Le monstre fouille de ses doigts la plaie purulente.
De son côté, la bête ne veut pas crever. La bête ne veut pas partir, agonise mais ne veut pas partir. Du moins pas seule.
Il y a de ces bêtes qui veulent prendre avec elles leurs richesses, d’autres rien que des souvenirs. Certaines ignorent tout simplement la question ou s’en foutent. Juste un aquoibontisme qui pointe son nez : Elles auront autre chose à faire dans leurs fosses mortuaires que de décorer des chairs qui dépérissent au gré de quelques vers dédaignant bijoux en or ou pas. Et les souvenirs ? Ils ne servent qu’aux vivants.
Epitaphe sur une pierre tombale : « Souffre et tais-toi ». Hargne de vainattitude. Dire quoi et à qui de toute façon? Alors, oui, la bête pensante souffre et se tait. Il y a des douleurs salutaires, des douleurs par où on doit passer, avec patience, presque avec joie, parce qu'on sait qu'au bout, nous attend délivrance jubilatoire.
Non, pas délivrance. Mais tout simplement la résignation.
Non, pas la résignation, mais juste une sorte de lucidité courageuse.
Lucidité subjective, mais lucidité tout de même. À moins que cela ne soit qu’une sorte de cynisme presque méchant envers soi et tout ce qui ressemble à soi.
On dit qu'au bout du tunnel, il y a lumière. Balivernes.
Après certains tunnels, d'autres tunnels, suivis d'autres tunnels, à n'en plus finir...
on aurait dit qu’une force obscure et invisible s’amuse à dessiner obstacle et pièges monstrueux par-ci par-là pour égayer ses jours mornes. Et se dressent tunnels vertigineux. Suivis de quelques passerelles, le répit. Après ce répit, peut être douce torpeur, doux crépuscule, douce aurore...
Foutaises que tout cela. Sursaut de condamné. C’est Un râle. Sourd et silencieux.
La bête continue à remuer, de tous ses membres, et chaque mouvement arrache un cri muet. Le silence est complice.
Le monstre noue ses bras broyeurs autour de sa proie sanguinolente. La bête ne pense plus à ses entrailles retournées, subit son châtiment. L'agonie, l'agonie... Valse avec la mort ; viol funèbre.
La bête se bat pour une bouffée d’oxygène polluée, survit encore et son œil brille d’un éclat désespéré.
Salut
Alors moi globalement, j'ai bien aimé l'ambiance qui se dégage du texte. Même si comme pour les autres, je trouve que ça manque de clarté. Un gout d'inachevé quoi...
Le monstre fouille de ses doigts la plaie purulente.
J'ai kiffé cette accroche
. Hargne de vainattitude.
C'est un drôle de néologisme, non?
Enfin, voilà , c'est pas vraiment un commentaire constructif mais même si j'ai pas tout compris, j'ai quand même plutot aimé
Au plaisir