Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: MaryAmerica le 18 Décembre 2012 à 09:51:54
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Bonjour à tous! Ce texte est très important pour moi car j'y parle de ma région d'origine à laquelle je tiens énormement :) Voilà pour la parenthése !
Tu sais, c’est pas de ma faute si je préfère la nuit au jour. A la lumière on voit tout, chaque détail, chaque évidence. Dans la pénombre, c’est la laideur qu’on cache, c’est l’horreur qui nous échappe. Alors tant pis si je pense que la nuit est plus rassurante. La nuit, la folie des gens est moins évidente. Elle ne me saute pas aux yeux, elle ne me crache pas à la gueule.
Tu me demandes quelle est mon histoire mais moi, je n’en ai pas. Y’a rien à raconter à propos d’une fille qui a peur de la lumière, d’une fille qui n’a jamais été aimée, d’une fille qui se cache derrière de vieux bouquins jaunis. J’ai pas été heureuse mais pour être parfaitement honnête, je ne pense pas avoir été bien malheureuse non plus. J’ai regardé les gens vivre et puis j’ai fini par comprendre que tout ce bordel autour de nous n’était qu’un cirque, plus ou moins misérable, plus ou moins sérieux. J’ai regardé des acteurs danser comme de tristes clowns, des amoureux s’agiter comme de pauvres diables et j’ai vite su que je ne voulais pas faire partie de cette mascarade.
C’était mieux d’être caché dans les gradins, dans un petit coin pénard et un peu sombre. Et puis, un matin, on se retrouve pieds nus sur le bord de la route, glacée jusqu’à l’échine, mort de peur, mort d’amour.
Au fond, c’était un matin comme un autre pour des millions de personnes. C’était presque un matin comme un autre pour la Géorgie, l’aube en banlieue d’Atlanta. Le soleil se levait doucement, il avait l’air un peu paresseux celui-là. Le ciel était orange, c’est une couleur du Sud des Etats-Unis ça, le ciel chaud et lourd. Il n’y avait presque pas de nuages, nous étions en août. Je crois qu’il était sept heures du matin, je ne suis pas bien sûre, pas bien certaine de me souvenir. Pour nous, pourtant, ce n’était pas une matinée comme une autre.
Tu as mis ton gros sac kaki dans le coffre, t’avais l’air absent. Au fond, j’ai compris que tu étais déjà parti. Tu as voulu me serrer dans tes bras, je me suis débattue, arrête ça, je veux pas qu’on ait l’air de se dire adieu. Tu m’as attrapé par le bras, tu m’as pris dans tes bras, j’ai dit non, s’il te plaît, et puis, je me suis trouvée incapable de bouger, j’aurais pu rester comme ça pour toujours.
J’ai fait de mon mieux pour ne pas pleurer. C’était pas le moment de craquer. Je t’ai juste dit je t’aime, faut que tu le saches, faut que tu l’entendes encore une fois. T’es parti sans te retourner, on se l’était juré. Pas de dernier regard larmoyant, fallait pas trop tirer sur la corde. J’étais dans mon petit peignoir blanc, je suis restée là, devant notre si jolie maison alors que toi, tu partais faire la guerre.
C’était tellement immense ici, sans toi, tellement vide. On avait acheté cette grosse maison parce qu’on voulait plein d’enfants, plein de petits qui courent partout. Nous aurions pu être un véritable cliché de la famille américaine, bien ancrée au Sud et pourtant, on avait un truc différent, oh rien de bien marginal, juste notre petite originalité à nous. Je ne sais pas si c’était le mélange d’une latine avec le plus Américains des Américains, je ne sais pas si c’était le hasard, une volonté du Ciel ou juste nous, sans artifices. J’étais perdue, tu m’as trouvé et t’as su me montrer qu’on pouvait être bien, qu’on pouvait sourire sans raison, que tout finissait toujours par s’arranger.
Toi qui m’as appris la joie, tu me la reprenais, tu me la confisquais. En partant à la guerre, tu me laissais tremblante sur le bord d’un trottoir brûlant.
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Hello AmericanMary
c’est pas de ma faute si je préfère la nuit au jour
je mettrais soit "c'est pas ma faute", soit "ce n'est pas de ma faute"
glacée jusqu’à l’échine, mort de peur, mort d’amour
je dirais qu'il faut choisir entre masculin & féminin (glacé, mort / glacée, morte)
Tu m’as attrapé par le bras, tu m’as pris dans tes bras
attrapée/prise, rappelle-toi, tu as attrapé qui/quoi -> accord ;)
tu m’as trouvé
trouvée
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Pour moi, c'est un texte avec une tonalité personnelle très présente, par contre, je n'y ressens pas particulièrement d'atmosphère propre à ta région d'origine, ni forcément à ton pays (sauf peut-être sur le fait de partir à la guerre). J'ai un peu le sentiment que ça peut se passer un peu partout dans le monde occidental sinon.
Sur le début du texte, tu parles surtout de cette fille qui a fini par avoir peur de la lumière, puis dans la seconde partie, c'est le départ de son homme. Tu peux peut-être plus faire le parallèle entre cette lumière du jour qui révèle tout et le souvenir lié à ce départ, mais c'est juste une idée comme ça.
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Salut Mary, voici mon commentaire.
Le fond :
- Avec ta petite intro, je m'attendais à être plongée dans une région inconnue, alors que finalement, tu décris peu la Géorgie, elle influence peu sur l'histoire qui pourrait se passer un peu près n'importe où. J'ai trouvé ça dommage, mais je suppose que c'est seulement à cause de l'intro, je m'attendais à autre chose.
- Le début de ton texte raconte le mal-être que ressentait la narratrice avant ce matin-là. Pendant les 3/4 de la nouvelle, on pense avoir affaire à une dépressive qui n'a jamais été et ne sera jamais heureuse #:s #:s (et donc intrigue assez peu intéressante, je trouve) et à la fin, elle avoue que sa vie de couple tranquille lui apportait de la joie : dommage que cet élément important arrive trop tard + ça contredit le début (elle dit au début "une fille qui n'a jamais été aimée"). bizarre ???
- le "Tu" du début : à qui s'adresse la narratrice? Au lecteur? A son homme ?tu me demandes quelle est mon histoire
Parce que son homme, il connait son histoire, à ce stade, normalement. J'ai trouvé ça un peu artificiel et confus.
La forme : bien écrit, facile à lire, ton style transmet bien les émotions que tu veux faire passer. On ressent bien la détresse de cette fille, c'est réussi. ^^
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Le Bossu: en voulant faire "light" dans ma description de la Georgie, je suis certainement passée à coté de qql chose. Je vais revoir ça =)
Caropoukontli: au début de la nouvelle je voulais que ce soit elle qui parle mais avant qu'elle rencontre l'homme dont je parle. J'imagine que je devrais le faire comprendre un peu mieux :)
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au début de la nouvelle je voulais que ce soit elle qui parle mais avant qu'elle rencontre l'homme dont je parle. J'imagine que je devrais le faire comprendre un peu mieux
Oui, peut-être simplement une articulation plus visible entre le début (avant l'homme), le milieu (pendant l'homme) et la fin (départ de l'homme).
Bon courage! :)
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coucou:)
J'ai beaucoup aimé tes premières lignes, ta notion sur la nuit! Ca, ça sent le vrai!
Pour le reste ça fait un peu déjà vu je trouve,enfin au pire si c'est un peu cliché-de toute façon c'est quand même difficile de pas passer par un cliché- le plus important c'est la façon dont tu abordes le sujet.
Ici je pense qu'il y a une ébauche sur quelque chose qui pourrait être très bon. Selon moi, mais c'est vrai que c'est assez personnel, tu devrais conciliés tes premières phrases sur la nuit et son chagrin face au départ de son boy. Genre la nuit en elle, qui s'abat sur elle. Enfin je dis ça parce que c'est un sujet, que j'aborde moi même beaucoup et, de ce fait, je t'encourage à continuer sur cette lancée ce qui est peut-être du coup pas spécialement ce qu'il faut faire...?
Bref c'est sympa, c'est léger. Continues!
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Merci de ton commentaire Etincelle.
Je prendrais tes remarques en compte !!
A bientôt =)
Mary