Le Monde de L'Écriture

Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: Elhora le 02 Décembre 2012 à 01:22:05

Titre: c'est ton tour maintenant
Posté par: Elhora le 02 Décembre 2012 à 01:22:05
Petite précision sur ce texte : La plupart des lecteurs ont pensé que ce texte parlait d'homosexualité mais non, il parle de la "douance" ou "précocité", pour ceux qui connaissent. Bisous

C'est ton tour maintenant

Je voudrais qu'elle me prenne.

Je voudrais qu'elle m'entoure, m'enveloppe, qu'elle parcoure chaque parcelle de mon corps nu, offert. Je voudrais qu'elle commence par la plante de mes pieds, qu'elle s'attarde sur mes orteils, qu'elle remonte sur mes mollets, qu'elle caresse mes cuisses, qu'elle papillonne autour de mon sexe, qu'elle pétrisse mon ventre puis se délecte de ma poitrine. Je voudrais qu'elle malaxe mes bras puis mes mains usées, qu'elle effleure mon cou, embrasse mes lèvres, pénètre mon regard et s'éternise sur mes cheveux dorés.
Je voudrais qu'elle agisse avec tendresse et volupté. Je voudrais qu'elle me prenne.

Tant de batailles, tant de guerres se sont livrées à l’intérieur de ma tête que mon corps est comme mort, assommé de souffrances.
Quand j'entends, les sons trop forts agissent comme une perceuse sur mes tympans délicats. Quand je respire, les odeurs s'agrippent à mes narines et m'étouffent pendant de longues minutes. Les denrées médiocres que j'avale sont vides de goût et mes papilles frustrées s'énervent de ne point jouir un peu. Quand je regarde dehors, tout est gris. Le gris est une couleur sadique qui pollue mes yeux affamés de lumière. Quand on me touche, les vibrations sont absentes, il ne se passe rien. Quand on me touche, je ne sens pas l'envie puissante d'une rencontre de peau, d'une rencontre d'âme. Le toucher est distant, presque triste.
Mon corps est anesthésié, brûlé, absent, douloureux, perdu.

Viens me prendre, s'il te plait, viens me prendre.

J'ai fait tant d'effort. J'ai essayé d'être comme il faut. J'ai essayé pendant de longues, de très très longues années d'être sensée, raisonnable, comme eux. J'ai essayé de suivre leur chemin, celui des autres. J'ai tout fait pour leur ressembler. J'ai vendu mon âme. Je me suis ordonnée de me taire, ordonnée d'être jolie, correcte, polie. Je me suis forcée à rire de leurs blagues que je ne comprenais pas. J'ai créé un " moi ", deux " moi ", trois " moi ", quatre " moi  " pour mieux leur convenir et plus précisément. J'ai réfléchi et réfléchi encore pour comprendre leur chemin,  leurs goûts, leurs envies. Je me suis mise à leur place. Je me suis concentrée si fort et si longtemps pour avoir des amis, pour ne plus être seule. Parce qu'ils veulent un travail, une maison, une épouse, une voiture, une retraite et des meubles Ikea. Moi ce n'est pas ce que je veux et je ne comprends pas. Je ne comprends pas leurs désirs. Ils me sont étrangers. Totalement étrangers. Les autres sont mes extra-terrestres. Pourtant, nous sommes humains tous, nous devrions nous comprendre, au moins un petit peu. Je l’espérais, je le voulais.

J'ai amputé tout ce qui faisait ma différence, je me suis violée à chaque seconde et ils m'ont félicitée. Je n'étais plus effrayante, je leur paraissais " normale ", je les rassurais. Je n'étais plus trop sensible, trop bavarde, trop lucide, trop pensante, trop moi.

J'étais moi sans moi. J'ai tué mon âme. Une fois, deux fois, trente fois, tellement de fois. Je suis une prostituée de l'esprit. Je couche avec le désir des autres. Je vends mon être et je ne trie pas mes clients. Non, je les prends tous. Mon patron, ma voisine, le concierge, mes collègues, mes professeurs, quelques fois mes amis, d'autres fois mes amantes. Je me change, je m'adapte, je leur montre ce qu'ils veulent, je me transforme.

Parce qu'il y a bien longtemps, il y a très très très longtemps quand mon coeur était encore naïf et mon âge innocent, j'ai été moi-même. J'ai été véritable, sincère, pure. Oui, c'est arrivé. Il y a  si longtemps que je ne me le rappelle presque plus. Je me souviens seulement des rejets, des blessures, d'avoir été montrée du doigt, critiquée, jugée, houspillée, menacée quelques fois. " Change, change, change, change encore! Ce que tu es ne nous convient pas. " Une fois, deux fois, mille fois puis des milliers de milliers de fois.

Je n'ai pas résisté. J'ai cédé. J'ai vendu mon âme.

Je ne m'en veux même plus de l'avoir fait. Je pense, je pense que je n'avais pas d'autres choix.

Maintenant, je suis fatiguée. Maintenant, je préfère rester immobile. Maintenant je veux me cacher.

Alors je suis là, blottie sous ma couette, protégée dans ma grotte et je ne veux plus parler à personne.

Je te le demande, je te le demande juste à toi : S'il te plait, s'il te plait, vient me prendre.

Doucement, amoureusement, vient me prendre. Si tu me promets de venir, si tu me promets que tu seras là et bien là, j'attendrais.

Viens, je suis prête.

C'est ton tour maintenant. Je ne bouge plus, je suis là, viens, je t'attends.
Titre: Re : c'est ton tour maintenant
Posté par: Ned Leztneik le 02 Décembre 2012 à 04:34:37
Communication remarquable sur l'appel à la tolérance. Sans communication, pas de tolérance et sans tolérance, pas de communication.

Selon mon sentiment, cette prose mérite un prix. Elhora tu as écrit un texte merveilleux de sensibilité.
Titre: Re : c'est ton tour maintenant
Posté par: loana90 le 02 Décembre 2012 à 09:18:00
Comme Ned ! Ce texte m'a donné des frissons. Tu as une écriture fluide et excellente. J'aime beaucoup cette douleur qu'a le narrateur.
Titre: Re : c'est ton tour maintenant
Posté par: Loïc le 02 Décembre 2012 à 09:33:11
Citer
qu'elle parcourt

Parcoure

Citer
qu'elle caresse mes cuisses , qu'elle

Pas d'espace avant la virgule ;)

Citer
pénètre mon regard et s'éternise sur mes cheveux dorés.

J'aime bien ce passage.

Citer
sont vide

Vides?
J'aime bien l'image.

Citer
d'être censée

Sensée

Citer
J'ai réfléchis et réfléchis

Réfléchi x2

Citer
Parce qu'ils veulent un travail, une maison, un/une conjointe, une voiture, une retraite et des meubles ikea.

Classique mais sympa

Citer
"Change, change, change, change encore! Ce que tu es ne nous convient pas." Une fois, deux fois, mille fois puis des milliers de milliers de fois.
Cette litanie, même lue, fait froid dans le dos.

J'ai pas mal aimé, alors que c'est pas particulièrement mon genre de texte. Tu arrives à transmettre une ambiance accrocheuse, solennelle je dirais, qui donne un bon résultat.

(Mettre "contenu explicite" dans le titre ne serait pas de trop je pense, même s'il n'y a pas grand-chose)
Titre: Re : c'est ton tour maintenant
Posté par: Penruet le 02 Décembre 2012 à 11:12:55
Wow...je ne sais trop que dire si ce n'est que je trouve cela magnifique, tout simplement. Superbe.
Titre: Re : c'est ton tour maintenant
Posté par: Ham le 02 Décembre 2012 à 13:22:39
Bonjour,

J'aime pas trop donner des propositions (pour certaine tournure de phrase) mais bon je vais quand même le faire, à toi de voir si tu trouve ça mieux.

Citer
Tant de batailles, tant de guerres se sont livrés à l’intérieur de ma tête que mon corps est comme mort, assommé de souffrance.
livrées et pour "assommé" j'aurais bien mis "consumé"  ça aurai plus rendu compte de la longueur de sa souffrance

Citer
J'étais moi sans moi.
J'aurais bien mis "j'étais moi sans l'être" ou quelque chose comme ça, qui ne se répète pas (même si c'est fait exprès je suis pas fan)

Citer
protègée dans ma grotte
protégée

Citer
Viens, je suis prète.
prête


L'idée générale m'a fait penser à une phrase de Sartre ( la seule que je connais de lui): « l’enfer, c’est les autres ». Plus particulièrement quand tu écris qu'elle se prostitue mentalement.
 Ton texte est bien mené, percutant, j'ai beaucoup aimé.
 

Au plaisir de te lire,
Cdt,
Titre: Re : c'est ton tour maintenant
Posté par: Kastette le 02 Décembre 2012 à 14:02:56
Bonjour Elhora,

Un beau moment de poésie qui met presque mal à l'aise, ce texte est dans l'air du temps :) Certaines idées dépassent un peu mon entendement mais j'ai beaucoup apprécié. La forme me semble correcte étant donné que je n'ai personnellement buté sur aucune phrase. Pour le fond, je trouve le thème traité avec une maturité et une fraîcheur qui me laisse admiratif.
Merci pour ce texte.
Titre: Re : c'est ton tour maintenant
Posté par: Elhora le 03 Décembre 2012 à 18:54:55
Salut tout le monde!

J'ai mis un peu de temps à vous répondre parce que vos commentaires m'on beaucoup émue.  :-[ Sincèrement, je ne pensais pas du tout que ce texte serait si bien acceuilli, je vous en remercie et il m'a fallu un peu de temps pour... accepter tous ces compliments.

@Ned : Ouaouhh... Ca me touche tellement ce que tu me dis que j'ai relu ta phrase plusieurs fois pour être sure que tu n'étais pas ironique  :huhu: -oui d'accord, je manque beaucoup de confiance en moi- Je te remercie.  :oxo:

@Loana : Je suis contente de t'avoir donné des frissons. Rien de tel qu'un texte qui déclenche des émotions  ;x. Merci beaucoup

@Loïc : Je vais corriger les fautes, merci de les avoir soulignées. Je suis contente que mon texte t'ai quand même plu parce que je sais que ce n'est pas ton univers. Pour le titre "contenu explicite" non, je ne veux pas le mettre car en fait l'héroïne ne s'adresse pas forcément à une personne. (sinon, j'aurais été vraiment dans l'érotique, ce qui n'est pas le cas). elle peut s'adresser, à la mort, à la vie, à la mer, peut-être à une femme mais pas forcément.   ;D Merci beaucoup pour ta lecture et ton attention

@Penruet : Merci merci! C'est marrant, c'est la première fois que je poste un texte où on me dit de si belles choses. Je me demande ce qui t'a tant plu  :\?   :oxo:

@Ham : Salut! Merci pour les corrections d'orthographe. Pour tes propositions, je ne vais pas retenir "consumé" parce que ce n'est pas exactement l'idée que j'avais en tête. J'avais plutôt l'idée d'être anesthésié, choqué, comme après un violent coup où on ne sent plus rien. Mais je peux peut-être trouver un autre mot  :\?. Pour la phrase : "j'étais moi sans moi" oui c'est voulu et j'adore cette phrase....  :mrgreen: alors je vasi la garder (à moins que ça choque vraiment d'autres gens).
Oui "l'enfer c'est les autres " et pourtant, ça ne devrait pas l'être, je trouve ça bien dommage et je ne peux m'empêcher de me dire qu'il y a des solutions... Merci en tous cas  ;D

@Kastette : C'est marrant que tu dise que ce texte est dans "l'air du temps" ??  Ca me fait très plaisir que tu parles de poèsie et que "ça t'ai mis mal à l'aise" -ce n'était pas le but hein!- Mais cela veut dire que cela t'a donné des émotions et peut-être posé des questions. Et merci beaucoup pour tes compliments  ;D

Pour finir, merci de m'avoir lue. J'espère que ceux qui avaient des critiques  plus désagréables (au moins sur la forme) n'ont pas passé leur chemin à cause de mon introduction.

Je vous souhaite une super belle soirée.

 :oxo:
Titre: Re : c'est ton tour maintenant
Posté par: Tomoyo le 03 Décembre 2012 à 19:59:26
Saaalut,

Citer
qu'elle remonte dans mes mollets
le « dans »  m’a fait bizarre.. « sur » me parait plus naturel. .. enfin, le « dans » donne un sens différent, qu’on ne trouve pas pour les pieds, les cuisses etc. J’aime bien l’idée que le contact soit intérieur mais c’est juste bizarre de le faire sentir que sur les mollets…
ou comment pinailler  :huhu:

Citer
assommé de souffrance
j’aurais mis souffrances (pluriel), mais c’est une préférence juste

Citer
agissent comme une perceuse
pas fan de la formule

Citer
Les denrées médiocres que j'avale sont vides de goût et mes papilles frustrées s'énervent de ne point jouir un peu.
J’aime bien  :)

Citer
mes yeux affamés de lumière
aime bien aussi  ^^

Citer
Le toucher est distant, presque triste.
« le toucher est distant » je trouve ça fort comme phrase  ::). Du coup je n’aurais pas mis le « presque triste », ou alors j’aurais mis un point entre.

Citer
"moi "pour leur convenir mieux
Espace après le guillemet et pas avant
J’aurais mis « pour mieux leur convenir » je trouve que c’est plus fluide, mais là aussi, c’est ma préférence

Citer
Parce qu'ils veulent un travail, une maison, un/une conjointe, une voiture, une retraite et des meubles ikea. Moi ce n'est pas ce que je veux
Dit comme ça, je sais pas si ça fait tellement envie ce schéma de vie  |-|

Citer
J'ai amputé tout ce qui faisait ma différence, je me suis violée à chaque seconde et ils m'ont félicitée.
Elle est dure cette phrase  :( (ce qui veut dire, n’y touche pas hein)

Citer
Je suis une prostituée de l'esprit. Je couche avec le désir des autres. Je vends mon être et je ne trie pas mes clients. Non, je les prends tous.
Idem  :mrgreen:

Citer
j'ai été moi même
moi-même

Citer
je ne m'en rappelle presque plus
je ne me le rappelle presque plus (« on s’en souvient» mais « on se le rappelle »  :huhu:)

Citer
J'ai vendu mon âme.
Cette phrase apparait deux fois. C’est surement fait exprès, mais perso je trouve que ça perd en force.

Citer
S'il te plait, s'il te plait, vient me prendre.
Au début du texte la narratrice dit « je voudrais qu’elle me prenne » et à la fin « viens me prendre ».
Le passage de la 3eme personne à la seconde est troublant. Surement fait exprès là aussi.

Citer
j'attendrais.
J’attendrai


Sur la forme, pas grand-chose à dire, je maintiens que tu as une plume faite pour exprimer les sentiments/sensations  ::). C’est toujours réussi de ce point de vue, on rentre très vite dans la tête du personnage et la justesse des mots est souvent admirable. Tu as quelques phrases qui font vraiment tilt, et ça cogne en soi. On ressent la douleur.
Bref je resterai lectrice de tes textes :D
Sur le fond, la différence, le rejet, l’essai d’adaptation, la perte de soi et maintenant l’attente de l’autre, c’est très bien exprimé et bien construit.
Je regrette juste (mais c’est pas une critique, c’est là encore une préférence bien à moi  :huhu:) le manque de « concret ». On ne sait pas vraiment en quoi cette narratrice était différente des autres, ce qui ne collait pas chez elle. Tu me diras, c’est clairement pas le but du texte, tu y exprimes l’idée du rejet et de l’acceptation de soi (et tu le fais bien) mais je manque d’info sur qui parle. Mais c’est un problème que j’ai en lisant des textes courts, je suis toujours sur ma faim, je veux en savoir plus.
En tout cas, continue d’écrire \o/

Merci pour ce texte :D

PS : ah si, peut-être un peu mou le titre, mais les titres, je me demande si c'est pas ce qui est le plus dur quand on écrit.... :\?
Titre: Re : c'est ton tour maintenant
Posté par: Elhora le 03 Décembre 2012 à 20:24:10
@Tomoyo :

Saaaaluuuuuttt   :coeur:

Je suis contente que tu ais commenté mon texte. Je vais voir pour les corrections, tu dis des choses très juste sur des tournures de phrase, je prends le temps d'y réfléchir et je corrige!

Citer
Je regrette juste (mais c’est pas une critique, c’est là encore une préférence bien à moi  ) le manque de « concret ». On ne sait pas vraiment en quoi cette narratrice était différente des autres, ce qui ne collait pas chez elle. Tu me diras, c’est clairement pas le but du texte, tu y exprimes l’idée du rejet et de l’acceptation de soi (et tu le fais bien) mais je manque d’info sur qui parle. Mais c’est un problème que j’ai en lisant des textes courts, je suis toujours sur ma faim, je veux en savoir plus.

Ben oui, c'est marrant, ça m'a étonnée que personne ne pose la question. Alors je me suis dit que ce texte devait s'appliquer à diverses situations (ce qui est une très bonne chose  ^^) ou alors que certains lecteurs souffrent de la même différence que mon héroïne et qu'ils se sont spontanément reconnus dedans? C'est un mystère...    :\?  -enfin, si vous voulez me dire ce que vous avez compris de la "tare de mon héroïne" ça m'intéresse  ;D -

Donc non, je ne veux pas développer ça ici parce que c'est long et compliqué (mais roman en préparation  :huhu:)

- et puis tu sais très bien de quoi je parle petite coquine!!!-   ;D

Pour le titre j'aimais bien le côté enfantin de la formule : "c'est ton tour maintenant" ça me fait penser à "je te cause plus"! Cela va avec le fait que l'héroïne passe de "je voudrais qu'elle me prenne" à "prends moi". C'est à dire qu'elle commence à exprimer quelque chose avec un certain recul et puis, plus elle parle plus elle se rapproche de son émotion qui finalement devient un cri "prends moi".

Mais à réfléchir  :\?, comme le titre. Si vous avez des idées, je prends. Quel titre vous donneriez vous? Je ne voulais pas parler de "différence, rejet etc.", je ne voulais pas qu'il y ait la clef dans le titre.

Merci pour tous tes compliments. (du coup, je me demande si je ne devrais pas enlever mon intro qui empêche peut-être les critiques?  :\?) Un avis sur ce point?

Je corrige très vite.  :oxo:

Titre: Re : c'est ton tour maintenant
Posté par: Penruet le 03 Décembre 2012 à 21:56:56
Citer
@Penruet : Merci merci! C'est marrant, c'est la première fois que je poste un texte où on me dit de si belles choses. Je me demande ce qui t'a tant plu     
Je ne sais pas, c'est en quelque sorte, le vrai, le fait que ça ne sonne ni creux, ni faux, absolument pas cliché...
C'était très fort, pas de doute, point de vue sentiments, au delà de l'écriture elle même. Y a une vraie profondeur, ce n'est pas superficiel...
Après, je pense que certains éléments qui m'échappent à moi même contribuent à ce sentiment  :D
Titre: Re : c'est ton tour maintenant
Posté par: Elhora le 04 Décembre 2012 à 23:48:48
Merci Penruet! Je comprends mieux et je suis très touchée.  :coeur:

Titre: Re : c'est ton tour maintenant
Posté par: Rain le 08 Décembre 2012 à 01:19:19
Tu demandes des critiques, alors curieux, je viens voir ce qu'il en est. (Je précise que j'ai pas lu les commentaires au dessus, je fais peut-être des remarques qui t'ont déjà été faites)

Bon, ben c'est pas de moi que tu auras les critiques les plus violentes  :mrgreen: Juste trois choses. Enfin, deux, parce que les deux premières c'est la même chose.

Citation de: Elhora
Parce qu'ils veulent un travail, une maison, un/une conjointe, une voiture, une retraite et des meubles ikea.
Citation de: Elhora
Mon patron, ma voisine, le concierge, mes collègues, mes professeurs, quelques fois mes amis, d'autres fois mes amants(es).
C'est très personnel, mais les deux fois, cette hésitation (un/une et amants(es)) m'a violemment sorti du texte. Avant ça il coule, fluide, prenant, tu nous tisses une toile dans laquelle on s'englue peu à peu. Mais là, il faut s'arrêter une seconde, ou deux, ou trois, analyser ce qu'on voit et comprendre où tu veux en venir. C'est... ouais, j'ai trouvé ça violent - tu déchires subitement ta toile. On comprend l'idée, tu alternes suffisamment masculin et féminin dans tes énumérations pour que ce ne soit pas la peine de mettre cette hésitation. Il n'y a pas besoin de ça pour avoir l'effet recherché. Pour le premier, je pense que peu importe lequel des deux tu choisis - conjoint est sans doute plus logique, dans la mesure où tu parles des autres et de la normalité, et donc le masculin, qui en français l'emporte grammaticalement, se fait le meilleur représentant de cette normalité. Le deuxième, par contre, à mon avis, c'est ton personnage qui parle et sa propre sensibilité - elle parle de "ses amis", juste avant, au masculin, et donc je pense qu'elle se sentirait plus proche de "ses amantes", ensuite. Mais là, j'extrapole peut être.

By the way, Ikea prend une majuscule  :-¬?


L'autre chose qui m'a un peu dérangé (ou plutôt ennuyé, sorti un peu du texte - mais très légèrement hein), c'est le fait que sur la fin, tu commences à te répéter. Il y a le coup de la deuxième énumération déjà - mais là encore, ça va, comme je les dis, on passe des autres, des gens globalement (la première fois), à elle, son intériorité, comment son identité se construit peu à peu sur la vision du monde des autres. Là où j'ai vraiment commencé à sentir que tu te répétais, c'était pour :

Citation de: Elhora
Je n'ai pas résisté. J'ai cédé. J'ai vendu mon âme.
Cela dit, c'est une critique pour la forme, parce que d'une, je vois pas trop comment tu pourrais changer ça, et de deux, sitôt cette phrase dite, le texte recommence à évoluer. Donc c'est à peine une pointe de déjà-vu qui se manifeste, pas assez longtemps pour qu'on décroche du texte, mais peut être suffisamment pour que ta toile paraisse moins solide.


Maintenant, c'était du pinaillage, hein  :mrgreen: Comme j'ai dit, tu trouveras pas en moi un fervent critique, parce que j'ai également beaucoup aimé ce texte. Tu arrives facilement à nous transporter, à nous faire partager le point de vue de ton personnage et ses regrets. En général je préfère, comme Moy-Moy disait, que ça prenne la forme d'une véritable histoire, mais néanmoins je l'ai apprécié comme ça. Je pense que ç'aurait été plus difficile de faire passer ces sentiments par le biais d'une histoire, du coup la forme ne me dérange pas (d'habitude, c'est le genre de texte où j'ai l'impression qu'il n'y a pas tellement de but, qu'on apprend rien et que ce n'est qu'un déballage de sentiment, du coup je suis très détaché et je peux pas apprécier le texte comme il faut ; ici néanmoins, tu es plus subtile, tu maîtrises cette forme et je n'ai pas du tout eu cette impression, j'ai pu ressentir de la sympathie (= souffrir avec) pour ton personnage)

Voilà voilà, bonne continuation et merci pour la lecture !
Titre: Re : c'est ton tour maintenant
Posté par: Baptiste le 08 Décembre 2012 à 02:05:10
Salut
Euh... alors, j'ai lu une première fois ton texte, j'ai pas eu envie de commenter parce que plein d'autre l'avait fait avant moi...
Mais si tu demandes des critique négative, il y a pas de problèmes ( smiley avec un sourire ironique voir un brin inquiétant)
Sérieusement, la première fois que j'ai lu ton texte, ou les commentaires des autres, 'ai pas dit grand choses car il me semble que tu as réussi à créer un texte "intime". Je ne sais pas qui parle, pour qui, pourquoi, mais le texte me semble sincère ( donc émouvant car) donc comment critiquer un tel témoignage.
sur la forme cependant, puisque tu as l'air de vouloir l'améliorer,

"Je voudrais qu'elle m'entoure, m'enveloppe, qu'elle parcoure chaque parcelle de mon corps nu, offert. Je voudrais qu'elle commence par la plante de mes pieds, qu'elle s'attarde sur mes orteils, qu'elle remonte sur mes mollets, qu'elle caresse mes cuisses, qu'elle papillonne autour de mon sexe, qu'elle pétrisse mon ventre puis se délecte de ma poitrine. Je voudrais qu'elle malaxe mes bras puis mes mains usées, qu'elle effleure mon cou, embrasse mes lèvres, pénètre mon regard et s'éternise sur mes cheveux dorés.
Je voudrais qu'elle agisse avec tendresse et volupté. Je voudrais qu'elle me prenne."

Alors d'accord on ne sais pas de qui il s'agit, un homme, une femme, la mort, l'amour, dieu (oui dieu avec une minuscule), la liberté, l'oubli (perso je parie sur l'oubli)
Mais, c'est quand même la partie érotique de ton texte, l'attaque, l'incipit, l'intro, la prière du début de la messe que je sais plus comment elle s'appelle, mais pour moi ça ne marche pas. Si ce moment là était plus tendu, pas plus graveleux, plus porno, mais juste plus imagé, alors notre ressenti sur le texte serait ( me semble t'il) différent.

"J'étais moi sans moi. Je me suis suicidée l'âme. Une fois, deux fois, trente fois, tellement de fois. Je suis une prostituée de l'esprit. Je couche avec le désir des autres. Je vends mon être et je ne trie pas mes clients. Non, je les prends tous. Mon patron, ma voisine, le concierge, mes collègues, mes professeurs, quelques fois mes amis, d'autres fois mes amants(es). Je me change, je m'adapte, je leur montre ce qu'ils veulent, je me transforme.

Parce qu'il y a bien longtemps, il y a très très très longtemps quand mon coeur était encore naïf et mon âge innocent, j'ai été moi-même. J'ai été véritable, sincère, pure. Oui, c'est arrivé. Il y a  si longtemps que je ne me le rappelle presque plus. Je me souviens seulement des rejets, des blessures, d'avoir été montrée du doigt, critiquée, jugée, ouspillée, menacée quelques fois. " Change, change, change, change encore! Ce que tu es ne nous convient pas. " Une fois, deux fois, mille fois puis des milliers de milliers de fois."

C'est fort le "je couche avec le désir des autres"
Tu veux améliorer ton texte à mon avis, c'est l'autre passage qu'il faut que tu change car à mon avis d'une part c'est un point névralgique qui amène à ta conclusion, et qui reste trop dans l'écriture du reste du texte, il y a besoin (me semble t'il) d'une rupture. D'autre part, il est assez maladroit car tu redis des idées/sensations/émotions déjà exprimé plus haut....
Je me suis suicidée l'âme
Malheureux, pas très juste , ni sincère je pense
Je me permets ce genre de retours puisque le texte à l'air de te tenir à cœur,

Ah oui, change pas le dernière phrases, elle est chouette
En espérant que mon commentaire te sera utile
Peut être c'est pas clair ce que je dis, si jamais tu veux de explications, dis le moi
Au plaisir
Titre: Re : c'est ton tour maintenant
Posté par: Verasoie le 08 Décembre 2012 à 02:36:14
Bon allez, il est court et tu veux du clash, j'arrive :mrgreen:

Citer
Je voudrais qu'elle me prenne.

Ça commence bien, ça m'a mis Messine (http://www.youtube.com/watch?v=LNAxuwqub5g) en tête (à 4:20, avant, la chanson est relou)

Citer
Le toucher est distant, presque triste.

Pour moi l'expression "le toucher" va pas avec ce qui précède qui est à la première personne. J'aime pas cette mise à distance soudaine, c'est un peu laid

Citer
J'ai fait tant d'effort.

efforts ? j'ai un doute

Citer
Totalement étrangers. Les autres sont mes extra-terrestres à moi. Pourtant, nous sommes humains tous, nous devrions nous comprendre, au moins un petit peu.

je suis pas pour le "à moi" (sans, la phrase aurait plus d'impact). Et la phrase suivante sur les humains me paraît très clichée (pas fausse mais clichée)

Citer
je leur paraissais " normale "

allez, on fait l'effort des guillemets français, et au début du texte aussi : p « et »

Citer
Je me suis suicidée l'âme

j'ai suicidé mon âme ?

Citer
ouspillée

houspillée

Citer
Je ne m'en veux même plus de l'avoir fait.

Pas convaincue, ce genre de phrase baisse un peu la tension que les autres faisaient monter, c'est dommage.



Bon pour moi (suite à la question que tu poses suite au commentaire de Tomoyo) la "tare" de ton héroïne c'est d'être gay :mrgreen: parce que c'est toi qui l'as écrit évidemment et suite au deuxième paragraphe. J'ai quand même regretté aussi qu'on ait pas plus de concret... Au début j'avais l'impression que la narratrice parlait d'une femme précise en disant "je voudrais qu'elle me prenne" et à la fin, comme elle l'attendait dans son lit, je pensais plutôt à la mort. Mais je suis plus frustrée qu'interpellée par ce double-sens possible.

Sinon je rejoins l'avis des autres sur le fait que le texte est sensible et fait passer beaucoup de choses : ) Mais voilà, manque de concret, manque de pouvoir l'inscrire dans un contexte (puisqu'il est déjà court et sans l'étoffe assurée par 200 pages avant et 200 pages après quoi, mdr), ça le dessert un peu ^ ^
Titre: Re : c'est ton tour maintenant
Posté par: Elhora le 08 Décembre 2012 à 11:00:46
Merci, merci beaucoup pour vos critiques  :-[ c'est vraiment super gentil. Du coup, je vois comment je peux retravailler mon texte et je vais m'y mettre!
Je prends un peu de temps et je vous répondrais.

Pour précision @Verasoie : Non ce texte ne parlait pas d'homosexualité  ;D mais il pourrait effectivement. L'idée c'était qu'il puisse se décliner sur plusieurs discriminations mais peut-être devrais-je préciser? Je réchéflis.

Merci vraiment d'avoir pris le temps!

Passez une très bonne journée

 :oxo:
Titre: Re : c'est ton tour maintenant
Posté par: Verasoie le 08 Décembre 2012 à 12:27:20
Haha au temps pour moi, c'est vrai que je me suis pas posé la question longtemps, j'ai jugé un peu vite xD. Tu m'en veux pas ? x)

(Je reste quand même peu convaincue par le "à tout faire" de "il pourrait se décliner sur plusieurs discriminations", enfin je suis pas contre, mais je pense que c'est important qu'il ait une base concrète - les sentiments d'une fille qu'on rejette à cause de son homosexualité peuvent se rapprocher de ceux d'une fille qu'on rejette parce qu'elle est noire, ou gauchiste, ou moche, etc, mais à la base, il faut bien que ce soit les sentiments de quelqu'un pour qu'ils soient tangibles, et pas ceux d'un concept... tu vois ce que je veux dire ?)
Titre: Re : c'est ton tour maintenant
Posté par: Elhora le 08 Décembre 2012 à 13:06:19
Oui je vois très bien  ;D

Tu n'as pas à t'excuser  :P, t'inquiète. Le problème c'est que ce texte traite d'une discrimiation très peu connue et souvent associée à des préjugés sociaux donc que je ne peux pas étaler comme ça au risque de subir les foudres de tous et toutes. La dicrimination du zèbre est un problème extrêmement difficile à aborder car elle n'est pas socialement reconnue tels que peuvent l'être le racisme, l'homophobie, l'obésité etc.

Mais je te fais un MP, tes conseils m'intéressent. Merci

 :oxo:

Titre: Re : c'est ton tour maintenant
Posté par: ernya le 08 Décembre 2012 à 14:11:42
Je m'y mets aussi MOUHAHAHA

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Je voudrais qu'elle commence par la plante de mes pieds,
c'est marrant de commencer par là  :mrgreen:
"je voudrais qu'elle me prenne", pour moi ça implique visage, taille, entrejambe, jambe. Mais pas pieds bizarrement  :P

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Je voudrais qu'elle malaxe mes bras puis mes mains usées, qu'elle effleure mon cou, embrasse mes lèvres, pénètre mon regard et s'éternise sur mes cheveux dorés.
bof pour pénètre mon regard

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Tant de batailles, tant de guerres se sont livrées à l’intérieur de ma tête que mon corps est comme mort, assommé de souffrances.
transition en perdiiiiiiition

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Quand j'entends, les sons trop forts agissent comme une perceuse sur mes tympans délicats.
ouh qu'elle est moche cette phrase (en comparaison avec ce que t'as déjà écrit bien sûr), tu te compliques la vie, je trouve alors que l'idée de la perceuse est toute simple

 
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Les denrées médiocres que j'avale sont vides de goût et mes papilles frustrées s'énervent de ne point jouir un peu.
idem, en fait c'est super lourd et t'es pas dans le concret donc c'est chiant (j'exagère bien sûr, hein), tu veux compliquer inutilement un ressenti, c'est pas une denrée, et puis des papilles qui jouissent... jsais pas, tu penses vraiment à tes papilles ? je veux dire c'est avant tout une sensation, y a pas d'analyse en termes compliqués à ce moment-là, non ?

Pareil pour la phrase sur le gris, tu veux faire une image et ça se voit. Pour moi, ce genre de phrase c'est "attention là je baratine", un peu comme quand tu fous des mots compliqués dans ta copie, des trucs que tu comprends pas "pour faire bien" (sauf que personne n'est dupe)

 
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Quand on me touche, les vibrations sont absentes, il ne se passe rien. Quand on me touche, je ne sens pas l'envie puissante d'une rencontre de peau, d'une rencontre d'âme. Le toucher est distant, presque triste.
Mon corps est anesthésié, brûlé, absent, douloureux, perdu.
mouis, là tu vois ça me touche pas. C'est qui "on" ? Du concret, de la définition. C'est toujours quelque chose de précis qui nous touche ou quelqu'un en particulier.

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J'ai fait tant d'effort.

efforts

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pour mieux leur convenir et plus précisément.
syntaxe error, ça se construit pas pareil, tu peux pas coordonner les choses comme tu le fais

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Je me suis suicidée l'âme.
bof (ne serait-ce que pour la construction : j'ai tué mon âme, mon âme s'est suicidée serait plus correct).

Je suis d'acc avec Vera pour le fait que ça fonctionne pas trop "toutes les discriminations peuvent s'y lire". Nan c'est pas le même regard, c'est pas les mêmes préjugés, c'est pas pareil.
Pour ce texte, ben moi j'ai pas aimé plus que ça. Je sens trop le pathétique en fait, c'est la même chose qui est ressassé pendant toute la 2e partie du texte. Pour moi c'est trop. C'est trop parce qu'on n'a pas de concret justement. Le texte est trop court en un sens. Comment te dire ? J'aurais sûrement été plus convaincue si j'avais effectivement vu à l'oeuvre cette prostitution de l'esprit. Si je l'avais vue sans que le narrateur me le dise. Là en fait ce que je reproche c'est ce narrateur trop présent, qui insiste trop sur le "j'ai essayé d'être qqn de bien, les autres m'ont tué, regardez comme je suis malheureux". La souffrance muette, elle sera toujours plus pathétique que celle qui s'exprime. Là j'aurais préféré voir les choses si tu veux, pas que tu me les racontes parce que du coup, j'ai l'impression que tu cherches absolument à ce que je te plaigne et je déteste en tant que lectrice qu'on me demande de faire quelque chose. Nan c'est moi qui décide, toi ton rôle c'est d'écrire et je ressentirai ou pas mais t'as pas à me dire si tu veux ce que je dois ressentir. C'est personnel, hein, je déteste vraiment les textes où finalement j'ai aucune liberté d'interprétation ou de ressenti. Pour le coup j'ai pas non plus détesté le texte rassure-toi ! Juste je suis pas rentrée dedans.
Et sinon je pige pas trop le rapport entre le début et le reste, le reste me semble sorti de nulle part en fait.

Voilà, j'espère que t'es comblée niveau critique.  :P
hum :-[
Titre: Re : c'est ton tour maintenant
Posté par: Elhora le 08 Décembre 2012 à 14:52:36
Je suis comblée mon chou   ;x

Je te remercie!

J'ai pas le temps là, mais je réponds vite et je comprends!

 :oxo:
Titre: Re : c'est ton tour maintenant
Posté par: May-lys le 09 Décembre 2012 à 20:44:22
"Les autres sont mes extra-terrestres à moi"et "Quand j'entends, les sons trop forts agissent comme une perceuse sur mes tympans délicats"  Je trouve ces phrases hors de ton texte, hors de la prose.
Voilà la seule critique  négative que je ferai et encore je me suis forcée  :-[
Je sais par expèrience qu'il n'est pas aisé de faire ressentir ses propres sentiments par le biais de l'écriture. Mais sans être homosexuelle, j'ai touché sa détresse, j'ai compris sa douleur. j' ai reconnu la société des bien-pensants qui nous poussent à devenir un de leurs clones . Résistons !!!
Joli texte
Titre: Re : c'est ton tour maintenant
Posté par: Aphone le 09 Décembre 2012 à 21:41:32
Après la critique que tu m'as laissé, je me sentais l'envie de connaître ce que tu écrivais. Grand bien m'en a pris.

   J'ai pris une claque. Une belle, une enivrante claque. Ce texte est magnifique. J'aime beaucoup l'idée que tu y développes, cette différence qui exclue ton personnage. C'est une idée qui me parle, qui me hante et c'est visiblement quelque chose que nombre de tes lecteurs ont retrouvé.

   Le style est travaillé. Il est percutant, violent par moments. Il exprime tout ce qui émane de la souffrance du personnage.

   Le seul véritable reproche que je te ferai -qui a déjà été formulé- c'est le flou qui entoure ton personnage et les raisons de ses souffrances, de sa différence. On ressent toute la douleur mais ce qui est frustrant c'est qu'on lit ce texte comme une introduction, un prologue qui nous laisse sur un sentiment : « Et maintenant ? » Oui, et maintenant ? Maintenant, on veut en savoir plus sur ce personnage. Qui est-elle ? Quelle est sa différence ? Quelle est cette douleur ? Je pense que tu pourrais aisément introduire des indices de ci de là sans altérer le caractère sensible du texte.

   En définitive, j'aime ce que tu fais. Ce que tu es aussi -tout au moins ce que j'en devine. Au plaisir de te relire, donc.
Titre: Re : c'est ton tour maintenant
Posté par: Elhora le 10 Décembre 2012 à 20:20:13
Coucou!
Merci pour toutes ces nouvelles réponses qui m'éclairent mieux!  :coeur:

@Rain : tout à fait d'accord avec ta première réflexion : un / une conjoint(e), c'est un réflex de mes études de psycho sur le genre mais oui, c'est franchement perturbant à la lecture  ^^ J'ai enlevé!
Je suis vraiment heureuse que ça t'ait plu. Je me doute que ce n'est pas ton genre de texte, donc, je suis vraiment touchée, merci!

@Baptiste : Bon, d'accord, j'avoue, je n'ai pas tout compris  :mrgreen: la phrase que je n'ai pas compris est la suivante :
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Tu veux améliorer ton texte à mon avis, c'est l'autre passage qu'il faut que tu change car à mon avis d'une part c'est un point névralgique qui amène à ta conclusion, et qui reste trop dans l'écriture du reste du texte, il y a besoin (me semble t'il) d'une rupture.
Quel autre passage? Quel est le point névralgique?
Sinon pour le début, en fait, je vais laisser tel quel mais je vais pondre deux autres textes où tu auras un début plus "poignant" peut-être.

@Véra : J'ai corrigé certains points que tu proposes. Me reste à régler la phrase "je ne m'en veux même plus de l'avoir fait"  :\?

@Ernya : Merci d'avoir pris le temps de commenter mon texte  ;D -c'est vrai que quand je n'ai pas de commentaire de toi, ça me manque  :huhu: (c'est mon côté maso  :mrgreen:)
Alors alors... Bon au début, je n'étais pas d'accord avec toi sur plusieurs points du genre :
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Pareil pour la phrase sur le gris, tu veux faire une image et ça se voit. Pour moi, ce genre de phrase c'est "attention là je baratine", un peu comme quand tu fous des mots compliqués dans ta copie, des trucs que tu comprends pas "pour faire bien" (sauf que personne n'est dupe)
Ce que tu dis là ne me ressemble guère  :o, je ne suis pas du genre à baratiner ni à en mettre des couches pour "baratiner". Au contraire, j'aime le simple, le direct, donc là, quelque chose cloche mais quoi? J eme suis longuement interrogée... Et je crois que j'ai compris.  C'est un problème de fond car : non mon héroïne ne parle pas de l'homophobie des gens qui l'entourent. Mon héroïne souffre (en autre) d'hyperésthésie, donc oui ses papillent jouissent, le gris lui fait mal aux yeux, le toucher est vital pour elle (toucher une personne, un tissu, un glaçon etc) "le toucher" en général. Ce ne sont pas des images mais une réalité sensorielle. Est-ce que ça te parait plus clair comme ça?

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Là j'aurais préféré voir les choses si tu veux, pas que tu me les racontes parce que du coup, j'ai l'impression que tu cherches absolument à ce que je te plaigne et je déteste en tant que lectrice qu'on me demande de faire quelque chose. Nan c'est moi qui décide, toi ton rôle c'est d'écrire et je ressentirai ou pas mais t'as pas à me dire si tu veux ce que je dois ressentir.
J'entends bien. Je comprends. Ce qui m'a cependant frappé c'est qu'à aucun moment je n'ai eu envie qu'on plaigne l'héroïne. Prenons l'exemple d'un texte de Saez (puisque Véra citait "Messine"), typiquement ce jeune homme (qui fait de très jolies chansons) n'attend pas -il me semble- de la personne qui l'écoute et le lit "qu'elle le plaigne". Etre plaint n'amène pas à grand chose ni pour la personne qui plaint ni pour celle qui est plainte. Je crois que Saez (qui a quand même une vie de merde et des histoires d'amour à se trancher les veines  :P) chante pour partager une émotion qui touche ou qui ne touche pas. (perso, je le reconnais, son univers trop noir a tendance à me gonfler, ça plombe mes journées). Mon  texte est plus dans cette veine là dans l'esprit. Il ne raconte pas une histoire et le personnage ne demande pas à être plaint. Disons que c'est un cri, juste un cri. Voilà ce que je peux t'en dire.  ;D

@May-Lys : Merci  ;D

@Aphone : Merci  :coeur:

Pour conclure. Merci vraiment à tous d'avoir pris le temps de critiquer mon texte. (je sais que c'etst très long, parfois chiant) et j'espère avoir assez tenu compte de vos remarques.

Puisqu'il m'a été demandé plusieurs fois de recontextualiser cette discrimination profonde qu'a subie mon héroïne, je vais essayer de faire deux nouveaux textes qui partiront de la même trame que celui-là. Un premier qui traitera de l'homophobie ordinaire (car vous avez été nombreux à penser que c'était le sujet et ça ne l'était pas). Donc, c'est une bonne idée : parlons en! Un deuxième sur une autre discrimination que peu de gens connaissent et que je ne nommerais pas mais que je vais tenter de rendre plus explicite.

On verra ce que ça donne, c'est un bon exercice! Comme il est bien possible que ces deux prochains textes vous plaisent moins que le premier, je garde quand même celui-là qui a touché quelques personnes.

Merci encore à tous

 :oxo:


Titre: Re : Re : c'est ton tour maintenant
Posté par: ernya le 10 Décembre 2012 à 22:15:22

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Mon héroïne souffre (en autre) d'hyperésthésie, donc oui ses papillent jouissent, le gris lui fait mal aux yeux, le toucher est vital pour elle (toucher une personne, un tissu, un glaçon etc) "le toucher" en général. Ce ne sont pas des images mais une réalité sensorielle. Est-ce que ça te parait plus clair comme ça?
yop mais faudrait que tu le dises plus explicitement dans le texte alors !

Ok, pour l'idée du cri, mais je reste sur l'idée que t'en fais quand même trop dans le pathos.  :P
Titre: Re : c'est ton tour maintenant
Posté par: Tomoyo le 10 Décembre 2012 à 22:43:33
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- et puis tu sais très bien de quoi je parle petite coquine!!!-   ;D
mais vois-tu, quand je lis, j'essaie juste de lire, pas du tout de contextualiser selon l'auteur (ça c'est pour les mails ou les conversations). C’est pour ça, j'essaie toujours d'être extérieure, ce qui est impossible totalement, du coup j'ai la dualité dans la lecture et c'est pour ça que j'ai souligné que ça manquait d'explication : mon moi extérieur s'est vu souffler les réponses par l'autre  :ninja:

sinon sur les propos d'Ernya :
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La souffrance muette, elle sera toujours plus pathétique que celle qui s'exprime.
j'aime bien la phrase... mais je crois que je ne suis pas d'accord. J'ai beaucoup plus de compassion avec le perso dont on sait qu'il souffre mais qui ne le dit pas. Est-ce que c'est pathétique... tout dépend du sens, si c'est le sens académique de "souffrance, passion", oui ; mais si le sens est péjoratif et relève de la pitié, là nan.
Bon si c'était le sens "on a rien de concret sur sa souffrance" là je suis d'accord que ça manque   :mrgreen:

Le 2eme point c'est sur le fait de "plaindre" la narratrice. Quand je lis (ou regarde un film) ça ne fonctionne sur moi que si je crée une sorte d'identification (non que je me reconnaisse dans le perso mais je partage une sensation ou une douleur), et ici c'est le cas. A aucun moment je ne l'ai plainte, j'étais juste en "elle"à ressentir la même chose.
Mais ça c'est juste moi, je suis une vraie éponge   :D (ceci dit ça marche pas à tous les coups)
Titre: Re : c'est ton tour maintenant
Posté par: Elhora le 11 Décembre 2012 à 00:41:38
@Ernya : Je ne peux pas "faire trop dans le pathos" parce que certaines fois c'est la réalité. Je comprends que tu ne le comprennes pas ou que ça ne te parle pas mais je ne peux pas allèger un texte de "pathos" alors qu'on est dans le "pathos" et qu'on parle de "pathos". C'est pas possible!  ^^

@Tomoyo : Ah oui c'est vrai oups, j'oubliais ton abstraction à la lecture de texte (qui est une très bonne chose, j'admire), je comprends donc  ;x

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A aucun moment je ne l'ai plainte, j'étais juste en "elle"à ressentir la même chose.
C'était l'idée!  ;D

Par contre, je crois que j'aime bien moi, les gens qui hurlent leurs souffrances. En tous cas, je ne sais pas, je ne préfère pas la souffrance silencieuse. Je l'apprécie si elle est bien menée mais, je crois que ça me parle moins.  ^^

Bon, texte sur l'homophobie envoyé ici (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,7189.0.html) ! Celui là, vous avez le droit de le détester. C'est pas vraiment un texte d'ailleurs. Je ne sais pas trop mais ça m'a fait du bien de l'écrire donc c'est toujours ça de pris!  :-¬?

Ceci étant dit : je vais lire les nanos!!

 :oxo:
Titre: Re : c'est ton tour maintenant
Posté par: Kerena le 12 Décembre 2012 à 11:14:37
Remontage pour le 5e com' de mon gibet.

Bon, j'ai pas lu les autres com' (la flemme =p ), et le mien va être bref.
Tu mets le doigt sur ce qui fait mal, dans notre société : "rentrer dans le moule". Perso, j'ai fait le vœu de jamais m'"abaisser" à ça, mais quand je vois tous ceux qui s'y efforcent autour de moi, ben ça me fait mal... Tout comme ton texte.
En plus il m'a rappelé des choses que j'aurais pas trop voulu ^^

Commentaire un peu inutile, certes, mais honnêtement je ne voyais pas trop quoi dire, à part qu'il m'a énormément touchée  :-[

Merci pour cette lecture =)
Titre: Re : c'est ton tour maintenant
Posté par: Baptiste le 12 Juin 2013 à 02:56:21
Remontage 2
Rien à ajouter à ce que j'ai dit précédément. Mais c'est un des texte que je me dis qu'il vaut le coup d'être remonté...