Epilogue: Salut à tous, ceci est une ancienne nouvelle que j'ai totalement retaper, elle est à contenu explicite, donc âmes sensibles savent se tenir comme on dit (s'abstenir, je sais^^). Si la longueur de la nouvelle vous fait peur, vous pouvez très bien n'en critiquer qu'une partie, Enjoy!
Vinks, humble profane...
Un reflet dans l'objectif
J'émerge lentement, peinant pour fournir l’effort nécessaire et décoller mes lourdes paupières, qui sont comme ankylosées; paralysées par cette puissante torpeur qui me saisit. Ca y’est, j’y parviens enfin, mais depuis combien de temps suis-je là, ainsi endormi? Je n’en sais strictement rien…
Un fond douloureux me martèle le cerveau, tandis que le brouillard visuel s’estompe peu à peu autour de moi, me permettant alors de mieux discerner les formes et les couleurs aux alentours...Ça y est, mon champ de vision est désormais pratiquement rétabli, et je peux enfin voir dans quel bourbier je me trouve…
Des gouttes de sang ont perlé sur la table basse en verre du salon. Non loin de cette constellation d'hémoglobine, git une tasse, qui fut renversée au sol… Cela explique probablement la flaque de café noir étalé sur le parquet de bois, non loin du récipient fêlé... Le sang sur la table, lui, ne semble pas encore coagulé. J'en déduis que la rixe est très récente... Le tout forme un tableau des plus artistiques: le contraste entre l’hémoglobine rougeâtre et la noirceur de l’arabica sur le parquet est en effet du plus bel effet ! Cela aurait pu faire un joli cliché…Quoique, ce n’est pas vraiment le moment d’y songer !
Je me sens bizarre, comme embrouillé par un je-ne-sais-quoi…
Je remarque que je suis bel et bien dans mon salon, et à en juger par cette vicieuse douleur qui me cisaille l’arrière du crâne, il est probable que ce soit également les gouttes de mon propre sang qui tapissent ma table basse. Mise à part ce sang éparpillé et cette tasse à la renverse, rien ne semble avoir bougé. Le cigare posé dans le cendrier n’a même pas encore rendu son dernier souffle, crachant inlassablement dans l’air son écume blanchâtre et finement ondulée. Malgré tout, la cendre l’a pratiquement consumée jusqu’au pied. L'atmosphère est lourde et pesante, tout est comme suspendue dans le temps…
L'horloge accrochée au mur en face de moi indique pourtant dix-neuf heures trente-neuf, et l’aiguille des secondes est bel et bien en mouvement. Pff, comme si cela me servait à quelque chose de le savoir ! Je me raccroche à l’unique chose qui demeure inébranlable dans une situation où on ne maîtrise plus rien : les aiguilles du temps.
La télé est quant à elle restée allumée. Dans le poste, la présentatrice météo effectue sa chorégraphie hebdomadaire sur fond de cartes colorées. Les prévisions pour demain ne semblent pas vraiment aller en s’arrangeant. En ce qui me concerne, solidement attaché sur mon fauteuil par ces cordes qui me lacèrent la poitrine et les poignets, je n’espère pas un avenir beaucoup plus ensoleillé… Je n’arrive pas à comprendre… Qui a bien pu me faire cela, mais surtout, dans quel but ?
J’ai beau réfléchir, là, je ne vois pas ! La dernière chose dont je me souvienne, c’est de m’être servi un verre de cognac pour le siroter devant le JT de France 2, tout en savourant un de ces précieux cigares fraîchement ramené de Cuba, paisiblement installé sur mon canapé en cuir. C’est un peu devenu une habitude quand je rentre du boulot. Enfin, du boulot... Je suis un artiste ! Qui peut bien en vouloir à un artiste?!
Tout cela n'a vraiment aucun sens ! La soirée avait pourtant débuté le plus normalement du monde. Pour ne rien arranger à la situation, je crois bien que je suis encore à moitié saoul, car ma vision est pour le moins instable, à moins que ce ne soit l’effet du coup que j’ai reçu derrière la tête?
Quoi qu’il en soit mon vieux Paul, il semblerait que tu te sois mis dans beaux draps cette fois ci, et je vois mal qui pourrait venir t’en sortir…Tiens ?! Il me semble reconnaitre cette petite mélodie angoissante qui me titille les tympans depuis quelques secondes déjà… Oui, c’est bien ça ! Le générique du JT du soir!
Super… Au moins, on peut dire la personne qui m'a foutu la tiens à ce que mon emploi du temps ne soit pas trop bouleversé par les évènements…
« Bonsoir à tous. Dans l’actualité ce soir, le mystérieux tueur de beautés. Ainsi surnommé pour ses crimes commis sur le sol corse, ainsi que pour son goût non dissimulé pour les homicides de jeunes femmes; aurait semble-t-il récidivé, dans la nuit de samedi à dimanche. Le corps de deux jeunes joggeuses a en effet été retrouvé ce matin, par les services de police, dans un maquis en périphérie de Bonifacio … »
Il semble encore un peu dans les vapes, je pense qu’il ne réalise pas encore ce qui lui arrive...Il a l’air perdu dans ses pensées. Je peux le sentir, je peux surtout le voir de là où je suis posté…Discrètement dissimulé derrière la fine ouverture de la porte du salon, je suis aux premières loges pour admirer le divertissant spectacle qui s’offre à moi. Son regard fuse de droite à gauche, il est en proie au doute….
Parfait ! Tout se déroule comme prévu! Le plan va enfin pouvoir se réaliser ! Bientôt, c’est du désespoir qui rongera son âme, et lorsqu’il l’aura entièrement dévoré, il ne sera plus que l’ombre de lui-même…
Je lui ai solidement attaché les pieds, la taille, et les bras à son fauteuil bridge haut de gamme avec une solide corde en chanvre. Saucissonné ainsi, il me fait penser à un vulgaire petit ver de terre sautillant sur le bitume, en proie aux oisillons de passage.
Durant des semaines, j’ai étudié les moindres de ses faits et gestes, disséquant le plus infime de ses petits rituels et ce qui m’a pas mal facilité la tâche, c’est que cet abruti est mieux réglé qu’une putain d’horloge suisse !
L’homme vit seul depuis qu’il a divorcé d'avec sa seconde femme, il y a quelques années de cela. Il faut dire que tronché sa jeune secrétaire après seulement trois mois de mariage, c’est une performance qui n’a pas vraiment plus à jeune, enfin, moins jeune marié ! Enfin, cela aura au moins eu le mérite de faire passer ce guignol pour un bourreau des cœurs : l’artiste bohème, le quinquagénaire fougueux en première page de tous ces torchons people ! La réalité de votre vie est tellement moins palpitante, Paul Kleber…
Tous les matins, votre réveil sonne à six heures. Pratiquement tous les matins, le gros lard que vous êtes ne se réveille qu’aux alentours de la sonnerie de rappel de 6h15. Vous ne vous habillez pas tout de suite, et allez directement dans le salon vous préparer un petit café et fumer l’une de vos satané Rothman. Je me demande bien, d’ailleurs, comment vous pouvez fumer des merdes pareilles… Ces cigarettes-là vous décollent les poumons quasi instantanément! Je me rappelle avoir essayé une fois, histoire de me fondre dans le personnage, et cela m’avait donné l’impression d’avoir sucé un putain de pot d’échappement !
Aux alentours de 6h30, vous prenez une douche de plus ou moins 5 minutes, puis vous vous habillez. Et puis, une fois affublé de ses plus beaux apparats, monsieur se pose devant la télé pour se gaver sur les chaînes d’informations en continu, tout en se délectant d’un verre de jus d’orange et en avalant des tartines de pâte à tartiner généreusement étalées. Il se lave les dents, se rase si nécessaire, puis quitte enfin son domicile vers 7h30, pour n’y rentrer qu’aux alentours de 18h50. En rentrant, il enlève avec peine ces chaussures, et recommence pratiquement le même rituel, mais en sens inverse cette fois ci, et sans la phase des tartines, bien entendu…
Eh oui, j’ai bien étudié ton dossier, Paul Kleber…
Bon, fini de tergiverser, pas la peine de refaire tout le plan, tout est suffisamment clair dans ma tête. Il est temps pour moi d’entamer l’œuvre. Oui, je crois que le moment est enfin venu de faire mon entrée, sous les applaudissements d’une foule en délire…
« En Russie maintenant, de violents heurts ont éclaté hier après-midi en plein centre-ville de Moscou opposant la police et des manifestants qui paradaient en faveur des droits de la population homosexuelle russe. On dénombre quarante-six blessés dont trois graves… »
Quelqu’un entre. Il semble assez massif, mais pas très grand. Il est entièrement recouvert de larges habits noirs. Il porte un sweat à capuche et un pantalon de jogging bouffant pour seuls vêtement, même ses chaussures semblent aussi sombre que la nuit qui s’exhibe à travers la bais vitré du salon. Il porte une cagoule vissée sur la tête ne laissant entrevoir que ses yeux, à travers les deux orifices de tissue qui orne son étrange couvre-chef.
Un frisson me parcours l’échine. Cela n’augure rien de bon, j’en ai la certitude…
J’ai été confronté à tout un tas de chose dans mon métier, notamment dans les pays en guerres ou j’ai eu à travailler, mais ici, en France, et chez moi en plus ! J’espérais ne pas avoir à vivre ce genre de choses…
Que peut-il bien me vouloir ? De l’argent surement, enfin, je suppose… Lorsque l’on bénéficie comme moi d’une certaine notoriété, on peut s’attendre à ce genre de choses. Les risques du métier, certains dirons! Il faudrait quand même que je tente quelque chose, je n’ai pas grand-chose à perdre après tout, et je ne vais pas rester là, comme ça, dans l’ignorance la plus total ! Ok, alors allons-y…
« Écoutez, je ne sais pas qui vous êtes, mais si c’est pour l’argent, on peut s’arranger d’accord ?! Tenez, j’ai vingt mille euros dans un coffre ignifugé, il est caché derrière le Rembrandt posé juste derrière vous. Allez donc jeter un coup d’œil si vous ne me croyez pas ! J’ai juste à vous donner mon code, et l’argent est à vous. Pas besoin de continué plus longtemps toute cette mascarade. C’est un bon deal vous ne croyez pas ? ».
Pas de réponse…J’ai pourtant été clair et précis…
Tout en marchant dans ma direction, il met sa main à la poche et en sort deux longue lamelles de tissu blanc. « Mais attendez monsieur, on peut disc… ». Non, j’ai compris. La négociation est terminée. Il tasse en boule l’un des deux bouts de tissu avec ses mains, et me l’enfonce brutalement dans la bouche. Puis, il enroule l’autre autour de ma tête en serrant fortement. Je sens une pression s’exercer à l’arrière de mon crâne, à l'endroit exact où se situe probablement une petite plaie béante, désagréable sensation…
Si ce n’est pour me voler, alors que peut-il bien me vouloir? Je ne sais pas, peut-être veut-il simplement me vider de mes biens, ou bien me kidnappé pour demander une rançon par la suite… Ou peut-être en veut-il à mon Home cinéma, à la chaine hi-fi à la Mustang Gt qui trône dans le garage, ou bien alors peut-être...Peut être qu’il t’en veut à toi, Paul ?!… À moi ? Voyons, pourquoi en voudrait-il à moi ?! D’un autre côté, pourquoi s’intéresserait-il à un otage ou à des objets encombrant plutôt qu’a de la petite coupure servit sur un plateau d’argent, hein? Réfléchis bon sang ! …Non, tout cela parait tout simplement impossible!
Génial, je crois que ça y’est, je commence sérieusement à angoisser, il était temps vous me direz ! En plus de ça, trop occupé à réfléchir, je n’ai même pas remarqué que l’homme vient de s’asseoir juste devant moi, sur l’un de mes propres fauteuils, et qu’il m’observe, impassible. Jambes croisées, le regard sombre, me perçant de ses pupilles aussi noirs que l’ébène, il est surement là depuis quelques secondes déjà…Il cherche probablement à me faire craquer, mais qu’il ne compte pas sur moi, j’en ai vue d’autre mon coco! Je ne te laisserais pas te délecter de ce petit plaisir pervers!
Voilà qu’il se relève maintenant, brusquement, et qu’il sort à pas soutenus de la pièce…Mais qu’est-ce que c’est que ce cirque? Pourquoi il ne dit rien ?! Bordel de merde, mais pourquoi as t’il fallut que ça tombe sur moi ?! Ca sent de plus en plus mauvais…
Il revient déjà mais cette fois ci, il porte une mallette dans la main droite, une mallette en cuir noir. Il la pose délicatement sur la table basse juste devant moi, l’ouvre, puis en sort quelque chose. Mais qu’est-ce que…
« Conséquence de la conjoncture économique actuelle, le président vient d’annoncer que le coût des cotisations sociales ne sera pas renégocié pour l’an prochain, créant de vives réactions au sein des principaux syndicats ouvriers, qui se sont réunis cet après-midi place de la Bastille..».
Tiens, tout cela me rappelle que maman répétait toujours cette foutue phrase… C’était quoi déjà ? …Ah oui ! : Un bon ouvrier doit avoir de bons outils ! Très bien Maman, alors voyons tout cela ensemble si tu le veux bien? : Un chalumeau, une pince coupante, une planche de bois et des gants en plastique pour ne pas souiller mes jolis doigts, et bien sûr, le polaroid acheté pour l’occasion ! Un objet à la hauteur de l’évènement ! Je regarde tous ces objets soigneusement disposés sur la table. Ok, tout est bien là ! On peut dire que j’ai bien prévu les choses, pas vrai M’man ? Ah oui, j’allais presque oublier ça, mais je le laisse pour le moment dans son étui : toujours garder le meilleur pour la fin ! Je referme soigneusement le réceptacle. Les choses sérieuses vont enfin pouvoir débutés ! Je cale la planche en bois entre sa main et l’accoudoir du fauteuil. Très bien, le cordage est un peu serré, mais bon, ça lui évitera au moins de tortiller du cul pendant que je mettrai tout mon cœur à l’ouvrage ! Je le regarde, lui aussi, il me regarde… Il me scrute avec un air béat tout à fait pathétique, on dirait une petite souris transie de peur devant un gros matou. C’est assez amusant… Coucou ! Je te vois Paul Kleber ! Quel bonheur de voir tant de crainte dans tes petits yeux entourés de gras autrefois si vifs. Alors Monseigneur Kleber? On se sent tout de suite moins important ainsi fait?! Le costume de proie vous sied à ravir pourtant, croyez-moi!
Allez, arrêtons là les amabilités voulez-vous ? Il est temps pour toi de faire la rencontre de ta sombre destinée, sale chien! Je me demande si tu me regardes toi aussi, de là où tu es, ma petite maman. Je ne sais pas, peut-être… T’étais tellement belle dans tes petites robes colorées, avec ton sourire malicieux, et ton regard… Jamais je ne pourrais les effacer de ma mémoire ! Pourquoi as t’il fallut que tu me laisses comme ça ? Pourquoi toi, toi qui étais si pure…
Allez, reprends-toi bon sang! Tu ne vas quand même pas te laisser envahir par l’émotion devant ce porc ! Pas après tout ce que j’ai fais pour préparer cette unique instant! Non! Je dois me recentrer sur la tâche qui m’incombe, tout doit être parfait ! Le polaroid, prends le polaroïd…
« La bourse de Wall Street en baisse pour la troisième semaine consécutive, la crise qui s’abat sur le monde financier est désormais indiscutable et inévitable… »
Mince, je ne vois rien de rien ! Le couvercle de la mallette m’empêche de voir les objets qu’il a disposés sur la table…Mais qu’est-ce qu'il compte faire exactement avec cette planche ridicule posée sous mon avant-bras? Voilà qu’il sort un nouvel objet de sa maudite mallette ! Cette fois ci je le vois bien, il faut dire que c’est un gros objet…C’est un appareil photo. Je le connais bien celui-là en plus, c’est un Nikon polaroïd TX436. Un très bel objet !
Mon dieu, mais pourquoi je ne peux pas m’empêcher d’avoir ce genre de considération débile dans une telle situation ? Ce boulot me colle à la peau !
Alors, c’est quoi ton projet maintenant, espèce de sale psychopathe? Tenir un album de photos de vacances ?!
Apparemment oui. Il braque l’engin tout près de ma face, je peux presque deviner ma silhouette à travers le reflet bleu pétrole de l’objectif. L’hypnotisme de la sphère de verre bleuté ne dure qu’un temps, et le flash qui m’éclate brusquement dans les yeux me ramène à la réalité, me laissant un voile blanc quelques instants incrusté sur la rétine. J’entends à présent le son du papier glacé s’imprimant et sortant du socle sous l’objectif. Après un bref moment d’aveuglement, je le vois secouer brièvement la photo, la regarder, puis la déposer sur la table basse. Il retourne encore fouiner dans sa fichue mallette…
Cette fois-ci, il en sort deux drôles d’outils, qu’il prend entre ses doigts à présent gantés de caoutchouc blancs. Une espèce de gros briquet de forme allongé et... Une pince me semble-t-il? Oui, une pince coupante !
Mon Dieu, mais que compte-t-il faire avec ces trucs-là? Quoi qu’il en soit, il semble déterminé à agir ! Merde, et qu’est-ce que je peux y faire moi? Rien, je ne peux strictement rien faire attacher ainsi sur mon fauteuil. Je suis comme l’esclave de ma propre demeure! Merde, il faut que je trouve un moyen de m’enfuir ! Mais, c’est impossible… Il est seul juge, je suis totalement soumis à sa volonté, totalement impuissant… Condamné à attendre que tombe sur moi la sentence qu’il se sera décidé à m’infliger.
Je sens que je vais avoir très mal si je ne trouve pas un moyen d’empêcher ça très rapidement ! Il a déjà commencé à bruler soigneusement les bords aiguisés des lames placées à l’extrémité de sa pince avec la flamme bleutée qui jaillit de son espèce de briquet. Je crois comprendre ce qu’il prévoit de faire, et je sens soudainement une vague d’adrénaline montée en moi. Mon corps tout entier commence à trembler, mon cœur s’emballe et cogne ma poitrine. Je sens peu à peu le sang pulser dans mes artères, mon champs de visions se rétrécie, mes muscle se raidisses, et j’ai…comme des vertiges…Je suis en train de me tétaniser !
J’essaie vainement de bouger, mais rien n'y fait, je suis trop solidement attaché par ses saloperies de cordes ! Allez Paul…Calmes-toi….Il faut que tu te calmes ! Que tu gardes le contrôle... Ne lui donne pas ce qu’il veut de toi. Ne lui montre pas que tu as peur !
J’ai vraiment l’impression que mon corps n’est plus les mien, que je ne suis que le simple spectateur d’une scène de mauvais film d’épouvante. Oui c’est comme un horrible cauchemar, et je n’espère qu’une chose : que la lumière se rallume, que je me réveil et que je vois le générique de fin défiler devant mes yeux. Pouvoir enfin quitter la salle par la porte ornée du rectangle vert lumineux « issue de secours ». Pourtant, rien ne se passe, car ce n’est pas un cauchemar, si cela en avait été un, la peur m’aurait déjà réveillé en sursaut…
Voilà qu’il pose à présent ses outils sur la table de verre, se lève et saisit l’un de mes fauteuils à deux mains pour le déplacer sur le parquet de bois, ce qui produit un son strident qui m’agresse les tympans. Il s’arrête à quelques centimètres de ma droite, tout près de moi. Je peux deviner un sourire au coin de ses lèvres, à travers les commissures du tissue. Il jubile.
Comment peut-il sourire, ce salopard de sadique?!
Son visage s'approche son du mien, il est réellement tout proche à présent. Je peux pratiquement percevoir son souffle haletant, son odeur... Étrange, ce n’est pas comme cela que j’aurais imaginé le parfum d’un tortionnaire. Il se penche vers moi, il semblerait qu’il examine ma main. Il récupère la pince sur la table basse. Sa y 'est, il approche lentement la pince de mon annulaire ! Je sens une goutte brulante coulée le long de ma colonne vertébrale. Il va le faire, je sais qu’il va le faire ! Je ferme les yeux. Il faut rester digne, accueillir la douleur. C’est juste un moment horrible à passer Paul et après…Après quoi ?
« Passons maintenant à une rubrique plus légère, les oiseaux migrateurs ! Ces charmants volatiles sont actuellement en plein voyage vers les côtes africaines, et une découverte étonnante vient d’être faite par des chercheurs canadiens : le réchauffement climatique modifierait les habitudes migratoires de certaines espèces, les rendant plus fainéante. C’est notamment le cas de la fauvette à tête noire et le pouillot véloce …»
Une légère pression aura suffi pour faire s’enfoncer les deux lames en acier trempé dans sa chair putride, un filet de fumée et une odeur de cochon grillé s’échappèrent de la plaie béante, en direction de mes narines…
C’est étrange, j’éprouve maintenant comme une sensation de plénitude malsaine, quelque chose de primitif, de viscérale, qui sonne comme une jouissante libération.
Une coulée de sang épais et cramoisi enveloppe lentement sa première phalange. Il tente de hurler, mais à travers la tissue ne filtre qu’un son étouffé: « Huuuuu ! Huu ! ». Pitoyable petit homme…
Je sens soudainement quelque chose qui me résiste, je resserre donc mon étreinte contre les deux manches de la pince pour briser l’os qui cède facilement, dans un léger craquement. Je ne pensais pas que la chair humaine pouvait être si tendre ainsi coincé entre les deux lames d’une pince coupante, c’est presque trop facile, presque trop rapide…
Ok, la voie est libre, passons donc au majeur, le roi des doigts, celui que l’on tend à travers la fenêtre de sa bagnole pour faire honneur aux mauvais automobilistes! Non, attends une minute, c’était presque trop rapide… Oui, je devrais patienter encore un peu, faire durer le plaisir comme on dit. Après tout, c’est un peu un dépucelage, pour moi aussi! En plus de cela, je n’ai pas pris la photo… Bon Dieu ! Je ne suis pas assez appliqué, je n’aurai pas deux fois cette occasion de briller, il faut que je me reconcentre !
Je me demande bien ce qu’il peut ressentir en ce moment…A en juger par la blancheur de son teint et à cette grimace de douleur qui lui déforme le visage, j’en déduis que cela doit être quelque chose de très intense ! Et toi Paul ? Tu te demandes ce que je ressens, quand je te fais tout cela? Sais-tu au moins à quel point tu me fais jouir? Allez, il est temps de t’immortaliser ! Je saisis l’appareil entre mes mains tremblantes d’excitation et dépose mon index sur le bouton poussoir de l’appareil. Wistiti Paul!…
« Un reportage de Thierry Berteau et Bérénice Grumont. Rubrique des sports à présent, le FC Barcelone tenu en échec sur la pelouse de Milan Ac en quart de final aller de la ligue des champions, une bien piètre prestation du club catalan, pourtant habitué à de meilleurs résultats...»
Cette douleur… Elle est tout simplement insoutenable! Jamais je n’ai ressenti une telle horreur de toute ma vie! Elle m’a percée de toute part, m’a foudroyé sur place !
Ca a d’abord commence de la base du doigt, puis, ça m’a lentement traversé l’échine jusqu’à saisir tout mon être. La douleur transpire désormais à travers tous les pores de ma peau, impossible d’y échapper ! Elle est inscrite en moi. Je ne savais pas que l’on pouvait ressentir quelque chose de si intense, de si puissant. Comment rester digne face à ça? Comment se contrôler ? Et surtout, comment un homme peut-il délibérément vouloir faire subir ça à un autre homme ?
J’ai désormais rouvert les yeux sur mon doigt. Il n’y a plus de doigt… Ce salopard l’a fait, il m’a coupé mon putain d’annulaire! Il ne reste désormais plus que deux ou trois lambeaux de chair accrochés à un vulgaire moignon sanguinolent, d’une pitoyable laideur…
Mais pourquoi fais-tu tout cela, hein ? Espèce de taré ! Qui peux-tu bien être? J’ai beau chercher dans le fond de ma mémoire, je ne vois pas bien ce que j’aurais pu faire pour mériter un tel déferlement de haine et de violence, ou alors…Peut-être que oui, peut-être est-ce cela…
J’ai couvert un reportage pour le journal il y a quelque temps. Une manifestation contre l’immigration de masse. Certains manifestants m’avaient menacé de mort, mais ce n’était pas la première fois que cela arrivait. Dans mon métier, on photographie parfois des gens qui ne désirent pas vraiment se retrouver en première page du journal.
Non, voyons, ça ne peut pas être ça ! Tu divagues complètement, reste lucide Paul! Il est largement plus envisageable qu’il ne s’agisse que d’un psychopathe qui agit de façon isolée. Une espèce de malade qui choisit ces proies au hasard pour assouvir ses plus bas instincts… Oui ça ne peut être que cela… Son y 'est, il recommence avec son polaroïd, et m’assène un nouveau coup de flash. Enfoiré!
« Fusillade hier soir dans les quartiers nord de Marseille. L’origine du conflit n’a pas été clairement identifié mais on soupçonne fortement un règlement de comptes entre jeunes dealer du quartier…»
Le brouillard blanc s’estompe peu à peu du papier glacé, levant le voile sur les premiers traits de Kleber en format papier. Il est laid, aussi laid que ce jour-là, quand j’avais croisé sa route pour la première fois. Il est moins jeune certes, et beaucoup plus effrayer aussi, mais toujours aussi laid !
En y regardant de plus près, c’est assez beau finalement de voir une telle expression d’horreur se dessiner sur son visage bouffi, ses petites lunettes de ministrable, et son brushing minable de cheveux réimplanté tenté couleur brun rouge!
Mais au fait comment vais-je intituler mon œuvre ? Mince, je n’y avait même pas songé... Bof, je ne sais pas, je trouverais bien une idée le moment venue. L’instantané, c’est de l’art saisi à la volée ! C’est une phrase à lui ça, dans une interview qu’il avait donnée au journal Artistikart numéro 74 de 1999. 1999, la sombre date de notre rencontre Paul...
C’était un après-midi de novembre, et jamais je n’oublierais ce jour. Pourtant, j’aurais tout fait pour parvenir à l’effacer de ma mémoire. On ne bâillonne pas la douleur avec le linge de l’indifférence, ça, c’est de Maman. Elle m’avait dit ça un jour que je faisais ma crise d’adolescence, m’enfermant dans ma chambre en pleurnichant pour des broutilles; mais le jour de notre rencontre Paul, ce jour maudit où j’ai croisé ta route, je n’étais encore qu’une enfant…
J’approche la pince de son majeur et je te revois, me tenant par la main, tentant de me rassurer: « Ne t’inquiète pas ma chérie, Paul est quelqu’un de très gentil et de très cultivés, c’est un photographe qui travaille à la rédaction avec maman, et tu sais, peut-être que si tu es très gentille avec lui, il te montrera comment on se sert d’un appareil de professionnel? Et puis, ce n’est qu’un mercredi par semaine, tu sais bien que maman ne peut pas te garder quand elle est au travail ? ». C’est faux, maman, totalement faux !
J’ampute rageusement le deuxième membre et le jette à la corbeille, l’homme tente d’hurler de nouveau. Il est à présent d’une pâleur extrême. Il n’a pas intérêt à me claquer entre les doigts, car j’ai encore d’autres surprises pour lui !
« Un évènement rarissime sous la cinquième république, un ancien chef de l’Etat convoqué devant le juge dans une affaire de corruption sous fond financement occulte de campagne… »
L’amputation du majeur fut moins douloureuse que la précédente, peut-être étais-je mieux préparé, peut-être que cela fut plus rapide, ou peut-être suis-je tout simplement trop dans les vapes pour ressentir autant la douleur qu’auparavant… C’est vrai que je me sens un peu partir depuis quelques temps et j’ai froid, terriblement froid ! J’ai dû perdre beaucoup trop de sang... Quand est ce que tout cela va s’arrêter ?
« 8 septembre, Mediafrap, le journal indépendant, révèle dans ses colonnes que l’ancien président aurait rendu visite à un Mr Pratini, grand patron de la banque italienne MazzoBank, et qu’il aurait déposé sur son compte, quelques jours plus tard, un chèque d’une somme astronomique de 1230000 de dollars. »
…Ok, je dois m’arrêter là, sinon, il va me claquer entre les doigts avant que je n’ai le temps d’entamer le bouquet final. C’était trop court Paul, mais tanpis. Toute œuvre doit s’achever un jour ou l’autre…
« 18 septembre, le juge Santi ouvre une enquête concernant cette affaire de financement occulte de la campagne, et met en examen l’ancien président de la république française, qui ne se rend pas à la convocation pour causes de problèmes de santé lié à son âge avancé…».
Pour la première fois, je sens qu’il hésite… Il repose la pince sur la table basse et retourne à sa mallette, cette fois ci, il en sort un revolver noir et le pose sur la table basse. Ca y’est, je crois bien qu’il veut enfin en finir avec moi. Je trouve sa tellement nulle, devoir mourir sans même savoir pourquoi…
Ai-je vraiment éprouvé du plaisir à faire cela? Ce serait mentir que de te dire non, Paul, du moins, pendant les courts instants où cela aura duré... Je ne suis plus du tout la petite fille que j’étais à cette époque-là, les années sont passées par là, me consumant un peu plus chaque jour et la flamme de la haine a eu raison de ma joie de vivre, a fini par fondre comme la cire d’une bougie. J’ai effectué ma mutation, jusqu’à devenir la chose abjecte que je suis aujourd’hui. Je me demande combien de personnes ont pu admirer ton œuvre sans comprendre réellement ce que cela représentait. Et pourtant personne, non, personne n’a compris cette expression sur mon visage ! C’était de la peur, une peur intense ! La peur d’une inoffensive enfant, attaché à sa chaise, et attendant que la sentence tombe… Était-ce cela qui semblait si esthétique, si fascinant et si jouissif? Je n’ai pas pu m’en empêcher maman, pardonne-moi. Tu vois je suis devenue comme lui l’homme que tu admirais tant, et dire que je n’ai n’aurai même pas eu le temps de t’avouer l’horrible vérité …
« Et pour terminer ce journal, une exposition d’Art au musée Paolo Garbini à Nantes, consacrés à l’illustre sculpteur brésilien Marcelo Ibanez, qui a révolutionné l’art de la sculpture sur bois dans son pays. »
Il pose sa main sur le sommet de la cagoule. Compte-t-il l’enlever? Pourquoi fait-il cela ? Oui, il l’enlève doucement. Sa bouche se découvre, elle est fine, son nez aussi, mais c’est…C’est….
« Qu’est-ce que l’art pour vous, Monsieur Ibanez ? …Eh bien… Je crois que l’art est quelques chose de trop complexe pour être appréhendé avec de simples mots…Disons que c’est un amas d’émotions que l’on crache sur un support vierge»
Une femme, oui, je suis une femme… Ta petite Lily pour être plus précis, celle avec qui tu aimais tant faire des petites cours de photographies privées, celle dont le visage t’obsédait tant ! Obnubilé par l’expression que je produisais lorsque tu t’adonnais à tes lobbys pervers. Avec tes sales doigts boudinés, ces doigts qui m’ont hanté jour et nuit, au point de ne jamais plus pouvoir établir de lien physique avec aucun autre homme ! Cette peur qui me ronge chaque jour, la ressens-tu à présent ? Y'as-tu seulement songé une seule fois. Tes yeux sont grands ouverts à présent, mais peux-tu voir la vérité, te rappelles-tu seulement de moi ? Je dois en avoir le cœur net, je dois lui dire pour ne pas laissez de place au doute: « Lilly. Je suis Lilly. Je sais bien que j’ai changé, mais tu dois te rappeler de ta petite chérie non . Ta petite favorite? Hoche la tête pour répondre, sale chien!»
« Oui, je crois qu’on peut effectivement dire que la sculpture est une sorte...comment dires…D’exutoire je dirais…Pour moi, c’est une façon d’exprimer des choses qui ne peuvent pas sortir autrement de mon être »
Lily? Lily! Mais bien sûr… Ces yeux bleus comme l’azur, surplombé de sourcilles si bien dessiné, comme le trait d’un pinceau, et ces lèvres, si finement ondulées jusqu’au bout des commissures… Oui, je me rappelle de toi! Je hoche la tête. Comment pourrais-je oublier ce visage ?! …Mais qu’est-ce que tu as grossi mon enfant ! Qu’a tu fais à ton visage autrefois si raffiné, à ses cheveux en boucle d’or? Tu étais si belle, ma petite Lily, tu étais… Mon petit chef-d’œuvre ! Si tu savais comme je suis désolée, tellement désolée…
Je ne sais pas si cela te rassurerait de savoir que tu as été la seule, l’Unique ! Ce n’était pas que pour moi tu sais, si je l’ai fait, c’était aussi pour l’art ! Pour capturer ce moment unique dans ton regard, la beauté de l’instant T. Je m’en suis voulu pourtant, pendant tant d’années, et puis, je crois que j’étais parvenu à trouver un peu de réconfort à chaque verre de whisky avalé, m’éloignant un peu plus du souvenir de ce sombre chapitre de mon histoire. Je comprends enfin, oui, je comprends tout à présent… Peut-être ai-je mérité tout cela finalement, peut-être fallait-il que je sois jugé un jour, que je paye mon dut... Alors c’est comme cela que tout se termine. C’est comme cela que l’on se sent lorsque l’on va mourir. Si seul et pourtant, si serein…
« Même les plus jeunes spectateurs reste béat devant la précision des sculptures de l’artiste brésilien, notamment cette magnifique licorne en bois de chêne qui as fait des heureux parmi les plus jeunes profanes…»
Je coupe les cordes qui lui ligaturent la main gauche, celle-là même qui a encore tous ses doigts et lui tend l’appareil photo. Il faut que ce soit toi qui la prenne, ce sera le dernier cliché signé Paul Kleber. « Prends mon visage en photo, Paul ! » dis-je à haute voix.
« L’exposition Manuel Ibanez se tiendra jusqu’au 14 aout prochains alors…Mieux vaut se dépêcher de prendre vos billet, car réel ou pas… »
Elle écrase son flingue contre ma joue, je peux sentir la froideur métallique du canon sur ma peau brûlante et humide. Je vois, je n’ai pas vraiment le choix Lily, mais tu sais, ce n’est pas vraiment la peine de me menacer, je te dois bien cette dernière requête, après tout ce qui s’est passé entre nous ! Ok, j’appuie sur le bouton, le flash retentit, illuminant sa peau, et l’espace d’un instant je la revoie dans sa petite robe à fleurs, j’entends quelque chose, elle a si peur, elle pleure…
« Comme le disais le célèbre sculpteur allemand Peter Klasen " Le réel n'est rien d'autre que ce que je vous montre.»
J’appuie sur la gâchette, l’écho du coup de feu raisonne dans ma tête. Des morceaux de Paul Kleber éclatent sur le mur blanc du salon, comme de la gouache jetée rageusement sur la toile vierge d’une mauvaise croûte d'art abstrait. L’appareil tombe au sol, le verre de l’objectif se brise sous le choc. La photo dégueule de sous l’objectif. Ça y est, le rideau rouge sur l’écran est tombé, et le film est terminé. Adieu, Paul. Pour une fois que j’ai l’occasion de te dire merci, je te le dis : « Merci Paul». Je ramasse l’appareil et regarde la dernière photo de cette macabre série, désormais achevée. Je suis vraiment moche avec mon double menton, ces putains de piercing et ces cheveux teignent aux reflets corbeau! Je m’en fous pas mal de toute façon, il est également temps pour moi de partir, devant une foule en délire ! Tiens ? Je crois que j’ai enfin trouvé le titre de cette œuvre, il était temps ! Je l’inscris au marqueur noir au dos de la vignette 7,9X7,9 cm du polaroïd. Ouf, c’est enfin terminer, la boucle est bouclée ! Je ne me suis jamais sentie aussi proche de toi, Paul. J’ai enfin achevé ton œuvre ! Je pose le canon sur ma tempe. Alors, c’est comme cela qu’on se sent lorsque l’on va crever. Si seule, et pourtant… Enfin sereine ! À toute suite, Maman…
« Mesdames et messieurs, merci d’avoir suivi ce journal. Au nom de toute l’équipe de rédaction, nous vous souhaitons une agréable soirée, toute suite « enquête de preuve ». En ce qui me concerne, vous pourrez me retrouver demain, même chaine, même heure. Au revoir à tous. »
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« Antenne dans 10…9…8 »
Abrutis de rédac-chef, je lui avais pourtant dis que l’info avait l’air bidon, on voulait être les premiers, eh bah c’est réussi ! Résultat, j’ai l’air du dernier des cons maintenant!
« …7…6…5… »
Allez Joe, c’est toi le champion, champion du monde !
« …3…2…Lancement générique. Okay, t’es à l’antenne Joe ! »
Madame, Monsieur, Bonsoir.
Avant de débuter ce journal, nous tenons à nous excuser, au nom de toute l’équipe de rédaction pour l’information concernant le tueur des beautés. Après enquête, la police a découvert qu’il ne s’agissait pas d’un meurtre, mais d’un suicide collectif dont nous développerons les détails un peu plus tard dans cette édition...
Mais à la une ce soir, une bien triste nouvelle pour tous les amateurs de belles images, mais surtout de l’homme extraordinaire qu’était Paul Kleber. Nous avons appris ce matin la mort de l’illustre photoreporter et artistique photographe, notamment connut pour ses clichés rapportés d’Afghanistan, mais également pour sa série de portraits d’enfants anonymes qu’il avait intitulé «L’enfant roi ».
Une sombre affaire d’autant que selon les premiers éléments dont nous disposons, il s’agirait là de l’œuvre d’une jeune femme d’une vingtaine d’années, dont le domicile a été fouillé de fond en comble par la police scientifique, et qui semblait déséquilibrée psychologiquement et fan du photographe. Elle aurait, semble-t-il, souhaité se donner la mort auprès de son idole. Le rituel de la meurtrière est bien singulier, puisqu’elle aurait pris des photos du crime alors même qu’elle effectuait des actes de cruauté sur Paul Kleber. Une mystérieuse inscription dont la signification semble aussi floue que la santé mentale de la jeune femme, et qui, selon toute vraisemblance, semble être un hommage aux travaux du célèbre photographe. Il a en effet été retrouvé, inscrit au dos de l'une des sinistres photos, les quelques mots suivants : Au-delà du cliché, gisent les cendres de l’enfant roi.
FIN