Pourquoi pas une petite mise en abîme Isallysun :D
Je veux que tu me raconte l'histoire de quelqu'un qui veux raconter l'histoire de quelqu'un qui veux raconter une histoire.
Tu as carte blanche pour tout le reste, je veux juste qu'on ait un joli vertige en lisant ton texte :P
et la précision (j'ai tenté de mettre en spoiler)
Oui mais que ce soit une boucle sans fin, car WED veut aussi raconter l'histoire de x qui veut raconter...
Bref c'est peut-être un peu trop débile comme concept maintenant que j'y réfléchis ><
Mais bon à toi de voir, je serais réellement impressionné si tu parvenais à bien travailler cette idée, avec la notion de vertige où l'on se rend compte que ce n'en finira jamais, et que ça a peut-être commencé bien plus tôt qu'on ne le pense ( et si le narrateur n'était lui-même que le reflet de quelqu'un d'autre ?)
Bon ben bonne chance :mrgreen:
Alors, je vous laisse juge sur mon texte racontant l'histoire de quelqu'un qui veut raconter l'histoire de quelqu'un qui veut raconter l'histoire de quelqu'un ...
Une histoire après l’autre
Assise à sa table de travail, Lilianne tenait fermement sa plume dans ses mains. L’inspiration ne venait toujours pas, malgré des heures à fixer la page blanche. Elle tenait tant à raconter une histoire, des histoires, et semblait attendre que le jet d’encre se déverse de lui-même en un flot de mots se juxtaposant harmonieusement les uns aux autres.
Mais ce flot de mots ne se déversait pas : Lilianne continuait de fixer sa page, sa plume, attendant que le miracle se produise. Puis, il lui vint l’idée d’un homme qui voudrait conter une histoire. Alors, elle posa les premiers mots, un à un, lentement.
Mais ne sachant pasIgnorant quelle histoire l’homme conterait, le héros de Lilianne se buta à une panne d’inspiration à son tour. Lilianne décida d’accorder une pause à son héros et, alors qu’elle écrivait que l’homme grattait sa guitare, elle eut l’idée de lui faire conter l’histoire de son frère.
Ainsi, elle posa à reculons quelques mots puisqu’elle avait l’impression de perdre le plaisir qu’elle éprouvait à écrire.
Mais Malgré tout, elle savait qu’elle devait se motiver à écrire lorsque l’inspiration se faisait moindre ou absente :
mais elle s’était toujours jurée qu’il fallait que cette activité demeure un plaisir, alors que sa panne d’inspiration persistante donnait des airs de corvée à cette magnifique activité.
Désespérée, Lilianne ignorait toujours quel pourrait être le vécu du frère du héros, et elle sentit les larmes monter à ses yeux. Et pourtant, ce n’était pas les idées qui manquaient : elle ne savait tout simplement plus comment mettre les mots sur le tourbillon incessant qu’elle avait dans la tête.
Voyant qu’elle n’avançait toujours pas et que le blocage se faisait toujours sentir, Lilianne barbouilla les mots qu’elle avait griffonnés, sans les relire. Elle n’arrivait pas à s’imaginer une personnalité au frère et, même si ses larmes avaient commencé à couler sur le papier, ce fut sans pitié que l’écrivaine envoya valser son histoire.
Par contre, si elle avait réussi à commencer à imaginer un second personnage, c’était que l’idée de départ était bonne. Alors, Lilianne essaya de se concentrer sur celle-ci pour l’exploiter en profondeur. Quelle était-elle ? Raconter l’histoire de quelqu’un qui voulait raconter l’histoire de quelqu’un. Oui, l’idée de départ était bonne et l’image de l’homme se précisait, ce serait un vieillard. Rien de mieux qu’un vieux sage pour conter une histoire.
Alors, elle recommença, se laissant guider par sa plume Se laissant guider par sa plume, elle recommença pour introduire son vieillard pendant qu’elle réfléchissait à l’histoire que ce vieillard conterait. Les mots défilaient les uns après les autres et Lilianne décida de lui faire écrire l’histoire de sa filleule où elle ajouterait un vent de féérie.
Lilianne semblait sur la bonne voie : elle s’imaginait la filleule comme une de ses tantes, celle qui était conteuse.
Alors, elle devrait La visualisant dans sa tête, l'écrivaine décida de faire conter des histoires à la filleule du vieillard. Et ce serait sur les fées.
Inspirée, Lilianne continuait à raconter l’histoire du vieillard qui racontait l’histoire de sa filleule. Ainsi, elle avançait à tâtons, ravie d’enfin écrire, même si elle sentait que sa prose fonçait droit vers l’abîme. Or, confiante un court instant, Lilianne poursuivait l’enfilement des mots les uns à la suite des autres.
Puis, vint le moment où la filleule devait raconter l’histoire de la fée qu’elle avait croisée, et Lilianne posait les mots, un à un, laissant la plume conter l’histoire de la fée contée par la filleule du vieillard qui écrivait l’histoire de sa nièce. Mais la fée avait aussi une histoire à raconter : celle d’un elfe qui lui était venu en aide.
Ainsi, Sans s'en rendre compte, l’écrivaine enfilait les clichés
sans s’en rendre compte et
elle continuait d’écrire l’histoire du vieillard qui racontait l’histoire de sa filleule qui, à son tour, contait l’histoire d’une fée qui racontait le passé d’un elfe qui l’avait aidée. Et bien sûr, Lilianne devait expliquer le passé en développant le monde dans lequel ils évoluaient. Alors, l’elfe devait raconter l’histoire d’un gardien qui raconterait à son tour l’histoire d’un autre gardien du monde et ainsi de suite. Pour Lilianne, c’était la meilleure logique qu’il pouvait y avoir.
Mais, Commençant à se perdre dans ce dédale, elle se demandait où elle était rendue
, commençant à se perdre dans ce dédale. Ah oui, elle était toujours dans le passé de l’elfe peuplé de sirènes et de méduses. Lilianne voyait ses oreilles pointues, son regard doux et taquin, son passé, et elle laissait la plume glisser sur le papier puisqu’il fallait aller rapidement pour suivre le labyrinthe de ce vieillard décrivant la vie de sa filleule se remémorant une fée se rappelant l’aide d’un elfe qui devait, pour qu’on en comprenne le passé, raconter l’histoire d’un gardien du monde qui raconterait celle d’une de ses comparses qui raconterait une autre histoire.
Décidément, lorsqu’elle tentait de résumer, Lilianne avait le tourniquet. Elle avait flairé l’abîme, mais elle s’était laissé s’y engouffrer. Plus elle avançait, plus elle se disait que son histoire ne paraissait pas crédible. Comme le message délivré par le téléphone arabe, personne ne croirait que son vieillard chéri livrerait les bonnes connaissances sur le plus haut
gradé des gardiens. Non, personne n’y croirait.
Lilianne laissa tomber la plume, cessant le flot des mots. De nouvelles larmes coulèrent sur le papier. L’écrivaine s’en voulait de s’être laissé emporter par cette folie, par ce gouffre impossible à relever, ce tourniquet dans lequel elle se perdait plus que dans un labyrinthe. Plutôt que de poursuivre cette histoire sans fond, elle était mieux avec le tourbillon dans sa tête et attendre que les mots puissent couler d’eux-mêmes sur ses idées, attendre que ces dernières s’éclaircissent en un torrent de mots.
AlorsDésabusée, Lilianne ramassa le papier, et le déchira en deux, en quatre, puis en mille miettes. Tant pis pour son vieillard : il était fou de s’être engagé dans tant d’histoires qui avaient donné le tourniquet à Lilianne. L’écrivaine regardait les morceaux éparpillés et pleuraient de n’avoir su mener à terme cette histoire, mais elle avait cessé de s’enfoncer dans le labyrinthe duquel elle ne serait pas ressortie. Et même si les larmes continuaient de couler, pour la première fois depuis longtemps, Lilianne n’envoya pas valser sa plume et les pages blanches qui parsemaient toujours sa table.