Le Monde de L'Écriture

Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: Milora le 06 Juillet 2007 à 19:53:56

Titre: L'étrange affaire de la montagne envolée
Posté par: Milora le 06 Juillet 2007 à 19:53:56
Voici une nouvelle de 11 pages Word écrite il y a quelques temps... C'est un conte ; le ton "gentillet" (simplet ? Bon, si vous le dites) est relativement volontaire, lol. Bon, il faut vraiment que j'arrête de dénigrer mes textes avant de les poster, sinon personne ne va les lire ! En bref, j'ai essayé de travailler sur le ton du conte, je voulais faire un texte guilleret, mignonnet, je ne sais pas comment dire.
Quoi qu'il en soit, j'en suis moyennement contente, mais si je pouvais avoir d'autres avis, cela m'aiderait !
Voici le début :



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L’étrange affaire de la montagne envolée


   Le premier jour, personne ne remarqua rien. C’était une belle journée ensoleillée de début d’été, calme et sans vent, et chacun vaquait à ses occupations quotidiennes dans le petit village : qui à surveiller la croissance des pousses de salade dans son jardin, qui à soigner la vieille chienne qui s’était écorché le museau en essayant d’attraper les poules du voisin, qui à raccommoder les vieux bas de laine de ses fils pour qu’ils soient prêts à supporter les rudes nuits à surveiller les vaches... Le ciel était d’un joyeux bleu clair, et seul un petit anneau de brouillard s’était noué en haut de la montagne, semblant emmitoufler le sommet comme une écharpe de coton. Le lendemain, le brouillard avait même complètement disparu. Personne ne s’aperçut de ce qui avait changé ; on était trop occupé à préparer les provisions pour le départ de la transhumance, ou alors à décorer la mairie où se célèbrerait bientôt la fête du village. Tout allait pour le mieux ; ou du moins, tout semblait aller pour le mieux. Car le surlendemain, quand le brouillard revint, et surtout le jour suivant encore, quelques uns commencèrent à s’apercevoir de ce qui n’allait pas. Ils levaient les yeux vers le ciel toujours bleu, fronçaient un peu les sourcils, puis haussaient les épaules et repartaient en poussant leur brouette chargée de foin. Ce n’était pas grave. Ils avaient dû rêver, ou bien ce n’étaient pas des affaires de pauvres mortels. Et une journée de plus s’écoula, paisible, dans le petit village. Le ciel était toujours bleu, le brouillard toujours là un matin sur deux. La fois suivante, de plus en plus de villageois se rendirent compte du phénomène. Ceux qui l’avaient remarqué les premiers ne haussaient plus les épaules, et les regards qu’ils portaient à leur montagne se faisaient presque craintifs. Le ciel leur parut soudain plus lourd. Et le sixième jour, lorsque, encore une fois, le brouillard s’effaça, une vague d’appréhension s’étendit dans toutes les chaumières comme un vent insidieux, se communicant d’une famille à l’autre plus rapidement qu’un incendie. Car on ne pouvait plus le nier, cette fois : la montagne était bel et bien en train de disparaître.
   Chaque matin, le brouillard entourait le sommet, et au jour suivant, il s’était mystérieusement dissipé, laissant la crête cruellement amputée. Le même processus étrange et inquiétant s’était répété pendant toute la semaine, avec une régularité déstabilisante, laissant chaque fois au ciel bleu gris un peu plus de terrain par rapport au mont. Le neuvième jour, lorsqu’on s’aperçut encore qu’un anneau de forêt ne répondait pas à l’appel, il devint évident que l’inquiétant prodige n’allait pas cesser comme il avait commencé, et, pire, que ce brouillard opaque, s’il continuait à dévorer la montagne de la sorte, allait bientôt rattraper les habitations. Dès le milieu de la matinée, le maire fit convoquer expressément tous ses concitoyens dans la cour de la mairie, où on avait à la hâte dressé tables et chaises. Vu l’importance de l’affaire, on n’hésita pas à abandonner son travail, quitte à prendre du retard, d’autant plus qu’avec ce paysage qui rapetissait de jour en jour, on n’arrivait plus trop à se concentrer sur ce qu’on avait à faire. A onze heures tapantes, la totalité du petit village s’était réunie, vieillards et enfants compris, pour tenter de trouver une solution.
-      Mes amis, ça ne peut plus durer, déclara sombrement le maire, hissé sur la table centrale, de sous ses épaisses moustaches rousses. J’ai beau retourner le problème dans tous les sens, je ne comprends pas ce qui se passe.
   Cette annonce fit grand effet dans la foule, car le maire était l’un des plus érudits du village, et si lui n’avait jamais eu affaire à une telle manifestation, c’est que ce devait être quelque chose de vraiment grave. On se tourna instinctivement vers les plus âgés, se raccrochant à la sagesse populaire dans l’espoir d’une quelconque éclaircie, dans tous les sens du terme.
-       Moi non plus, j’ai jamais vu une chose parrreille, fit le père Riboux, le doyen, en secouant son visage creux et en roulant les r plus que jamais.
   Un soupir d’anxiété parcourut les villageois. On leva les yeux vers le ciel, discrètement, pour jauger la couleur gris perle qu’il prenait ces derniers temps. Est-ce que ce climat soudain automnal avait un rapport avec le brouillard avaleur de montagne ? Quelques uns se signèrent, à l’imitation du curé, et les mères attirèrent leurs enfants contre leur flanc, comme pour les protéger d’une menace invisible.
-        On ne peut pas rester là sans rien faire, décréta enfin le Jules, l’un des gaillards les plus vigoureux. Il faut trouver une solution !
   Murmures d’assentiment. Le maire enroula sa moustache droite autour de son doigt, les sourcils froncés sous la préoccupation.
-       C’est vrai, dit-il au bout d’un moment. Et puisqu’on ne sait pas ce qui se passe, il faut d’abord chercher des informations. Comment le brouillard peut-il emporter un bout de montagne pendant la nuit, d’abord !
   Sa grosse voix avait roulé au-dessus des têtes avec emportement.
-        Moi j’y ai regardé, la nuit, répondit la mère Riboux. Mais j’y ai rien vu ! Y a pas une étoile, pas un morceau de lune, ces jours-ci. On n’y voit rien, on s’y est pris trop tard.
   Quelques femmes frissonnèrent dans l’assemblée, et ce n’était pas à cause du léger vent frais qui remuait les robes de laines, ressorties à l’occasion de cet été trop froid. La situation devenait vraiment inextricable.
Titre: Re : L'étrange affaire de la montagne envolée
Posté par: Marygold le 06 Juillet 2007 à 23:52:31
:) c'est mignonnet ! Je comprends ce que tu veux dire, et laisse-moi t'affirmer que ça rend très bien ! Tu as vraiment un don pour planter un décor, créer des personnages qui, même s'ils sont légèrement carricaturaux(à dessein, je crois ?), ne détonnent pas du tout.
Alors, cette montagne ? Que diantre lui arrive-t-il ?!

Bon, une petite critique parce que ça m'a un peu gênée : j'ai trouvé que le début était un peu long, lorsque les villageois s'aperçoivent du mystère au fur et à mesure. Quand on est arrivé au sixième jour j'avais l'impression que des semaines s'étaient écoulées. Peut-être que tu devrais retravailler ce passage-là, élager certaines répétitions (au niveau de l'explication du phénomène : un jour sur deux, etc.) Mais franchement, c'est peut-être aussi que j'ai lu assez rapidement. ;)
Titre: Re : L'étrange affaire de la montagne envolée
Posté par: Milora le 28 Juillet 2007 à 12:08:53
Qu'ils soient caricaturaux est en effet voulu, mais j'espère que ça ne tombe pas dans le déjà-vu pour autant...
Retravailler le début ? On me l'a dit, mais pour une autre raison, peut-être pourras-tu éclairer ma lanterne : la structure en "qui à faire ceci, qui à faire cela" etc. est-elle correcte ? Je suis quasiment sûre de l'avoir déjà rencontrée, mais je ne me souviens plus où...

Le début un peu long ?
Citer
Quand on est arrivé au sixième jour j'avais l'impression que des semaines s'étaient écoulées.
Ben je voulais que ça fasse ça : les vollageois ne prêtent pas attention à ce qui arrive, ça s'intègre eu à peu au train-train quotidien... Maintenant, si le lecteur s'ennuie, ça, c'st une tout autre histoire !

A propos d'histoire, je mets la suite ?
Titre: Re : L'étrange affaire de la montagne envolée
Posté par: martlet le 29 Juillet 2007 à 15:18:36
Je n'ai pas de remarques supplémentaires à faire pour le moment, mais je veux bien la suite. En ce moment la plupart des membres sont absents alors ce n'est pas facile d'avoir des réponses, mais je pense que tu en auras plus quand ils seront de retour.
Titre: Re : L'étrange affaire de la montagne envolée
Posté par: Milora le 01 Août 2007 à 17:57:45
Bon, eh bien je mets une petite suite...
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- Qu’est-ce qu’il s’est passé ? s’écria le maire en venant à leur rencontre, ses moustaches tressautant au rythme de sa course.
   Il fut impossible de tirer un seul mot des deux gaillards, si bien qu’il fallut les emmener dans la chaumière la plus proche pour leur faire boire du lait de chèvre bien chaud, et même un petit coup d’eau-de-vie pour les ramener à la réalité. Ils grelottaient dans les couvertures dont on les avait entourés.
-  Mais Jean, qu’est-ce qui s’est passé ? répétait continuellement la femme du premier, la voix frêle et la mine apeurée.
-   Le Brouillard, souffla-t-il enfin, les joues brillantes sous l’effet de l’eau-de-vie, en serrant violemment les poings. Il a avalé les autres…
-   Nous on n’a pu que partir en courant, comprenez, compléta son compagnon en enfouissant son visage dans ses mains
   S’en suivit un long silence très lourd, où même les plus petiots s’arrêtèrent de respirer, comprenant que quelque chose de grave venait d’être dit. Le maire se frotta les yeux avec lassitude, alla se servir un grand verre d’eau-de-vie qu’il vida d’un trait, et se mit à secouer la tête avec accablement. Petit à petit, des sanglots se firent entendre, et il fallut raccompagner les femmes – les veuves ? – des huit disparus, à leurs demeures. On passa une nuit agitée sans parvenir à trouver le sommeil, et le lendemain, quand on aperçut la portion de montagne qui s’était encore évaporée dans la nature, emportant peut-être avec elle ces huit enfants du village, tout le monde se rassembla spontanément dans la cour de la mairie.
- Il faut vraiment faire quelque chose, cette fois-ci ! s’écria avec emportement la Marie, dont le Jules avait disparu lors de l’expédition.
-       Oui, mais quoi ? gémit le maire, visiblement débordé par les évènements.
- Si la montagne disparaît de ce côté-ci, ça doit être pareil sur l’autre versant, s’exclama soudain le maréchal-ferrant. Il faut aller parler avec les autres villages de la vallée, demander de l’aide.
   Mais c’était trop tard. Tout le monde savait bien qu’il fallait quatre jours de charrette pour rallier le village le plus proche, et quatre autres pour revenir. On ne disposait pas d’autant de temps : le Brouillard était presque aux portes du villages.
-        Alors il faut aller voir la Sorcière, proposa une voix fluette.
   Surpris, on se tourna avec curiosité vers celle qui venait de parler. C’était la petite Aubépine, menue et discrète, celle qui habitait avec sa vieille grand-mère depuis la mort de ses parents, et que tout le monde appréciait beaucoup. Elle n’était pas particulièrement jolie, avec ses mèches noires qui lui tombaient perpétuellement sur le visage, mais elle avait la fraîcheur de ses dix ans, un regard vif et pétillant, et une bonne humeur inébranlable qui mettait toujours du baume au cœur. Cependant, cette fois-là, ses propos déclenchèrent une petite lueur d’appréhension dans le regard de chacun.
-  La Sorcière habite trop haut dans la montagne, répondit précipitamment quelqu’un. Le Brouillard va bientôt la rattraper. Et puis…
   Oui, il y avait ce « et puis ». Et puis c’était une Sorcière, et puis elle effrayait tout le monde, et puis on racontait toutes sortes de choses sur elle, et puis…
-       Tout le monde dit qu’elle est plus vieille que notre père Riboux lui-même, insista la petite Aubépine sans se démonter. Elle doit savoir énormément de choses. Surtout sur ce qui est… bizarre. Je crois qu’il faut aller lui demander conseil.
-   Pour perdre encore nos maris et nos fils ! s’écria une des femmes, s’attirant des hochements de têtes du même avis.
-      Non. J’irai, moi, si vous voulez.
   Le silence se reforma sur l’assemblée, presque aussi épais que le couvercle brumeux qui recouvrait à présent le ciel.
-    Tu es trop jeune, mon ange, chevrota la grand-mère en l’entourant tendrement de ses bras.
-        C’est pour ça que je n’ai pas peur, déclara Aubépine, pleine d’enthousiasme. Oh, je t’en prie, Mamie, laisse-moi y aller. Je suis sûre que j’ai raison, mais si je me trompe, il ne faut pas que quelqu’un d’autre en paye le prix.
   On fut tous très ému de la sagesse et de la détermination de la petite fille, et un peu rassuré, quelque part, que quelqu’un accepte de se sacrifier. Mais on ne pouvait pas accepter, non. Pas une petite d’à peine dix printemps. Le maire essaya plus ou moins maladroitement d’exprimer ce que chacun ressentait.
-   Qui vous parle de sacrifice ? repartit la petite Aubépine, se frayant un passage parmi la foule pour arriver au pied de la table où le maire avait grimpé afin de se faire entendre. Je vous assure que je reviendrai saine et sauve, je n’ai pas l’intention de finir avalée par quelque chose dont je ne sait même pas le nom !
   Elle eut un grand sourire joyeux et posa les mains sur la table de bois, essayant de s’y hisser. Le maire l’attrapa sous les bras pour l’y aider, et elle fit un gros effort pour ne pas rire à la vue des épaisses moustaches rousses qui semblaient deux pinceaux broussailleux partant de sous son nez.
-        Je vous en prie, laissez-moi deux jours. Vous n’avez rien à perdre ! implora-t-elle, avec son joli regard brillant d’espoir et de confiance.
   Tellement brillant qu’on ne put rien lui refuser, et que l’après-midi même, on lui avait préparé un sac de provisions, de bonnes affaires de marche, et même un petit collier en bois de hêtre pour lui porter chance.
Titre: Re : L'étrange affaire de la montagne envolée
Posté par: Milora le 04 Août 2007 à 12:16:26
Heu, désolée d'insister, mais je me demandais juste si quelqu'un voulait la suite, ou si je laissais tomber...
(aurais-je dû le poster dans les romans feuilletons ? Ce n'était pas assez long pour ça...)
Titre: Re : L'étrange affaire de la montagne envolée
Posté par: Leia Tortoise le 08 Septembre 2007 à 12:28:58
Ah oui, oui, la suite!!
Je suis toute contente d'être tombée là-dessus, tu maîtrise très bien le genre du conte, ça fait très "jeunesse", mais de la plus haute qualité!!
J'ai hâte de savoir ce qui va se passer...
Titre: Re : L'étrange affaire de la montagne envolée
Posté par: Milora le 08 Septembre 2007 à 19:17:12
Tiens, je ne pensais pas que quelqu'un lirait, à présent ! C'est gentil. Merci pour ton commentaire ! Je te mets la suite, donc ! N'hésite pas à relever tout ce qui ne va pas ! :)

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-     Reviens-moi vite, mon ange, lui dit sa grand-mère en enfouissant son visage sillonné de rides dans le petit cou d’Aubépine.
   La fillette la rassura d’un clin d’œil affectueux, adressa à la foule un geste de la main, et s’en alla d’un bon pas vers la montagne, sautillant par moment sur le chemin de graviers.
   Bien que la journée fût peu entamée, le dôme de nuages épais donnait l’impression qu’elle touchait à sa fin, et pesait à chaque seconde un peu plus sur les épaules des villageois ; très peu osaient désormais porter ne serait-ce qu’un rapide coup d’œil à leur montagne, et l’on préférait regarder obstinément devant soi ou par terre, s’atteler avec fièvre à sa tâche quotidienne, essayer de faire comme si de rien était. Mais la petite Aubépine, comme elle l’avait dit, n’avait pas peur. Le vaillant brin de jeune fille marchait gaiement vers la forêt, ses mèches brunes dansant sur son dos, et un sourire ravi aux lèvres. C’est que ce n’était pas tous les jours qu’elle avait une mission aussi importante à mener à terme ! Et puis ce mystère avait tout l’air d’être passionnant, pour peu qu’on en trouve la clef. Il ne lui était même pas venu à l’esprit qu’elle courait un danger. Elle leva les yeux vers la couronne de Brouillard – qui semblait plus une ceinture maintenant, par rapport à l’ancien emplacement de la montagne – et elle sentit un petit tressaillement d’excitation la parcourir de haut en bas. Elle pressa le pas, s’engouffrant sous les arbres en suivant le petit sentier terreux que l’on empruntait souvent pour aller aux champignons. Elle le connaissait bien, elle se sentait confiante.
   Au bout d’un long moment, ses jambes commencèrent à l’élancer. Elle vérifia d’un regard vers le ciel que le soir était en train de tomber, et elle s’assit au bord du chemin sur une grosse pierre toute grise. La cabane de la Sorcière n’était plus qu’à quelques heures de marche, mais ce n’était pas le moment de cheminer de nuit, avec toutes les choses étranges qui arrivaient. En temps normal, on se méfiait de la forêt, on n’aurait pas laissé une petite fille seule si loin des habitations, mais depuis l’arrivée du Brouillard, tout le monde sentait bien que les autres dangers étaient éloignés. D’ailleurs, même les ours avaient du être avalés ; sauf s’ils s’étaient montrés plus futés que les humains et avaient maintenu une distance respectueuse par rapport Brouillard. Aubépine sortit un grand morceau de fromage de sa besace, une miche de pain noir, ôta ses sabots et s’installa confortablement pour la nuit. Les arbres lui cachaient l’avancée du Brouillard, mais on était au douzième jour, et le lendemain le Brouillard ne serait plus là.
   Le treizième jour, notre petite Aubépine ouvrit des yeux parfaitement réveillés, avala le reste de sa miche de pain, et se remit en route. Le pépiement des oiseaux autour d’elle acheva de la rassurer, et la sente qu’elle suivait ne lui semblait plus aussi longue que la veille. Lorsque la tache pâle du soleil fut à peu près au zénith – si tant est qu’on puisse l’apercevoir, avec ces moutons de nuages opaques – le chemin se sépara en deux, ou plutôt une nouvelle voie, minuscule et mal débroussaillée, s’écarta de la principale. C’était le chemin de la tanière de la Sorcière. Il ne manquait plus qu’une heure ou deux pour arriver à destination.
   Oui mais le problème, c’est que la destination de la petite fille n’était pas le bout du chemin. Car la cabane était vide. On voyait bien ses planches noirâtres, sa petite cheminée tordue et même, à travers les carreaux poussiéreux, quelques volailles abattues, suspendues par les pattes ; seulement tout était verrouillé, et il n’y avait aucune trace de la maîtresse des lieux. Aubépine fit le tour de la maisonnette, appela, frappa plusieurs fois à la porte, mais il fallait se rendre à l’évidence : la Sorcière était partie, emmenant chat noir et poulailler, vers de plus vastes horizons. Déçue et agacée, Aubépine s’assit sur le pas de la porte pour réfléchir en déjeunant.
-       Elle a dû partir à cause du Brouillard, déduisit-elle à haute voix en mordant dans une tranche de viande séchée. Je ne peux pas rentrer au village comme ça, sans apporter de solution… Et puis ça m’énerve vraiment, de ne pas savoir le fin mot de l’histoire !
   Elle se remit donc en route, suivant les traces que les sabots de la Sorcière avaient laissées sur son passage, et qui conduisaient à travers bois, vers le bas de la montagne. Elle avait de l’avance, mais Aubépine était jeune et vigoureuse, et elle avançait d’un bon pas. Elle marcha longtemps, l’après-midi entière s’était presque écoulée lorsqu’elle aperçut la silhouette voûtée de la vieille femme, devant elle. Elle pressa le pas.
-  Hé, la mère ! héla-t-elle en la rattrapant. Où allez-vous, comme ça ?
-    Le plus loin possible, répliqua la vieille femme en lui jetant un regard oblique, sans s’arrêter de marcher.
   Elle était comme on l’avait dit : toute fripée, voûtée, avec de petits yeux impénétrables perdus au creux d’un nid de rides épais, et toute de noir vêtue. Elle avait hissé un balluchon sur son épaule et son sac en bandoulière remuait et miaulait avec fureur.
-     Attendez, j’ai besoin de vous ! insista Aubépine, en reprenant son souffle. Pourquoi partez-vous donc ?
-  A cause du brouillard, pardi. Je ne suis pas si folle qu’on le dit.
-      Mais alors… vous ne savez pas non plus ce que c’est ? s’exclama Aubépine, surprise.
-      Oh si, je le sais, et c’est bien pour ça que je pars. Laisse-moi, maintenant, il me reste une bonne trotte avant de rejoindre la vallée.
   Et de hâter le pas à son tour, sans prêter attention aux petites griffes que le chat plantait dans le sac pour essayer de s’en extirper. « Je ne vais pas me rendre comme ça », décréta Aubépine en lui emboîtant le pas.
-  Mais si vous savez ce que c’est, vous devriez pouvoir l’arrêter ! Vous ne devriez pas fuir !
-     Tu sais ce que c’est qu’un ours affamé, petite ?
- Oui…
-     Et tu peux l’arrêter s’il se lance à ta poursuite ?
-      Non…
-     Tu vas rester là à le laisser te rattraper, plutôt que de prendre tes jambes à ton cou ?
- Non, reconnut une nouvelle fois la fillette, mais quand on connaît, on a moins peur, et quand on a moins peur, on peut se défendre.
   Bizarrement, la vieille femme s’arrêta net, et se tourna pour une fois complètement vers Aubépine, la considérant avec attention, ses yeux étranges plissés avec une expression toute différente. Même le chat avait cessé de feuler.
-  Ce que tu dis est très juste, petite, articula-t-elle finalement. Mais dans le cas présent, on ne peut rien faire.
   Aubépine ouvrit la bouche pour protester qu’on pouvait toujours faire quelque chose, toutefois la vieille femme l’arrêta d’un geste de la main.
-  On ne peut rien faire pour ne pas avoir peur, petite, parce que ce brouillard, c’est la peur elle-même.

Titre: Re : L'étrange affaire de la montagne envolée
Posté par: Gros Lo le 02 Avril 2008 à 22:46:33

Mdr, dans le dernier extrait, j'trouve que la Sorcière a une argumentation à la Socrate :D et aussi un côté Dumbledore, "c'est la peur elle-même"...

Non, bon, Milora, je te hais, mais ça, ce n'est pas nouveau. C'est génial, j'adore ce style, il est parfait, c'est pile le style d'un beau conte, à la fois léger et précis, les détails font mouche (les volailles suspendues par les pattes). Tu joues avec la syntaxe, comme d'hab ; et, comme d'hab, tu l'fais super bien...
oui donc non, pour tout ça, j't'aime p'u :P

Bref, c'est pour quand la suite ?

Titre: Re : L'étrange affaire de la montagne envolée
Posté par: ernya le 02 Avril 2008 à 22:57:07
ben comme toujours c'est super ce que tu as écrit! Sérieux, comment fais-tu pour écrire toujours aussi bien? On a envie de te lire, et quand je dis ça, cela veut dire que je te compare à Sartre, auteur qui, étrangement, me donne une atroce envie de lire et d'écrire...
je ne veux pas décrocher de ton texte... à quand la publication?
continue pour notre plus grand plaisir! ^^
 je t'en prie!!!!!!
Titre: Re : L'étrange affaire de la montagne envolée
Posté par: Milora le 04 Avril 2008 à 18:40:45
Sérieux ?  :o Contrairement aux autres textes, quand j'ai vu que celui-ci avait été remonté, je me suis dit "oh non... je vais me faire démollir, j'aurais pas dû le poster !" Là bonne surprise est d'autant plus grande... ^ ^
Citation de: Le Grand Lo
le style d'un beau conte, à la fois léger et précis
C'est sur ça que je travaillais, je voulais rendre un style hjoyeux, léger, qui mette de bonne humeur, et que ça fasse vraiment conte. Je suis contente que ce soit ce qui en ressort ! J'avais peur d'être tombée dans le... comment dire... ? Pas mièvre, mais gentillet au sens négatif...
Enfin bref ! Pour Dumbledore, étant donné que j'adore ce personnage, il est possible qu'il en ressorte des éléments ici ou là ! XD
Ernya --> Wouahou, ce que tu dis me touche vraiment, tu sais !  :o La comparaison est exagérée, lol, mais le
Citer
On a envie de te lire
est le plus beau compliment qu'on puisse me faire, ça me touche vraiment vraiment beaucoup beaucoup !
Bon, ben puisque le sujet est remonté... je mets la suite ! J'espère qu'elle ne va pas vous décevoir, du coup...
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   Aubépine eut la sensation qu’elle venait d’avaler ce lourd marteau dont elle avait vu si souvent le maréchal-ferrant se servir. La peur elle-même ? Elle fronça les sourcils.
-   Moi je n’ai pas peur, dit-elle un ton plus bas.
-  Parce que tu es jeune. Les enfants acceptent les choses sans essayer de les faire entrer dans leur moule de logique. Ils ont moins peur de l’inconnu.
-    Et… c’est mieux ? demanda Aubépine, curieuse.
-    Qui peut le dire ?
   La vieille femme eut un énigmatique sourire édenté puis pivota de nouveau sur elle-même et reprit sa route. La petite fille hésita un instant avant de la rattraper encore une fois.
-     Attendez ! répéta-t-elle. Vous ne savez pas comment arrêter le Brouillard ?
-      Personne ne le sait, répondit la Sorcière sans s’arrêter. Mais bonne chance.
   Aubépine la laissa s’éloigner, réfléchissant activement à tout ce qu’elle venait d’entendre. Le Brouillard, c’était la peur ? Qu’est-ce qui avait bien pu le faire arriver jusque là ? Un trop plein de peur, justement… Et comment le chasser ? On chasse la peur par la joie, le rire, les fêtes, mais le Brouillard faisait peur, et empêchait tout cela ! C’était un véritable cercle vicieux. Elle commença à revenir sur ses pas, méditant les paroles de la Sorcière. De toute évidence, elle ne pouvait pas rentrer au village ainsi. Ce n’est pas en ordonnant aux gens de ne pas avoir peur qu’on les empêche de trembler. Et puis elle n’avait plus le temps… Elle passa la nuit sur le porche de la Sorcière, économisant ses provisions. Au matin, la seule chose sensée à faire lui parut évidente : aller voir le Brouillard de plus près. C’était la seule façon d’en savoir plus… Elle se remit en marche.
   Il lui sembla que plus elle avançait, plus la forêt était silencieuse. Tous ses habitants, quelle que fût leur taille, devaient avoir déserté les lieux à l’approche du phénomène. Le jour était presque aussi sombre que la nuit, et les silhouettes des arbres prenaient de plus en plus des allures inquiétantes, comme si des bras noueux s’étaient arrachés de leurs troncs pour se crisper vers le ciel dans une pose suppliante. Aubépine frissonna et rentra la tête dans ses épaules.
-       Tu ne vas pas commencer à t’inquiéter de la forme des arbres !
   Entendre sa propre voix la rassura quelque peu, mais tout de même, elle ne pouvait s’empêcher de se demander si c’était son imagination qui lui jouait des tours, ou si c’étaient bien les bois qui avaient pris des allures macabres.
-       Bah, reprit-elle pour elle-même. Ne fais pas attention. Pense à cette histoire, par exemple, où le héros traverse un désert enchanté pour retrouver sa bien-aimée…
   Et de se raconter le conte qu’elle avait si souvent entendu de la bouche de sa grand-mère, avant de s’endormir. Le jeune Malik, navigateur intrépide, était un jour arraché à son navire par une tempête mystérieuse et se réveillait en plein milieu d’un désert aride, où toutes sortes d’incroyables événements survenaient, le conduisant d’oasis en oasis, de ville en ville, à la recherche de sa douce Yamina. Aubépine connaissait le récit mot pour mot, et adressait parfois quelques phrases aux arbres décharnés qui s’avançaient sur son chemin :
-   Et quand la terrible pieuvre géante sortit de l’oasis avec un tonnerre d’écume, sais-tu ce que fit Malik, hein, vieille branche ? Il attrapa une poignée de sable bien chaud et le jeta dans les yeux du monstre ! Pas mauvaise idée, n’est-ce pas, mon beau pin ?
   Et ainsi de suite. Lorsqu’elle arriva à la fin de son histoire, elle en commença une autre, celle de la princesse espiègle qui triomphait de l’ogre qui l’avait enlevée, puis celle du paysan qui trouvait un trésor, et encore après celle du monstre de la plaine, aux tentacules plus nombreux que les feuilles d’un grand chêne. Elle finit par parler sans discontinuer, les yeux brillants, mimant parfois à l’attention d’un gros rocher ou d’un arbre sombre le combat avec la méchante créature, les passages haletants de chaque histoire. Elle s’aperçut qu’elle n’avait plus peur du tout, et même qu’elle trouvait ses auditeurs muets de plus en plus accueillants, et son chemin moins difficile à remonter. Au bout d’un moment, à force de parler sans cesse, elle commença tout de même à avoir soif, mais elle se força à économiser ses réserves : il fallait penser au chemin du retour…
   Ce fut donc vers la fin du quatorzième jour, aux trois-quarts de l’histoire du gourmand chevalier de Male-Mangeade, que notre petite Aubépine se trouva d’un seul coup devant un mur de brume. Elle s’arrêta net, dans son histoire et dans sa marche. « Déjà ! » se dit-elle en regardant en arrière le long chemin qu’elle venait de parcourir en parlant. Puis elle se tourna vers le Brouillard et força sur ses yeux pour essayer d’apercevoir quelque chose au travers. Tout était gris, absolument gris comme un monticule de poussière géant, et aussi impénétrable qu’un mur bien solide. Aubépine ne put empêcher un léger haut-le-cœur de la secouer, et une pointe invisible sembla déchirer quelque chose au creux de son estomac, faisant faire à son cœur un bond violent, et résonner un martèlement endiablé contre sa poitrine.
-    Allons, Aubépine ! s’exclama-t-elle en respirant bien fort, après un petit mouvement de recul incontrôlé. Après tout ce que tu as décidé, et le chemin que tu as parcouru, tu ne vas pas commencer maintenant à avoir… peur !
   Elle eut un pauvre rire un tantinet nerveux puis déglutit avec peine en considérant le Brouillard. Ce n’était pas une peur ordinaire. C’était une panique irrationnelle, pas normale, pas naturelle. Elle mit ses mains sur ses hanches, la mise résolue.
-      Aubépine, si tu ne te calmes pas tout de suite, tu n’as aucune chance de finir un jour ton histoire !
   Elle hocha la tête avec résolution dans la direction d’un arbre recroquevillé sur lui-même comme un supplicié, qui gisait, quelques pas sur sa droite. Aucun héros de ses histoires ne se comporterait aussi sottement. C’était ridicule. Et comme, après tout, nous sommes tous les héros de notre propre vie, il n’y avait aucune raison pour qu’elle n’arrivât pas à se comporter comme ceux de ses contes, elle aussi ! Non mais. Elle fit un pas décidé vers le Brouillard.
-      Et puis si cette chose est la peur, il me suffit d’avoir confiance pour qu’il ne me fasse rien. Et comme je sais ça, je n’ai pas à avoir peur. N’est-ce pas, grosse pierre ?
   Et sans se laisser le temps de penser à autre chose, elle pénétra dans le Brouillard.
Titre: Re : L'étrange affaire de la montagne envolée
Posté par: ernya le 04 Avril 2008 à 18:55:06
Contrairement aux autres textes, quand j'ai vu que celui-ci avait été remonté, je me suis dit "oh non... je vais me faire démollir, j'aurais pas dû le poster !"

jamais ! ce serait un crime que de te démolir car même si (et là je fais un effort pour imaginer une telle possibilité) il t'arrivait d'avoir un texte pas terrible, vu tout ce que tu as écrit de très bien, je ne vois guère comment on pourrait t'en vouloir d'avoir eu une petite "panne" ^^
et pour être originale, je dirais que c'est...toujours très bien!
Lol, en plus tu fait une sorte de mise en abîme avec les contes qu'elle se raconte et d'ailleurs cela me fait penser à Shérazade ( ça la sauvait elle aussi de raconter des histoires)
donc que du bon
et je réclame la suite!!!!!
Titre: Re : L'étrange affaire de la montagne envolée
Posté par: Milora le 04 Avril 2008 à 19:10:33
Ah oui, tiens, je n'avais pas fait le lien ! Mais je n'ai jamais lu les 1001 Nuits, je pense pas que ça m'ait trop influencée... Par contre, je sais qu'il y a un truc qui m'avait fortement influencée pour cette histoire de contes, mais j'arrive pas à me rappeler quoi ! Peut-être le cours de français, avec La Fontaine, en hypo, sans doute (il me semble que j'avais écrit le début de cette histoire dans l'été entre la terminale et l'hypokhâgne, et la deuxième moitié au milieu de l'année d'hypo... mais je suis pas sûre, et en même temps, tout le monde s'en fiche, lol)

Citer
ce serait un crime que de te démolir car même si (et là je fais un effort pour imaginer une telle possibilité) il t'arrivait d'avoir un texte pas terrible, vu tout ce que tu as écrit de très bien, je ne vois guère comment on pourrait t'en vouloir d'avoir eu une petite "panne"

Là par contre je m'élève ! C'est très gentil (surtout la parenthèse, mais je t'assure qu'il y en a beaucoup des très moyens ou des ratés !), mais j'espère bien qu'on me dira que ça va pas, dans ces cas-là, et que, sans forcément être sadiquement méchant (oui, j'invente des adverbes ^^), qu'on sera assez sévères et précis pour que j'aie une chance de m'améliorer la fois suivante !  :-[
Titre: Re : L'étrange affaire de la montagne envolée
Posté par: ernya le 04 Avril 2008 à 19:25:44
Là par contre je m'élève ! C'est très gentil (surtout la parenthèse, mais je t'assure qu'il y en a beaucoup des très moyens ou des ratés !), mais j'espère bien qu'on me dira que ça va pas, dans ces cas-là, et que, sans forcément être sadiquement méchant (oui, j'invente des adverbes ^^), qu'on sera assez sévères et précis pour que j'aie une chance de m'améliorer la fois suivante !  :-

bien sûr, c'est important de faire quand même quelques critiques ( même si avec toi, c'est tout de même difficile d'en trouver ^^), c'est juste ton verbe, "démolir", que je trouvais un peu excessif ^^


* en prenant l'image au pied de la lettre, ça fait frémir*
Titre: Re : L'étrange affaire de la montagne envolée
Posté par: Gros Lo le 04 Avril 2008 à 20:40:36

J'aimerais bien que tu nous racontes un jour l'histoire de cet infortuné prince Malik :P mais peut-être qu'on pourra l'incorporer à ce projet de CrossOver Bartiméus-Pirates qui traîne^^

Bref, j'aime toujours, la légèreté n'a pas déserté, et le Brouillard... alors, alors, what happened ?
Titre: Re : L'étrange affaire de la montagne envolée
Posté par: Milora le 05 Avril 2008 à 12:42:55
It happeunède zat ze suite eurraïvède !
_______________________

   Si elle ne s’était pas laissé le temps de réfléchir, c’était bien pour ne pas imaginer tout ce qui pourrait l’attendre à l’intérieur : monde de chaos, air irrespirable, obscurité oppressante et monstres à la gueule incrustée de crocs... Mais même si elle avait pu le faire, elle se serait quand même trouvée fort surprise, car l’intérieur n’avait rien à voir avec une seule de ces suppositions inquiétantes. Non. L’intérieur était comme l’extérieur : une brume épaisse et diffuse, partout, sans rien de plus. Pas de froid, pas d’odeur, pas de son, même : tout était amorti, retenu, étouffé. Aubépine ne put s’empêcher de frissonner. La seule sensation qu’elle éprouvait à ce moment-là était très curieuse, difficile à décrire. C’était une sensation profonde de… de vide. Elle se racla la gorge, n’émettant qu’un faible son atténué que le Brouillard sembla absorber immédiatement. Tout cela n’était guère rassurant. Elle se retourna instinctivement pour retrouver l’atmosphère plus peuplée de la forêt, mais le mur de Brouillard s’était refermé derrière elle, ou plutôt, elle avait l’impression d’avoir pénétré dans un lieu étrange, une bulle hors du temps coupée du reste du monde, où n’existait, où ne pouvait exister, que ce maudit Brouillard. Son cœur fit un petit bond entre ses côtes, elle se surprit à tressaillir. On aurait dit que tout était fait pour qu’elle se sente perdue, absolument seule et vulnérable. « Comme Malik au milieu de son désert », songea furtivement la fillette. Cela lui remit du baume au cœur. « Je ne vais pas avoir peur, décréta-t-elle solennellement en hochant la tête avec conviction. Je sais ce qui m’entoure, je sais où je veux aller, ou du moins ce que je cherche, et je sais où je veux retourner après, alors je ne compte pas me laisser intimider. D’ailleurs… » Elle fit un grand pas en avant, sûre d’elle, et se retrouva à l’extérieur du Brouillard, en face de la rangée d’arbres torturés qui lui avaient servi d’auditeurs. Les bruits de la nature lui parvinrent d’un coup : le bruissement du vent parmi les feuilles, le craquement du bois, le crépitement d’un caillou dégringolant entre les troncs, et elle s’aperçut qu’elle ne les avait encore jamais remarqués aussi nettement, avant son passage dans le silence opaque du Brouillard. Elle sourit. Parfait. Comme ça, elle saurait qu’il lui suffisait de rassembler ses forces et ses espoirs, et qu’elle pourrait sortir quand elle le voudrait. Elle hocha encore une fois la tête, toujours souriante, plissa les yeux bien fort, et pénétra de nouveau dans le Brouillard.
   La seconde fois, le silence brutal lui parut encore plus soudain. Elle s’ébroua, avec la désagréable impression que quelqu’un venait de lui enfoncer du coton dans les oreilles, puis elle regarda attentivement autour d’elle. Rien ne semblait indiquer une quelconque solution au problème qu’elle était venue résoudre. Une nouvelle appréhension naquit au fond d’elle-même : et si elle échouait ? Et si elle avait fait tout ça pour rien ? Après tout, elle n’était qu’une enfant, même la Sorcière avait …
-      …Malik s’avança courageusement dans le désert, balayant de ses yeux déterminés le paysage de sable et de feu, à la recherche de la moindre trace de sa chère Yamina, s’interrompit elle-même Aubépine.
   C’était le Brouillard qui tentait d’amollir son courage, de la faire renoncer, de l’avaler à son tour, et de… l’embrouiller – sans mauvais jeu de mot. Eh bien c’était raté. Elle n’allait pas se laisser faire, non. Le village avait besoin d’elle. Il fallait lui ramener la joie et la confiance.
-        Hé oh ! appela la fillette d’une voix haut perchée – mais son cri fut englouti sur-le-champ par les volutes blanchâtres qui stagnaient autour d’elle ; elle ne distinguait même pas le bout de ses sabots.
   « N’aie pas peur », se répéta-t-elle sans cesse pendant quelques minutes, avant de s’apercevoir que cela ne faisait que l’inquiéter d’avantage. Elle tenta de se rappeler où elle en était de sa dernière histoire. Il ne fallait jamais laisser une histoire inachevée. C’était comme priver les personnages de la fin de leur vie, c’était comme couper un morceau d’eux-mêmes. Non, ça ne se faisait pas. Elle entreprit de ramasser ses idées et de terminer son récit, d’abord d’une voix hésitante, puis sur un ton plus passionné, emportée par son imagination. En même temps, elle se mit à avancer au hasard, au gré des dénivellations qu’elle sentait dans le terrain ; mais là encore, le sol s’obstinait à demeurer de plus en plus lisse et uniforme au fur et à mesure que le temps passait, voire même de plus en plus… brumeux. Elle termina son histoire et en entama une autre, s’autorisant à boire une gorgée d’eau dans sa gourde, plus pour se conformer à une idée de normalité que par réelle soif, car depuis son entrée dans le Brouillard, elle ne ressentait presque plus… rien. « Au moins, ceux qui sont avalés n’ont pas à souffrir de la faim ! », se dit-elle avec optimisme.
   Après ce qui lui sembla être un long moment, un changement considérable se produisit : elle finit par discerner quelque chose. Une forme grise, ensevelie sous des nuages épais de Brouillard, recroquevillée sur elle-même, presque comme les pauvres arbres du bord du sentier. Une forme humaine.
-       Ho hé ! s’écria Aubépine en faisant un petit bond de joie et en se précipitant vers elle.
   C’était un homme, les genoux ramenés contre la poitrine et la tête prise entre ses mains, dans une position terrorisée qui fendit le cœur de la petite fille. Il tremblait de tous ses membres.
-   Monsieur ? demanda-t-elle timidement en s’arrêtant devant lui. Monsieur, ça va ?
   Il ne répondit pas et, saisi d’une convulsion de terreur, écarta un moment ses mains de son visage tanné par le soleil, qui avait en ce moment un teint livide. C’était le Jules. Aubépine se mordit la lèvre inférieure sous le coup de la surprise. Voir le robuste jeune homme pleurer à chaudes larmes était l’un des spectacles les plus déstabilisants qui lui eussent été donnés de  voir. Elle s’approcha doucement et s’agenouilla à côté de lui.
-    Hé, le Jules ? appela-t-elle avec toute la gentillesse dont elle se sentait capable, en lui posant une main sur l’épaule.
   Il leva brièvement les yeux vers elle, des yeux bleus écarquillés, baignés de larmes. Aubépine eut un mouvement instinctif de recul devant toute cette détresse. Comment était-il possible que… ? Elle n’eut même pas besoin de terminer sa question. Le Brouillard faisait encore des siennes. Mince à la fin, ça commençait à bien faire ! Elle s’assit lentement à côté du grand gaillard massif, et se mit à lui parler.
-      Hé, le Jules, il faut rentrer au village, maintenant : tout le monde vous cherche ! La Marie est dans tous ses états, vous ne pouvez pas vous absenter si longtemps, surtout par ces temps-ci !
   A la mention de sa femme, le grand bonhomme releva subitement la tête, mais la présence du Brouillard tout autour de lui semblait lui obscurcir l’esprit, le ramener sans cesse à la peur profonde et secrète qui le torturait impitoyablement. Aubépine fronça ses épais sourcils noirs. Un moment, elle essaya de se mettre à la place du Jules, pour trouver une idée qui puisse le libérer quelques instants de sa terreur. Elle résolut de continuer ses histoires, puisqu’elles avaient si bien marché sur elle-même.
Titre: Re : L'étrange affaire de la montagne envolée
Posté par: ernya le 05 Avril 2008 à 12:49:24
et bien c'est toujours aussi bien ^^
juste une toute petite remarque: le  "Non, ça ne se faisait pas." est peut-être un peu trop oral
voilà
la suite!!!
Titre: L'étrange affaire de la montagne envolée
Posté par: Gros Lo le 05 Avril 2008 à 12:53:14
J'aime bien
Citation de: Milora
tout était amorti, retenu, étouffé.

Et le langage de la campagne, "le Jules", qui donne un effet de réel assez chympatique :P

Le parallèle avec l'histoire de Malik est astucieux. "Incrustée de crocs", je trouve que l'image est un peu trop poussée. A part ça, le ton perd de sa légèreté de conte, mais il faut dire que c'est souvent les incipits qui fournissent le plus grand nombre de formules, genre "après quelques jours, il fallut bien se rendre à l'évidence : la montagne disparaissait". Et comme Aubépine n'est plus dans la vallée, c'est normal qu'on ait moins de références, heum, pittoresques.
Tu vois, je te fournis les arguments :-° donc rien de bien méchant :noange:
Titre: Re : L'étrange affaire de la montagne envolée
Posté par: Milora le 05 Avril 2008 à 19:58:44
Ernya --> en fait, j'avais fait exprès que ça soit oral, parce que c'est une petite incursion en focalisation interne dans la tête d'Aubépine... ça dérange, à la lecture ? :S

Lo --> C'est gentil de critiquer et de défendre le texte à la fois XD lol En fiat, plus que l'incipit, c'est surtout que là, la situation est anormale, et fantastique, c'est pas trop possible de faire des allusions à des petits éléments qui sonnent vrai... Je pourrais rajouter des indications sur les sensations d'Aubépine, pour compenser ? Ce serait dans le style enfantin, mais je sais pas si ça ferait conte pour autant...


Bon allez, je vous met la fin d'un trait, ça fiat bloc, mais après c'est fini...
_____________________________

-  Vous savez, commença-t-elle du ton le plus proche possible de celui de sa grand-mère, le soir, au coin du feu, lorsque les flammes dansantes faisaient jouer sur son visage ridé les couleurs chatoyantes du foyer. Je parie que vous ne connaissez pas la légende que je vais vous raconter. (Et qu’elle venait d’ailleurs d’inventer) Elle commence par une nuit d’été, dans une clairière ombragée où courait une source fraîche et chantante comme la voix d’un ménestrel. C’était il y a bien longtemps, du temps où l’on ne pouvait s’aventurer dans les bois sans la crainte de croiser le regard foudroyant d’un dragon gigantesque, du temps où les elfes déroulaient encore non loin des maisons leurs ribambelles de rondes dansantes et de chansons étranges. Ce soir-là, donc, alors que la lune cristalline éclairait les cieux comme une bougie d’argent, une jeune femme drapée de blanc marchait pieds nus dans la clairière, laissant sa traîne vaporeuse chatouiller les brins d’herbe sur son passage. C’était la princesse… – elle fit une légère pause le temps d’inventer un nom à la hauteur –… Bruma (elle aurait pu trouver mieux, tout compte fait). La plus belle mais aussi la plus secrète de toutes les jeunes filles du monde entier, et aussi la fille aînée du roi de Moulterigolade, le maître des lieux. La jeune femme s’avança d’un pas majestueux vers la source claire, se pencha pour cueillir dans sa main une lampée d’eau où son reflet ondulait avec grâce, et interrompit tout net son geste de la porter à ses lèvres. Derrière elle, elle avait perçu un mouvement.
   Aubépine se tut quelques secondes. Le Jules avait cessé de sangloter, il la contemplait à présent avec la mine partagée d’un enfant apeuré, enfin de retour chez lui après une mésaventure, qui attend que la tranquillité de sa vie quotidienne apaise complètement ses inquiétudes. Ce n’était pas le moment de s’interrompre. Aubépine reprit la parole en plongeant ses yeux dans les siens.
-        Lorsque Bruma fit volte-face dans un chantonnement de dentelles froissées, continua-t-elle, elle tomba nez à nez avec l’être le plus étrange qu’elle eût jamais rencontré. Il avait un visage tout jaune, tout en plis et en replis, avec des oreilles d’une longueur extraordinaire qui se terminaient par des ramages de feuilles plus vertes que celles des arbres qui les entouraient. Bruma eut une petite mimique stupéfaite ; le regard souriant de l’être la retint de s’enfuir en hurlant d’effroi. Elle fronça les sourcils, perplexe. L’autre l’imita avec difficulté, ses sourcils déjà rapprochés formant à présent un pli zigzaguant entre ses deux yeux, et sa bouche pliée en un sourire exagéré le faisant loucher énergiquement.
   Sans s’en apercevoir, emportée dans son élan, Aubépine avait entreprit de mimer la scène, et son visage arborait la plus grotesque expression qu’il fût possible d’imaginer. Un éclat de rire étouffé lui parvint, et ce fut comme si un soleil entier prenait naissance dans sa poitrine : le Jules avait cessé de pleurer, il riait, apparemment remis de sa frayeur. Elle poursuivit son histoire avec encore plus d’entrain, s’embarquant avec Bruma dans de folles aventures au cœur d’une forêt mystérieuse. Bizarrement, ces récits qui auraient eu de quoi terrifier un jeune enfant par une nuit d’orage, ne suffisaient pas à leur rappeler l’horrible situation dans laquelle ils étaient piégés. Au contraire.
   Arrivée à la fin de son histoire, Aubépine décocha un grand sourire au Jules, qui ne la quittait pas des yeux, fasciné.
-  Merci, petite Aubépine, dit-il finalement, le regard brillant. Tu m’as sauvé.
   La fillette chassa la remarque d’un haussement d’épaules, mais elle sentait en son for intérieur son petit soleil rayonner plus que jamais.
-   Il faut partir d’ici, maintenant, déclara-t-elle en se levant d’un bond, joignant le geste à la parole. La Marie et les autres nous attendent depuis trop longtemps déjà.
-        Oui, mais mes camarades ?
-        Nous allons les prendre au passage !
   Et il en fut ainsi. Ils marchèrent un petit moment avant de tomber sur une seconde silhouette, dans la même position tourmentée que celle où Aubépine avait trouvé le Jules, et qui marmonnait des supplications indistinctes ; c’était le Bernard. D’un ton expert, Aubépine se lança immédiatement dans une nouvelle histoire ; peu à peu, le Jules se joignit à elle pour appuyer tel où tel commentaire, pour ajouter des détails, et finalement ils se partagèrent la conclusion du récit, sous les yeux hilares du Bernard enfin remis de ses terribles souffrances. Tous trois se remirent en chemin à la recherche des six autres disparus, et réitérèrent la même opération jusqu’à les délivrer tous de leurs angoisses étouffantes, chacun prenant une part de plus en plus actives à l’histoire d’Aubépine, à tel point qu’il fallut au bout d’un moment s’obliger à garder le silence pour pouvoir la laisser arriver à la fin. Une fois la troupe au grand complet, Aubépine se planta devant les huit grands gaillards avec les mains sur les hanches et, du haut de son mètre trente-cinq, décréta solennellement :
-    Bien, à présent, il s’agit de rejoindre le village !
   Les huit accueillirent cette géniale suggestion avec une petite tape sur sa tête et des exclamations enthousiastes.
-    Tout ce que vous avez à faire, psalmodia Aubépine tel un général passant ses troupes en revue, c’est de me croire. Et je vous dis que le prochain pas que nous ferons nous portera au-dehors du Brouillard. Jusqu’ici, j’ai eu raison, non ? Il faut que vous soyez absolument convaincus que c’est encore le cas.
-       Moi, je te crois, petite Aubépine, répondit le Jules.
   Les autres lui firent écho à l’unisson.
-       Bien ! Alors, en avant !
   Et tous ensemble, d’un même mouvement, ils levèrent une jambe, et firent un grand pas devant eux. Le Brouillard disparut aussitôt de leur champ de vision ; ils se retrouvèrent face au petit sentier de terre, par un jour sombre comme les ténèbres les plus profondes, mais, enfin, libérés du Brouillard. Des exclamations incrédules fusèrent dans tous les sens, et quelques uns se mirent à danser de joie, à se lancer dans des cabrioles complexes et à se serrer mutuellement la main avec chaleur. Aubépine se joignit avec ravissement à cette explosion de soulagement, et le Jules la hissa sur ses épaules pour reposer ses pieds fatigués.
-        En avant ! lança-t-il à son tour avec un geste vigoureux de la main.
   Le groupe se mit en route d’un bon pas, bien plus rapide que les frêles enjambées d’Aubépine à l’aller, en entonnant des chansons de marche d’une voix puissante. Il leur fallut toute la journée et toute la nuit qui suivit pour descendre la montagne escarpée, en se partageant les maigres victuailles qui restaient dans le balluchon de la fillette, et sans laisser la fatigue entraver la force que leur procurait leur allégresse nouvellement retrouvée. Enfin, au petit matin, ils débouchèrent sur le chemin terreux qui conduisait au village, et à la vue des premières habitations, chacun se mit à courir avec frénésie vers sa maison, vers sa famille, vers la vie qu’il avait quittée en partant combattre le Brouillard.
   En entendant les premiers martèlements de leurs sabots sur les allées à demi pavées, quelques villageois osèrent un regard derrière le rideau jauni de leur fenêtre réduite, mais toujours un regard timide, craintif, apeuré. Rues et champs étaient déserts. On n’osait plus sortir de chez soi, écrasé par la présence oppressante du Brouillard, plus si loin que ça, dans la montagne, à ses portes. On sursautait au moindre bruit, on n’échangeait presque aucune parole, on se tassait sur son tabouret en épluchant les légumes racornis d’une main distraite et tremblante. Mais quand les éclats de voix traversèrent l’atmosphère pesante, quand les bruits de course et les rires tranchèrent le lourd silence apathique qui s’était emparé du village, une petite lueur se ranima au fond des âmes, et on se leva de son tabouret, on marcha vers sa fenêtre d’abord, puis vers sa porte, on l’entrouvrit, on risqua le bout de son nez à l’extérieur…
-       La Marie ! tonna une voix puissante.
-     Le Jules ! répondit une autre, plus haut perchée, plus étranglée.
   Là, tout le monde sortit le reste de son nez, et même la tête tout entière, pour assister, éberlué, à des retrouvailles joyeuses. C’est à ce moment là qu’on commença à comprendre : ils étaient revenus. La petite qu’on croyait disparue, avalée elle aussi, avait finalement réussi à ramener les huit hommes ! D’ailleurs elle était là, radieuse, à courir de foyer en foyer pour tambouriner contre les portes en s’écriant :
-       Venez, venez ! Sortez de chez vous ! Nous sommes de retour !
   Petit à petit, les portes s’ouvrirent en effet, les habitants se risquèrent au-dehors, se mirent à sourire, incrédules, à serrer les mains des huit rescapés et de leur incroyable petit guide, puis celles de leurs voisins, puis on rit, puis on s’agita, puis on chanta de joie et on dansa de plaisir. L’effervescence inonda le village, des exclamations s’élevèrent, des tapes amicales retentissaient à n’en plus finir, les unes faisant écho aux autres, rythmant les chants de liesse.
-      Aubépine ? tremblota une voix, au milieu du désordre enjoué qui régnait partout.
- Mamie ! Mamie !
   La petite fille fendit la foule vers sa grand-mère et elles s’étreignirent, encore et encore, l’une enfouissant son petit visage dans l’épaule de l’autre, qui souriait interminablement.
-   Mes amis ! rugit soudain le maire, sa voix portant plus que les discussions exaltées et les cris de bonheur qui surgissaient de ci de là. Venez tous dans la cour de la mairie : les décorations pour la fête du village n’ont pas été défaites. Célébrons ce retour glorieux !
   Et comme un seul homme, tout le village grimpa la petite côte jusqu’à la cour en question, sans cesser de plaisanter, de gambader, de sourire à tout le monde. La fête battit son comble toute la journée. On assit les neufs arrivants à une table et on leur apporta de quoi se restaurer en les pressant de questions.
   Plus tard, lorsque l’euphorie se serait dissipée et que chacun repartirait effectuer avec entrain ses petites tâches quotidiennes, on élèverait un regard confiant vers la montagne, et on découvrirait qu’elle était revenue, entière, comme si de rien n’était, et que le ciel était à nouveau d’un bleu limpide et riant. On avait vaincu le Brouillard.
   Mais pour l’heure, lorsque le maréchal-ferrant parvint à se faire entendre par-dessus le brouhaha pour demander : « Mais comment donc que vous avez réussi ? », ce fut Aubépine qui répondit, d’un ton malicieux, en couvant sa chère grand-mère du regard:
- Le pouvoir du rêve fait parfois des miracles, vous savez ?
   Et depuis lors, à chaque fête du village, on se réunit dans la cour de la mairie pour se raconter des contes, et rêver ensemble à tout un tas de choses, aux mystères de la vie, à la joie des retours, au courage et à l’espoir. On sait bien que si jamais le Brouillard revient, cette fois, on sera à prêt à le repousser. Car cette aventure a eu lieu il y a bien longtemps, mais qu’importe ? Il ne faut jamais négliger le pouvoir des histoires ; qui sait, peut-être un jour, celle-ci vous servira-t-elle, à vous aussi.


FIN.
Titre: Re : L'étrange affaire de la montagne envolée
Posté par: Gros Lo le 05 Avril 2008 à 20:22:20

La première phrase... je ne sais pas si elle est correcte. Parce que, si tu supprimes la longue incise, tu ne retombes pas sur tes pieds : Aubépine dit "Vous savez." Et en même temps, si tu changes le point en virgule, on risque de ne pas comprendre que l'incise est finie... mais il faut trouver quelque chose ;)

J'ai été un peu déçu par le fait que le Brouillard ne cachât ( :P) rien d'autre. Pourquoi est-il apparu ? (tu l'as peut-être écrit, mais j'ai pas mémorisé :-° )

Mais la fin est vraiment... comme elle devait l'être, jolie. Le Brouillard était un peu décevant, mais tu rattrapes bien le tout, si bien que j'étais finalement satisfait ^^ Jolie pirouette, tu ne t'appesantis pas pendant des paragraphes sur la fin, mais on a l'impression que tu as dit tout ce qu'il y avait à dire. Ce qui est l'essentiel dans une histoire. Donc, j'ai cette amertume du brouillard, largement enfouie sous la satisfaction d'avoir lu une belle histoire bien racontée ^^
Titre: Re : L'étrange affaire de la montagne envolée
Posté par: ernya le 05 Avril 2008 à 22:07:52
je suis d'accord avec Loredan ta première phrase ne va pas, il y a un problème.
Sinon ça finit comme sa comemnce c'est-à-dire comem un conte: tout est bein qui finit bein!

c'est donc jolie petite histoire qui préconise les petites histoires ^^
Titre: Re : L'étrange affaire de la montagne envolée
Posté par: Milora le 06 Avril 2008 à 14:01:30
Il me semble que pour que la première phrase aille, il suffit de mettre "..." après "vous savez", non ? Qu'en dites-vous ?

Pour l'explication sur le Brouillard, c'est dit à un moment : un trop plein de peur - sans doute. Mais je voulais laisser le flou (sans jeu de mots... :-°). Si ça gène, je peux peut-être rajouter une explication... (mais va falloir que j'en trouve une, alors  ;D  lol)
Pour le fait qu'il ne cache rien d'autre, par contre, je pense que je vais le laisser. Parce que le coup de la peur matérialisée par un endroit, c'est du déjà-vu mille fois, mais en général, l'endroit en question est un truc sombre, avec des choses inquiétantes, et la phobie de chaque personnage qui apparaît... Là, je voulais quelque chose de plus mystérieux, de moins concret. Et puis Aubépine n'a pas peur, donc on sait pas trop ce qu'il y a dans le Brouillard... Enfin bref, tout ça était fait exprès...  :-[
Titre: Re : L'étrange affaire de la montagne envolée
Posté par: ernya le 06 Avril 2008 à 14:22:43
soit tu mets des guillemets ( mais je ne suis pas sûre que ça se fasse beaucoup en français) soit tu enlèves le point avant "Je parie" et tu mets une virgule ( parce avant c'était une incise)
mais le mieux serait que tu raccourcisses l'incise et que tu mettes une virgule à la place du point je pense

Pour la question du brouillard, moi, ça ne m'a pas choqué

ps: je m'excuse pour les fautes de frappe de mon dernier post, je devais fatiguer :-[
Titre: Re : L'étrange affaire de la montagne envolée
Posté par: Leia Tortoise le 16 Avril 2008 à 18:09:13
J'ai l'air maline, moi, à avoir fait remonter le topic en demandant la suite, et en loupant les 4 envois suivants...

Mais je viens de me rattraper, et j'en suis bien contente: c'est très beau, cette importance des histoires pour combattre l'angoisse...

J'ai tout aimé d'un bout à l'autre, un vrai conte bien ficelé!  ^^

Pour la fin, c'est vrai que le "vous savez?" est un peu brutal, mais j'ai aucune idée pour améliorer...
Titre: Re : L'étrange affaire de la montagne envolée
Posté par: Jezy le 20 Mars 2009 à 20:17:20
Bon, j'suis décidée ! Je lis celui ci et après j'm'attaque à Loya !
Promis !

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Et le sixième jour, lorsque, encore une fois, le brouillard s’effaça, une vague d’appréhension s’étendit dans toutes les chaumières comme un vent insidieux, se communicant d’une famille à l’autre plus rapidement qu’un incendie.
J'aime bien l'image de l'incendie ^^. Par contre j'aurai plutot écrit "s'étendit à toutes les chaumières".

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laissant chaque fois au ciel bleu gris un peu plus de terrain par rapport au mont.
Ca sonne bizarre je trouve, mais alors pour expliquer... !

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où on avait à la hâte dressé tables et chaises
là c'est l'ordre qui me dérange. Bon, comme c'est un conte, le fait de mettre certains avant plutôt que après  rend le récit un peu plus classe, plus dans le ton. Pourtant j'aurai plutôt vu "où on avait dressé à la hâte tables et chaises". Pasque le fait de pas mettre de "des" devant "tables et chaises" apporte déjà un plus a la phrase, et avec le changement d'ordre ça fait un peu trop (suis-je claire ? pas sûre...)

D'accord avec Maygold pour dire que le début se met en place doucement, mais ça ne m'a pas gênée outre mesure donc je pense pas que ce soit répréhensible ;).

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S’en suivit un long silence très lourd, où même les plus petiots s’arrêtèrent de respirer, comprenant que quelque chose de grave venait d’être dit
Le terme "petiot" a sa place dans ton récit, mais plutôt dans un dialogue que dans une description. En général, dans les contes et autres textes du même genre, les personnages ont un parlé bien à eux, mais le narrateur reste aussi neutre qu'un dico.

Ici y a une sacré coupure, j'imagine que c'est fait exprès (sinon t'aurais rectifié, right ?)
mais c'aurait été bien que tu dises juste qu'ils partent jeter un coup d'oeil. Pasque là ca fait "Qu'allons nous faire ? - ils redescendirent de la montagne en courant !" donc ben... ça n'empêche pas de comprendre, mais on bloque un peu dessus quand même.

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- Qu’est-ce qu’il s’est passé ? s’écria le maire en venant à leur rencontre, ses moustaches tressautant au rythme de sa course.
J'imagine très bien le tressautement ^^

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et il fallut raccompagner les femmes – les veuves ? – des huit disparus, à leurs demeures.
Pas besoin de virgule après "disparus".

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le Brouillard était presque aux portes du villages.
J'en reviens pas moi-même, mais il semble que j'ai débusqué une faute ;) un magnifique "s".

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Le vaillant brin de jeune fille
Un "brin de jeune fille" je suis pas sûre que ça se dise, et puis en plus l'expression lui donne l'air plus d'une ado que d'une fillette.

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Les arbres lui cachaient l’avancée du Brouillard, mais on était au douzième jour, et le lendemain le Brouillard ne serait plus là.
Je crois que j'ai compris le sens, mais c'est quand même un peu confus.

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et la sente qu’elle suivait ne lui semblait plus aussi longue que la veille
"la sente" ? ca se dit ? encore une fois, j'imagine que oui, mais ici le terme est vraiment très élevé par rapport au reste du récit, très savant, tu vois ?

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Il ne manquait plus qu’une heure ou deux pour arriver à destination.
"restait", plutôt que "manquait", non ?

Coupures commentaires, ça me fait me rendre compte que j'ai pas mal relevé ce que je trouvais qui n'allait pas, mais j'ai rien dit de ce qui était bien : l'histoire, qui est prenante, intéressante, tout comme Aubépine on a envie de savoir la suite, on sait que le danger est là mais on a pas vraiment peur (heureusement d'ailleurs, parce que c'est pas un récit d'horreur!).
Le style est bon dans l'ensemble, tu arrives bien a reprendre le ton du "conte" (a quelques exceptions près que j'ai relevé).
La petite Aubépine est attachante, la Sorcière est très bien dans son rôle de... la sorcière, pas forcément méchante mais qui connait les sombres secrets de la nature. Bref, je lis la suite.

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Tous ses habitants, quelle que fût leur taille, devaient avoir déserté les lieux
Le "fût" rend très très bien  :)

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et les silhouettes des arbres prenaient de plus en plus des allures inquiétantes
plutôt "de plus en plus inquiétantes", non ?

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Le jeune Malik, navigateur intrépide, était un jour arraché à son navire par une tempête mystérieuse et se réveillait en plein milieu d’un désert aride, où toutes sortes d’incroyables événements survenaient, le conduisant d’oasis en oasis, de ville en ville, à la recherche de sa douce Yamina.
Tu l'as écrite cette histoire là ? Ca a l'air bieeeeeeeen !!!


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-      Aubépine, si tu ne te calmes pas tout de suite, tu n’as aucune chance de finir un jour ton histoire !
Bien dit !  ^_^

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Et comme, après tout, nous sommes tous les héros de notre propre vie, il n’y avait aucune raison pour qu’elle n’arrivât pas à se comporter comme ceux de ses contes, elle aussi ! Non mais.
J'ai envie de dire que le "Non mais" est de trop, mais à la limite si tu veux le laisser tu devrais mettre un oint d'exclamation.


Ernya parle de mise en abyme et de Shérazade, c'est tout à fait ça !

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(il me semble que j'avais écrit le début de cette histoire dans l'été entre la terminale et l'hypokhâgne, et la deuxième moitié au milieu de l'année d'hypo... mais je suis pas sûre, et en même temps, tout le monde s'en fiche, lol)
Faux !!! J'adore les genèses. C'est passionnant !

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-      …Malik s’avança courageusement dans le désert, balayant de ses yeux déterminés le paysage de sable et de feu, à la recherche de la moindre trace de sa chère Yamina, s’interrompit elle-même Aubépine.
   C’était le Brouillard qui tentait d’amollir son courage, de la faire renoncer, de l’avaler à son tour, et de… l’embrouiller – sans mauvais jeu de mot.
Ha ! j'ai vraiment envie de connaitre ce Malik !
Sinon le "sans mauvais jeu de mot" est sympa ^^ je pensais que ça casserait le rythme, le côté conte, mais en fait non.

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du temps où les elfes déroulaient encore non loin des maisons leurs ribambelles de rondes dansantes et de chansons étranges.
On dirait Naheulbeuk ! lol
En tout cas le ton que tu mets dans ce "conte dans le conte" est vraiment ajusté, vraiment prenant ! I love it !

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Bruma (elle aurait pu trouver mieux, tout compte fait)
Ne descend pas ton personnage, la pauvre ! En plus je ne suis pas d'accord, Bruma c'est exactement ce a quoi on pouvait s'attendre, ça colle (khôlle) parfaitement.[/quote]

 
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Les huit accueillirent cette géniale suggestion
"géniale" ? tu peux surement trouver mieux ! A moins que ce soit encore fait exprès, mais là je comprend pas...

Et voilà ! J''ai plus rien à dire jusqu'à la fin, si ce n'est que j'adooooore cette histoire !  :D

Ouf, fini ! Désolé de ce long post, j'ai du mal à faire des critiques globales lol. Pis je sais pas, quand j'aime bien une histoire, ça me désole un peu qu'un petit mot mal ajusté gache un passage. Parfois c'est juste moi, mais dans le doute je préfère le mentionner ;) tu ne m'en veux pas trop de tant de remarques ?


P.S : Juste pour savoir, tu as déjà lu les PETER PAN en BD ? Il y a aussi une brume... mais je t'expliquerai une autre fois, si tu ne connais pas.
Titre: Re : L'étrange affaire de la montagne envolée
Posté par: Milora le 20 Mars 2009 à 21:42:12
Une faute, après toutes ces relectures, grrrr ! Faut que je la corrige au plus vite !

Je suis entrièrement d'accord avec toi pour l'incendie et la virgule en trop ! Je corrigerai aussi !

Pour le "petiot" et pour le "trop", par contre, je maintiens, parce que c'est un peu une incursion dans la tête des villageois, disons que c'est, heu... bon, le seul exemple pour expliquer ce que j'ai voulu faire me vient de mon cours de français de khâgne même si ça fait un peu pédant. Je me souviens plus du terme, je crois que c'était une extension de l'indirect libre. Un mot seul, dans le contexte, n'appartient plus au vocabulaire du narrateur mais à celui du personnage, et du coup, pour le simple temps de la phrase, on est dans la tête du personnage...
Après, que ce soit pas réussi ici, c'est une autre histoire, et je n'ai aucune autorité pur protester à ce fait  :-[

Pour le "par rapport au mont" et les chaises et les tables, je relirai l'extrait pour essayer de mieux voir ce qui te gène

Merci encore une fois de tes lectures si attentives !!! :coeur:

EDIT : J'avais pas vu ton propre edit qui corrigeait la suite !  :-[ Alors, heu, je sais pas quoi répondre sans faire un envoi aussi long, lol. Je vais corriger la plupart de tes remarques (la phrase pas claire sur le Brouillard qui serait là le lendemain, par exemple : prise hors contexte, elle rend vraiment vraiment pas bien, faut que j'arrange ça !). Pour le brin de jeune fille, c'est peut-être une expression de chez moi, mais comme ce chez moi c'est dans une montagne (les Pyrénées), je vais le laisser, ça fera terroir local, mdr. Et le "sente", je pense pas que ce soit très recherché, c'est juste un chemin plus petit qu'un sentier...
Quant au "géniale" (dernière objection à tes constructives remarques !) c'était un peu de l'ironie : parce que la suggestion d'Aubépine n'a franchement rien de génial, lol.

Pour l'histoire de Malik, non, je l'ai pas écrite ! lol. Ce que j'en ai dit dans cette histoire-ci n'est pas très original (j'ai juste eu envie de changer l'ambiance nordique de la plupart des contes ^ ^, sans doute moins inspirée par Les 1001 nuits que par Le Château des nuages, je l'avoue  :-¬? ), je doute que ça en vaille la peine. Par contre, que tu aies eu envie de connaître la suite de l'histoire d'Aubépine, ça, ça me fait plaisir : c'était un peu le but ! :)

Enfin, merci 1001 fois de tes commentaires  ;)
Titre: Re : L'étrange affaire de la montagne envolée
Posté par: nasnas29 le 07 Mai 2011 à 14:47:30
J'ai commencé cette nouvelle. Je suis piqué de curiosité pour connaître la suite. Seulement j'ai vu une petite faute d'étourderie. Alors avant de ne plus me souvenir, je suis bien obligé de le signaler. C'est dans la suite(2)
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quelque chose dont je ne sait même pas le nom !
je ne sais
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au creux d’un nid de rides épais
joliment imagé ;)
A la lecture  de la troisième  partie, j'ai aimé la réflexion sur la peur. La réponse de la sorcière qui rétorque à la jeune fille que son raisonnement est juste mais la lutte avec ce brouillard macrophage semble inégale! la peur est dévorante et dévore le lecteur...
suite(4)
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, ou si c’étaient bien les bois qui avaient pris des allures macabres.
il y a pas une faute à c'étaient?
Dans la quatrième partie, le conte semble s'orienter vers une pensée philosophique. Vaincre et apprivoiser sa peur et trouver la confiance en soi sans  se laisser envahir par l'imagination. je continuerai la suite un peu plus tard. Le lecteur que je suis a envie d'accompagner la fillette dans son récit. :)
partie(5)
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A la mention de sa femme
le terme " mention " est mal choisi, je trouve. j'aurais écris plutôt: en prononçant le prénom de sa femme. Bref, trouver une autre tournure.
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Elle résolut de continuer ses histoires, puisqu’elles avaient si bien marché sur elle-même.
il me semble que la phrase est incorrecte, écrite comme ça !
" elle se résolut à poursuivre ses idées, puisqu'elles avaient si bien marchées sur sa personne ". Enfin, il faudrait revoir la construction de la  phrase quoi!
Etrange, ce paragraphe.On a l'impression de pénètrer dans un univers mystérieux. L'eau du Brouillard baigne  les élements, les liquéfie jusqu'à rendre une sensation de mollesse. Mais la fillette ne s'en laisse pas compter et cherche à rendre perceptible ses sens dans ce milieu hostile. Il faut dominer sa peur et rester concentrer; ainsi tout demeure bien en place et on peut chasser  ses angoisses. Il me semble qu'il s'agit bien d'une quête sur soi, une initiation à  maîtriser ses émotioons...
Curieux aussi cette histoire qui la ramène à Malik dans le désert de sable. Autre univers de vide et de détachement ?
dernier chapitre: Tout se résume alors avec la force à inventer et réconforter nos peurs par des histoires. Bruma en est l'exemple, elle sourit devant un être terrifiant. La morale est de savoir rire de ses démons sortis de son imagination. Alors, les préjugés tomberont et la rumeur du Brouillard mangeur d'hommes et de montagne sera levé.
joli conte. je trouve cependant que la fin gagnerait avec l'histoire de Bruma un peu plus accomplie. En cela, il faudrait donner un message plus fort et abouti, je pense. Et l'histoire de Malik reste un mystère un peu trop en suspens...
Mais l'ensemble fait une bonne histoire . Il faut juste porter le lecteur sur des convictions plus tranchées à la  fin. :)
Titre: Re : L'étrange affaire de la montagne envolée
Posté par: Milora le 07 Mai 2011 à 19:43:51
Ouh la, voir ce texte remonter est une vraie surprise !
Merci pour tes remarques de détail !
Je suis en train de revoir totalement ce conte, pour le rendre un peu moins empoulé dans ses formulations : mon petit voisin de 8 ans, que je garde, m'a demandé de lui faire lire une de mes histoires xD J'ai pensé à celle-là, mais en l'état, elle va pas lui plaire (beaucoup de lourdeurs...).
Du coup je prépare une "version 2" pour enfants... Première fois que j'essaie d'écrire pour enfants, je sais pas ce que ça va donner xD (Surtout que ce petit est très intelligent et mûr pour son âge).
Je garde la structure, le scénario et les personnages, mais on m'a conseillé de changer totalement le début, qui est ennuyeux (a fortiori pour en enfant), de faire des phrases plus courtes avec moins de mots compliqués. Et puis j'ai rajouté une explication sur pourquoi le Brouillard est là, parce qu'il faut avouer que ça a toujours été une grosse lacune du scénario de ce conte xD
Mais je compte garder cette version-ci aussi :)

Titre: Re : L'étrange affaire de la montagne envolée
Posté par: Kathya le 08 Mai 2011 à 16:51:43
J'ai juste repéré un "d’avantage" au lieu de "davantage" dans l'avant-dernier envoi.

J'ai bien aimé, juste qu'à partir du moment où elle lutte contre le brouillard avec ses histoires, on comprend comment ça va finir. J'ai apprécié le fait que le brouillard ne soit que du brouillard ou presque.  :D Le style est attachant et cela reste un conte sympathique, peut-être à peine trop gentil à mon goût.  ::)