Le Monde de L'Écriture

Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: Dot Quote le 19 Novembre 2012 à 08:54:08

Titre: Cactus royal
Posté par: Dot Quote le 19 Novembre 2012 à 08:54:08
Une des pièces d'un petit recueil perso, entamé avec Des vacances ?
Je l'ai écrit il y a quelques temps mais à la relecture j'ai peur que la chute soit trop attendue, non ?

Incendie de steak grillé, champagne renversé sur le canapé à carreaux. Il y a du vomi sur les vitres, avec des morceaux que le soleil a séché depuis plusieurs jours. Des verres brisés jonchent les sol au milieu du tapis brûlé et fondu par des charbons de chicha. Le sable s'est engouffré dans chaque ouverture de la porte, et recouvre maintenant le lino, parfois jusqu'à quinze centimètre d'épaisseur. J'observe la scène en ouvrant les yeux. Les rideaux arrachés trempent dans un bain de bière, il y a encore de la mescaline sur la table, éparpillée entre les feuilles de papiers, les joints et les cendres. Et un feutre traine sans capuchon en dessous d'un graffiti que je ne reconnais pas, dans un coin de la pièce.
J'ai besoin d'air, et d'une rasade d'eau. L'esprit totalement embué, je me lève difficilement de la banquette, enfile mes pantoufles, tourne la poignée. La porte du camping car s'ouvre sur le paysage chaotique du désert de Gobi. J'avance armé de mes lunettes noires pour lutter contre l'assaut visuel du soleil de plomb hissé haut dans le ciel. Je descends les quelques marches en râpe à fromage métallique. Un pas dans le sable, puis deux. Je passe le morceau de cuir qui me sert de langue sur mes lèvres craquelées espérant provoquer une fin de salivation. Mais rien ne se produit. Mes cheveux se jettent sur mon visage à cause de la soufflerie brûlante qui circule entre ces dunes mortelles. Protégé des brûlures par un manteau de fourrure, j'exhibe mon slip blanc aux quelques San Pedro se hissant des amas de roches tels des bougies hérissés de lignes de pointes.
Trois mois que je suis dans ce bac à sable géant, à jouer comme un gosse avec un seau et une pelle. Sauf que moi je creuse le trou de l'alcool avec des glaçons sortis directement de ma glacière électrique alimentée par rayonnement solaire. Il faut dire que j'ai trouvé le coin qui convient à ce genre de technologies. Du coup, j'ai le courant, l'alcool, et les conserves pour survivre.
Je croise parfois des caravanes et nous fumons ensemble autour d'un feu. Certains passent régulièrement. D'autres non. Nous échangeons de la nourriture ou des moments silencieux à regarder les étoiles. Ils savent que je ne suis pas très loin de la route principale, et c'est un endroit de passage plutôt fréquenté. Tout du moins par rapport à moi, simple mouton d'opiniâtreté qui n'aspire aujourd'hui qu'à la tranquillité de l'âme. La solitude est ma sortie de secours, l'enseigne ostentatoire de ma vie que j'ai brandi fièrement durant des années. Je reste avec elle, car je ne me résous à la quitter. Pour l'instant, elle s'en va alors que se tient devant moi un reptile sans pattes qui me crache dessus en dodelinant de la tête. Il houspille en sifflant, tirant sa langue entre ses crocs arqués.
Je fronce les sourcils et plisse les yeux en avançant la tête. De ma vision troublée par les drogues, je distingue une coiffe plate élargie au niveau du cou, caractéristique des cobras. Hélas il est trop tard pour prendre des distances avec la bête. Elle a dû se sentir agressée tant je me suis approchée, et en un éclair elle me fonce dessus et me mord au poignet.
Ah putain, saleté de bestiole ! Je l'attrape alors de mon autre main par le cou, et la décroche de ma peau en tirant dessus. Puis, je la jette de toutes mes forces comme un préservatif usagé contre le van. Mais mon lancé est mal cadré, ce n'est pas ma bonne main. Le reptile fuse en faisant des s en l'air, il passe la porte grande ouverte et continue pour se vautrer contre l'armoire à glace. Parfait, je vais même pouvoir m'occuper de mon agresseur, une fois que j'aurais pris soin de moi. Car l'urgence n'attend pas quand il s'agit de ce type de blessures.
Je me rappelle avec horreur un documentaire traitant de l'effet coagulant du venin de serpent sur le sang humain. Si je ne fais rien d'ici moins de deux minutes, j'aurai bientôt du pudding dans les veines, incapable de circuler correctement. Mon coeur tentera bien quelques instants de pomper tout ça, mais autant avaler un poulet frites sans ketchup avec une paille. Et puis le poison va me faire mal au crâne, me bousiller les neurones, et je baverai une mousse savonneuse avant de m'éteindre dans le sable pour servir de barbecue pour les espèces locales. Je ne vois qu'une solution : la chaleur de la braise. C'est un vieux truc de campeur que d'approcher un foyer incandescent sur la plaie pour stopper l'action du venin. Et justement, il doit me rester quelques cigarettes. Je m'empresse de fermer la porte arrière et cours à l'avant du véhicule. J'ouvre un paquet et lève devant mes yeux mon ultime chance. La toute dernière clope. Celle de la survie. Je la craque avec l'allume cigare, et me la pose à deux millimètres de la plaie. Je réfléchis cinq secondes, puis la sépare en deux ; un pour chaque croc. Je ne sais pas si je devrais commencer à ressentir le venin bouillir, je crains un instant qu'il ne soit déjà disséminé dans tout mon organisme. D'ailleurs j'ai quelques vertiges que je ne saurais vraiment resituer. Peut-être n'est-ce que ma propre peur, l'adrénaline me montant au cerveau et me faisant tourner la tête.
Quelques minutes ont passé déjà, et je ne me sens pas mourir. Accoudé au volant, je décide donc de fumer les deux fins de ma cigarette pour me remettre de mes émotions, en songeant au moyen adéquat de me venger du vile reptile. Le faire cuire, ou l'attacher à un arbuste ? Le planter sur les cactus ou faire un noeud de chaise avec ses anneaux ? Des centaines d'idées me traversent l'esprit, mais je ne parviens pas à choisir une méthode satisfaisante. En attendant, je décide d'aller le mettre au frigo pour voir si son sang froid survit bien au froid.
Je ferme mon manteau, m'entoure les mains avec une ceinture en cuir, et retourne à l'arrière du véhicule en pataugeant dans le sable chaud. J'ouvre la porte violemment en tendant le par-soleil devant mes mains. Puis, n'observant aucun mouvement en particulier, je braque la lumière de mon téléphone portable et entreprend de grimper doucement à l'intérieur. Le placard en contreplaqué n'a pas bougé, mais une tache gluante est étendue sur le miroir rivé. Sur le linoléum desséché, il m'est impossible de suivre la trace du cobra à cause des multiples autres traces dans le sable. Cependant le simple mobilier de ma demeure m'offre un avantage. La cuisinière dépasse du sol au même titre que la salle de bain et les placards du fond, n'offrant aucun abris au sol, hormis sous la table derrière une banquette, ou à l'arrière du véhicule. Sauf bien sûr si cette bestiole sait escalader mes étagères en hauteur, mon lit escamotable ou le lavabo rempli de bière bouillante. J'avance donc accroupis timidement derrière mon bouclier de toile réfléchissante pour observer sous la table. Puis dans le coffre. Rien. Un regard au dessus, je tire les rideaux pour amener de la lumière. Pas un mouvement. Je baisse alors les yeux sur la porte, ouverte en grand.
Et merde, je me suis fait doubler par un serpent. Il s'est probablement fait la malle et court ameuter ses potes pour se refaire un casse-dalle en famille. C'est con, mais au final je trouve ça juste. Il a essayé en vain de me tuer, et moi c'est pareil, j'ai juste essayé. Maintenant que j'ai deux trous dans la peau et lui probablement une côte brisée, je trouve ça plutôt légitime de ne pas l'avoir exécuté. Nous nous sommes rencontré, ce fut foudroyant, mais on s'en sort pas si mal. Je suis tenté de le suivre, au moins pour le saluer, et voir où il va. Je me dirige donc à mon tour vers la porte, passe l'encadrure en rabattant mes lunettes sur mon visage. Tandis que je descends les marches fixées comme un escabeau sous la carrosserie, mon regard cherche la forme longiligne du cobra ondulant sur les dunes. Arrivé à la dernière, j'avance le pied au dessus du sable et le pose sur une matière plus moelleuse.
Le serpent siffle à la mort. Je n'ai pas le temps de baisser les yeux qu'il se jette sur le mollet qui lui écrase l'estomac. Juste entre mon manteau et mes chaussettes enfoncées dans mes pantoufles, il y a le seul endroit de mon anatomie qui soit à découvert, le bas de mes tibias. Et ce petit fils de chien est tombé pile poil dessus ! Par réflexe, je lève la jambe libérant ainsi l'animal qui se met à courir ventre à terre, s'enfuyant cette fois dans les aspérités du désert.
Aïe putain, ça recommence. Vite, une cigarette ! Je n'ose pas marcher de peur d'accélérer le rythme du venin dans mon corps. Il faut que je réfléchisse. Posément, tranquillement. Je n'ai plus de cigarette, et l'allume cigare ne sera pas très efficace niché dans son trou. Je dois sucer la plaie. Bon dieu, pourquoi je n'y ai pas pensé avant ? C'était si con, et pourtant. J'ai un peu de dégout à l'idée d'avaler par mégarde une dose mortelle de venin. Tant pis, j'essaye, enfin… C'est sans compter sur mon anatomie un peu rouillée. Ne parvenant pas à ramener l'arrière bas de mon mollet au niveau de ma bouche, je m'allonge sur la dune, pris de nausée. Je n'ai pas d'antidote contre le venin, ni de seringues ventouses. Pendant que je me dis que c'est fini, je constate qu'il est déjà réellement trop tard. Je suis paralysé, mon coeur bats à cent à l'heure et je bave en serrant les dents, les yeux ouverts et pleins de larmes.
Ca ressemble un peu à passer sa vie à fuir l'humanité, et mourir de la main de la nature.
Titre: Re : Cactus royal
Posté par: Jon Ho le 19 Novembre 2012 à 14:32:37
Ca fait vraiment flipper tes gros blocs Dot'  :mrgreen:
Déjà que ton écriture balance une énorme quantité d'informations, si en plus tu compresses le tout ça en rebute plus d'un j'imagine.
Et c'est d'autant plus dommage que ce texte comme les autres est vraiment bon.
Titre: Re : Cactus royal
Posté par: loana90 le 19 Novembre 2012 à 14:42:38
Bon texte, dommage que ce soit un condensé. Moi je vois plutôt ça plus long, plus brodé. Non, la chute n'est pas probable, sauf aux dix dernières lignes de la fin. On pense qu'il va s'en sortir.
Titre: Re : Cactus royal
Posté par: Dot Quote le 19 Novembre 2012 à 17:46:51
Aïe oui, effectivement c'était ma période overmaxpavé. J'avais déclaré que la touche entrée était en grève, et étiré mes documents rtf. Du coup, lorsque j'écrivais une ligne et demi, ça donnait en taille normale ce genre de gros carrés gris imbriqués comme les moellons d'une colonne grecque.

Heureusement depuis je me suis calmé, quoique ma 'feuille noire' ait gardé les mêmes dimensions. Je garde l'ambiance bulldozer pour parler de la mort, ça sonne plus grave, plus austère, et j'espérais pas trop chiant.
Mais si vous me dites que y'a un peu trop de masse là dedans, c'est peut-être vrai. J'améliorerais le prochain dans cette optique (et du coup j'hésite à vous poster le petit dernier, au moins aussi plombé à l'éther...).

Loana, la série n'est pas écrite pour qu'on pense qu'il va s'en sortir. On sait d'avance que le type va mourir, l'intérêt est juste de voir ce qu'il se passe à ce moment là. merci malgré tout pour la fin, mais du coup j'imagine qu'en sachant qu'il va mourir, tu trouves peut-être que la morsure redondante du serpent perd un peu de sa saveur, je me trompe ?

Quoi qu'il en soit, merci à tous les deux.
Titre: Re : Cactus royal
Posté par: Penruet le 19 Novembre 2012 à 20:33:19
Ouah...
Bon, ben j'aime  ;D
Tu écris vraiment bien, j'ai vraiment bien vu la caravane dans le désert, le serpent...je trouve les passages avec les caravanes un peu bizarres, et le début étrange...surtout le début. Les caravanes passe(ent) encore (oui elle était mauvais), mais le lendemain d'orgie...pour un mec en plein désert, qui doit sensément faire un peu gaffe, et qui se bourre, bon...soit.
Ensuite, ne pas voir le serpent...même un peu défoncé ( voir beaucoup ), une tache sombre sur un fond pâle, qui bouge et qui fait du bruit, le mec qui repère pas ça, hum...
Enfin, la mort: trop rapide. Je ne sais pas quel cobra c'est, mais le venin du cobra n'est pas aussi rapide. Pour être plus exact, il est très rapide si la dose est grande. Mais un serpent ne lâche pas toute sa défense d'un coup, et même si la toxine est virulente, je trouve que le type meurt un peu vite.
En plus, le gars sait qu'il y a un cobra dans la pièce où il entre, sans faire vraiment trop gaffe...bon il est complètement pété tu me diras...

Bon, je critique, ce n'est pas forcément vrai, je ne sais pas, mais un bon texte comme ça, je ne vais pas l'encenser...

Parce que oui, il est excellent, en tout cas pour moi. Je trouve en effet dommage l'effet pavé qui décourage un peu et en fait vraiment un bon gros pudding qui a du mal à passer, même flambé, d'autant plus dommage qu'il y a du rythme que je me suis retrouvé obligé de casser pour reprendre ma respiration au beau milieu de ce texte.

Je l'ai d'autant plus aimé qu'il évoque pas mal de choses, outre les reportages sur les serpents, et les livres que j'ai pu lire sur ces bestioles que j'adore, j'ai pensé tout de suit à Kill Bill, au passage dans la caravane dans le désert, et le mamba noir. Le mec en lui même me fait penser au Duc dans The Big Lebowsky, déchiré, à moitié à poil, lunettes noir, un manteau sur le dos et juste un caleçon...

Enfin bref, j'ai adoré lire ceci, merci à toi :)
Titre: Re : Cactus royal
Posté par: Aléa le 20 Novembre 2012 à 02:27:28
Kill bill, big lebowsky, j'ai plutot pensé a into the wild pour le coup! Et cte version trash/desabusée d'alexander supertramp m'a fait sourire
En tout cas si on pense a des references comme ca, c'est sans doute parce que le cadre que tu plantes nous parles et est decrit juste ce qu'il faut, decor cinematographique
 T'écris tres bien ca saute aux yeux, surtout avec le passage avec la premiere morsure, d'un coup la tension monte et le rythme s'accelere, comme l'etait probable du perso à ce moment, super prenant

Sinon pour ta fin, à partir du moment ou il ressort pour 'dire au revoir', meme petit pincement que dans un film d'horreur le: ''mais putain qu'est-ce qu'il est con...'' introduisant la mort ineluctable d'un perso héhé

Citer
Ca ressemble un peu à passer sa vie à fuir l'humanité, et mourir de la main de la nature.
j'adore la fin.. ca se passe de commentaires mais j'aime bien ce que ca ouvre (et dire qu'en plus de ca son propre corps d'homme l'a trahit.. bon en meme temps le trajet mollet>bouche c'etait tendu)

Bon inutile de preciser que j'ai aimé, apres je suis pas assez tatillon pour donner une aide technique point par point, mais si les acquis sociaux du bouton entrée son conservés sauter une pitite ligne entre des paragraphes ca prend pas longtemps...

Ah et si! par rapport a ton autre texte sur la mort, si il ne sont pas semblables du tout dans l'histoire, ta facon assez, fataliste disons, d'aborder la mort est interressante (mais ne me dis pas que tu crois au destin?), cela dit scenaristiquement, la trame du rebondissement apres y avoir echappé va etre usée...
Titre: Re : Cactus royal
Posté par: Dot Quote le 20 Novembre 2012 à 13:00:05
Citer
Ensuite, ne pas voir le serpent...même un peu défoncé ( voir beaucoup ), une tache sombre sur un fond pâle, qui bouge et qui fait du bruit, le mec qui repère pas ça, hum...
Enfin, la mort: trop rapide. Je ne sais pas quel cobra c'est, mais le venin du cobra n'est pas aussi rapide. Pour être plus exact, il est très rapide si la dose est grande. Mais un serpent ne lâche pas toute sa défense d'un coup, et même si la toxine est virulente, je trouve que le type meurt un peu vite.
En plus, le gars sait qu'il y a un cobra dans la pièce où il entre, sans faire vraiment trop gaffe...bon il est complètement pété tu me diras...

Ahah, tu mets le point sur des détails logiques d'enchainement de l'histoire : ça m'intéresse.
- J'aurais pu mieux gérer les deux surprises lorsqu'il se retrouve face au reptile, je te l'accorde.
- Pour le venin, je n'ai effectivement pas testé moi même comment ça se passait, pour des raisons évidentes. Ta remarque est donc à prendre en compte, bien qu'on puisse admettre l'ellipse à partir du moment où il est trop tard, pas tant bien signifiée que ça peut être. A partir du moment où c'était inéluctable, il n'y avait plus rien à dire, si ce n'est le relachement du personnage, et son agonie.

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Sinon pour ta fin, à partir du moment ou il ressort pour 'dire au revoir', meme petit pincement que dans un film d'horreur le: ''mais putain qu'est-ce qu'il est con...'' introduisant la mort ineluctable d'un perso héhé
Bon sang, t'as cent fois raison Ben, et dire que je suis le prermier à fustiger devant une simplicité scénaristique ! En même temps on pourrait songer que c'est plutôt un soulagement pour lui de ne pas risquer une seconde morsure. On peut même penser que c'est un personnage de jeu vidéo comme gta ou les sims, et lorsqu'on a arrêté d'interagir avec lui, il se mets en mode auto, et c'est reparti.
Mais je me cherche des raisons post-scriptum là, et c'est un poil trpo capillotracté ^^

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Bon inutile de preciser que j'ai aimé, apres je suis pas assez tatillon pour donner une aide technique point par point, mais si les acquis sociaux du bouton entrée son conservés sauter une pitite ligne entre des paragraphes ca prend pas longtemps...
Pertinence, quand tu nous tiens...

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Ah et si! par rapport a ton autre texte sur la mort, si il ne sont pas semblables du tout dans l'histoire, ta facon assez, fataliste disons, d'aborder la mort est interressante (mais ne me dis pas que tu crois au destin?), cela dit scenaristiquement, la trame du rebondissement apres y avoir echappé va etre usée
!! Mince alors, je n'avais même pas remarqué, mais tu as bien fait de le faire. Sur les quinze textes du sujet, ce sont les deux seuls où il y a rebondissement avant la mort. Pour des vacances, ça m'emmerdait de le faire mourir par ce camion un peu convenu, et là je voulais qu'il est une soit disant chance de pouvoir se venger...

Après je ne crois pas au destin, je ne crois pas qu'on soit des petites voitures sur un circuit électrique (quoique, y'a de la comparaison à faire, en mode multipiste, embranchements réactionnels, etc...). En revanche j'ai même pas besoin d'être convaincu que c'est notre avenir à tous de crever pour l'affirmer. Ce travail est comme la pièce final de notre puzzle à tous. Elle a la même étiquette pour tout le monde, qu'on ne retrouve qu'à la fin de sa vie, et chacune est décorée de manière différente. Peut-être même adaptée à son propriétaire...

La mort c'est le comble de l'ironie de la vie. Au final on peut simplifier l'équation à : on vit pour mourir.

*J'avais pas pensé à Kill Bill, mais j'avoue que y'a surement un peu de Duc dans tout ça (bien que j'aime pas le film), ainsi que quelques références drogues/désert : Flash ou le grand voyage, Las vegas parano, Breaking bad... etc (t'façon le mec qui inventera une ambiance pas déjà vue, je m'en inspire direct) *
Titre: Re : Cactus royal
Posté par: Vivi le 20 Novembre 2012 à 13:57:17
J'aime bien, c'est immersif. C'est vrai que la fin, je vois ce que t'as voulu dire. La 2° partie est bonne "...et mourir de la main de la nature.", mais la 1° "Ca ressemble un peu à passer sa vie à fuir l'humanité", je vois pas. Même si la situation expliquée au début concorde, ça me semble pas cohérent avec les 80% du texte qui sont centrés sur l'action avec/contre le serpent. Surtout que "fuir l'humanité" est opposé à la "poursuite du serpent", tu vois ? c'est juste ce point là qui faudrait améliorer.


Comme dit précédemment, quelques retours chariots seraient effectivement les biens venus.


Ci-dessous, une liste de phrase que tu pourrais retoucher (ou pas) :

Citer
Sur le linoléum desséché, il m'est impossible de suivre la trace du cobra à cause des multiples autres traces dans le sable.

J'avance donc accroupis timidement derrière mon bouclier de toile réfléchissante pour observer sous la table.

Je n'ai pas le temps de baisser les yeux qu'il se jette sur le mollet au dessus de son estomac.

Juste en dessous de mon manteau, au dessus de mes chaussettes enfoncées dans mes pantoufles, il y a le seul endroit de mon anatomie qui soit à découvert, le bas de mes tibias.


J'ai été étonné par le "Puis, je la jette de toutes mes forces comme un préservatif usagé contre le van.". C'te référence ! Tes samedis soirs doivent être terribles (pour la tapisserie :D)


J'ai pas compris "je décide donc de fumer les deux fins de ma cigarette". Ca se dit, ça ??? ? (les 2 bouts, je suppose)
Titre: Re : Cactus royal
Posté par: Dot Quote le 20 Novembre 2012 à 14:24:58
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mais la 1° "Ca ressemble un peu à passer sa vie à fuir l'humanité", je vois pas. Même si la situation expliquée au début concorde, ça me semble pas cohérent avec les 80% du texte qui sont centrés sur l'action
La référence de into the wild se justifie alors, même si j'ai pas vu le film. Une caravane dans un désert remplie de drogues, de bouffe, d'alcool, et un mec en peignoir dedans, on peut effectivement penser qu'il s'est pas retrouvé là de manière fortuite. Y'a bien les dialogues avec les caravaniers, mais il vit en hermite, ou est en vacance perdu au fin fond du désert.
Au début y'a pas de poursuite du serpent. Il se fait attaquer, il décide de l'achever sur un coup de chance et finalement se fait lui même tuer. Je sais pas comment t'expliquer en fait, ni s'il y a quoi que ce soit à expliquer. C'est une phrase qui sonnait quand même différemment. Lorsque je l'ai posé à la fin, c'était un peu le bilan de ce que j'avais sous les yeux.

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Ci-dessous, une liste de phrase que tu pourrais retoucher (ou pas) :
Pour la dernière, je vois qu'elle est bancale sans pour autant trouver comment la rendre plus claire.
Pour les autres, comment verrais tu le résultat ?

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J'ai pas compris "je décide donc de fumer les deux fins de ma cigarette". Ca se dit, ça  ? (les 2 bouts, je suppose)
Il l'a coupé en deux pour cautériser ses plaies. Enfin, surtout pour stopper le venin. Du coup il a deux cigarettes, et il les fumes les deux...
Du coup c'est rare d'un côté pratique, mais néanmoins possible, et linguistiquement sûrement acceptable puisque cela décrit un phénomène bien réel.
Titre: Re : Re : Cactus royal
Posté par: Vivi le 25 Novembre 2012 à 04:20:28
Désolé pour le retard, ci-dessous mes propositions et explications pour les phrases relevées (c'est mon avis, mais comme personne n'a relevé, p'têt j'me gourre, hein ^^ ) :

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Sur le linoléum desséché, il m'est impossible de suivre la trace du cobra à cause des multiples autres traces dans le sable.
En fait, il y a 2 localisations contradictoires, il me semble : "Sur le linoléum desséché" et " dans le sable". Cela ne marche que si y'a plein de sable sur le lino, mais j'ai surtout l'impression que le sable décrit est celui de l'extérieur, donc ça ne marche pas. Si "Sur le linoléum desséché" désigne la localisation du héros et "dans le sable" signifie l'endroit où il regarde (dehors, donc), il faut les différencier. Donc, soit tu enleves un des 2 compléments de lieu, soit la phrase pourrait devenir :
Du linoléum desséché, il m'est impossible de suivre la trace du cobra à cause des multiples autres traces dans le sable.
Ca fait un peu moins bizarre non ? ^^


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Je n'ai pas le temps de baisser les yeux qu'il se jette sur le mollet au dessus de son estomac.
Dans cette phrase, tu donnes 2 noms d'organe n'appartenant pas à la même entité. Moi, j'ai du relire parce que j'avais compris que le héros (sujet de la phrase) avait l'estomac au-dessus du mollet lol. Et plus, je ne vois pas que le "au dessus de son estomac" vient faire. Ca n'apporte vraiment aucune info pertinente (et ça brouille lol). Arrêter la phrase à "mollet" ne change rien à mon avis. Ca permet par la même occasion de virer un de tes nombreux "au dessus" (et sans tiret en plus ::) )


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Juste en dessous de mon manteau, au dessus de mes chaussettes enfoncées dans mes pantoufles, il y a le seul endroit de mon anatomie qui soit à découvert, le bas de mes tibias.
Description maladroite et pénible. Il y a aussi répétition avec "au-dessus" qui se trouve 2 phrases avant ET après. Bref, quand tu localise à la fois "au-dessus" et "en dessous" (sans tiret celui-là :P), tu peux mettre "entre" :mrgreen:  Ce qui donnerait pour une première couche :
Entre le bas de mon manteau et mes chaussettes enfoncées dans mes pantoufles, il y a le seul endroit de mon anatomie qui soit à découvert, le bas de mes tibias.
Titre: Re : Cactus royal
Posté par: Dot Quote le 26 Novembre 2012 à 14:11:24
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Cela ne marche que si y'a plein de sable sur le lino
C'était effectivement ce que j'avais en tête...
Et ça me permet de remarquer qu'il y a un flou à ce niveau là : le sable décrit n'est pas celui de l'extérieur. Dans ma tête, c'était : le bonhomme est sorti, il a foulé le sable dans une ellipse, et arrive dans la partie postérieure du van avec son pare soleil. Là il cherche en vain comme un glandu alors qu'il a laissé la porte ouverte, laissant au serpent le loisir de se faire la malle...

Pour les deux autres phrases, tu as entièrement raison, c'est vraiment maladroit et bordélique.
D'ailleurs je vais prendre tes prescriptions, elles sont pertinentes, plus fluides, ne perdent pas de sens et ne font perdre en rien la transparence un peu lourde de l'action. En plus, tes phrases marchent tellement bien que ça me donne aucune raison de vouloir débloquer par moi même le problème que tu as résolue toute seule =)

Merci beaucoup Vi, je corrige de suite =)