Il était une fois un royaume vraiment bien.
Tout le monde était riche et heureux, et ils avaient tellement pleins de choses qu’ils créèrent des banques pour entreposer le surplus. Cela concernait non seulement l’argent, mais aussi leur soucis et tracas, et même leur sperme !
Ils vivaient donc tous dans la joie et la bonne humeur, il n’y avait ni criminalité ni haine ni racisme, que des gens sympathiques et qui sentaient bon l’eau de rose.
A côté de ce royaume enchanté, dans une forêt dense où personne n’osait s’aventurer, vivait pourtant un peuple craint de tous : Les amazones ! *Bruit de tonnerre*
Ces femmes étaient connues depuis la nuit des temps pour leur sauvagerie, et on raconte que chaque année, ces cruelles guerrières envoyaient un commando vers la luxurieuse cité pour violer un homme, ou plus précisément le vider totalement jusqu’à la dernière goutte de sperme.
Cela dit toutes les traditions avaient une fin, et depuis la dernière année les amazones avaient changé de reine, puisqu’au cours d’un duel épique qui dura trois nuits et trois jours, Antiope l’antilope avait réussi à assommer Hyppolite l’hypocrite par un
rolling german super flex que n’aurait renié le catcheur Chris Benoit.
Contrairement à sa prédécesseresse, Antiope rechignait à l’idée de s’attaquer à un pauvre et innocent humain, c’est qu’elle était plutôt pacifique comme cheftaine (façon de parler hein).
Et c'est donc dans un élan purement hype et nullement hippie qu’elle décida de réformer la loi. Désormais, elles allaient braquer des banques de sperme, car non seulement c’était carrément plus classe, mais qu’en plus ça évitait les petits tracas
d’extraction de la méthode barbare.
Ils constituèrent donc une équipe de fines expertes pour cette mission ô combien délicate, la crème de la crème des guerrières les plus tordues dont elles disposaient, jugez vous-même :
Wlasta, plus connue sous le nom de Mother of all bombs, un génie sadique qui passait ses journées à fabriquer des explosifs, des poisons, et à perfectionner son petit bébé : une sulfateuse-tronçonneuse qui faisait aussi lance-roquette et grille-pain (merci la fonction mini lance-flamme intégrée).
Son rêve le plus cher – dans les deux sens – était de créer un musée dédié aux armes de destruction massive… Pour pouvoir ensuite les tester dans le champ de blé d’à côté. Une vraie dingue annihilatiophile.
Venait ensuite Verontàs, plus connue sous le nom de Pas de bras pas de chocolat, une psychopathe maniaco-dépressive qui ne vivait que pour une chose : trancher l’asymétrie. Il fallait que tout soit réglé parfaitement au nanomètre près, sinon elle piquait une crise et entrait dans une incroyable frénésie meurtrière. Son arme fétiche était une gigantesque paire de ciseaux, capable de couper –en parfaite symétrie s’il vous plait – un corps humain (on a jamais su pourquoi elle aimait tant les bras), un rocher, où même un tank.
Pour éviter qu’elle ne détruise tout ce qui bouge, Verontàs avait appris à vivre avec un bandeau sur les yeux. En se supprimant la vue, elle réussissait à contenir ses pulsions destructrices.
Mais le pire était à venir, puisque la troisième n’était autre que Pi, la briseuse d’os, le typhon humain, la calamité venue des enfers, le cauchemar qui faisait trembler l’univers tout entier ! (un Marseillais est passé par là).
Cette gamine de quinze ans était déjà ceinture noire dans toutes les disciplines d’art martiaux existant, et pourtant Pi ne se battait pas, elle vous laissait perdre face à elle. Pi ne respirait pas, c’est l’air qui avait l’immense honneur de s’engouffrer dans ses poumons. Pi ne courrait pas, si elle le faisait, la vitesse de la lumière entrerait en dépression (Rectification : Chuck Norris est passé par là).
Bref, Pi était une existence à part, tellement à part qu’elle ne parlait pas le langage du commun des mortels : Elle ne communiquait qu’avec des chiffres. 9086473 ?
Le leader de ce groupe de détraqués était Rose, une âme paisible et pacifique qui aimait son prochain plus que tous les prophètes réunis.
Elle n’avait aucun don pour le combat, d’ailleurs ça ne l’intéressait pas, son truc à elle c’était les poèmes et les champs de fleurs multicolores, les papillons qui volaient au gré du vent et tout le baratin dont je vous épargnerais allégrement les détails. Une sacrée bonne médoc cependant, voilà pourquoi on l'avait choisie, car elle ne vivait que pour soigner les blessures des autres. Pourtant Rose avait un problème, un sérieux problème même : Elle était atteinte du syndrome de Tourette.
Notre bande de joyeuses luronnes se dirigèrent donc en direction de la banque de sperme Rocco Sifriedi, la plus grosse et donc la mieux sécurisée du royaume, mais aussi celle qui pourrait contenir l’oiseau rare que cherchait Antiope l’antilope.
Arrivées en face de l’énorme bâtiment, Rose dévoila le plan qu’elles allaient suivre.
« Pour l’instant on adopte une tactique pacifique, on entre bien gentiment et on demande tout aussi gentiment à l’hôtesse d’accueil quelles sont les modalités à suivre pour obtenir du… Foutre de couilles de merde ! Hum… Je disais donc, faites gaffe à ce que vous dites ou faites, ok ? Connasses ! »
Wlasta posa alors une main compatissante sur l’épaule de sa camarade.
« Quoiqu’on fasse chef, vaudrait mieux que tu la boucle, je m’occuperai des négociations »
Cette dernière acquiesça à contrecœur, puis les quatre demoiselles entrèrent dans l’immense hall.
L’intérieur de la banque témoignait bien de la richesse du royaume – mode Marseillais activé – il y avait cinq gigantesques lustres avec des millions d’ampoules dorés chacun, ainsi que des tableaux de maîtres des murs jusqu’au plafond, et tout le personnel même les femmes de ménage portaient des costumes de marque taillés sur mesure et des montres que même l’ancien président français ne pouvait s’offrir. Bref, l’endroit puait trop la classe, cela sentait d’ailleurs tellement bien que Verontàs enleva son bandeau.
« Cet endroit est symétriquement parfaitement parfait, je n’ai jamais rien vu d’aussi… Symétriquement parfaitement parfait ! » Déclara-t-elle en totale extase.
« 537 623738 759 437643 (Traduction Pi-Français : t’es vraiment une tarée) » assena la petite avec un léger ton moqueur.
« Elle a dit quoi ? Hé Pi dis pas des trucs méchants juste parce qu’on ne comprend pas !» s’exclama Verontàs, juste avant que Rose n’intervienne.
« Holà les filles on se calme et on ne s’insulte pas, tranquille comme on avait prévu d’accord ? Putain de salope de merde ! »
« 765843 75 237 6532 9573 8275 2 (Ferme-la toi-même, tarée numéro 2) » grommela Pi pour elle même.
Pendant que les trois balançaient leurs habituelles idioties, Wlasta se dirigea en direction de l’hôtesse d’accueil. Elle s’était pour l’occasion munie de son sourire le moins menaçant, il fallait la jouer cool, aussi calme qu’une tige de bambou lors d’un coucher de soleil, aussi serein qu’un lac d’automne dans les… Oh et puis merde… Elle n’allait quand même pas rater une aussi belle occasion de tester ses nouveaux jouets, elle dégaina donc un lance-grenades à fragmentations téléguidées et le pointa sur la pauvre hôtesse (le premier qui me demande d’où elle le sort, je le lui fourre dans le cul, pigé ?).
« Fuck la finesse bande de pucelles ! Donnez-moi tout votre foutre où je fais péter cet endroit en trente-six milliards morceaux ! »
Ouaip... En cet instant-là, tout le personnel devait avoir cette tête-ci : O_o. Et ils allaient la garder bien longtemps cette expression, puisque le plus grand – et seul – braquage de l’histoire du royaume pouvait commencer.
A suivre...