Hum.
Je ne vais rien dire à propos de ce texte, à part que je me suis fait grillé immédiatement par Mil mais que je m'y attendais XD.
Juste, l'idée m'est venue alors que j'écoutais la piste des atmosphères de Skyrim, pendant laquelle un orage éclate au bout d'un quart d'heure (suivi d'une averse).
Ce sera tout (sinon je vais démolir mon propre texte XD). Donc, bonne lecture.
Orage
Orage était heureux. Il allait où il voulait, quand il le voulait, et ce depuis la nuit des temps. Toujours il s'amusait à noyer les champs de pluie, à balayer les plaines de vent, et surtout, surtout, à jeter ses éclairs par tout le monde. Il aimait bien sûr que la terre tremble sous ses coups, que les animaux fuient dans tous les sens, que même les arbres se mettent à frissonner de terreur à son approche. Mais par dessus tout, il adorait la lumière que créait la foudre dans les ténèbres. Il pouvait passer des jours et des jours à la façonner à coup de rayons de soleil. Il délaissait alors le monde terrestre, s'abandonnant à la brise qui le portait à travers les cieux pour se consacrer pleinement à son art. Et lorsqu'il terminait enfin son œuvre, il s'empressait de la faire vivre dans la nuit que ses tempêtes faisaient naître. Jamais ses éclairs ne se ressemblaient – le spectacle était toujours nouveau, et magnifique, et éphémère. Orage ne s'en lassait pas.
Un jour, il s'aperçut qu'il n'était pas le seul. Un enfant humain – un garçon ? une fille ? peu importait, Orage n'avait jamais su les distinguer – partageait son émerveillement. La première fois qu'il l'avait vu, Orage n'en avait pas cru ses yeux. Il l'avait trouvé perdu dans les collines, pleurant toutes les larmes de son petit corps. Agacé par ses cris, Orage avait voulu lui faire peur à coup de tonnerre pour qu'il le laisse tranquille. Mais contrairement à toutes les autres créatures de la terre, l'enfant était resté. Il avait cessé de sangloter, ouvert grand ses yeux et admiré les dessins de lumière. Orage, déconcerté, avait insisté, envoyant des éclairs de plus en plus imposants et menaçants, mais rien n'y fit. L'enfant ne montrait aucun signe de panique. Au contraire, il semblait même de plus en plus absorbé par la scène. Finalement, Orage avait abandonné le premier. Il avait ramassé sa foudre éparse et appelé le vent pour qu'il l'emmène au loin, là où il serait plus tranquille.
Lorsqu'il revint dans ces contrées, bien du temps avait passé. Orage prétendait avoir tout oublié de cette histoire – jusqu'au moment où il aperçut l'enfant assis au sommet de ses collines. Oh, il avait grandi, poussé, changé. Ses cheveux étaient plus longs, ses vêtements plus colorés. Il ne criait plus, non plus. Il chantait cependant, et Orage reconnut le timbre de sa voix. Il fut tenté de partir, mais quelque chose le retint. Un regard de l'insolente créature, qui levait les yeux vers lui. Un sourire doux et joyeux qu'Orage ne savait interpréter. Il se sentit provoqué, comme si le petit être défiait sa puissance. Alors plutôt que de fuir, il s'approcha, et l'enfant se leva.
Le premier éclair d'Orage frappa la terre aux pieds de l'humain. Il avait espéré que celui-ci comprendrait le danger qu'il courait, que son sourire s'effacerait, qu'il montrerait ne serait-ce qu'une once d'effroi. Mais l'enfant ne sursauta même pas. Au lieu de cela, il ferma les yeux et étendit les bras, comme un oiseau prêt à s'envoler. Orage frappa encore, plus près cette fois.
L'être bougea, mais pas comme Orage s'y était attendu. Il avait simplement fait glisser son pied sur le côté, et semblait attendre le prochain coup. Orage ne se fit pas prier, et cette fois, il visa directement son adversaire. Qui bougea de nouveau, si rapidement qu'il évita la foudre. Etonné, Orage recommença. Nouvel éclair, nouvelle esquive.
Dès lors, Orage se mit à attaquer plus vite, mais l'enfant ne se laissait jamais toucher. Il avait toujours une longueur d'avance et restait toujours en mouvement, si bien qu'Orage avait de plus en plus de mal à savoir où frapper.
Il lui fallut un moment pour comprendre ce que l'humain faisait. Il dansait. Et la foudre battait le rythme.
Décontenancé, Orage cessa soudain ses assauts. Cela déstabilisa le danseur, qui fit un faux pas et s'étala de tout son long. Il resta face contre terre un long moment, et Orage se demanda s'il était mort. L'enfant finit tout de même par se relever et partit d'un long éclat de rire. Orage ressentit une pointe de soulagement qui le surprit lui-même. Après tout, pourquoi s'inquièterait-il d'un humain ? Mais à bien y réfléchir, c'était une jolie valse à laquelle il avait assisté. Il n'avait pas envie qu'elle s'arrête tout de suite. Alors lorsqu'il vit l'enfant se préparer et tendre à nouveau les bras, Orage l'entraîna dans une nouvelle danse.
Il revint souvent dans les mois et les années qui suivirent. Il prenait goût à leur petit jeu, au rythme qu'ils battaient ensemble, aux ombres mouvantes auxquelles leur ballet de lumière donnait vie. Orage n'avait jamais rien connu de tel durant sa longue existence. La joie qu'il ressentait à l'idée de partager son art avec un autre était sans commune mesure avec tout ce qu'il avait vécu jusque-là. Il passait plus de temps que jamais à préparer ses éclairs, les forgeant avec soin. Durant toute cette période, la terre n'eut jamais le moindre repos – à chaque instant Orage éprouvait le besoin de tester sur elle ses créations. Plus il partageait de temps avec l'humain, plus il recherchait sa compagnie. Il cherchait toujours à aller plus vite, à frapper plus fort. Lorsqu'il se sentait prêt il retournait dans les collines de son partenaire, et ils dansaient, tournaient, valsaient de tout leur cœur. Chaque danse était plus intense que la précédente et Orage, tout à son bonheur, ne vit pas que l'enfant peinait de plus en plus à le suivre.
Jusqu'au jour où il ne fut plus assez rapide. La foudre le frappa de plein fouet, et la danse s'interrompit brutalement.
Le silence s'éternisa sur les collines. Après le chant terrible du tonnerre, il sonnait et résonnait comme une terrible accusation aux oreilles d'Orage. Une goutte de pluie lui échappa, puis une autre, et une autre encore, et soudain ce fut l'averse. Il noya toute la contrée de trombes et de trombes d'eau qu'il ne parvenait plus à retenir. La tristesse et le chagrin l'écrasaient tant et si bien qu'il s'enfuit très loin de là, comme un amant rejeté. Il n'y revint plus jamais.
Le temps passa. Orage parcourut la terre sans relâche à la recherche d'un nouveau partenaire, s'efforçant d'oublier sa peine, mais personne ne voulait de lui. Tout le monde le craignait, nul n'osait le laisser s'approcher. N'ayant plus personne avec qui partager ses créations, Orage finit par perdre le goût de forger ses éclairs. Bientôt, il ne se contenta plus que d'errer de par le monde, agité par les sanglots constants d'une averse infinie.
Le vent, son ami, s'inquiétait terriblement pour lui, mais il avait beau y réfléchir, il ne trouvait pas de solution. Puis une idée lui vint. Une idée folle, qui avait toutes les chances d'échouer. Mais une idée tout de même. Vite, vite, il se dirigea vers le pays des collines, jusqu'au lieu de la dernière danse. Avec soulagement, il constata que les cendres de l'enfant étaient toujours là. Avec délicatesse, il les souleva et les souffla doucement vers le ciel. Il y eut un moment de flottement, pendant lequel les cendres oscillèrent et menacèrent de retomber – mais elles finirent tout de même par s'élever. Elles avaient compris ce que le vent attendait d'elles, et avaient accepté de l'aider. Retrouvant l'espoir, le vent les porta joyeusement à travers le ciel tout en les aidant à se changer.
Orage dérivait lentement lorsqu'il aperçut les grands nuages blancs droit devant lui. C'était la première fois qu'il en voyait – il faut dire qu'à part lui, le vent et les oiseaux, personne ne vivait dans le ciel. Intrigué, il voulut se rapprocher des inconnus, avant de se rappeler qu'il les ferait certainement fuir et n'aurait alors plus jamais la chance de les observer. Alors il se contenta de les regarder de loin, avec un pincement au cœur.
Il n'en crut pas ses yeux.
Les nuages étendaient deux longues bandes de brume épaisse de part et d'autre de leur corps. Comme les ailes d'un oiseau prêt à s'envoler. Comme les bras ouverts de celui qui s'apprête à danser.
Le cœur bondissant, Orage se jeta dans la valse.
Coucou !
... Tu m'énerves. Ton texte il est trop chouette, trop joli, trop tout, et toi, TOI, tu passes une semaine entière à te morfondre parce qu'il est nul et que tu arrives pas à le finir. N'importe quoi. |-|
Plus sérieusement, je l'ai vraiment aimé. C'est un très joli conte, et Orage il est trop cool, et le petit garçon aussi, et j'ai failli pleurer quand Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
. C'est un texte plein de jolies images et de jolies scènes, et Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
! ^^
(ah et d'ailleurs, je tiens à préciser que moi aussi je t'ai capté dès le début, Mil pourra en attester vu qu'elle était là quand je l'ai lu u_u)
(nan mais)
(on m'la fait pas, à moi)
Voilà :coeur: :coeur: :coeur:
Bisous !