Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: Aléa le 11 Novembre 2012 à 02:02:52
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Une histoire courte a cheval sur la prose , surement des choses a redire...(desolé pour les eventuelles fautes et l'absence de titre)
Bonne lecture!
Réecriture plus récente de ce texte -------> http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,9579.msg165710.html#msg165710
Fut un jour un homme, pareil en tout autres de son temps, un jour tout autant semblable a d'autres en d'autres temps, et touché de quelconques symptômes singuliers, restant rares en un seul temps donné en un univers, mais bien courant en tout dans le temps.
Il souffrait, voulait en guérir, pour être sain et heureux.
Il est touché d'un mal.
Aucun des médecins, d'onguents ou d'argent, après un rapide bal défilés, ne purent diagnostiquer, Dieu même, que son corps en témoigne depuis la perte de ses eaux, n'en eu la foi.
L'accusé mal s'en défiait de ces savants.
Le bonhomme fut délaissé, laissé a son obscurité d'origine comme toute fin, classé 'mal bénin' en sursis de plaider la folie s'il venait à perturber l'unité de la paix magnanime, bien gardée de la science veillante des portes verrouillées de l'inconnu.
La maladie ne se voyait pas. C'est dans les viscères crâniennes qu'il fallait observer, ou du moins l'apercevoir au travers des deux trous béants et creux, vitreux, prévus à cet égard.
C'est pratiquement toujours le soir venu, que le rond satellite osseux, semblait vouloir s'échapper, se décrocher et fuir la gravité physique, quitter les cartilages ravisseurs de ce squelette impuissant.
La boite crânienne semblait vouloir imploser puis se répandre, partout, explosion cinglante a haute pression. Oh elle faisait tout pour, assoiffée et affamé elle emmagasinait tout stockait tout, récoltait tout, se nourrissait de tout, intarissable, pour rien de plus que mieux éclabousser, dégouliner n’ importe où la macrocéphale cavité. Oui la boite pandorienne ne voulait appartenir a ce corps, a cette race, a ce monde, elle voulait, glaciale, juste se fendre de trop plein, s'ouvrir et se répandre.
La nuit venue recouvrant les vertes peurs de l’homme enivré, le mal agissait. Un bruit aigu et perçant sifflait, tenaillait le crane de notre malheureux, qui résistait tant bien que mal. Tant et si bien, qu’un jour, quelque chose sembla s’agiter en sa tête, quelque chose se mouvait. Se tordant, se distordant le corps, les mains, la face, de douleur : des coups, sommèrent de sortir. Se mordant les doigts au sang, les yeux perlant, le crane de tout coté se déformant en son sein. Etirant une face difforme, inhumaine, la mâchoire ouverte de toutes dents, les mains s’y accrochant et dans un effort insoutenable grisant l’horreur, il expulsa avant les aurores, une boule informe et visqueuse, s’extirpant elle-même de la bouche, bruyamment, dans des raclements de gorge étouffés. S’accrochant aux incisives par de fin filaments, la bile noire gluante s’efforçait de sortir entre des regurgissements à bout de souffle.
Ces fils de soie luisant, reflétaient un satin a l’odeur de souffre cramoisi, un survivant de la croyance christique lui, dans un cas similaire dans un autre temps, aurait juré y apercevoir la robe baignée de l’enfer de l’archange Satan.
L’uniformité noire ainsi déglutinée, crachée en une suée lacrymale, l’homme s’efforçait de cacher ces pelotes ou il pouvait, honteux. Oui car cet acte encore indescriptible se répétait encore et encore : après avoir expulsé un peu de son mal, il se sentait mieux, pendant un certain temps…
Encore et encore.
Le comportement de l’homme différait de jour en jour à ce que ces pensées passés le façonnait. Ces boules immondes, qui grossissaient de soir en soir ou la scène se reproduisait, le fascinait de plus en plus.
Gestes communs de ces réceptifs, captifs de leur mal, addictent de leur mal sombre, ces blêmes maladifs ne sachant plus ou cacher leurs procréations, ils finissent par tisser des liens avec l’épineuse cellule constrictive qui emprisonne l’intérieur de leur boite, les frontières de l’homme et de la masse grouillante informe en leur crane finissent par s’effacer en un brouillard épais, les rejetons de l’occupant brisent les murs en s’en échappant, en bref l’homme finit par faire corps avec son mal, a ne plus l’en dissocier de ces bras se reliant a son cortex originel. Et l’homme finit par montrer ses créations à l’humanité,
en espérant dans un dernier sursaut instinctif trouver un semblable mutant hideux, ne sachant plus ou cacher cet agglutinement gélatineux.
Soudain vint la nuit (aussi soudaine qu’à son habitude).
L’homme ressentit cette fois un mal plus oppressant, plus aigu, il souffrait lentement depuis des jours durant, plus seulement la nuit, a la longueur du cycle naturel, les mois s’étiraient, quand soudain une nuit.
La peau hurlante, écarlate, l’homme recroquevillé, la douleur criarde accrue impitoyablement croissante en son corps insoutenable. Etalé sur le sol ses membres ne pouvant plus supporter le poids de son mal, cette fois il ne gémissait plus, les mains spasmodiques, les yeux révulsés, le corps recouvert d’incessantes convulsions, sa bouche béante laissait lentement s’échapper en ses coins un mince filet continu et inaltérable de la soie sombre, une flaque se formant, un lac de souffre placide sur lequel flottait un capitaine tremblant. L’obscurité se fendit alors en un point, reprenant comateusement ses esprits se découpait à l’homme dans une lune plénière, une forme noire filiforme, soyeuse, silhouette sculpté harmonieuse. L’apparition éclaircissait la vue brouillée de l’homme, yeux écarquillés, mi-émerveillé mi effrayé, intrigué de curiosité, pensant soudainement clairement, d’une de ces pensées carillonnante, cristalline. Que cette chose lui rappelait, comme une vieille amitié, semblait chaleureuse comme aucun homme sur terre, si linéaire et discrètement somptueuse, oui elle brillait d’un feu de beauté, d’une somptueuse lumière claire et perçante, et quelle allure ! Quelle prestance ! Mais que ces courbes lunatiques, d’une féminité finalement, subjuguante, sublime ! La carrure de la perfection se tenait la.
D’une voix chevrotante, l’homme entonna une question confuse
‘’-Ne parle pas homme, je connais tes questions plus clairement que toi tu ne les penses actuellement et que tu ne pourras les résoudre. Ordonnes les.’’
L’opaque tunique noire s’exprimait d’une voix dune profondeur, d’une gravité et d’une douce légèreté chantonnante à la fois, qu’un silence recueillit se fit.
‘’-Toi, la perfection, pourquoi m’accables tu d’un mal si affreux, qui me torture dans ma quête à apprendre à m’en accommoder et m’assiège contre mes instincts premiers ?
-Moi ? La perfection ? C’est donc en moi que tu vois la chimérique perfection ? Je suis donc ton idéal ?
Soit. Ton mal aimant le savoir, saches que tes minables prédisposés sentiments sont aimants de ton mal sans qui tu ne serai qu’une coquille vide en proie aux rapaces aux becs creux qui partagent ton ciel, regardes les ailes larges et puissantes que ton mal t’as apporté, survoles le monde pour en contempler la beauté sans te faire plumer par des rapaces qui n’ont eux qu’un bec aiguisé, apprend d’elle, contemple, respires, inspires toi d’elle, la réside la guérison de ton prétendu mal, pour un peu que tu lèves les yeux au ciel, tu vois que tu n’es pas le seul a te laisser porter, a planer tranquillement au grés du vent.
Tu te dis atteint d’un mal ?
Cette visqueusité noire est simplement la part d’humanité que tu as ingurgité, somnambule insomniaque que tu es, personne n’acquiert la même part mais tous partent avec une quantité, d’autres sont atteints de ‘mal’ semblables, ils en mourront s’ils n’en expulsent pas des morceaux, tous ne réveillent pas leur part. De plus en plus l’ont digérée, éjectée, se sont construits leur humanité, colossale édifice, ce sont eux les vautours au bec creux d’en dessous les nuages qui s’y abritent, prend garde à te faire discret.
Tu me dis ta perfection ?
Je me façonne à tes idées, maitrise moi et vois l’étendue de ta pensée, de ton humanité, de l’humain. Oui elle est laide, hasardeuse, mais comme toi, on finit par l’aimer de familiarité.
-Alors…je suis guérit ?’’
S’emportant d’un coup dans une tempête de colère tarentulaire, l’informe et bienveillant se transforma, se tordit, s’hérissa alors d’exaspération mordante.
‘’-Petit humain encore et toujours impatient ! Vous et votre impotent espoir, votre incapable paix d’hypocrisie confortable, la volonté de stabilité, anarchie de vie remplie voila tout, vous me répugnez a voir en moi la source des espoirs, désespérante et unique race de raison, la folie d’absence de réflexion détruira votre incompétence d’intelligence, et la paisible nature retenant le secret de toute chose brulera dans vos excréments d’humanité, et toi, la plus incapable des hommes aveugles, toi cyclope difforme, tu me voudra, tu me cherchera, et je ne serai pas la. Je viendrai hanter de cauchemars tes nuits d’insomnie, je serai la pour mieux disparaitre.
Tu as ouvert la boite, précipité, impatient, par son ouverture tu connaîtras les raisons qu’il fallait connaitre pour l’ouvrir, toi enfant déshérité de tout, tu connaîtras le vrai mal.’’
L’homme sauta furieusement sur l’ombre, sortant par la rage de sa léthargie. Bête déchainée, les yeux remplis par la peur, l’incertitude et la mort, il frappait. Frénétiquement, dément acharnement, il frappait et les jointures de ses poings s’écorchaient sur la masse noire informe gisant au sol, cédaient en coulées de sang, le pourpre se mêlant à la visqueuse noire, inerte et poisseuse, en un sillon coulant délicat au creux des reins d’une terre assoiffée.
Seul, avec un cadavre monstrueux, il fallait agir avant que l’astre solaire ne porte son regard omniscient sur lui, sur cette scène. Sous la lune complice il creusa, aussi profond qu’il put avant le point du jour. De sang et de terre, les mains cramponnées a sa pelle, il s’acharnait comme un automate sans raison à enfouir au plus loin de la surface son cadavre maudit, a l’enfouir au cœur de la terre. Alors les premiers rayons caressant inquisiteurs l’épiderme souillé de la grande dame, alors le trou froid a peine refermé, alors que notre homme le corps terreux et épuisé s’éloignait, il remarqua, qu’un longiligne fil soyeux, brillant, fin, indestructible, le reliait a la tombe sommaire. Il comprit que la maudite forme disait vrai, qu’elle reviendrait, il comprit que chaque soir, dans sa maison sombre, dans une ruelle obscure, dans un parc vide, il vivrait dans l’attente de cette ombre, qui se dresserai sans prévenir entre lui et la lune pour le plonger dans la pénombre de l’homme seul. Il comprit que cette chaine serai son fil d’Ariane tout au long de sa courte vie, et que, pour éloigner l’apparition de son obsession il ne pourrait que vivre une pelle a la main et creuser, chaque fois plus profond pour enfouir ce filon, noir.
‘’-Voila messieurs ce qui c’est passé pour cet homme et sa pensée, c’est ce qui arrive d’ailleurs en tout temps a ces hommes qui le vivent dans leur présent.
-Mais enfin ! Cessez ces histoires à dormir debout, vous avez juré de dire la vérité ! De dire ce qui c’est réellement passé cette nuit la ! La famille de la victime est dans la salle bon sang…
-La verité ? Mais qui pense encore que le monde est fait de verité, de bien, de mal, d’espoir et de croyance ? A quelle époque suis-je ? Ce que j’ai fait ? Je viens de vous l’expliquer du mieux que j’ai put. Il n’y a pas ici de vérité, je ne fais qu’explorer et penser toutes les possibilités.’’
Trois coups de marteau fait en bouleau poli, découpé, résiné, inerte finalement, retentirent fermement, hautement et aveuglement sur un reposoir en hêtre prévu a cet effet, tout aussi rigide et inerte.
Jugé fou.
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J'ai l'impression de lire du Philip K.Dick (pour le côté psycho ;D ).
Y'a beaucoup de répétitions (voulues, je pense, mais y'a quand même 21 "homme" :P). J'ai relu 3 fois le première phrase, et je ne la comprend pas complètement (bon, c'est peut-être moi, hein ^^ ).
Pour le reste, ça me donne surtout un effet de lenteur (genre, ça n'avance pas), surtout avec toutes ces propositions, courtes, empilées, devenant des phrases à rallonges, interminables, enfin tu vois, quoi :D . Autant ce genre de style de temps en temps, je comprend (je l'utilise aussi), mais sur un texte complet, ça tient plus de l'exercice de style. Personnellement, ça m'a un peu "fatigué" et j'ai eu du mal à tout digérer. Je ne sais pas s'il y a des auteurs qui ont un style similaire, donc je ne sais pas si c'est "bien" ou "mal".
La chute est sympa, d'un laconisme complètement opposé à ce qui est dans le texte, et ça j'aime bien (l'idée d'opposition de style, hein, pas la phase nominale à 2 mots).
Attends d'autres avis, parce que moi, je débute aussi ici ;)
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Waouh, tu les a vraiment comptés! :D c'est vrai que ca fait beaucoup, mais je voulais pas lui donner de nom a ce bonhomme
ah oui le premiere phrase, t'inquietes pas c'est voulu cette embrouille, mais je l'avais oublié celle la (j'ai ecrit ce texte il y a quelques temps) et j'avais pas pensé que d'entrée comme ca peut bloquer le lecteur...
Tu met le doigt sur un de mes gros -et non seul- defauts: les phrases a rallonges. je devrait supprimer des virgules pour rendre au moins le texte plus fluide non?..
Il n'y a pas de bien ou de mal, mais en tout cas mon but n'est pas de provoquer l'indigestion, alleger tout ca je devrait :mrgreen:
Content que tu y ai quand meme vu du bon (pour le philip k.dick je ne l'ai jamais lu alors a part si c'est un psycopathe violeur d'enfant je vais me sentir flatté ! )
Merci de ton commentaire il est important pour moi et je vais aussi suivre ton avis d'attendre d'autres avis ::)
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Hey,
Plutôt prenant ton texte au final ! Je l'avais un peu survolé la tête dans le chou tout à l'heure, mais maintenant avec d'autres végétaux en tête, j'ai repris et y'avait pas besoin d'être attentif pour accrocher à tes mots.
C'est riche, fluide, sauf peut-être justement pour les premières phrases. Peut-être était-ce l'échauffement =)
Une petite incohérence :
D’une voix chevrotante, l’homme entonna une question confuse
‘’-Ne parle pas homme, je connais tes questions plus clairement que toi tu ne les penses actuellement et que tu ne pourras les résoudre. Ordonnes les.’’
Au final, une excellente prise de neurone, à la lecture.
Mais je ne sais pas si je dois espérer qu'il y ait eut autant de plaisir à l'écriture.
Une suite probable ?
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yop,
Et bien je m'attendais pas a un avis si enthousiaste! tout d'abord merci ca fait vraiment plaisir!! ^^
ensuite pour cette phrase
D’une voix chevrotante, l’homme entonna une question confuse
‘’-Ne parle pas homme, je connais tes questions plus clairement que toi tu ne les penses actuellement et que tu ne pourras les résoudre. Ordonnes les.’’
Tu n'as pas dut faire attention mais ce n'est pas l'homme qui parle, en fait la phrase devrait plutot etre:
''D’une voix chevrotante, l’homme voulut entonner une question confuse...'' avant de se faire couper.
Si l'idée m'est venue de pensées plutot noires, tu connais surement les vertues thérapeutiques de l'écriture, et d'autres idées venant se greffer j'ai tout de meme aimé l'écrire.
Pour ce qui est d'une suite, et bah deja celle la non plus je m'y attentdais pas :D je n'y avais jamais pensé, d'ailleurs je pensais avoir tout dis dans ce texte, alors pour faire une suite il faudrait suivre le bonhomme en hopital psychatrique, et sur ce point je n'ai pas assez de vecu pour pouvoir ecrire dessus aha! Non ce n'est pas prévu desolé...
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Absolument pas mon gars, car ce serait lui qui étudierait les psychiatres.
Enfin, du coup l'histoire pourrait être marrante =)
J'avoue que pour le blanchiment de la feuille à l'encre noire, on peut facilement tomber dans les sinuosités de ses petits plaisirs.
J'ai envie de te dire de faire gaffe, quand même, avec ce genre de personnages on tombe facilement dans le psychotique effrayant. Et je vois de moins en moins de gens qui ont envie d'avoir peur. Mais on s'en fout, c'est une histoire touchante.
Je serai ravi de te lire à nouveau.
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Ahaha! ouaip vu comme ca ca peut etre sympa x)
Mais bon ca serait plus du tout dans la lignée du premier...(c'est le probleme de beaucoup de suites non prevues a la base tiend! )
Tant qu'il y a un publique c'est qu'on peut continuer!
Bon je vois que tu la veut vraiment cette suite, je vais planter l'idée dans un coin de ma boite cranienne et attendre voir si ca germe, mais je te promet rien :huhu:
faudrait tout de meme trouver d'autres profondeurs, d'autres personnlités peut etre, d'autres situations, pousser encore le psycho, le prendre d'un autre point de vue pourrait etre pas mal...bref... :-¬?
Merci, j'essayerai de poster autre chose bientot!
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faudrait tout de meme trouver d'autres profondeurs, d'autres personnlités peut etre, d'autres situations
J'suis chaud, pour cette histoire ou une autre.
pousser encore le psycho, le prendre d'un autre point de vue pourrait etre pas mal...bref..
Ouais, carrément, c'est over bon d'exorciser ce côté humain qu'on partage tous. La haine et la peur ne sont que les deux bouts d'un seul et même tunnel, et celui ci ne saurait rester inutilisé. Néanmoins il y toujours une certaine réserve due à l'appréhension qu'il convient de combattre, et qui ne fait que s'amplifier lorsqu'on part dans ces délires glauques.
Merci, j'essayerai de poster autre chose bientot!
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