Le Monde de L'Écriture
Salon littéraire => L'Atelier => Cuisiner la langue : ustensiles et méthodes => Discussion démarrée par: WiiStars le 23 Novembre 2007 à 01:19:00
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Je voulais savoir si c'était possible et si ça aurait de l'allure de mélanger deux types de narration dans la même histoire, par type de narration je veux dire le "je" et le "il".
Je m'explique, dans mon texte dont j'ai posté le premier chapitre ici : http://monde-ecriture.com/forum/index.php?topic=793.0(un peu de pub ^^) je présente deux versions des deux personnages principaux du même moment alors que j'ai déja entamé les versions de l'homme en "il", je voulais savoir si c'est possible de mettre les versions de l'autre personnage en "je" et si ça ne ferait pas trop pêle-mêle. Merci.
Personellement je crois que je vais y aller pour le "il" pour que ça soit pareil mais je préfère avoir votre avis tout de même. :)
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Ca dépend de ton style d'écriture, mais ce procédé existe déjà (cf Le clan des Otori, où on a le point de vue de Takeo à la première personne et le point de vu de la fille (je sais plus son nom) à la troisième personne). Mais je pense que ça va mieux si les deux persos en question sont à des endroits différents. Si les deux sont au même endroit, privilégie le style où tu est le plus à l'aise, ou bien ne revient pas sur les évènements d'avant, ou très peu, quand tu changes de personne.
Je sais pas si je suis très clair, 'fin bon, c'est toi qui vois.
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Shirakawa Kaede ;)
C'est tout à fait possible, ton histoire.
L'avantage, c'est que tu auras deux points de vue pour le même personnage : un interne, où le lecteur connaîtra ses vrais sentiments, et un externe, où l'autre personnage cherchera à deviner les sentiments du premier... à ce moment-là, le lecteur aura une longueur d'avance^^ Du coup, ça pourra être un ressort aussi bien comique que tragique, ce sera à toi de voir.
L'inconvénient, c'est que ce genre de structure est souvent source de redondances. Faudra que tu fasses gaffe, quand tu parleras d'un même sujet, à varier le ton, à bien démarquer le point de vue de chaque personnage... et s'ils ont le même, ne pas leur faire parler du même sujet.
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Oui, ils ont tout dit.
Le but est de ne pas ennuyer le lecteur, c'est à quoi tu dois penser dans ces cas-là ^^ !
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Alors c'ets possible dans ce cas ? C'est ce que je vais faire car j'aime bien écrire au je. :) Merci !
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Ca dépend de ton style d'écriture, mais ce procédé existe déjà (cf Le clan des Otori, où on a le point de vue de Takeo à la première personne et le point de vu de la fille (je sais plus son nom) à la troisième personne).
Oui, et puis dans Bartiméus !
Le procédé peut être très utile quand les deux personnages sont vraiment différents (je vois mal Bartiméus et son caractère incomparable s'exprimer à la troisième personne... Le style même change, d'ailleurs)
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ça peut être carrément efficace d'avoir deux points de vue narratifs.
"Les tambours de la puie", superbe livre de Kadaré, est construit comme ça : alternance d'un petit chapitre où les assiégeurs disent "nous faisons ci, nous faisons ça", c'est l'archiviste des assiégeurs qui écrit, qui parle, qui s'exprime ; et un chapitre plus long où c'est classiquement une narration à la troisième personne. ça fonctionne du tonnerre si je me souviens bien. c'est typiquement le cas de figure où on a l'évocation de la même chose, mais de deux points de vue différents. c'est pas redondant, c'est troublant et émouvant.
Sinon y a aussi le passage de la première à la troisième ou à la deuxième personne. Gainsbourg fait souvent ça dans Evguénie sokolov : c'est à la première personne, mais une fois de temps en temps, sans prévenir (mais très bien amené :-)), on a "il ne faudrait pas s'imaginer à ce stade du récit que sokolov était peu soigneux de sa personne. au contraire, il prenait soin de sa ligne" etc. ; et même la deuxième personne (le fameux "vente sokolov sur ce monde dérisoire. que tes fermentations anaérobiques te portent" etc. (Gainsbourg faisait souvent ça dans ses chansons aussi, une des multiples facettes de son immense talent).
j'ai lu récemment un livre de Jauffret dont le nom m'échappe (Asiles de fous je crois) où tout le roman est à la première personne du singulier, narration à la première personne, MAIS ce "je" change sans prévenir trois ou quatre fois dans le roman. c'est surprenant. je n'ai pas trouvé ce livre génial, mais ce procédé est spé. en gros, pendant cent cinquante pages, la nana parle. et puis tout d'un coup on se dit "tiens, c'est bizarre, il se passe un truc bizarre" et on s'aperçoit que le "je" est désormais l'ex-beau père de la nana. et trente pages plus loin pareil, et sans prévenir jauffret a mis le "je" dans la bouche de la femme de l'ex-beau père.
C'est tout à fait possible, ton histoire.
L'avantage, c'est que tu auras deux points de vue pour le même personnage : un interne, où le lecteur connaîtra ses vrais sentiments, et un externe, où l'autre personnage cherchera à deviner les sentiments du premier... à ce moment-là, le lecteur aura une longueur d'avance^^ Du coup, ça pourra être un ressort aussi bien comique que tragique, ce sera à toi de voir.
+ 1, il faut faire gaffe aux redondances, mais ça peut être hyper bien pour émouvoir, faire rire, dé-ranger (gentiment) le lecteur. (dans le Jauffret on est "trop" dérangé, j'ai trouvé. dans Les tambours de la pluie ou dans evguénie sokolov, c'est doux et onctueux. 8)