Cette nuit, j'ai décidé de me lâcher! Je n'arrive pas à domir alors j'ai décidé de vous faire partager mes écris...
Voici un texte que j'affectionne particulièrement, si tant est que l'on puisse affectionner un texte... ??? Il s'agit du prologue du tome 4 de mon roman Chroniques des Deux-Mondes: le Visage de la Déesse...
Bonne lecture, j'attend votre verdict :-[
Quand les dieux créèrent les Deux-Mondes, Ils voulurent qu’ils soient grands et brillent par leurs magnificences. Ils voulurent que la vie y soit prospère et s’aidèrent des Fées pour que cela soit. Et il fut fait selon Leurs désirs. Bientôt, les Mondes regorgèrent de lacs aux reflets d’argent, de montagnes aux neiges éternelles, de prairies fleuries et d’immenses forêts vierges dont les branches frissonnaient sous les caresses des vents audacieux. Et les dieux chérissaient tellement les Mondes qu’Ils firent présent de l’un d’eux à ceux qui les comprenaient le mieux et dont les âmes paraissaient éternelles: les Sages.
Celui-là devint les Terres des Sages tandis que le second prit le nom d’Autre Monde. Mais alors qu’ils recevaient ce précieux et divin présent, ils durent promettre qu’ils seraient à jamais les Gardiens de la Voix. Ils héritèrent de la difficile mais néanmoins importante tâche d’enseigner aux Hommes la parole divine et ce, dans la plus grande humilité.
Cela dura des milliers d’années jusqu’à ce que les Sages commencent à se jalouser l’un l’autre, voulant attirer davantage sur eux leur bienveillance. Les dieux alors, déçus de ceux qu’Ils nommaient Leurs Enfants, cessèrent de leur parler. Et les Sages, devenus sourds à Leurs paroles, crurent qu’Ils les avaient abandonnés. Ils errèrent alors sans but, se demandant ce qu’ils devaient faire. L’un d’eux, prétendant que leurs maîtres divins s’y trouvaient, interrogea les étoiles. Et il s’absenta pendant si longtemps qu’on le crut disparu. Mais, quand des siècles plus tard, il revint, tremblant de froid et amaigri, ce fut pour annoncer à ses frères du destin que les dieux lui avaient accordé Leur dernière parole. Et il leur répéta ce qu’il avait entendu:
- Écoutez et méfiez-vous de l’eau qui dort. Un jour, un de Nos fils viendra. Un enfant qui, en grandissant, deviendra votre égal et l’un des vôtres. Mais dans sa grande bonté, il vous trahira et malgré cela, il deviendra plus puissant qu’aucun de vous ne l’a jamais été et ne le sera jamais. Et il vous survivra sans que vous ne puissiez rien y changer. Et à son tour, il choisira un enfant, comme Nous l’avons fait pour lui. Et cet enfant, sur lequel Nos divines mains se seront posées, changera ce que les Deux-Mondes, qui n’en feront qu’un, deviendront quand vous aurez été une seconde fois trahis.
Entendant cela, les Sages prirent peur. Et ils voulurent de tout coeur oublier ces funestes paroles.
Puis le temps, lentement, reprit son cours. Les Sages, alors, ne voyant pas venir d’enfant, pensèrent que les dieux leur avaient menti. Mais comme Leurs voix ne leur parvenaient plus, c’est en enseignant aux Hommes ce qu’eux-mêmes avaient appris qu’ils poursuivirent leur tâche.
Et les Hommes, alors, commencèrent à aduler les Sages de la même manière qu’ils avaient adoré les dieux pour mieux laisser glisser ces derniers dans le gouffre de l’oubli. On érigea des temples aux noms des Sages, les prêtres officièrent pour eux et les enchanteurs répandirent sur les places publiques les paroles des Sages, paroles qu’ils avaient eux-mêmes tenu des Créateurs. Les dieux périrent de l’esprit des Hommes car la majorité d’entre eux ne se préoccupaient plus d’Eux.
C’est alors que, d’un peuple qui Les vénéraient encore, vint l’enfant dont Ils avaient tant parlé. Mais les Sages, s’ils n’avaient pas oublié leurs maîtres divins, avaient fini par oublier Leur mise en garde. Ils éduquèrent l’enfant comme s’il était l’un des leurs afin qu’il devienne leur égal. Et il le devint. Alors, comme les dieux n’ont pas coutume de mentir, l’enfant les trahit.
Une trahison qui, à jamais, meurtrit les Terres des Sages et qui devait les tourmenter pour les siècles à venir.
Une guerre fratricide les déchira pendant dix longues années.
Du néant duquel les dieux tirèrent les Deux-Mondes naquirent les Ténèbres, terres de noirceur et de désolation, stériles à jamais. Et de la fertilité dont les dieux, dans leur grande générosité, avaient pourvu les Mondes au matin de leurs naissances, naquirent les Lumières.
De la naissance des Lumières ou comment sont morts les dieux, bibliothèque de Desogan
Par Alfrïnn le Vieux, poète et historien treskain