Le Monde de L'Écriture

Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: colette ambroziewicz le 28 Octobre 2012 à 22:11:06

Titre: Les pieds dans le plat
Posté par: colette ambroziewicz le 28 Octobre 2012 à 22:11:06
Jean-Paul, quarante-deux ans, commercial dans une grande entreprise de produits ménagers.
Il est marié à Muriel, quarante et un an, passable pour son âge. Ensemble ils ont deux enfants, un garçon et une fille. Propriétaire depuis peu d’un pavillon impersonnel dans une banlieue impersonnelle d’une moyenne ville française, il se félicite et se glorifie d’avoir réussi à offrir stabilité et sécurité à sa famille.
Jean-Paul ferait mieux de commettre un bon suicide.

Avec Muriel, c’était par confort. A vingt-cinq ans, jeune prolétaire fraichement diplômé, il était temps pour lui de devenir un homme respectable sous tous rapports.  A cet âge, ne pas être marié, ou au moins engagé dans une relation, c’est presque la déchéance sociale. Il a rencontré Muriel à un dîner quelconque, elle était seule, quelconque, comme lui pressée par le temps. Il lui a rapidement parlé de mariage, famille, travail et respectabilité, elle était d’accord. Moins d’un an après leur rencontre, ils ont signé pour la vie. 

Ils n’ont jamais  parlé d’amour. A l’âge qu’ils avaient, le plus important était de s’établir. L’amour n’offre pas de statut social. A l’âge qu’ils ont aujourd’hui, l’amour ne s’offre plus. Ils l’ont tué dans l’œuf, leur couple n’est que platement figuratif.
De leur union sont nés Thomas, quatorze ans, et Sophie, douze ans. Aucun n’a été conçu dans un orgasme partagé. L’orgasme n’est pas chose que l’on partage lorsqu’on n’a pas le temps, et biologiquement, c’était le bon timing pour Muriel. Ils étaient pressés par leurs familles, elles-mêmes pressées de tromper l’ennui. Un joli poupon, ça distrait aux repas de famille. Quand personne n’a plus rien à dire au moment du fromage, les pleurs d’un bébé sont toujours bienvenus. On se bat alors pour avoir le privilège inestimable de quitter la table et de s’occuper du nouveau-né. Plutôt avoir les mains dans la merde que de passer une minute de plus dans le climat pesant qui règne autour d’un poulet-frites. Ca occupe les mains, ça occupe l’esprit, ça fait oublier pour une minute la platitude de la conversation.

Ça se passait comme ça chez Jean-Paul et Muriel le dimanche quand les enfants étaient petits. Ça se passait comme ça au même moment, hier ou aujourd’hui chez Stéphane et Véronique, Xavier et Anne-Laure, Michel et Brigitte, Patrick et Dominique, chez Julien et Sabrina… Dans chaque pavillon impersonnel de chaque banlieue impersonnelle de n’importe quelle ville moyenne de France, dans chaque foyer, digne d’un décor de catalogue Ikea, Fly, But, Conforama, le manège est le même. Ça parle pour ne rien dire, ça rit sans y croire, ça s’indigne dans le vent pour du vent, ça trompe le temps comme ça peut.
La chaine-hifi dernier cri râle la triste actualité musicale d’une triste culture de masse reflet du triste paysage du mauvais goût. Ainsi dans leurs salon, on se sent dans son propre salon, on y entend Bénabar, Calogero, Garou, et parfois un vieux classique anglais. Peu importe la saloperie qui occupe l’espace sonore, du moment qu’elle écrase le silence.
Jipé et Muriel rendent acceptable l’insupportable. Ces gens font perdurer un système qui prospère grâce à leur conscience mise en veille. En passant en mode automatique de leur propre vie, ils ont sacrifié leur dignité sur l’autel de leur pouvoir d’achat. Ils consomment comme il faut, leurs placards sont remplis de Bonduelle, Géant Vert, Pampers et Panzani, Coca-Cola, Carrefour, Danone et Malabar. Sur leurs étagères, Scrabble, Monopoly, La Bonne Paye prennent la poussière. Mais qui paiera la facture ? Leurs enfants, qu’ils endorment à leur image, à l’image d’une population qui suit le berger grand patron du monde. La facture se paiera, se paie déjà, mais leurs yeux sont fermés. Leur bibliothèque elle, comme une peau de chagrin rétrécit au gré des brocantes annuelles. Peu à peu, la vision de ces livres les met mal à l’aise et leur rappelle avec écœurement l’époque où ils savaient lire, quand leurs cerveaux fonctionnaient pour autre chose que pour le quotidien. Ils n’ont plus le temps pour ça aujourd’hui.

Aujourd’hui, ces gens sont occupés. Aujourd’hui, la télévision trône fière et majestueuse au milieu du salon. Elle irradie, elle rayonne, elle réconforte. Muriel est ravie chaque jour lorsque vient le moment de dépoussiérer l’écran plat dix mille pouces. C’est leur petit moment privilégié à elles. A mesure que la bibliothèque diminue, l’écran s’élargit et gagne en haute définition, multiplie nuances de couleurs et réalisme. Ou comment entrer dans sa télé et devenir la star cathodique de sa propre vie.  Ton potentiel s’est consumé à mesure que tu te boursouflais dans ta résignation, sorry darling.
Mais Muriel ne lâche rien, et lorsqu’elle empoigne son chiffon pour briquer la télévision, elle approche le plaisir. Il faut dire qu’elle n’a plus rien d’autre à astiquer depuis longtemps, elle se console comme elle peut. Elle enlace de ses deux bras le quadrilatère noir, colle son corps au poste, le manipule avec précaution. Il n’est pas bien épais, c’est leur fierté, ce serait trop idiot de le faire tomber de son piédestal. Dans un va et vient vertical, elle caresse le plasma, le nettoie tendrement avec tout son amour et un chiffon doux Swiffer acheté spécialement pour cet usage. Ce faisant, elle pense affectueusement à sa famille. Elle se figure le bonheur qu’ils auront tous en regardant ensemble le journal télévisé sur un écran propre comme au premier jour.

Le journal après diner, c’est une institution. L’apogée de la réunion familiale. La cohésion du noyau. L’absolue perfection de la réunification réussie. Quelque fois pourtant, Thomas zappe cet instant magique où tous les êtres de la famille ne font plus qu’un. Il s’enferme alors dans sa chambre, allume son ordinateur et se connecte sur MSN pour discuter avec ses copains. Quand cela arrive, Muriel cache son chagrin. Elle ne comprend pas, mais elle se tait. A l’intérieur, elle lui reproche de négliger sa famille pour des personnes qu’il fréquente toute la journée au collège. Elle ne dit rien car elle a à cœur de ne pas troubler l’harmonie du foyer, mais elle en souffre. C’est une mère, et une mère aime savoir que ses enfants ont encore un peu besoin d’elle. Ça donne un sens à sa vie, ça la fait se sentir utile. Avec Sophie, elle a encore un peu de temps, elle  est encore dépendante d’elle. Mais Thomas … Il commence à prendre ses distances, il lui échappe peu à peu. Il grandit, et avec sa croissance elle prend conscience du temps qui passe et qu’elle ne peut pas retenir. Le temps lui échappe comme Thomas lui échappe et comme bientôt Sophie lui échappera. Et quand ils seront partis tous les deux, à qui sera-t-elle utile ? Qui parlera avec elle ? Jean-Paul a laissé filer son affection pour elle, et elle n’a plus d’amitié pour lui depuis longtemps. Ils resteront là à se regarder vieillir, ils deviendront incontinents ensemble sans échanger d’autres mots que « Passe-moi le sel ».

Quand son esprit en arrive là, elle préfère éloigner d’elle ces idées et se concentrer sur Claire Chazal qui évoque la situation dramatique en RDC, RPC, RPG, RDA, RFA, Syrie, Guerre du Golfe, Tchétchénie, printemps arabe, Hiroshima. Ça lui fait penser qu’il faut qu’elle passe chez le boucher demain sans faute. A Auchan aussi, elle n’a plus de Special K. Elle dresse mentalement une liste : Sophie a besoin d’un cahier à grands carreaux maxi format, il faut du shampooing, antipelliculaire pour Jean-Paul, cheveux normaux pour les autres, de l’ail il en reste, mais il n’y a plus de yaourts …

La soirée passe, la nuit passe, un autre jour se lève, un de plus au compteur de sa vie. Elle va faire les courses, 258,54 euros de facture, elle ne se formalise pas. Le coût de la vie augmente alors on paie avec la carte la somme que demande la caissière. La vie augmente, Muriel ne dit rien. Muriel ne pense même pas à dire quelque chose. En dix ans, sa facture a considérablement augmenté. Et puis quoi ? C’est le coût de la vie qui augmente. Si on veut faire les courses, il faut passer à la caisse. Et si la dame à la caisse demande 258,54 euros, même si c’est presque la moitié du RSA, on le paie avec la carte. Et on rentre chez soi avec le monospace. Chez soi, on remplit les placards qui n’étaient même pas vides, on fait ci, on fait ça, on nettoie la télé et on prépare le repas du soir.

A table, Sophie dit à Muriel qu’elle s’est trompée de cahier, parce qu’elle a pris des petits carreaux alors qu’elle, elle lui avait dit à GRANDS carreaux, elle insiste sur le GRANDS et fixe sa mère d’un regard accusateur. Muriel demande si les petits carreaux ça ne peut pas faire l’affaire, Sophie dit que non le professeur de géographie a bien dit qu’il fallait un cahier maxi format à GRANDS carreaux. Alors Jean-Paul, pas pour venir en aide à Muriel mais pour râler un bon coup s’indigne que les professeurs fassent leur loi en demandant tel ou tel cahier, qu’est-ce que ça peut bien leur foutre que les cahiers aient des petits ou des GRANDS carreaux ! Ils ont 3 mois de vacances par an et ils viennent nous faire chier pour des carreaux. Et bla bla bla, il beugle, bla bla bla, les auto-stoppeurs à l’entrée de l’autoroute en rentrant du bureau, bla bla bla, les élections, bla bla bla, la gauche, bla, la droite, bla, le nautisme, bla, le rouge, l’herbe à chats, le scoutisme , les moulins à vent qu’il brasse et rebrasse et bla bla bla. Ils ont fini de manger, Muriel dit qu’elle rachètera un cahier le lendemain. Et bla bla bla, Sophie se plaint qu’elle n’a pas de cahier pour demain, Jean-Paul dit bla bla bla, c’est le moment que choisi Thomas pour quitter la table en annonçant une soirée MSN, Jean-Paul bla bla bla, Sophie bla, bla, bla, Thomas absent… Trop. C’en est trop.

Muriel assiste impuissante à ce désordre. La tête lui tourne. Elle s’assied une minute, prend sa tête entre ses mains, colle ses mains sur ses oreilles et ferme les yeux. Elle plisse avec force ses paupières, serre sa tête de ses bras, elle essaie de ne penser à rien. Une minute passe, elle respire à fond, puis se lève et débarrasse la table en souriant. Crise évitée, comme toujours.
Ses yeux ne sourient pas. Ses yeux sont vides. Pauvre, pauvre Muriel que personne ne plaint. Mais personne ne la plaindra, elle est la seule responsable de sa victimisation. Imbécile. Dans tes autres vies, tu prendras soin de ne pas t’endormir. Si tu choisis de n’être personne, au moins sois Ulysse, utilise le mouton pour foutre le camp plutôt que de devenir mouton. Ma chère Muriel, l’esprit grégaire ne te mènera nulle part. Il aurait fallu ne jamais s’endormir. Il aurait fallu laisser tes yeux ouverts se promener sur chaque chose de la vie.

A l’avenir, les yeux de Muriel ne souriront plus qu’à de très rares occasions.
Ils souriront pleins de larmes au mariage de Sophie.
Ils pleureront pendant trois semaines sans arrêt à la mort de Thomas – accident de voiture sur route mouillée.
Ils souriront à la naissance de Matthieu et Louise, ses jumeaux de petits-enfants.
Ils s’allumeront faiblement quelque fois après cela. Le dimanche, au moment du fromage lorsqu’elle sera autorisée à changer les couches des bébés, mais c’est tout.

Elle mourra à quatre-vingt-deux ans, soit six ans après Jean-Paul – crise cardiaque.
Quelques minutes avant de mourir, elle aura le temps de se souvenir, reconsidérer ce qu’a été sa vie. Famille, mariage, stabilité, monotonie, mort dans l’âme, mort de l’âme. Elle veut se lever une dernière fois, crier, pleurer, enrager, mais l’heure n’est plus à la révolte. L’heure est à la mort, alors elle meurt, convenablement comme tout ce qu’elle a toujours fait.
Titre: Re : Les pieds dans le plat
Posté par: OliveDuWeb le 28 Octobre 2012 à 23:09:00
Bonsoir !


C'est triste.
Volontairement triste.

Quelques énumérations m'ont un peu fait froncer les sourcils au début, mais je les ai très vite oubliées.

Le rythme est un peu rapide. On saute vite du coq à l'âne.

Après avoir terminé la lecture, je suis resté plusieurs minutes à me demander ce qu'il fallait que je retienne de cette histoire. Peut-être parce qu'il est tard et que mon cerveau, qui vient de passer un week-end fatiguant, a du mal à tourner assez vite. Le vide. Voilà, c'est ça. La vie de cette femme aura été un grand vide.

Je me demande ce qui t'a fait choisir quelles parties de sa vie raconter au passé, quelles parties au présent et au futur. Ça n'engage que moi, mais j'aurais tout mis au passé pour situer le présent au moment de sa mort, quand elle reconsidère sa vie.

La petite phrase en italique à quelques lignes du début m'a laissé présager une suite différente, mais elle introduit bien la suite.

Malgré une tristesse poignante — je dis ça pour moi qui n'en suis pas très fan — je suis allé facilement au bout du texte. Tu fais bien passer ton message, avec un style peut-être un peu conventionnel (rassure-toi, j'ai du mal à m'en défaire aussi) mais efficace.


Merci.

O.
Titre: Re : Les pieds dans le plat
Posté par: Doctor Grimm le 29 Octobre 2012 à 00:51:19
Salut  :)


Un seul truc à dire pour moi : c'est magnifique. C'est poignant et triste, ça monte et monte à la gorge jusqu'à ce qu'on ait les larmes aux yeux sans savoir pourquoi.

Bravo pour de vrai,
Doc.
Titre: Re : Les pieds dans le plat
Posté par: Kerena le 29 Octobre 2012 à 09:56:23
Une seule chose à dire pour ma part : je vais éviter au maximum de vivre comme ça ^^
C'est bête à dire, mais "on est mieux seul(e) que mal accompagné(e)"

Merci pour cette prise de conscience, même si ça joue parfois dans le cliché. J'y ai un peu retrouvé la vie de chez moi il y a quelques mois, même si je sais que mes parents se sont mariés par amour (sinon ils auraient divorcé depuis longtemps ^^) et que la vie y a changé depuis.

Bref, ça m'a rendue bien mélancolique tout ça...  :huhu:
Titre: Re : Les pieds dans le plat
Posté par: Freakazoid le 29 Octobre 2012 à 11:23:45
Pareil, avis plutôt positif sur ce texte.

"Plutôt" car tu n'évites pas les clichés du genre "la famille perd son temps devant la télé et est victime de notre société de consommation".  C'est peut-être un mal de notre société mais tout le monde en parle et c'est redondant à la longue.

Ceci dit, j'ai quand même bien accroché à la lecture ! Ce que j'en retiens, c'est qu'il ne faut pas laisser passer sa vie en restant dans les clous. Il n'y a pas si longtemps, j'ai fait une petite déprime à ce sujet.

Quand j'étais plus jeune, je me disais "je bosserai dans les jeux vidéo, je serai scénariste, dessinateur bla bla". Mais je n'ai jamais osé m'engager dans les filières scolaires qui me mèneraient à mes rêves, sous prétexte que, si je me plante au final, j'aurai du mal à trouver un job.Finalement, à 26 ans, je me suis rendu compte qu'en suivant un chemin qui, s'il était "sûr", ne me convenait pas vraiment, je me suis retrouvé naturellement avec une situation qui ne me satisfaisait pas entièrement.

Ce n'est que très récemment que je me suis foutu une bonne claque mentale : je suis encore jeune, j'ai encore le temps de faire des choses qui me plaisent ! Je ne prévois pas de plaquer mon boulot pour autant mais je me suis remis à écrire (ainsi qu'à dessiner), avec la ferme intention dans un premier temps d'envoyer mon roman à des éditeurs, et de ne pas me résigner en espérant un jour être édité.

Désolé, je raconte ma vie mais c'est pour dire à quelle point ton texte m'a personnellement touché.
Titre: Re : Les pieds dans le plat
Posté par: Kerena le 29 Octobre 2012 à 11:26:50
Freaka, je pense qu'au final tu résumes la situation de bon nombre d'entre nous :huhu:

Bref, désolée pour le flood, c'était pour dire que Freaka a réussi à exprimer ce que je n'ai pas su ^^
Titre: Re : Les pieds dans le plat
Posté par: loana90 le 29 Octobre 2012 à 11:34:04
wow... Alors c'est ça la vie ?  :'( Ca me fait penser au film d'hier ( Deux jours à tuer avec Dupontel), avec un sacré mélange de Bidonchon chantant "comme d'habitude". C'est triste et très bien décrit. Bravo !
Titre: Re : Les pieds dans le plat
Posté par: Jon Ho le 29 Octobre 2012 à 11:47:48
Ah bravo, merci de foutre le bourdon aux jeunes membres du forum ^^
Sinon c'est un texte qui sonne tristement juste.
Un bon texte qui se lit avec la dose d'amertume que la vie mérite.
Titre: Re : Les pieds dans le plat
Posté par: colette ambroziewicz le 29 Octobre 2012 à 13:19:01
Merci beaucoup à vous tous d'avoir lu
et encore plus, merci d'avoir fait part de vos impressions, je suis trop émue, haha. non c'est vrai, c'est la première fois que je partage un texte commeça, j'avais peur des retours un peu... oui mon niveau de confiance en soi n'est pas au top
BREF,
Je suis tout à fait consciente que ce texte est fait de clichés, d'où le titre ... En fait, j'avais tellement l'impression d'enfoncer des portes ouvertes que j'ai pas mal hésité avant de poster. J'aimerais bien réussir à terme à affiner ma réflexion, à subtiliser un peu tout ça. Ce qui m'embête aussi, c'est l'aspect moralisateur que ça peut avoir... Encore du travail, donc.

En tout cas, je suis vraiment ravie d'avoir suscité autre chose que de l'indifférence, c'est la première chose importante selon moi dans l'écriture.

@OliveduWeb : Pour le choix des temps, je t'avoue que je n'ai pas trop réfléchi, ça me semblait faire sens. J'aimais bien l'idée de couvrir un peu tous les moments de sa vie. Je vais revoir un peu le texte, essayer le passé partout, tu as peut-être raison ? et pour le style conventionnel, je suis vraiment d'accord avec toi. je ne voulais pas m'impliquer, sinon j'aurais essayé de la secouerje l'aurais trop prise dans mes bras. Merci pour tes remarques, merci pour ta lecture
@Doctor Grimm : waouh, merci beaucoup. je suis contente d'avoir pu te toucher un peu
@Kerena : Totalement d'accord avec toi, mieux vaut être seule!(que mal accompagnée évidemment). Oui pour le cliché, le sujet est un peu facile, je le reconnais. Et longue vie d'amour à tes parents alors  ^^
@Freakazoid : la chose la plus importante est de ne pas s'endormir, de ne pas se complaire dans une existence de subsistance. La seule démarche d'une "claque mentale" est admirable. J'ai été touchée que tu "racontes ta vie", et je te souhaite de ne pas te décourager à garder les yeux ouverts.
@loana90 : ne pleures pas! la vie c'est ce qu'on en fait, faut juste pas s'endormir (mon mot d'ordre du jour on dirait  ::) ), et lutter! Et j'ai vu il y a longtemps ce film, je savais pas du tout de quoi il traitait, je pensais que le type allait passer son temps à buter tout le monde, et en fait, NON pas du tout. Merci pour ta lecture
@Jon Ho : haha, j'avoue je pensais pas que ça ferait cet effet... merci pour ta lecture et ta remarque
Titre: Re : Les pieds dans le plat
Posté par: World End Girlfriend le 29 Octobre 2012 à 19:10:32
Je l'ai lu hier soir, et le seul mot qui m'est venu à l'esprit c'est celui-là: Surpuissant.
Franchement, ton texte est juste surpuissant, je ne trouve pas d'autre superlatif assez fort  ><
J'ai kiffé en particulier le passage du blablabla où on tombe dans un sorte de vertige... Puissant  :P
Bref, j'aime.
Titre: Re : Les pieds dans le plat
Posté par: jess le 30 Octobre 2012 à 09:49:27
Ton texte m'a beaucoup plut.
Le temps qui passe, le poids des conventions, la cage dorée du train-train quotidien...
Deux petits points qui m'ont  décontenancée:
1) Le choix du/des temps qui fait qu'on ne sait pas trop où nous sommes dans la vie du personnage, a quel moment de sa vie nous situer.

2) Le début de ton récit est centré sur Jean-Paul, la phrase «Jean-Paul devrait commettre un bon suicide» reste en suspens alors que c,est la chute de ton introduction, c'est tout de même une phrase clef. Aurais-tu changé d'idée en cours d'écriture?
Titre: Re : Les pieds dans le plat
Posté par: colette ambroziewicz le 30 Octobre 2012 à 20:15:45
à World End Girlfriend : merci beaucoup pour ta lecture, je suis vraiment ravie que ce texte t'ait plu.

à jess : pour le choix des temps, comme je l'ai expliqué plus haut, j'aimais bien avoir une vue d'ensemble sur la vie de Muriel. Le passé avec le début du couple, le présent avec la vie quotidienne, rapidement le futur... je vais quand même tester en mettant tout au passé, mais je crois que je vais laisser comme ça tout de même  :)
et pour l'intro sur jipé, je n'ai pas changé d'idée en cours de route, j'aimais bien avoir la présentation du patriarche, tout fier de sa réussite sociale, mais qui franchement n'apporte rien. voilàvoilà, merci beaucoup pour ta lecture!

bonne soirée
Titre: Re : Les pieds dans le plat
Posté par: Menthe le 30 Octobre 2012 à 23:10:33
Han, j'en suis baba.

Magnifique narration, c'est déroulé au poil, avec humour et blablabla, c'est dire sans dire, c'est dire ! La classe quoi, ça fait plaisir de lire.

(Je sais pas pourquoi au début j'ai lu Jean-Paul et j'ai pensé à Sartre, mais ça n'a aucun rapport, c'était pour l'anecdote).

Ah oui, tu n'aimes pas Ikea ? (non je plaisante)

[y a plusieurs passages que j'ai vraiment trop aimés, mais en particulier la conclusion qui est franchement super bien menée, avec l'histoire des yeux et tout, et le retour aux couches l'air de rien, et puis la révolte et Ulysse, je mélange tout, mais on me pardonnera si je fais des amalgames, c'est parce que je suis dentiste en devenir]
Titre: Re : Les pieds dans le plat
Posté par: colette ambroziewicz le 31 Octobre 2012 à 00:25:10
merci!
(moi jean-paul ça me fait penser à jean-paul müller le père de ma voisine en cm2. mais j'ai pas du tout pensé à lui en écrivant. ni jamais avant maintenant d'ailleurs)
(et haha, "le retour aux couches")
Titre: Re : Les pieds dans le plat
Posté par: Rain le 31 Octobre 2012 à 00:52:42
Même si j'ai bien aimé, je serai peut être un peu moins enthousiaste que les autres  :-¬?. Comme Olive, en fait, je trouve ça très pessimisto-déprimant, alors j'arrive pas à rentrer dedans. Et même si elles sont dans le ton du texte, j'avoue que j'ai trouvé les énumérations du début un peu lassantes et je les ai sautées  :-[.

Bref, c'est pas tellement mon style de texte XD. Néanmoins, j'ai pas eu de mal à le lire jusque à la fin, ce qui est toujours un bon point. Et malgré tout ça donne quand même à réfléchir, ce qui est un autre très bon point. C'est effectivement assez peu enviable comme vie, vue comme ça, et pourtant tristement vrai, comme dit Jon  >< Finalement, je suis content de pas être rentré complètement dedans, sinon j'aurais déprimé pendant tout ce qui me reste de soirée XD.

Ah, j'avais repéré une faute :

Citation de: Colette
Dans chaque pavillon impersonnel de chaque banlieue impersonnelle de n’importe quelle ville moyen de France,
Moyenne.

Heu, voilà XD. La lecture était intéressante et instructive, même si je trouve ça trop déprimant pour dire que c'était une "bonne" lecture (enfin, je me comprends XD).
Titre: Re : Les pieds dans le plat
Posté par: colette ambroziewicz le 01 Novembre 2012 à 13:22:41
merci pour ta lecture Rain,
et merci d'avoir relevé la faute  :)
Titre: Re : Les pieds dans le plat
Posté par: Kyoojin le 01 Novembre 2012 à 21:53:52
Je crois que la chose qui me fait le plus peur serait de me retrouver à 80-90 piges à faire le bilan de ma vie sur mon lit de mort en me disant qu'au fond j'ai eu une vie tout à fait "normale". On est tous différents avec des possibilités d'actions tellement variées que c'en est vraiment navrant de constater à quel point certains se plaisent à être comme tout le monde. Merci pour ce texte qui me renforce encore plus dans l'idée de vivre ma vie comme je l'entend même si la solitude est parfois pesante.

"De leur union sont nés Thomas, quatorze ans, et Sophie, douze ans." 
Je trouve cette phrase un peu étrange, on a l'impression qu'ils sont nés respectivement à 14 et 12 ans mais ça vient peut être de moi  :)
Titre: Re : Les pieds dans le plat
Posté par: Ewilan le 03 Novembre 2012 à 18:29:28
Alors sache que j'ai beaucoup apprécié ton texte. Tu as un style bien particulier, tu te démarques, et c'est tant mieux.
J'aime tes descriptions de la vie quotidienne. Tout y est. Quelques fois ça m'a fait sourire. En effet, tu construits des phrases de telle manière que tu arrives à faire rire le lecteur. Tu traîtes un sujet triste humoristiquement. C'est assez amusant.
La platitude de vie qui est celle de bon nombre d'habitant de cette terre, est rigoureusement bien détaillée. On s'y croirait.
De plus ,tes descriptions remplies de cynisme et d'ironie sont à chaque fois on ne peut plus pertinente. Couplée à ça, le fait de ne pas voir de fautes d'orthographe dans ton texte, rend le tout très agréable à lire.
Vivement tes prochains écrits.

ps ; normalement, je ne fais pas que des éloges, mais quand c'est bon, et là ça l'est, généralement, il n'y a plus rien à dire. Vous ne croyez pas. Et bah, moi je trouve qu'il y a toujours quelque chose à dire. Même positivement. C'est par nos remarques
constructives que l'écrivain avance.

Espérons que mon avis soit un tant soi peu constructif, sinon je risque de me faire vanner.
Que dire d'autres, que bien que ton texte soit un peu mélodramatique, il est cependant très enrichissant, du point du vue moral, et nous fait prendre conscience, qu'on a pas à s'imposer une vie. Que ce ne sont pas les autres qui ont à choisir la vie que nous devons avoir. C'est un choix qui doit rester propre.

j'ai honte de le dire, parce que à côté de Sartre, ça fait un peu pitre, mais moi quand j'ai vu "Jean Paul" j'ai pensé Jean Paul Rouve. (personnage dont je suis fan aussi). Enfin ça n'a aucune importance !
Amicalement,Ewilan
Titre: Re : Les pieds dans le plat
Posté par: Elhora le 03 Novembre 2012 à 20:32:11
Salut Colette!!

Et bien je suis contente que ton texte ait autant plu parce qu'à ta place j'aurais eu peur aussi. Il remet les gens en question et en général, les gens n'aiment pas ça  :P
Personnellement, je ne l'ai pas trouvé déprimant simplement :  "tout à fait exact" et tellement juste.
Les temps que tu emploies ne m'ont pas du tout dérangée.  ;D

Bref, j'ai beaucoup aimé (arf, comme la majorité!). J'aurais bien aimé une phrase qui revient du genre : "Jean Paul aurait mieux fait de se suicider"  plusieurs fois dans le texte mais c'est mon côté cynique!

Donc, rien à dire, ton texte est super. C'est marrant qu'il soulève pour tout le monde de grandes questions existentielles. Pour autant, si tu avais choisi de faire l'apologie de quelqu'un qui a choisi de vivre autrement (donc l'inverse de ce que tu proposes) ton texte aurait-il été autant apprécié? Voilà, la question que soulève tout ça pour moi.

Sur ce je te fais une bise! Voilà, parce que je te remercie de penser ce que tu penses et de l'avoir très bien mis en mots!!

 :oxo:
Titre: Re : Les pieds dans le plat
Posté par: Pisse tache le 04 Novembre 2012 à 04:47:18
Bonsoir ! (Enfin, à cette heure... bonjour ?)

J'ai lu ton texte. J'en pense pas mal de choses, à vrai dire, du bon et du moins bon. Excuse-moi, je fatigue, mon commentaire risque d'être un peu nébuleux, mais je vais tenter d'être exhaustif, au besoin je préciserai mon propos à l'occasion.

Tout d'abord, la première pensée que j'ai eue, c'est par rapport au titre : les pieds dans le plat. D'une certaine façon, tu les mets, oui ! Ce qui me fait rire, c'est qu'il y a une heure, je commentais un texte qui parlait à peu près du même dégoût de la société (celui de Minseub, avec un nom bizarre qui parle de crocodiles), et je lui écrivais justement qu'il sautait à pieds joints dans le plat. Alors, quand j'ai lu ce titre juste après avoir fini mon commentaire, j'ai pensé à ça, et la coïncidence continue puisque tu y vas aussi, dans ce plat, même si tu le fais plus doucement, avec plus de grâce, c'est quand même vachement moins lourdaud. Mais pourquoi ce titre ? Tu es consciente de traiter un poncif ? C'est un texte ancien que tu cherches à approfondir et dont tu es consciente des faiblesses ? Je ne comprends pas, le titre fait allusion à ça ou à quelque chose en rapport avec le récit qui m'aurait échappé ?

Alors, commençons par en parler, de ce plat. Je suis d'accord avec l'intégralité de ce qui est écrit ici à condition que tu penses avoir capturé un exemple exceptionnel de vie moyenne, un cas particulier. Certaines personnes vivent pendant quatre-vingts ans et ne font rien de plus remarquable que de pomper de l'air, c'est vrai, c'est triste. C'est un sujet largement traité, mais pour moi, le plat n'est pas là, je pense que même les poncifs peuvent être traités avec originalité, surtout quand ils sont aussi justes et cruels que celui-ci. Je pense que l'erreur, qui est une erreur ARCHI-commune, c'est d'affirmer que cette vie moyenne et fade est celle de la majorité, voire la totalité de la société. Pire encore : l'erreur, c'est d'associer un type de vie à un ensemble de personnes, à un ensemble informe, déshumanisé, de créer, comme je le disais à minseub, une classe de robots idiots qui formeraient une espèce de toile d'araignée qui serait notre société, idiote et intolérante à toute subversion, qui piégerait les esprits libres et les forcerait à vivre comme d'autres robots débiles. J'ai cru lire cette idée dans ton texte, j'ai cru comprendre que ton but, lorsque tu développes cet exemple de vie insipide, c'est de le généraliser à un ensemble de personnes. Dès les premières lignes, j'ai l'impression que c'est le but ultime de ton écrit : rien que la première ligne : "Jean-Paul, quarante-deux ans, commercial dans une grande entreprise de produits ménagers." Tu prends le prénom bateau du mec de classe moyenne, l'emploi du connard satisfait bien intégré dans la société de consommation, le mec gerbant en trois lignes tant il pue la figure littéraire du mec vide... C'est pas si simple dans la vrai vie, et ce raccourci est un lieu-commun. Donc, si c'est bien ce que tu as voulu faire, en effet, les pieds vont dans le plat, tu défonces la porte ouverte, enfin tout ce que tu veux, c'est déjà lu, c'est pas génial, et selon moi pas vrai.

Là où tu deviens intéressante, c'est lorsque tu cherches à nous faire comprendre qu'elle n'a pas fait exprès, qu'au fond d'elle, elle est vivante, qu'elle s'est retrouvée piégée. Tu le fais trop peu selon moi, mais suffisamment pour que je me pose réellement la question de ce que tu as voulu écrire ici. Si c'est un exemple de vie gâchée par le conformisme, si tu cherches à te pencher sur la détresse de ce personnage, d'expliquer que non, ce n'est pas un robot, que les circonstances ou sa lâcheté l'ont poussée à vivre une vie ridicule qui la rend malheureuse, là je te suis. D'ailleurs, j'ai trouvé les tout derniers paragraphes du texte superbes. Je me répète (je t'ai prévenu que je serai nébuleux, à cette heure) pour moi, le plat, c'est la déshumanisation. D'ailleurs, en évitant ce piège tentant, je pense qu'on peut très bien traiter de façon globale le problème que tu évoques ici, celui de la vie pour les apparences, qui reste dans les dans les clous, dans laquelle on peut se retrouver piégé, voire même le traiter comme un mal inhérent à la société contemporaine... je pense que ça peut être intéressant, mais avec plus de compassion, en parlant humanité, sentiments, cruauté, absurdité, en tentant d'expliquer comment on a pu en arriver là... il ne faut surtout pas parler de robots, à mon sens, il est là le lieu-commun dramatique.

Au niveau de la forme : il est clair que c'est bien foutu. J'ai juste une seule ridicule remarque :
Citer
De leur union sont nés Thomas, quatorze ans, et Sophie, douze ans.
Écrit comme ça, ils sont nés à quatorze et douze ans, et leur âge les caractérise : ils ne grandiront jamais, les pauvres. On comprend ce que tu as voulu dire car ce qui est écrit est absurde et c'est pas bien dur à deviner, mais la lecture achoppe à ces mots.

Toujours au niveau de la forme : j'ai adoré plusieurs tournures. Ton écriture est neutre, mis à part de temps en temps des sortes de délicieux sursauts de cruauté. En vrac, j'ai relevé :
Citer
L’orgasme n’est pas chose que l’on partage lorsqu’on n’a pas le temps
Citer
Peu importe la saloperie qui occupe l’espace sonore, du moment qu’elle écrase le silence.
Citer
Il faut dire qu’elle n’a plus rien d’autre à astiquer depuis longtemps, elle se console comme elle peut.
Et surtout :
Citer
Claire Chazal qui évoque la situation dramatique en RDC, RPC, RPG, RDA, RFA, Syrie, Guerre du Golfe, Tchétchénie, printemps arabe, Hiroshima. Ça lui fait penser qu’il faut qu’elle passe chez le boucher demain sans faute
C'est volontaire ? Tu as voulu dire que ces boucheries lui ont fait penser à son gigot d'agneau chez Henri Boucher ? J'adore !

Enfin, globalement, les reproches que j'ai fait sur le texte étaient surtout une occasion de bavarder un peu du fond, parce que le sujet est intéressant. Ne va surtout pas croire que je trouve le texte mauvais : je l'ai lu jusqu'au bout, c'est parce qu'il m'a plu. Le lieu-commun dont j'ai parlé me dérange un peu, ça ne tue pas le texte pour autant, ton écriture dont j'ai chanté les louanges le rattrape, et le sujet n'est pas traité de façon idiote. J'y vois surtout de très belles choses, j'aimerais dire "prometteuses" mais j'aurais peur de passer pour le mec qui se la joue paternaliste, genre "regarde je t'apprends à faire", bon... C'est pas le ton de mon commentaire, comprends-bien. J'ai simplement l'impression d'avoir lu quelques pépites, une réflexion sous-jacente intéressante, mais noyée dans une espèce de mélasse un peu trop fade.

PS : J'ai mis une heure à rédiger ce commentaire et à le relire : il est toujours moche, plein de tournures hideuses et de répétitions, j'suis sûr que y a même des fautes qui traînent, désolé, je suis mort et j'ai pas le temps de faire mieux ! L'idée y est, je crois... Punaise je vais me coucher moi...
Titre: Re : Les pieds dans le plat
Posté par: colette ambroziewicz le 04 Novembre 2012 à 21:54:44
Salut les gars,
merci beaucoup pour vos lectures  :)

à Kyoojin : merci pour ton commentaire! la solitude vaut mieux que l'ennui. Pour la phrase "De leur union sont nés Thomas, quatorze ans, et Sophie, douze ans."  il va peut-être falloir que je la change, Pisse tache m'a fait la même remarque. Je trouvais pas ça choquant du tout, mais des fois faut se faire réveiller  :D
à Ewilan :  tu as raison, c'est important de commenter un texte! C'est toujours enrichissant d'avoir des retours, même positifs. SURTOUT positifs haha  ;) en tout cas, merci pour le tien!
à Elhora : merci beaucoup! Pour la phrase du le suicide de Jean-Paul, je ne voulais pas concentrer toute l'attention sur lui, juste cet avis au début et basta ciao jp. et aaah rien à voir, mais je viens de remarquer qu'il y a plein de smiley qui bougent o><o bonne soirée à toi
à Pisse tache (chic pseudo au passage  :mrgreen:) :Pour le texte en lui-même, je l'ai écrit le jour où je l'ai posté. Et oui, j'ai conscience de m'être attaquée à des stéréotypes. D'où le titre d'ailleurs.  et puis le plat, la platitude de la vie, l'ennui tout ça, double sens très trèèès alambiqué. Je n'ai pas du tout envie de généraliser, je ne crois pas qu'il faille réduire une foule à un modèle préconçu. Par contre, c'est difficile à mettre en oeuvre, en mots surtout. J'ai encore pas mal de boulot avant d'arriver à tenir un propos qui corresponde à ce que je pense réellement. Je te remercie pour ta lecture et ton commentaire en tout cas, je vais remédier bientôt au problème des gamins bloqués à 14 et 12 ans.
PS: Ton PS m'a bien fait rire
Titre: Re : Les pieds dans le plat
Posté par: Cha le 05 Novembre 2012 à 15:08:15
Salut,

J'ai vraiment apprécié la mélancolie qui en ressort et le sentiment d'être pris au piège dans des liens forts avec des proches qui ne correspondent finalement pas du tout à l'idéal que nous nous faisons de la vie, peut-être.
Mon ressentis c'est que finalement, cette femme dépend des liens qu'elle a tissé avec ces gens, et que ces liens sont plus puissants que sa capacité à en sortir pour être libre et correspondre à ces idées sur la vie : elle se sent vide car elle est comme morte, psychiquement c'est la mort, le néant émotionnel, elle est en total désaccord avec ce qui l'entour, mais elle y est attachée, et l'attachement est très (trop) puissant, elle est bloquée dans sa proximité avec les autres qui représentent désormais une barrière mentale et affective.

Cela raisonne tellement fort avec des moments vécus! Le désir d'avancer ensemble vers quelque chose de plus "haut", des idées nouvelles, une découverte, un voyage, et à la fois l'observation du total échec de compréhension entre les uns et les autres pour pouvoir se rejoindre autour d'une idée commune permettant ce même avancement. Alors il faut choisir entre avancer seul dans le déni de ceux qui ont construit une partie de nous-mêmes (et tout ce que les liens familiaux impliques, car les gens qui disent qu'il vaut mieux vivre seul que mal entouré, je suis bien d'accord, mais c'est très prétentieux aussi de croire que cela est possible dans le contexte familial, bien ancré dans certaines valeurs...) et l'autre choix qui est en l'occurrence choisi : renoncer à ses rêves pour être proche de ceux à qui l'on croit appartenir.

C'est mon ressentis.

J'ai vaguement vu quelques commentaires comme quoi ceci est "cliché", "enfoncer des portes ouvertes", je ne sais pas, peut-être qu'à force de lire ça et là on peut tomber régulièrement sur un même constat, mais si ce constat revient constamment c'est justement parce que rien ne bouge assez vite pour que l'on perçoive un changement quelconque, il n'y a donc, majoritairement, pas de prise de conscience.
Je retrouve énormément de personnes de mon propre entourage dans cette situation, j'ai pu observer quelques familles, je ne pense pas que cela soit autant un cliché qu'on puisse le penser, vraiment. J'ai même ressentis de la familiarité, j'ai vu des visages connus se dresser lors de la description des scènes, des états émotionnels passés, du malaise saisie, etc.

Je trouve cela bien écrit, puissant et on ne peut plus réaliste, pour de nombreuses personnes, bien que ce ne soit pas le cas de chacun, heureusement.

Bravo


Bien qu'il me manque énormément de quoi me "perfectionner", disons plutôt "m'ajuster", pour avoir un avis assez constructif sur le côté technique de l'écriture, cela ne change absolument rien, dans l'immédiat, au ressentis que je perçois. Marquant.