Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: koutoumi le 30 Septembre 2012 à 23:53:20
-
Je le connais...
Un ciel ensoleillé ; doux printemps. La barque tangue légèrement. Autour, des centaines, des milliers de nénuphars ; ode à l’impressionniste Monet. Vert, jaune, blanc. Ils se reflètent dans le lac vert, bleu, marron. Je plonge. L’eau est lourde et visqueuse. De la peinture. Un lac de peinture. Je m’enfonce ; sable mouvant.
À la ronde, des échoppes. Au sud rien de nouveau. Peau fissurée, couturée. Elle craquelle. Souris Mona, il te besogne. Cela ne durera pas. Ton corps lui appartient, ton cœur également. Cela ne durera pas. Amour paternel vaquera à d’autres occupations. Tu resteras seul, démuni. Fixe le ! Montre lui les flemmes de l’enfer. Ne le lâche jamais du regard. Fixe-le, douce Joconde. Fixe-le, belle Lisa. Fixe le, Mona. Il n’aura plus d’endroit où se cacher, ton regard le poursuivra partout. Reptile serpentant la pente du vide. La danse du ventre. Je remue la queue. Une irrépressible envie de mordre, d’embrasser. Lèvres contre gorge. Lèvres contre lèvres : le baiser mortel de l’innocence perdue. Souillure.
J’arrive sur un rivage. Sables de sel chaud. J’ai soif.
À l’horizon un jeune homme se rapproche. Je le connais. La démarche chaloupée, il se dirige vers moi. Je le connais. Il tient dans ses mains une coupe de cristal. Je le connais. Il se rapproche. Peau pâle, des allures de cadavres vivants. Je le connais. Couleur de cheveux indéfinissable ; sans cesse en changement : blond, brun, châtain. Il est vêtu de ténèbres. Je le connais. Il est devant moi, main tendue. Il m’offre la coupe. Un liquide blanc, visqueux, lourd, gélatineux. Il a les lèvres gercées. Je le connais. Il reste là les bras tendus. J’ai soif.
Il me regarde de ses yeux éteints. Je le connais. Je prends la coupe, trempe mes lèvres dans le liquide blanc devenu ambrée. Première gorgée. Aucun goût. Je continue à boire. Le goût devient perceptible, cuivré. Je continue à boire. Ma soif apaisée, je regarde au fond de la coupe : du sang.
Personne au alentour. Je baisse la tête et regarde à mes pieds. Il est là, étendu, amorphe, immobile, les yeux vitreux. Je me baisse, le touche. Il est froid. Il a été drainé de son sang. Je reste accroupie à le regarder. Des sanglots venant du plus profond de mon être remontent à la surface. Je n’arrive plus à endiguer mes larmes. Je ne le connais pas. Sa figure m’est familière. Je ne le connais pas. Ses traits me sont familiers.
Derrière les ténèbres, une barque. Au bout de la barque, la rive reine. Je la franchis. J’ouvre les yeux.
-
Yop !
A froid, comme ça, j'ai l'impression que c'est de l'écriture quasi automatique, un texte reflétant une émotion plus qu'une histoire, un ressenti plus qu'un récit. C'est du moins ce que tes phrases hachées me rendent comme effet : beaucoup de points, des phrases courtes et souvent nominales, des répétitions parfois pesantes.
À l’horizon un jeune homme se rapproche. Je le connais. La démarche chaloupée, il se dirige vers moi. Je le connais. Il tient dans ses mains une coupe de cristal. Je le connais. Il se rapproche. Peau pâle, des allures de cadavres vivants. Je le connais. Couleur de cheveux indéfinissable ; sans cesse en changement : blond, brun, châtain. Il est vêtu de ténèbres. Je le connais. Il est devant moi, main tendue. Il m’offre la coupe. Un liquide blanc, visqueux, lourd, gélatineux. Il a les lèvres gercées. Je le connais. Il reste là les bras tendus. J’ai soif.
Il me regarde de ses yeux éteints. Je le connais
Tu as l'air de le connaitre, ce jeune homme, mais le lecteur reste beaucoup trop dans le flou à mon gout. Pas un détail de sa personnalité ? de son caractère ? de ses goûts ? de ce qui le définit, quoi.
Je ne le connais pas. Sa figure m’est familière. Je ne le connais pas. Ses traits me sont familière.
Autant pour moi, finalement tu ne le connais pas... ceci dit c'est encore plus flou, du coup :S
Lèvres contre coups
Comprends pas. Contre cou ? Si c'est le cas, un petit article serait probablement bienvenu pour fluidifier la phrase.
Montre lui les flemmes de l’enfer
J'adore la flemme de l'enfer ^^
trempe mes lèvres dans le liquide blanc devenu ambrée
ambré. Du sang blanc puis ambré ? hmm je ne vois pas trop où tu veux en venir
Des sanglots venant du plus profond de mon être remonte à la surface
remontent
Ses traits me sont familière
familiers
En dernier point négatif, je trouve que la référence à Monet est plus justifiée que celle à De Vinci, vu la saveur de ton texte. Tu devrais peut-être repenser le passage après les flemmes de l'enfer =)
Voilà, après plusieurs relecture, je commence un peu à cerner ton texte, mais c'est pas forcément évident : beaucoup de poésie, il est vrai, beaucoup d'images, de concept, un peu comme un puzzle de phrases éthérées, qui dénotent plutôt bien ta 'soif' d'evanescent.
Au plaisir
-
Pour ma part, j'ai eu l'impression de lire un rêve qui se change peu à peu en cauchemar...
Un texte très énigmatique, mais néanmoins plein de poésie morbide.
-
"ambré. Du sang blanc puis ambré ? hmm je ne vois pas trop où tu veux en venir"
L'eau se transforme en sang. La couleur ambré se rapproche à celle du sang.
"Voilà, après plusieurs relecture, je commence un peu à cerner ton texte, mais c'est pas forcément évident : beaucoup de poésie, il est vrai, beaucoup d'images, de concept, un peu comme un puzzle de phrases éthérées, qui dénotent plutôt bien ta 'soif' d'evanescent."
J'aime beaucoup la façon dont tu vois mon texte, Dot Quote. ;)
Merci de ton com à toi aussi Kerena ;)
-
Texte extrêmement étrange à lire, extrêmement intriguant. Je ne saurais dire s'il m'a plu ou non... J'ai l'impression que sa principale qualité joue contre le plaisir que j'aurais pu avoir à le lire. L'espèce de malaise installé, l'étrange obsession qui se dégage des lignes, rend la lecture éprouvante : à la manière d'un toc que l'on ne pourrait réaliser. Comme... quelque chose d'avorté avant d'être achevé et qui laisserait un drôle de goût dans l'air. C'est un peu ça. Un texte frustrant dans l'obsession qu'il dégage, poussif de manière poétique. Je ne sais pas si tout cela est très clair...
-
Je te comprend complètement Hément. J'ai eu la même impression lorsque j'ai écrit ce texte et plus tard lorsque je l'ai relu. Le maitre mot c'est obsession. Le narrateur et l'écrivaillon (moi) sont obsédés par la réponse à une question.
Je le connais. Je te connais. Qui es tu ? Où t'ai je aperçu ?
je te connais...
-
Tu resteras seul, démuni. Fixe le ! Montre lui les flemmes de l’enfer.
tu parles à Mona Lisa non ? seule/démunie, du coup. Fixe-le, Montre-lui.
Reptile serpentant la pente du vide. La danse du ventre.
transition rêvée vers Salammbô…
Peau pâle, des allures de cadavres vivants.
cadavre vivant
Personne au alentour.
aux –s, ou sans
J’ai pas compris grand-chose, vers la fin. Le style est pas mal mais poussif par moments (quand tu fais ta variation de « fixe-le », hmf…). Je rejoins un peu l'avis des autres sur le côté étrange voire surréaliste, un peu morbide et sur l'hésitation d'Hément qui sait pas trop si ça lui a plu ou non. Je pense que ça m'a plu mais c'est vrai que c'était bizarre comme lecture.