Ceci est l'ancienne version, donc ne perdez pas trop de temps avec elle sauf si vous voulez comparer, elle ne vaut pas le coup croyez moi ::)
Tout était noir.
Aussi loin que je m'en souvienne, mon monde se résumait à la page blanche d'une histoire qui ne fut jamais commencée, avec pour seul compagnon le néant, horriblement muet.
Et puis un jour, sans prévenir, la lumière fut.
Ce fut un indicible torrent de vie, une omnipotente chaleur qui m’enlaça sans prévenir en son sein, aussi délicieuse qu’une étreinte maternelle. Je fus au départ trop impressionné pour esquisser la moindre pensée, et puis, m’habituant peu à peu à ce nouvel état qu’était le mien, je me résolu à m’y abandonner sans crainte.
Pour la première fois j'existais, et ce n’était ni le fruit d’une vaine rêverie ou d’une énième illusion, car je pouvais désormais sentir la douceâtre caresse d’un vent sur mon visage, je pouvais désormais sentir mon dos épouser la surface froide sur laquelle j’étais étendu. J’existais, enfin.
Je ne pus réprimer un sourire enchanté, puis frissonnant à l’idée de découvrir ce nouvel univers qui s’offrait à moi, m’empressais d’ouvrir les yeux…
J'étais allongé sur une plaine aussi blanche qu’un linceul immaculé, tandis que de minces flocons de neige, particules cristallines d’une rare pureté, valsaient tout autour de moi au rythme d’une silencieuse symphonie, pour rejoindre finalement le flegmatique désert où je gisais.
Ainsi c’était cela que d’exister.
Je dois avouer que cette monochromatique estampe ne m’émouvait guère, la vie n’était-elle pas censée être une enivrante féerie de couleurs ? Une muse d’une inénarrable magnificence ? Pourquoi le ciel est-il aussi morne ? Pourquoi le monde n’est-il plus qu’une blanche et inexpressive plaine ? Pourquoi suis-je si seul ?
Cet incoercible torrent de questions fit germer en moi des graines d’amertume, qui donnèrent assez vite fruit à une déchirante affliction. J’avais rêvé de cet instant durant toute une éternité, et voilà que mon utopie amendée par le néant s’oblitérait, aussi fragile que les fugaces flocons m’entourant.
Ruminer l’immuable n’allait rien m’apporter, je rassemblais mes forces et me relevais, puis plissais les yeux et scrutais l’horizon, à l’affût d’un quelconque signe de vie.
Ce fut alors que je vis une saillie au milieu du linceul blanc, cela ressemblait à un bras… Un bras humain !
Transi par cette découverte inespérée, je me lançai, tel un pêcheur ayant éperonné un légendaire butin, en direction de l’objet de tous mes fantasmes. Arrivé finalement à son niveau, mon ardeur fut accoisée de la plus brutale des manières, puisque devant moi se tenait le cadavre glacé d’une jeune fille.
Son teint était aussi pâle que la plaine où elle était à jamais endormie, et même ses cheveux et la nuisette qu’elle portait semblaient tissés de la plus pure des porcelaines, un véritable ange, tout en grâce et en élégance, mais un ange mort.
Ce cruel faux espoir raviva en moi d’impétueux sentiments, et ma tristesse n’avait d’égal qu’une implacable détresse. J’en avais déjà assez de vivre, à quoi bon exister, si ce n’est que pour plier sous les torrentielles affres de la solitude ?
Je m’apprêtais à en finir quand soudain, sans prévenir, des yeux d’un hypnotique bleu azuréen me dévisagèrent avec surprise. La jeune fille n’était pas morte, et elle me fixait désormais de ce qui semblait être une crainte bien farouche, des larmes se dessinèrent alors sur les contours de ses cils, puis elle m’étreignit dans ses bras avec une hargne désespérée.
Je m’étais trompé sur la situation, je ne lui faisais aucunement peur, bien au contraire, elle s’accrochait à moi comme à son dernier rai de lumière, son dernier rai d’espoir.
« Je… Ne suis plus seule… » Fit-elle en hoquetant.
Ainsi c’était cela que d’exister, de sentir en son sein la radiance non éthérée de la chaleur humaine. En cet instant-là, mes sentiments paraissaient indicibles… Je vivais, enfin.
Ps: La suite est assez longue, je ne la posterais donc pas. Aussi, récit à la première personne = plein de fautes de conjugaison, je m'excuse d'avance s'il y en a trop.
J'ai essayé d'équilibrer au max, même si je sais que parfois j'en fait encore et toujours un poil trop (que ce soit dans la vie réelle ou lorsque j'écris, disons que la surenchère fait partie de moi).
J'ai aussi fait plein de modifs scénaristiques sans importance pour l'histoire en elle même, à vous de voir ce que ça donne
Tout était noir...
Aussi loin qu’il s’en souvienne, son monde se résumait à une page vierge de toute encre, où seul un néant bien trop silencieux daignait lui tenir compagnie.
Et puis un jour, sans prévenir, la lumière fut.
Cette soudaine radiation de vie avait un goût d’étreinte maternelle, telle une délicieuse invitation qui ne pouvait se refuser, même s’il fut au départ trop impressionné pour esquisser la moindre pensée. Ainsi, lors de ses premières secondes, il se débattait tant qu’on aurait cru un nouveau-né sortant d’une abyssale apnée, et puis s’habituant peu à peu à son nouvel état, il se résolu enfin à s’y abandonner sans crainte.
Il existait pour la première fois, et ce n’était ni le fruit d’une vaine rêverie ni celui d’une énième illusion, car il pouvait désormais sentir non seulement la caresse du vent sur son visage, mais aussi la surface froide où il était étendu. Cela ne faisait donc aucun doute, il existait réellement.
Un sourire enchanté se dessina sur son visage, puis frissonnant à l’idée de découvrir ce tout nouvel univers qui s’offrait à lui, s’empressa d’ouvrir finalement les yeux…
Il était allongé sur une plaine aussi blanche qu’un linceul immaculé. Tout autour de lui, de minces flocons de neige valsaient au rythme d’une silencieuse symphonie, pour aller ensuite se déposer dans le flegmatique désert où il gisait.
Ainsi c’était cela son nouveau monde, une estampe froide et sans couleur, inexpressive…
Balayant de son esprit ces premières pensées négatives, il se releva au prix d’efforts herculéens, puis batailla encore de longues secondes pour rester sur pied, le temps de maîtriser son corps pour de bon. Il plongea alors ses yeux vers le ciel morne au-dessus de sa tête, scrutant les nuages qui se déployaient en un plafond gris et hideux.
Que s’est-il passé ? Pourquoi suis-je tout seul ?
Il examina l’horizon à la recherche du moindre signe de vie, mais l’étendue monochromatique semblait sans fin.
Un sentiment d’amertume commença alors à germer en lui, lui qui avait pourtant attendu ce moment depuis une éternité, qui avait trouvé la force de survivre à sa prison en s’imaginant un nombre incalculable de paysages féeriques et colorés. Se retrouver finalement dans cet endroit d’une absolu tristesse fut pour ainsi dire une terrible désillusion.
Cependant, ruminer sa peine n’allait rien lui apporter, alors il rassembla tout son courage et effectua un premier pas, puis un autre, et un autre, et un autre. Il marchait désormais vers l’infini lui faisant face, à la seule sonorité de ses pieds s’enfonçant profondément dans la neige.
Les flocons ne s’arrêtaient plus de tomber, et troublé par ces mystérieuses particules, il étendit sa main et en agrippa une. Hélas, cette dernière fondit en un instant, ne laissant dans sa paume que de maigres gouttelettes d’eau froides.
Il leva de nouveau son regard vers le ciel, en se demandant cette fois si cet amas de nuages difformes pouvait représenter une quelconque naissance, si la gravité n’était en fait que le cruel flot du temps, et si la plaine où il marchait rien d’autre que mort et indifférence.
Peut-être… Que les vies humaines sont aussi frêles et fugaces que ces flocons.
Plongé dans ces sombres métaphores, il ne remarqua point que le ciel s’éclaircissait peu à peu, ce n’est qu’au moment où un rai de lumière l’aveugla qu’il s’en rendit finalement compte.
Le soleil se dévoilait, porteur d’une chaleur bienvenue qui réchauffa en quelques secondes seulement la froide atmosphère. Pour la première fois il sentait la douce caresse de l’astre doré sur sa peau, et cela lui fit un bien incommensurable.
C’est alors qu’il la remarqua, scintillante de milles couleurs dans le désert ensoleillé, une sculpture de glace représentant un ange prenant son envol.
Excité par cette insolite découverte, il courra aussi vite qu’il le pu en direction de la statue, et quand il arriva assez près, c’est avec des yeux ébahis qu’il découvrit l’œuvre plus en détail. Les traits de son corps féminin étaient si fin qu’on l’aurait juré réelle, et son visage arborait une profonde expression de mélancolie, aux limites du palpable...
Soudain, et sa plus grande surprise, le corps de la jeune fille commença à s’évaporer. Il crut tout d’abord qu’elle fondait, mais l’absence de liquide témoignait bel et bien d’une sublimation. Cet étonnant et surtout inattendu spectacle le fit reculer de quelque pas, et au bout de quelques secondes le processus s’arrêta aussi net qu’il avait commencé.
Ce n’est pas une statue, mais bel et bien une personne vivante…
La jeune fille se tenait désormais devant lui, blanche et pure de la tête aux pieds, à l’exception de ses iris d’un bleu azuréen. Ses ailes de glaces, rongées par les rayons du soleil, fondaient à vue d’œil, mais elle ne semblait nullement s’en soucier, car toute son attention était portée vers lui.
Les traits de son visage passèrent alors de mélancolie à félicité, et elle déclara d’une voix douce et angélique :
« J-je… Ne suis plus seule ? »