulette et Cresson.
- J'accepte ta décision et te remercie d'avoir vécu, ainsi que d'avoir enfanté mon père. »
   C'étaient les mots traditionnels. Le vieux soupira et ferma les yeux.
   « Je vais retrouver ta grand-mère... » fit-il avec un léger sourire.
   Et il mourut. Je murmurai les quelques mots censés aider son âme à quitter son foyer et trouver le chemin de l'Ailleurs, fermai les yeux et réfléchis un moment à tout ce qu'il avait été pour moi, le remerciant de ce qu'il m'avait appris. Mon second deuil accompli, je me levai et réfléchis. Le vieux était mort, et je disposais d'une roulotte complète, ainsi que des deux ânes qui la tiraient. Mes parents ne seraient que trop contents de pouvoir se débarrasser de moi, car je n'avais pour ainsi dire aucun avenir dans la caravane. Je repensai soudain à cette chose lointaine, presque une légende : la ville. Et si j'abandonnais purement et simplement ma vie de nomade et partais chercher une vie meilleure en ville ? Bien sûr, ce serait renier toute ma culture, et me faire mal voir par tous les nomades de la terre. Mais qu'importe ! Je jetai encore un œil à Ptula, qui avait fini de danser et se tenait droite et impassible dans les rangs des spectateurs.
   Tant qu'à tout renier, autant tout tenter avant. Je me dirigeai vers elle d'un pas décidé, oubliant presque le grand-père devenu cadavre qui refroidissait derrière moi. Je sentais un grand calme indifférent et déterminé m'envahir. Arrivé derrière Ptula, je lui tapotai l'épaule. Elle se retourna et sourit en me reconnaissant :
   « Tiens, Luys ! Tu n'es pas avec ton grand-père ? »
   J'estimai qu'un silence était la réponse la plus éloquente.
   « Oh, fit-elle.
- C'est mieux pour lui. Il est parti en paix. Il m'a légué sa roulotte.
- C'est une bonne chose.
- Ptula... m'accompagnerais-tu si je quittais la caravane pour aller vivre en ville ?
- Quitter la caravane ? Aller vivre en ville ? Mais tu es fou !
- Non, juste désespéré. Alors ?
- Mais pourquoi moi ?
- Parce que je t'aime, articulai-je en sentant mon cœur faire un espèce de bond bizarre tout en se serrant dans ma poitrine.
- Oh. »
   Je me tenais stupidement devant elle et m'étais rarement senti si mal. Pourquoi, pourquoi avait-il fallut que je le lui dise ? Quelle folie m'était passée par la tête d'aller la voir ?
   Soudain, comme lorsqu'on était enfants, elle me prit par la main et m'attira loin de la foule. Lorsque nous fûmes seuls, elle me lâcha et me regarda d'un œil qui me sembla gêné.
   « Je me sens incapable de quitter la caravane. C'est toute ma vie, ici, et...
- Ce n'est pas grave, je n'aurais pas dû te demander ça, je n'aurais pas dû te dire ça. Jamais.
- Luys... je t'aime beaucoup, mais jamais je ne pourrai te considérer comme un amant. Tu es comme mon frère. Je... pardonne-moi. »
   Je ne parvins pas à répondre. Il n'y avait rien à répondre, de toute façon. J'étais incapable de lui en vouloir, et incapable de lui pardonner.
   « Luys... tu es certain de vouloir partir ? Pourquoi quitter la caravane ? Tu crois que tu seras plus heureux, à errer seul je ne sais où ?
- Si tu venais, je ne serais pas seul, rétorquai-je d'un ton boudeur.
- Je ne peux pas quitter ma vie entière pour l'inconnu. Je ne peux pas vivre sans la caravane.
- Et je ne peux pas vivre avec. C'est ici que nos chemins se séparent, c'est ça ? » fis-je amèrement.
   Elle me prit dans ses bras et enfouit sa tête au creux de mon épaule. Je la repoussai en ayant l'impression de me repousser moi-même, secouai la tête et m'éloignai. Parvenu à la roulotte du vieux, je harnachai rapidement Ciboulette et Cresson, me juchai à la place du conducteur et partis en m'interdisant de regarder en arrière.

[suite plus tard]
Titre: Re : Ptula
Posté par: Kerena le 17 Avril 2013 à 13:47:55
Citer
Luys... je t'aime beaucoup, mais jamais je ne pourrai te considérer comme un amant. Tu es comme mon frère. Je... pardonne-moi.

Friendzoned  :huhu:

Mh, c'est bien tout ça, c'est bien ! On a pas souvent des récits qui sentent la poussière, les chevaux et le feu de bois. J'aime beaucoup l'ambiance et j'ai hâte de savoir ce que ce pauvre narrateur va devenir.

J'attends la suite =)
Titre: Re : Ptula
Posté par: Ambriel le 17 Avril 2013 à 18:08:17
Hiii un commentaire *__* Super rapide en plus (j'suis plus du tout habituée à en avoir, et ça fait toujours aussi bizarre XD)

Ben, merci beaucoup  :coeur: je trouve ça classe que ça sente la poussière, les chevaux et le feu de bois ! Parce que ce texte provient quand même du premier paragraphe, que j'avais écrit au hasard juste pour décrire une scène ^^

Citer
Citer
Luys... je t'aime beaucoup, mais jamais je ne pourrai te considérer comme un amant. Tu es comme mon frère. Je... pardonne-moi.

Friendzoned  :huhu:

Ouii je sais XD j'y ai trop pensé en l'écrivant, je trouvais ça presque drôle u_u mais j'ai essayé de faire en sorte que ça reste un peu sérieux et crédible quand même ^^

Merci pour ton passage ! Je posterai la suite dans un ou deux jours je pense ^^
Titre: Re : Ptula
Posté par: Rain le 17 Avril 2013 à 18:45:40
Relu ! Je commenterai pas tout de suite, déjà parce que je t'ai déjà commenté plein de fois donc ça peut attendre un p'tit peu  :-¬? Et ensuite parce que c'est mal, je devrais travailler et pas commencer à lire des textes, donc je retourne à mon dossier.

Mais mais mais ! C'est chouette chouette chouette que tu décides enfin de publier Ekin et Ptula, parce qu'ils le méritent amplement, et que ce sont deux de mes textes préférés venant de toi, avec Tout ce temps passé. Ce serait triste que les gens ne puissent pas les lire  :huhu:

(J'ai le plus grand mal à ne pas ouvrir les fichiers d'Ekin et de Ptula pour les relire en entier avant tout le monde, d'ailleurs. Mais faut que je travaille. Je ferai ça plus tard.)

(D'ailleurs, ça n'a pas grand chose à voir, mais l'autre jour en faisant une recherche d'un fichier sur mon disque dur, Merle m'a renvoyé vers Les baskets rouges... t'en es où de celui-là ?  :-¬?)
Titre: Re : Ptula
Posté par: Kath le 17 Avril 2013 à 21:04:39
Hey!! J'ai vachement bien aimé, mais j'ai du mal à savoir qui est le personnage principal. Pour moi c'est Luys, puisque c'est sentiments qui sont le plus développés, mais j'ai comme un doute :o
En tout cas l'histoire est bien sympa, j'aime bien l'ambiance, j'ai envie de lire la suite.
Mais luys devrait peut-être dire à quelqu'un d'autre que le grand-père est mort, partir comme ça sans le dire à personne, ça ressemble trop à une fuite, à mon avis.
Titre: Re : Ptula
Posté par: Ambriel le 17 Avril 2013 à 21:38:57
Rain : merci  :) (et euh les baskets rouges est.... comment dire... dans les choux ?  :mrgreen: mais peut-être que je le reprendrai un jour, qui sait ^^)

Kath : Ouah, deux comms positifs c'est trop cool !
Oui Luys est bien le perso principal, on n'est que dans sa tête après. Et pour le grand-père, ça fait un peu fuite effectivement, mais après ce qui venait de se passer il avait pas trop envie de rester ^^ (il a pas trop réfléchi sur le coup, surtout) Mais Ptula va s'en charger, t'inquiètes XD (c'est une brave fille, au fond  :mrgreen:)

Merci en tout cas ça fait plaisir ^^
Titre: Re : Ptula
Posté par: Ambriel le 19 Avril 2013 à 13:31:33
Bon euh, désolée du double post mais je viens mettre la suite ^^  voilà !



*

   Je regardai la roulotte disparaître dans la nuit. Je me sentais presque nauséeuse tant je m'en voulais et tant son départ me coûtait. Je souhaitai mentalement à Luys un bon voyage, puis me détournai et partis prévenir ses parents des départs du grand-père et du fils. Il n'y avait plus que ça à faire.

*

   Ptula me parlait. Elle me racontait sa journée, riait, disait qu'elle était si heureuse de m'avoir près d'elle. Je savais parfaitement qu'elle était restée au camp et que je n'entendais qu'une chimère, pourtant je refusai de lui dire de se taire. Au contraire, je l'encourageai à parler, je lui posai des questions. Je n'entendais sa voix que depuis quelques heures. Ma roulotte avançait depuis trois jours déjà. Trois jours de solitude à penser sans arrêt à elle. En plissant un peu les yeux, je parvenais presque à la distinguer à mes côtés. J'y arrivais même de mieux en mieux. Elle portait son habituel pantalon de toile brune et une tunique jaune. Ses cheveux lui tombaient tout le temps devant les yeux, et elle les repoussait inlassablement. J'arrêtai les ânes et la regardai dans les yeux. Elle me sourit.
   « Pardonne-moi, Luys. J'ai été stupide de te dire ça. Je t'ai menti. Ça fait un bon moment que je t'aime, tu sais. »
   Elle se rapprocha de moi et essuya une larme qui roulait le long de ma joue. Celle-ci termina son chemin sur mon menton. Elle fut suivie par des centaines d'autres, et Ptula m'embrassa. Ses lèvres étaient glacées, et sa langue plus encore. Je posai une main sur sa nuque, sous ses cheveux, là où c'était brûlant. Je caressai son dos de mon autre main, tout doucement. Elle était si fragile en cet instant, j'avais peur de la briser en l'effleurant un peu trop fort. Alors je la laissai faire ce qu'elle voulait. Je perdis toute notion du temps.
   Je me réveillai à l'aube. Seul, évidemment. Hésitant entre la fureur, le dégoût de moi-même ou la tristesse, je choisi de m'interdire d'éprouver toute émotion et ordonnai aux ânes d'avancer. J'aurais dû aller les voir, leur parler un peu et les nourrir. J'y pensai vaguement mais n’eus pas idée de m'exécuter. J'attendis toute la journée le retour de Ptula. Elle vint à la tombée de la nuit, vêtue comme la veille. Je la saluai et lui reprochai de m'avoir fait attendre. Elle s'excusa en prétextant qu'elle préférait vivre la nuit, que la lumière du soleil l'affaiblissait. Je lui dis que ça n'était pas grave, et nous parlâmes de tout et de rien, comme nous en avions l'habitude. Entendre sa voix me rassérénait. Je lui jetais parfois des regards en coin, mais elle me surprenait à chaque fois et me souriait d'un air un peu moqueur. Elle déclara avoir froid et se colla contre moi. Nous gardâmes le silence un moment, si bien qu'elle finit par s'endormir sur mon épaule. Je continuai de guider les ânes droit devant, contemplant la plaine à la lueur de la lune, frémissant à chaque souffle dans mon cou. Au bout de la plaine, là-bas, il y avait la ville. Ptula et moi y serions bien.
   Nous voyageâmes ainsi de nombreux jours, dont je perdis le compte. Je somnolais la journée en attendant Ptula. Un soir, elle était arrivée en me demandant si je m'étais occupé de Ciboulette et Cresson. Comme j'avais penché la tête sur le côté sans répondre, elle s'en était chargée. Depuis ce jour, elle s'occupait d'eux chaque soir, et nous les laissions se reposer jusqu'au lendemain. Du coup, nous dormions dans la roulotte. C'était beaucoup plus confortable, je devais bien l'avouer. A l'intérieur il faisait noir, cependant, car nous ne pensions jamais à allumer la lampe à huile.
   Je m'abandonnais volontairement à mes hallucinations, si bien que je finis par avoir de plus en plus de mal à distinguer le réel de l'imaginaire.
   J'aurais aimé que le voyage dure toujours. Cependant, un soir, nous parvînmes aux portes d'une ville. Elle apparut presque devant nos yeux, là où il n'y avait que la plaine quelques heures plus tôt. Elle était exactement telle que je l'avais toujours imaginée, telle qu'elles étaient décrites dans les livres : de grands murs de pierre l'entouraient et des gardes en armure se tenaient de chaque côté de l'immense arche qui permettait d'y entrer et d'en sortir. Nous saluâmes les gardes et entrâmes dans la cité. Ptula à mes côtés ne disait pas un mot. Elle se contentait d'observer, aussi émerveillée que moi, ce nouvel univers qui s'offrait à nous.
   Nous nous trouvions dans une rue pavée, bordée de bâtiments immenses et bondée de monde. Des enfants se couraient après en riant, des mendiants en haillons étaient assis à même le sol et personne ne semblait se soucier d'eux. Notre charrette peinait à se frayer un chemin car les gens ne s'écartaient pas toujours de notre passage. Cependant elle avançait toujours sans cahot, sans être dérangée par les pavés. Soudain, un garde nous héla :
   « Hey, vous là bas, dans la charrette ! Il est interdit de faire entrer des véhicules en ville, sauf en cas de livraison de marchandises ou de jour de marché. Veuillez déposer votre charrette aux écuries, hors de la ville.
- Très bien, pardon, nous ne savions pas ! répondit Ptula.
- Vous ne saviez pas ? Mais vous venez d'où, ma parole ?
- De la plaine, déclarai-je. »
   Nous fîmes donc demi-tour et ressortîmes de la ville. En effet, à l'est, deux bâtiments se dressaient. Je ne les avais pas remarqués tout à l'heure. Nous laissâmes la charrette dans celui qu'on nous indiqua, en laissant quelques piécettes. Il faisait bon à l'intérieur, comme si le soleil nous réchauffait toujours de ses rayons. Ensuite, nous regagnâmes la ville. En passant, je m'adressai à un garde en faction :
   « Bonjour, excusez-moi mais nous sommes nouveaux en ville. Savez-vous où nous pourrions nous loger et trouver du travail ? Et de la nourriture ?
- Ben, ça dépend de ce que vous savez faire. Allez donc voir Lunna à l'auberge du Gnome Dansant, elle saura p'têtre vous dépanner.
- Merci monsieur, au revoir ! »
   Ptula me prit la main et nous franchîmes une nouvelle fois les portes de la ville.

   Nous y sommes bien.
Titre: Re : Ptula
Posté par: Snow le 19 Avril 2013 à 13:35:55
salut !
Ce n'est pas le genre de roman que je lirais d'habitude (ou de texte) mais j'ai bien aimé le style, ça se lit tranquillement, la cigarette au bec. On est tout de même emporté par l'histoire et on a envie de savoir la suite petit à petit (que j'ai terminé de lire également). Je pense que tu peux encore progresser dans les dialogues qui restent un peut trop académiques et qui ne collent pas (encore) assez à l'ambiance que nous dépeint le personnage principal.
Faut se lâcher un peu plus je crois également dans la profondeur psychologique de ton personnage narrateur.

Bonne continuation, je suivrais l'histoire en tout cas. J'attends (encore) la suite.
Titre: Re : Ptula
Posté par: Ambriel le 20 Avril 2013 à 19:10:54
Salut ! Je réponds un peu en retard...

Pas ton genre de texte ? Tu peux me préciser pourquoi ? ^^
Sinon, contente que ça se lise bien tout de même. Pour les dialogues, je les voulais un peu sérieux, après peut-être que c'est trop poussé en effet mais ça a l'air d'avoir choqué que toi... tu peux me donner un exemple ?
Pour la profondeur psychologique, c'est pas une question de se lâcher, c'est surtout que j'ai jamais su faire des personnages potables ^^
Et il n'y a pas de suite à proprement parler... la fin s'explique dans un autre texte, que je posterai sans doute (si quelqu'un le réclame quoi XD)

Merci de ton commentaire !
Titre: Re : Ptula
Posté par: Rain le 20 Avril 2013 à 21:12:51
Mais quelqu'un le réclame depuis un moment, cet autre texte  :huhu:.

[/flood]
Titre: Re : Ptula
Posté par: Snow le 22 Avril 2013 à 08:17:51
Citer
Pas ton genre de texte ? Tu peux me préciser pourquoi ?
J'apprécie les romans noirs, la science fiction et l'univers cyber punk. Du coup c'est assez éloigné de ce que je lis d'habitude.

Pour les dialogues :

 « Pardonne-moi, Luys. J'ai été stupide de te dire ça. Je t'ai menti. Ça fait un bon moment que je t'aime, tu sais. »

Moi j'aurais bien écrit : "Je te demande pardon Luys, la stupidité a prit le dessus, le mensonge en est sort vainqueur, et cela fait une éternité que je t'aime de toute mon âme, de tout mon cœur"

Après ça dépend de beaucoup de choses. "Pardonnes moi" remets le choix du pardon sur Luys. "Je te demande pardon" fait assumer la responsabilité des choses à celui ou celle qui le dit. Etc ...
Je pense qu'il faut réfléchir un peu plus les dialogues, les faire un peu moins académique, cela donnera une profondeur à ton personnage, un peu de poésie "Le mensonge en sort vainqueur et cela fait une éternité que je t'aime de toute mon âme (au choix), de tout mon cœur".
On aime pas quelqu'un comme on aimerait une tomate, une pomme ou autre. Faut se lâcher :)

Snow.

Titre: Re : Ptula
Posté par: OliveDuWeb le 22 Avril 2013 à 08:53:51
Moi je lirai et je commenterai quand le texte sera complet  :mrgreen:
Titre: Re : Ptula
Posté par: Ned Leztneik le 22 Avril 2013 à 09:30:30
idem  :noange:
Titre: Re : Ptula
Posté par: Ambriel le 22 Avril 2013 à 11:09:04
Euh vous êtes mignons mais le texte EST complet, là XD. La fin s'explique juste dans un autre, mais en soit il se termine de lui-même. Mais je vais poster Ekin si ça peut vous faire plaisir  :P (par contre il est super long donc soit vous vous accrochez, soit je le poste en au moins 3 parties (12 pages word))

Sinon pour les dialogues que tu me proposes Snow, je n'aime pas du tout  :-[ (désolée, c'est juste mon avis hein) Je trouve la phrase que tu proposes pas crédible du tout.
De plus, pour cet exemple précis, j'ai deux réticences :
- la phrase "Ca fait longtemps/un bon moment que je t'aime, tu sais." j'y tiens et je ne l'enlèverai sous aucun prétexte ^^ (rapport à un rêve que j'ai fait il y a quelques mois)
- C'est Luys qui invente ce qu'elle dit donc il entend ce qu'il veut entendre, bien dit ou non
Titre: Re : Ptula
Posté par: Snow le 22 Avril 2013 à 11:18:55
A ta convenance et tout à ton honneur. Chacun son style et ses avis. Si tu le sens bien comme ça, alors c'est good ;)

Snow.
Titre: Re : Re : Ptula
Posté par: OliveDuWeb le 22 Avril 2013 à 11:26:20
Euh vous êtes mignons mais le texte EST complet, là XD. La fin s'explique juste dans un autre, mais en soit il se termine de lui-même. Mais je vais poster Ekin si ça peut vous faire plaisir  :P (par contre il est super long donc soit vous vous accrochez, soit je le poste en au moins 3 parties (12 pages word))

Ne t'emballe pas, Ambriel.
Tu n'as précisé ni en combien de parties tu allais le poster, ni qu'il était terminé.
Je ne faisais pas allusion à l'autre texte, pour ma part.

Je vais donc, maintenant, prendre le temps de faire ce que j'ai promis (j'éditerai ce message pour éviter un éventuel double-post)
Titre: Re : Ptula
Posté par: LeBossu le 22 Avril 2013 à 11:29:40
Yosh !
Désolé, juste un petit mot comme ça en passant…
Citation de: ambriel
Euh vous êtes mignons mais le texte EST complet, là XD.
Ah, mais ça va pas du tout ça, je commençais tout juste à entrer dans l'histoire, il y avait une ambiance sympa qui commençait à s'installer, les feux de bois, la roulotte, l'arrivée dans une ville nouvelle, et tout ça, on sent que quelque chose de grave peut se passer (sont-ils les bienvenus dans cette ville ? Ptula va-t'elle finir par bien vivre l'éloignement de la caravane, etc. ). Pour moi, c'est juste le début, tout est à peine posé, je ne vois pas comment ça peut être déjà fini. :(

Autre chose, dans la première partie, j'aurais presque préféré qu'on n'ait pas le paragraphe avec le point de vue de Ptula, ça aurait laissé une aura un peu plus mystérieuse, histoire de nous laisser le temps de découvrir cette fille autour de laquelle au moins deux bonhommes tournent.
++
;)
Titre: Re : Ptula
Posté par: Ambriel le 22 Avril 2013 à 11:53:05
Snow : Ok contente que tu le prennes bien, je prends note de ton avis quand même ^^

Olive : euh ben j'avais précisé que je le postais en deux parties, et j'ai dit dans un commentaire il n'y a pas longtemps que c'était fini ^^ merci de ton passage quand même et désolée  :-[

LeBossu : euh, je crois qu'il y a un truc que tu as mal compris... zut,  je pensais que c'était clair  :-[ : Ptula n'est pas avec lui quand il part, il se l'imagine... En gros il devient fou.
J'ai longuement hésité à le continuer d'une autre manière, mais de toute façon même s'il y avait vraiment eu une ville il aurait pas été loin, et j'avais tellement envie de le continuer trop longtemps (comme j'écris à l'instinct je peine beaucoup sur les textes longs)
Titre: Re : Ptula
Posté par: LeBossu le 22 Avril 2013 à 13:49:35
Citation de: ambriel
Euh vous êtes mignons mais le texte EST complet, là XD.
Ah oui, ze crois bien qu'il faudrait que je le relise une fois de plus… :mrgreen:

Edit :
Ok, j'ai compris, j'ai sauté cette phrase-ci :
Citer
Je savais parfaitement qu'elle était restée au camp et que je n'entendais qu'une chimère, pourtant je refusai de lui dire de se taire.
J'm'étais dit aussi qu'on ne savait pas comment Ptula l'avait rejoint, mais je m'étais dit que c'était une ellipse, tout ça. :huhu: m'enfin… mais alors, pourquoi elle répond au garde ? :\?

Et puis je comprends tout à fait le problème d'avoir un peu de mal à continuer sur un texte long, ceci dit, je reste sur l'impression c'est léger pour un texte court (comme si le rythme du récit embarquait au moins sur une nouvelle longue, et qu'on s'arrêtait en chemin).
Titre: Re : Ptula
Posté par: Rain le 22 Avril 2013 à 15:14:35
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J'm'étais dit aussi qu'on ne savait pas comment Ptula l'avait rejoint, mais je m'étais dit que c'était une ellipse, tout ça. :huhu: m'enfin… mais alors, pourquoi elle répond au garde ? :\?
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Moi je trouve que c'est une bonne fin, elle laisse planer un doute, et le lecteur continue l'histoire comme il veut. Soit
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Soit,
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Ou bien un mélange des  deux, auquel cas ça laisse quand même un goût doux-amer un peu triste et nostalgique mais, heu, apaisé, je sais pas comment le dire autrement XD.
Titre: Re : Ptula
Posté par: Gros Lo le 22 Avril 2013 à 15:58:20

Bah j'ai trouvé que ça se lisait bien, après je suis d'accord avec le fait que c'est un peu académique et que tu pourrais améliorer le texte en usant d'un style un peu moins conventionnel. Pour les hallucinations, si tu choisis d'accentuer un peu ce côté-là, tu pourrais par exemple prendre des éléments qui caractérisent le désert (un long vent chaud, des roues qui s'enlisent...) et les faire perdurer une fois qu'ils arrivent "en ville". Ce serait une idée pour garder, malgré la version des faits mentale du narrateur, une version sensorielle sous-jacente, pour que la narration joue vraiment sur les deux tableaux.

Voilà voilà, lecture sympathique.
Titre: Re : Ptula
Posté par: Ambriel le 23 Avril 2013 à 12:36:53
Je passe en vitesse XD
Merci beaucoup à tous de vos passages et commentaires, déjà, et contente que vous ayez globalement bien aimé :)

Olive : Oui, j'aurais pu le continuer et il était parti pour être long, mais j'avais vraiment plus d'idée...

Rain : merci de défendre ce texte x)

Lo : Je vais essayer de voir ce que je peux faire pour des améliorations ^^
Titre: Re : Ptula
Posté par: Milora le 28 Avril 2013 à 11:12:00
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J'émergeai doucement de la sombre mélasse de l'inconscience.
Très joliment dit ! :)

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d'une finesse et d'une douceur étonnante.
étonnantes

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mais elle le détourna sans faire signe qu'elle m'avait vu. Sans doute avait-elle mieux à faire
ça fait deux fois "faire", et puis "faire signe qu'elle m'avait vu" je sais pas, je trouve que c'est pas l'expression la plus appropriée ici (mais c'est peut-être personnel)

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sans compter savoir commercer si le besoin s'en faisait sentir.
Je trouve que ces trois infinitifs à la suite, ça fait pas jouili  ::)

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il m'avait simplement regardé d'un air indifférent
regardée

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La joie simple qui me peuplait quelques instants plus tôt m'avait soudain quittée.
la joie qui peuple, je trouve ça un peu bizarre comme formulation...

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Ainsi que Ciboulette et Cresson, les ânes.
lol, j'adore les noms :D

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rétorquai-je bêtement.
y avait déjà "bêtement" juste un peu plus haut

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de me repousser moi même
moi-même



Partie 2 -->

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entre la fureur, le dégoût de moi-même ou la dépression
Je trouve que "dépression" ça a une connotation bien trop moderne pour le ton du texte...

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de plus en plus de mal à distinguer le réel du virtuel.
Là aussi, je trouve que virtuel détonne par rapport à l'ambiance

Bon alors c'est bien écrit, l'ambiance est très bien posée, les personnages sont "pleins", présents, tout ça c'est bien ! :)
Par contre, comme Bossu :
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Ah, mais ça va pas du tout ça, je commençais tout juste à entrer dans l'histoire, il y avait une ambiance sympa qui commençait à s'installer, les feux de bois, la roulotte, l'arrivée dans une ville nouvelle, et tout ça, on sent que quelque chose de grave peut se passer (sont-ils les bienvenus dans cette ville ? Ptula va-t'elle finir par bien vivre l'éloignement de la caravane, etc. ). Pour moi, c'est juste le début, tout est à peine posé, je ne vois pas comment ça peut être déjà fini.
Voilà, pareil. En tant que tel, le texte me semble largement incomplet ; du coup, s'il est relié à Ekin, il faudrait peut-être l'annoncer, les relier clairement (enfin pour que quelqu'un qui lise ce texte sache qu'il y a une suite à aller voir ?)

Bref, je vais aller lire Ekin pour avoir un avis global sur l'histoire ! :)

En tous cas, c'est bien écrit et prenant, assez immersif du point de vue de l'ambiance :) J'ai juste du mal à m'attacher à Luys parce qu'il a le nom d'un de mes chanoines et que l'un des premiers éléments qu'on a sur lui, c'est cette totale froideur face à la détresse et à la mort du grand-père, qui ne me l'a pas rendu sympathique du tout ; mais bon après, sa relation bizarre avec l'hallucination suffit à le rendre plus complexe et à faire qu'on s'intéresse à son destin.
Donc bref : rien à redire, à part l'absence de vraie fin :P
Titre: Re : Ptula
Posté par: Aquarelle le 28 Avril 2013 à 12:27:30
Bonjour !

Bon, ben comme j'ai commencé par Ekin, je fais le chemin en sens inverse en passant maintenant à Ptula.

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Il se passa alors une chose que je n'aurais jamais envisagée : un garçon dont je ne voyais que le dos s'inclina devant elle en lui présentant sa main.
Je trouve que cette tournure n'est pas idéale. Je ne saurais pas très bien expliquer pourquoi, mais... Je n'aime pas trop. J'essaie de donner une explication tout de même : j'ai l'impression que c'est un peu lourd (oui, vive l'explication !). Mais ça n'engage que moi.

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Erin soupira et s'arrangea pour que je me raccorde sans problème.
C'est un peu maladroit "raccorde".

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La joie simple qui me peuplait quelques instants plus tôt m'avait soudain quittée
Je ne suis pas fan de la joie qui peuple quelqu'un.

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Ainsi que Ciboulette et Cresson, les ânes.
Alors là je cherche la petite bête... Mais en fait si c'est son grand-père c'est drôle qu'il prenne la peine de préciser que Ciboulette et Cresson sont les ânes. En tant que lectrice, bien sûr, je te suis reconnaissante de cette précision, mais dans la bouche du personnage, je trouve ça curieux. A la limite je préfèrerais "les ânes, Ciboulette et Cresson", parce que là on dirait qu'il précise son idée, pas qu'il explique que Ciboulette et Cresson sont des ânes. Oui, je suis pénible, désolée.

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Et il mourut. Je murmurai les quelques mots censés aider son âme à quitter son foyer et trouver le chemin de l'Ailleurs, puis je me levai et réfléchis. Le vieux était mort, et je disposais d'une roulotte complète, ainsi que des deux ânes qui la tiraient.
Ah. ça n'a pas l'air de l'émouvoir plus que ça, la mort du vieux. On comprend bien que dans le contexte, étant donné la culture des personnages etc. la mort de son grand-père n'est pas un traumatisme, mais là, c'est vraiment "bon maintenant qu'il est mort, je me tire."

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Je me dirigeai vers elle d'un pas décidé, oubliant presque le grand-père devenu cadavre qui refroidissait derrière moi.
C'est bien ce que je me disais ! Bon, alors c'est peut-être entièrement volontaire de ta part.

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Parce que je t'aime, articulai-je bêtement
 Si tu venais, je ne serais pas seul, rétorquai-je bêtement.
Les deux phrases sont espacées l'une de l'autre mais malgré tout les deux "bêtement" se font écho... En plus il y a eu un "stupidement" entre les deux.

Voilà pour les remarques qui me sont venues à la lecture !
Sinon j'ai bien aimé, j'ai trouvé que la lecture était très agréable, l'enchaînement des points de vue fluide et intéressant. Je viens de lire les autres commentaires et je les rejoins un peu : la fin laisse un peu sur sa... faim. La dernière phrase met une sorte de point final, mais l'arrivée et la façon dont elle est décrite laisse penser que ça va continuer... et non.
A part ça, une autre petite remarque : je trouve que Luys fait vraiment très vite apparaître sa Ptula. J'ai l'impression que le basculement se fait de façon un peu brusque : il avait l'air d'un personnage tout à fait normal et là, sans que rien ne le laissait présager, il se crée une Ptula... Mais bon c'est juste mon impression personnelle.
J'ai lu le texte avec plaisir !
Titre: Re : Ptula
Posté par: Ambriel le 28 Avril 2013 à 22:21:20
Salutations,

Déjà merci de vos commentaires ! Contente que vous ayez à peu près bien aimé !
J'ai essayé de modifier le texte en prenant compte de vos remarques et en rendant Luys un peu moins indifférent à la mort de son grand-père...

Mil : merci de ton commentaire ! J'ai corrigé ce que tu avais remarqué
Pour la fin qui arrive trop vite, euh ben... tant pis c'est comme ça  :mrgreen:

Aquarelle : J'ai tout changé, du maladroit au lourd en passant par le bizarre...  Bon, je sais pas si c'est mieux par contre ^^ Et j'ai ajouté quelques phrases sur le deuil de Luys.
Pour Ptula qui apparaît trop vite, j'ai rajouté qu'elle arrivait quelques jours après son départ, ce qui était un peu logique pour moi mais comme je l'avais pas précisé... Et sinon ben, oui peut-être, il se laisse aller et peut-être qu'il avait déjà un grain  :-¬?
Merci de ton passage !