Le Monde de L'Écriture
Salon littéraire => Salle de débats et réflexions sur l'écriture => Discussion démarrée par: Dakimiss le 31 Juillet 2012 à 23:32:47
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J'ai lu dans Ecriture, de Stephen King, il y a quelques temps, quelque chose qui m'a assez marquée.
King y parle de cet état de transe dans lequel il se trouve lorsqu'il écrit, où rejaillit cette confiance en soi digne d'un enfant qui ne se pose pas de questions.
Et j'ai connu cet état, que j'ai hélas perdu.
Je vous explique. J'écrivais énormément quand j'étais gosse, et des choses plutôt bien ficelées, rien à voir avec aujourd'hui. Malgré les fautes de vocabulaire et de grammaire tous les 2 mots, y'avait quand même du bon scénario, des métaphores franchement marrantes et imagières, bref, mais tout cela est partit. Vers mes 13 ans, je crois, j'ai confié une histoire de 40 pages à ma mère pour qu'elle la lise.
Et voilà, elle n'a jamais passé la page 4. J'ai pas mal insisté, mais il n'y a rien eu à faire. Elle disait ne pas vouloir se sentir forcée, bref... Je ne la blâme pas. Toujours est-il que je me suis aussitôt dit que ça devait être tellement nul qu'elle n'arrivait même pas à lire l'histoire de sa propre fille. Donc j'ai continué à écrire, ou plutôt essayé, en me demandant sans arrêt "est-ce que ça lui plaira ?", et résultat, c'était mauvais, très mauvais.
Donc j'ai abandonné l'écriture pendant cinq ans, jusqu'à ce que je tombe sur mon JDR à l'écrit. Là, j'ai reçu beaucoup de compliments, et comme de l'huile sur mes rouages, ça a remis la machine en route. En 2006, donc. Et aujourd'hui, je n'avais encore jamais re-essayé d'écrire en dehors du contexte de mon JDR. ( J'écrivais beaucoup de chroniques, ou "passé" de mon perso, qui pouvait s'étaler sur de très très nombreux textes ).
Donc j'essaie de m'y remettre en ce moment, mais c'est laborieux.
Et ma réelle question est : Pensez-vous qu'on peut récupérer cette confiance magique, cet état qui fait que, on écrit un mot sur une page blanche, et le reste suit sans soucis, sans réfléchir, se demander si telle phrase n'est pas trop lourde, si ce n'est pas trop nul, et ainsi casser totalement la spontanéité qui fait qu'un texte sera vraiment bon ? Peut-on travailler sur ça d'après vous ? Et si oui comment ?
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C'est un état que j'ai également perdu dans mon adolescence. Mais j'ai eu le bonheur de le retrouver il y a quelques semaines.
Je m'explique : J'ai joué à wow (booouuuh la vilaine - rassurez-vous, je suis en phase de désintox ^^) pendant trois ans, et j'ai commencé un RP (comprenez RolePlay, une histoire inventée qui concerne wow et la plupart du temps son propre personnage). Au début, je l'ai plus fait par exercice, pour voir ce que je pouvais bien écrire sur le sujet... Et puis, ça m'a complètement prise : je revoyais le ptit fil à suivre comme dans mon enfance, et honnêtement les mots allaient trop vite dans ma tête et mon stylo ne suivait pas assez vite xD Je l'ai momentanément arrêté car le personnage est tombé dans une impasse dont je ne sais pas comment l'en sortir. Mais certaines images venaient comme ça, et l'histoire me venait peu à peu, au fur et à mesure.
C'est pas de la grande littérature, certes. Mais j'ai été heureuse de voir que je pouvais retrouver cet état d'extrême concentration - ces jours là, je comprenais pas comment les heures pouvaient passer si vite !
Donc je pense que oui, cet état est "retrouvable", au sens ou si on trouve un thème qui nous plaît, ne serait-ce qu'avec un début intéressant... Alors ya moyen que la plume nous emmène très, très loin.
En y réfléchissant, je me dis que si on a un "blocage" quand on écrit quelque chose, c'est peut-être que l'histoire ne nous plaît tout simplement pas, et du coup le cerveau met un droit de véto dessus :mrgreen:
Je sais pas si ce qu'ai écrit est compréhensible, m'enfin, je me comprends :mrgreen:
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Stephen King a bien fait de décrire ce sentiment comme une transe, c'est exactement avec ce mot que je le qualifierais.
J'avoue que cela m'arrive de plus en plus, les belles formulations qui jaillissent de nulle part, des rimes sans faire exprès, des effets de style sans le vouloir. Des fois je "vois" la scène, je sais ce que le personnage pense, je sais ce que je veux dire et où je veux aller, et les bons mots viennent comme par magie. C'est vraiment super comme sensation :D
Dans ces moments là je me relis et j'ai le sourire aux lèvres parce que je me dis que c'est génial, magnifique, totalement parfait.
Comme Kerena je pense que le thème influe grandement, par exemple parmi les texte que j'ai posté ici celui qui a reçu le plus de commentaires positifs c'était incontestablement La magnificence d'un monde qui s'effondre (oui je fais de la pub >< ). J'ai toujours été attiré par le post-apocalyptique, la mort, la dépression, la fatalité (et oui je suis une personne très joyeuse >< ). Ce texte c'est un peu tout cela, les mots venaient tout seul, et juste quand je me disais non c'est impossible je pourrais pas tenir sur la longueur ben si ça ne s'arretait pas.
Donc voilà, prends un thème qui te tiens à coeur, quelque chose où tu ne te forcera pas trop à réfléchir, ça passera niquel :D
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Honnêtement, pour les chroniques de mes persos, ça allait tout seul et très vite aussi. Mais ça restait toujours dans mon petit cadre sécuritaire et confortable de mon JDR ( qui est post-apocalyptique, et cyberpunk, en passant, toi qui aimes ça xD ). Du coup, maintenant jme sens comme " lâchée dans la nature " lorsque jme met en face d'une feuille blanche.
Cela dit, Kerena, je pense sincèrement que tu as raison lorsque tu parles de l'histoire. Et je pense qu'il faut que j'attende et que je médite sur un vrai truc, au lieu de trouver un scénar' juste parce que je veux à tout prix écrire ^^
Là j'ai commencé deux textes, j'ai écris une dizaine de pages pour chacun d'une seule traite, mais ensuite, impossible de poursuivre l'histoire ><
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J'ai beaucoup de mal à comprendre ce concept de l'angoisse devant la page blanche. Mais quelle angoisse ?
Si t'écris pas tous les jours 20 pages quelqu'un va venir te taper sur les doigts ?
Ca ne marche pas dans ce sens là : On prend une feuille, un stylo, et on se triture les méninges pour essayer de concevoir un texte.
C'est totalement le phénomène inverse : On est submergé de mots, de phrases, de métaphores, de formulations judicieuses et bien trouvées alors on se précipite sur une feuille pour tout balancer jusqu'à ce que le cerveau soit vide.
Tout le monde a des périodes où rien ne vient, toutes les idées semblent débile et inexploitable mais c'est pas un drame. En attendant que le flux revienne faut passer à autre chose sans se poser de questions. Et surtout ne pas forcer le mécanisme de l'écriture. Si tu cherche les mots sans qu'ils viennent à toi, ça va se sentir dans ton texte qui ne sera pas crédible.
C'est mon opinion.
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Le problème, je crois, c'est que quand on a connu ce plaisir d'écrire, cette transe dont parlent Stephen King et que reconnaissent Dakimiss, Kerena et WEG... ba je crois qu'on devient un peu "accro".
Je veux dire c'est un tel plaisir qu'on a très envie de recommencer alors qu'on est pas forcément dans les dispositions pour.
D'où la fameuse page blanche qui est un trompe-l'oeil.
On ne cherche pas une idée, ni des mots: on cherche notre dose :mrgreen:
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Le problème, je crois, c'est que quand on a connu ce plaisir d'écrire, cette transe dont parlent Stephen King et que reconnaissent Dakimiss, Kerena et WEG... ba je crois qu'on devient un peu "accro".
Voilà ^^ Je n'ai jamais goûté de drogues ni n'ai jamais pris de clope... Mais si je devais imaginer la sensation d'être en manque, ce serait bien ça ^^ Quelque chose qui te tient aux tripes et qui ne te lâche plus... Le problème c'est que c'est pas comme une drogue : tu peux pas en acheter au coin de la rue... |-|
J'ai beaucoup de mal à comprendre ce concept de l'angoisse devant la page blanche. Mais quelle angoisse ?
Si t'écris pas tous les jours 20 pages quelqu'un va venir te taper sur les doigts ?
Heureux les hommes qui ne connaissent pas la page blanche !
Pour illustrer cette "angoisse de la page blanche", je vais prendre en exemple le roman -en-devenir que j'ai commencé il y a quelques années. j'avais tout : les personnages, le début, la fin, un fil conducteur pas trop mauvais... J'ai commencé à écrire pleine de frénésie, et tout d'un coup... Pouf ! Passées une dizaine de pages, plus rien !
Je suis restée "frustrée" tout le temps que ce texte est resté au placard. J'avais enfin retrouvé l'inspiration, et cette sal*pe me tournait le dos ?? ><
Ben en fait, j'ai eu la ptit ampoule au-dessus du crâne il y a deux semaines à peu près. J'ai tout simplement réalisé que mon histoire ne tenait pas la route. Il fallait que je rajoute quelque chose pour que mon scénario soit moins bancal : et ce quelque chose était simplement un personnage en plus ! Sitôt qu'il s'est imposé, le reste a découlé tout seul. Je suis donc en train de revoir la troisième version du début XD Pour revenir à un comparatif avec les drogues, ben c'est limite jouissif comme sentiment... :huhu:
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Hum, je ne suis pas sûre que "l'angoisse de la page blanche" soit un simple problème d'inspiration et d'accro en manque d'écriture. Pour ma part, il s'agit effectivement d'un grand manque de confiance en soi. J'veux dire, je ne peux pas m'empêcher de relire mes phrases sans rigoler : c'est simple, soit je trouve que ça fait déjà vu, soit ça m'fais marrer parce que je trouve pas ça légitime de ma part d'avoir des prétentions littéraire. Donc oui, j'fais une sorte de blocage la plupart du temps, et il me faut toujours un bon moment pendant lequel je laisse les textes mariner dans ma tête avant d'oser les coucher sur papier. Et là, ça vient d'un coup ; je sais pas si j'irais jusqu'à parler de "transe" comme vous, mais disons qu'arrive un moment ou je ne me pose plus trop de question.
Le mieux ça a été pendant le NaNo : 50 000 mots en un mois, un quota de 1700 mots par jour, ça vous oblige à aller de l'avant. Pour autant, je ne suis pas sûre de pouvoir le refaire en novembre prochain. On verra bien.
Du coup :
Pensez-vous qu'on peut récupérer cette confiance magique, cet état qui fait que, on écrit un mot sur une page blanche, et le reste suit sans soucis, sans réfléchir, se demander si telle phrase n'est pas trop lourde, si ce n'est pas trop nul, et ainsi casser totalement la spontanéité qui fait qu'un texte sera vraiment bon ?
jamais complètement à mon sens; et heureusement : c'est comme ça qu'on écrit bien, en se posant des questions. Avoir l'impression d'écrire comme si on était en "transe" d'accord, mais si c'est pour écrire n'importe quoi, je ne vois pas l'intérêt.
Peut-on travailler sur ça d'après vous ? Et si oui comment ?
La seule solution que je vois serais de se forcer à écrire, mais ce n'est surement pas la bonne. Peut-être en essayant de te lancer des défi, chercher des AT, histoires d'avoir des idées de départ, trouver l'inspiration un peu partout et surtout te donner le temps de réfléchir à ton texte avant de te mettre devant une feuille blanche.
Euh, j'ai répondu à la question là ? ???
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Saaalut,
Dans tout ce que tu as dit Dakimiss, j’ai eu l’impression que le souci venait du fait que tu cherchais à écrire pour plaire aux attentes d’un lecteur (particulier ou non).
Je sais que quand je n’arrive pas à écrire (écriture forcée), c’est que je mets dans mon histoire des choses pour satisfaire un autre œil ou une autre sensibilité que la mienne.
Dès que je me mets ces contraintes, je perds le plaisir, je me prends la tête >< (et dans ton cas j'ai l'impression que ça te pousse à te dire "mais ils vont pas aimer, c'est nul, chuis nulle, je vais me mettre au point de croix")
Alors, comme dit Anlor, généralement si on se casse le bol, ça donne quelque chose de plus abouti. Le problème c’est que faire quelque chose d’abouti n’est pas forcément mon but, je préfère m’amuser à écrire (ce qui sous entend que je ne trouve pas amusant de chercher à reformuler sans arrêt ce que j'écris, mais je conçois que ça puisse faire partie du plaisir d'écriture pour d'autres hein)
Donc c’est aussi ça la question. C'est quoi ton objectif... Ta transe peut donner quelque chose de bien dès le début, mais généralement, un bon écrit demande de sortir de cette transe et de bosser un peu, ce que perso j'ai la flemme de faire :relou:
Tout ça pour dire (warning : avis perso), ton plaisir d’écrire doit s’affranchir du lecteur, mais ton envie de produire quelque chose de qualité doit pousser ton esprit critique à retravailler ce que ton plaisir a créé. C’est deux phases différentes. ::)
Mais en gros je dis juste que si tu veux retrouver ta transe, fais-toi plaisir, écris ce que tu veux voir dans l’histoire. Et tant pis si les clichés abondent, et tant pis si les forces du mal s’appellent « le royaume de l’Ombre », du moment où tu fais ce qui te plait :lecon:
C’est un peu la pochette surprise cette fameuse transe. Tu peux te retrouver avec un diamant brut comme avec une pelle de charbon au bout du compte :mrgreen:.
J’ai plein de charbon chez moi, mais je le vis très bien, comme quoi :-¬? (mais évidemment j'encourage les gens à polir de beaux diamants hein, au moins pour mon plaisir de lecture mouahaha)
:D
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Je crois qu'Anlor a tout dit! Et je dois dire que lorsque je ressens cette transe, c'est lorsque je suis nostalgique ou sous le coup d'une forte émotion! Tu dis avoir déjà ressenti cet effet! Dans quel état te trouvais-tu juste avant de prendre la plume? Qu'est-ce que tu écrivais? Mais bon, il ne faut pas forcer, mais écoute tes envies et ça devrait revenir de soi!
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En fait, je trouve que ce problème revient un peu à la question "pourquoi écrire" qui, il me semble, est l'objet d'un topic quelque part dans le coin.
Personnellement, quand j'écris, c'est parce que j'en ai besoin. Il y a des mots qui tournent dans ma tête, des trucs qu'il faut que j'exprime, que j'exorcise, donc pouf, je les balance sur une feuille et je peux passer à autre chose (bon, pas complètement, mais au moins, ça arrête de m’obséder). Donc sur le coup, je m'en fiche un peu que ce soit bon ou mauvais, je n'essaie pas de faire des jolies formules et je fais à peine attention aux répétitions. C'est seulement après, si je me dis que le texte est sympa, que j'essaie de le transformer en quelque chose de bien, et donc c'est là où je commence à douter de tout.
Visiblement, pour toi, cette étape d'autocritique arrive avant, t'as juste un problème de timing en fait. :mrgreen:
Tu pourrais essayer la méthode "on s'en fout si c'est moche, on verra plus tard" (peut-être que voilà enfin un domaine où la procrastination est bénéfique !). Ça évite la page blanche, mais je suis pas sûre que ça produise de meilleurs textes. Mais à force d'écrire, même des trucs mauvais, on s'améliore (Stendhal disait : "Tout le monde peut devenir écrivain, il suffit d'écrire vingt pages par jour."), en tout cas, c'est ce que je me dis pour m'encourager :mrgreen:.
En bref, je pense qu'on perd le plaisir de l'écriture quand on commence à écrire pour être lu. (Enfin, ça marche comme ça pour moi, en règle générale).
C'est un peu fouilli tout ça, mais j'espère que ça peut un peu t'aider.
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Bonjour à tous,
J'ai retrouvé beaucoup de mon expérience personnelle dans cette file de messages.
Que ce soit Kerena et son passage par Wow. Je l'ai commis, moi aussi, et je ne cache pas que la lassitude, et le renouveau du goût à l'écriture lors de tentatives de background de mes personnages m'ont bien aidé à m'en détacher. D'ailleurs j'ai un projet de compilation de ces textes qui traîne toujours dans ma todo list.
Que ce soit les phases de transe évoquées par plusieurs. Ce sont les périodes qui ne produisent pas forcément un texte "définitif" mais qui contient très souvent de très bonnes idées. Etant très égoïste, je n'écris que (enfin presque) pour mon plaisir d'écrire, et ces moments sont évidemment jubilatoires. Difficile, par contre, de les prévoir ou de les provoquer, et c'est bien là le drame !
Que ce soit la différence entre "écrire pour son plaisir" ou "écrire pour être lu". Oui, je l'avoue, je ne cherche pas spécialement à être lu, enfin jusqu'à présent. Même si ça flatterait mon ego. Je me contente, peut-être un peu trop souvent, d'un premier jet, ou, dans les meilleurs cas, de quelques relectures dont je me satisfaits. Ce qui ne m'empêche pas d'être perfectionniste dans le sens où à chaque relecture j'ai envie de changer beaucoup de choses. Cela dit, j'ai beaucoup amélioré mon travail préparatoire, en ne me jetant plus tête baissé dans la rédaction à la moindre idée, mais en laissant bien mûrir dans ma tête, voire en combinant, modifiant, retournant ou triturant tout ce qui tombe dans ma boîte à idées.
Bon, assez parlé de moi.
Tout ça pour dire que oui, ce trop éphémère état de grâce peut revenir, mais, hélas, c'est difficile de dire exactement de quelle manière. J'appuierai donc les suggestions du thème à aborder, de l'état d'esprit, l'état de fatigue intellectuelle, du moral, de la frustration, mais également de l'imagination (qui a besoin de repos régulièrement, du moins dans mon cas) et, pour finir, de la confiance en soi (oui, j'ai réussi à replacer le titre) et en son potentiel. C'est compliqué, comme ma réponse, j'en suis conscient, mais j'espère avoir au moins fait avancer le débat d'un tout petit millimètre.
Cordialement,
O.
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J'ai certainement trop lu Rilke, mais je crois que sans cela, je penserais comme lui tout de même.
La matière première de l'écrivain se trouvant en lui-même, il ne peut pas la mêler à celle des autres (réelle ou supposée), sans perdre de cohérence dans sa créativité.
On écrit sous une impulsion créatrice, quelquefois jugée bonne, quelquefois pas. Mais les jugements et critiques que nous nous portons, nous les premiers, n'ont de valeur que relativement à... Ce que nous avons reçu, appris, subi, entendu, cru, que sais-je?
L'exemple des fora est idéal et je vais d'ailleurs utiliser une erreur que j'ai commise hier, ici même, par manque de discernement dans ma démarche.
J'avais écrit quelque chose de très personnel, de profond, de vrai, dans des termes que j'aime parce que, très précisément, ils exprimaient chacun exactement ce que je désirais dire. Sachant de quoi je suis techniquement capable, je n'avais rien à me prouver dans ce sens et me suis laissée porter par ma propre musique, bercer par mes termes favoris.
Ce n'était a priori pas un mal, même plutôt un grand bien.
Je ne me suis pas davantage questionnée sur l'objectif de la publication de ce poème, puisqu'il était si clair, pour moi, que le fond prévalait tellement sur la forme. Et je l'ai posté, bêtement, sans me demander une seule fois quelles seraient les attentes des éventuels lecteurs qu'il rencontrerait. On ne peut pas cibler chaque attente particulière, c'est évident, mais on peut prévoir certaines des réactions "typiques" qui vont se manifester. Je n'ai pensé à rien de tout cela et, sans aucun discernement, comme je me serais relue moi-même, j'ai jeté dans des mains un peu consternées (il y avait de quoi) un texte qui, de précieux qu'il est pour moi, ne revêt que peu d'importance pour qui n'est pas moi.
Vu de l'extérieur, la technique était un peu trop absente (ou un peu trop présente : j'ai eu la chance d'obtenir deux commentaires presqu'antagonistes. ) et je me suis rendue compte de mon incompétence, non pas en matière d'écriture, mais en celle de choisir ce que l'on peut, ou non, partager et dans quelles conditions.
Tout cela pour dire que si je n'avais pas su analyser les choses, garder confiance en moi, j'aurais pu, très facilement, bazarder mon bébé avec l'eau de son bain. Alors que j'avais seulement apporté un enfant entièrement nu devant les fonds baptismaux.
Je crois qu'il ne faut diffuser que ce qui relève de la pure technique, du travail artisanal, pour ne pas se trouver confronté à une situation telle que je l'ai vécue. Les fora vont aider quelqu'un à "monter" son projet, à trouver des tournures ou des termes plus précis, s'il hésite sur la forme. C'est, je crois, un excellent tremplin pour commencer (j'aurais aimé avoir cela quand j'avais vingt ans). Mais ils ne seront d'aucune utilité en termes de matière première de l'écrit ni même en tant que système d'évaluation de sa valeur réelle, valeur si relative et surtout subjective que l'on ne peut s'en remettre, en dernier comme en premier lieu, qu'à soi-même.
En fait, au gueuloir comme au bureau, je crois que l'on doit tout se permettre, même (peut-être surtout) le pire. Il faut tout sortir, tout lâcher, sans aucun jugement de valeur. Puis, quand la matière est là, savoir discerner (ce que je n'ai pas fait hier) entre ce qui peut intéresser de parfaits étrangers (en général, c'est très technique, très formel. Il est rare que le fond fasse véritablement écho chez une majorité de personnes. C'est même rarissime, il faut compter avec cela. ). C'est donc à cet unique moment qu'il faut devenir critique et critique acerbe : au moment de poster ou publier son écrit, parce que, cette fois, il va être attrapé, tripoté, disséqué... Et jugé pour de bon. Pas forcément par des personnes qui s'y connaissent, mais c'est peut-être encore mieux ainsi, on prendra la pleine mesure de la vacuité d'une attente quelconque de jugement extérieur à soi-même, quand il s'agit, bien entendu, d'un texte abouti, d'un écrit qui, pour nous, remplit toutes les fonctions que nous lui désirions.
C'est là que mon long préambule touche à sa fin pour en venir à ceci : on ne peut pas écrire sans s'accorder à soi-même une pleine confiance (pas de l'aveuglement, pas de la psychorigidité : il faut que la démarche soit lucide, consciente). Quand on se refuse cette confiance, on se livre nu aux volontés infiniment multiples des lecteurs que l'on aura. Autant se faire écrivain public et recevoir des commandes, directement. On n'écrira plus rien de bon parce que tout ce qui sortira de ce système abâtardi, ce n'est rien de pleinement soi, rien non plus de pleinement "l'extérieur" puisque nous ne pouvons écrire efficacement que ce qui vient de nous-mêmes.
Il est bon de rester humble devant notre travail ou notre production, mais il ne faut surtout pas abandonner aux autres ce qui nous appartient en propre.
Que quelqu'un nous dise : "ce mot-ci ne convient pas", il sera suivi d'un autre qui tiendra ce mot pour la clef de voûte incontestable de notre écrit.
Pire est la critique entre personnes qui écrivent : nous sommes encore moins vierges que ne le sont ceux qui n'écrivent pas.
Or, la seule personne crédible, la plus intime que nous connaissions, c'est encore nous-même.
Il me semble que, pour cultiver cette confiance en soi, on est obligé de verser un peu dans une sorte de pacte égocentré : "je serai, toujours, le juge de mes écrits, les autres n'investissant qu'une fonction passagère de procureurs ou d'avocats, utile, mais secondaire.". De plus, et ceci nous concerne cette fois nous-mêmes : "je laisserai aller tout ce qui vient de moi sans aucun jugement.". La discrimination, comme je le disais plus haut, ne devant se faire qu'au moment de donner un autre objectif à notre écrit que celui d'exister.
C'est encore la seule chose dont, à ce jour, je puisse être à peu près certaine.
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Alors là, je suis aaaaabsolument pas d'accord avec toi, Rose, mais ne le prends pas mal ^^
Je trouve ça très réducteur de considérer que le regard de l'autre (forum ou autre ; le forum ayant juste l'avantage que les gens te disent sincèrement ce qu'ils pensent sans craindre de blesser, alors que si c'est des proches c'est parfois plus délicat) ne peut avoir d'importance que sur la technique.
Évidemment, ça dépend : si tu écris uniquement pour toi (au sens où tu ne considères pas ton texte comme un acte de communication mais comme une expression de toi-même qui n'a que ce but-là), ce que je vais dire n'a aucune valeur, puisque, en effet, le seul destinataire du texte étant toi-même, il sera réussi quand tu en seras contente. Simplement.
Mais si - comme beaucoup de monde je pense - tu considères le texte comme un acte de communication (tu transmets quelque chose à un lecteur - une figure abstraite de lecteur), c'est vraiment limitatif de ne considérer que tout avis n'aura de valeur que sur des points strictement techniques.
Quand on écrit, on a nos propres images qui se placent sur les mots, on sait ce qu'on a voulu dire et exprimer. La vraie difficulté - et la vraie magie de la lecture et de l'écriture - c'est quand on arrive à les transmettre au lecteur. Bien sûr, jamais pleinement, et vous me direz que Bidule ou Truc n'auront pas le même avis sur tel roman. Oui mais quand vous lisez - je prends le premier exemple qui me passe par la tête - une scène de suspense, elle est là pour vous transmettre du suspense. Si vous la lisez lointainement avec un sourcil haussé et en bâillant, c'est qu'elle est ratée. Evidemment, si un seul lecteur la vit comme ça, on peut supposer que c'est lui qui n'a pas accroché - mais si, globalement, le Lecteur en tant que figure abstraite, s'ennuie en la lisant, c'est qu'elle est ratée. Objectivement. Même si l'auteur, à chaque relecture, est, lui, totalement embarqué dans son extrait.
A mon sens, c'est là que le regard de l'autre est le plus important. En tenir compte, ce n'est pas écrire sur commande ou être écrivain public.
Parce que, avouons-le, très souvent des gens s'inscrivent, postent un texte mille fois déjà vu et pas franchement bien écrit, et considèrent qu'ils ont pondu un chef d'oeuvre et que si on ne le voit pas, c'est de notre faute. Mais, le texte a beau avoir une réelle résonance dans le coeur de son auteur, l'histoire d'un forestier qui se découvre élu par une prophétie pour aller combattre un méchant sous les conseils d'un vieux magicien barbu, c'est et ça restera cliché. Et ça c'est pas une question de technique.
BREF, j'en viens à la fin de mon réquisitoire :mrgreen:
Je pense qu'il faut, avant toute chose, arriver à distinguer son propre attachement à un texte et celui que les lecteurs pourront y porter. Personnellement, j'ai des textes qui ont reçu des commentaires pas très positifs, mais que je continue d'aimer - tandis que certains qui ont des commentaires élogieux ne me tiennent pas plus à coeur que ça. Mais je suis consciente que, même si je les aime, si pas grand monde n'a accroché à leur lecture, c'est qu'ils sont bien imparfaits. Tant pis, hein, je me suis beaucoup amusée à les écrire, ils représentent quelque chose pour moi ; mais le texte en lui-même est bof. C'est comme ça.
Y a qu'à voir : ressortez un de vos textes vieux de plusieurs années et que vous n'aurez pas relu depuis. Un dont vous étiez content et où, à chaque relecture, vous ressentiez très exactement ce que vous aviez voulu exprimer. Oui ben 4-5 ans après, il y a de grandes chances qu'il vous paraisse maladroit, sonner faux, ou du moins qu'il vous semble étranger et que vous en voyiez soudain les imperfections.
Là encore, à mes yeux, l'avis de l'autre est là pour éviter d'avoir à attendre 5 ans avant de corriger un texte :mrgreen:
Mais revenons à la question de départ, lol.
Et ma réelle question est : Pensez-vous qu'on peut récupérer cette confiance magique, cet état qui fait que, on écrit un mot sur une page blanche, et le reste suit sans soucis, sans réfléchir, se demander si telle phrase n'est pas trop lourde, si ce n'est pas trop nul, et ainsi casser totalement la spontanéité qui fait qu'un texte sera vraiment bon ? Peut-on travailler sur ça d'après vous ? Et si oui comment ?
En fait, moi... je pense pas que ça vienne d'un problème de confiance en soi :-[
Je vais être très mégalo et prendre mon propre exemple. Mais je pense qu'on peut concéder que j'ai autant de confiance en moi qu'un bigorneau a des chances de remporter le triathlon aux JO (je sais même pas s'il y a du triathlon aux JO). Pourtant, cette histoire de transe, là, même si le mot me semble un peu grandiloquent (je dirais plutôt un état mêlant grande concentration et exaltation ; bon c'est peut-être pareil en fait :mrgreen: ), ça m'empêche pas de le ressentir quand je me plonge dans une histoire :)
Bon, après, c'est vrai que quand cet état s'arrête (parce qu'une histoire, sauf si elle est très courte, demande de la persévérance pour continuer au-delà du stade initial de "c'est trop bien je peux pas m'arrêter je dois écrire la suite viiite"), quand cet état s'arrête, là intervient peut-être le problème de confiance en soi. Du coup je vous rejoins. J'ai aussi ce problème, très fréquent depuis quelques mois/années : j'arrête un texte au milieu parce que je le trouve nul ou du moins je le trouve médiocre et je me demande s'il vaut vraiment des efforts à fournir pour le terminer.
La seule solution, ça doit être ce qui a été conseillé sur ce forum dans ce fil et ailleurs : continuer quand même, pour le plaisir d'écrire, et tant pis pour la qualité. Ne pas, au moment d'écrire, se demander si ça va plaire.
MAIS ça ne veut pas dire que ce que vous écrivez sera forcément bon si vous l'aimez. Au contraire, je pense qu'il faut accepter que ce qu'on écrit n'est pas forcément bien, pas forcément bien du premier jet, mais qu'il faut le finir parce qu'on l'aime quand même, et que la question de la qualité viendra après.
AMHA ::)
EDIT : en fait je suis tout à fait d'accord avec Tomoyo ^^
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dakimiss,
le problème ne vient pas de toi , il vient de ta mère.
le manque de confiance que tu as en ta capacité à écrire "bien" ou "comme il faut", vient du fait que tu as perdu confiance à travers ce que ta mère perçoit de toi et de ton écriture.
surtout de ton écriture dans cet exemple.
le problème ce n'est pas "toi" ou "ton écriture" cela vient plutôt , excuse moi de te le dire, mais de ta maman.
ta mère aurait dû lire ton récit jusqu'au bout, et t'encourager dans cette activité qui, de toute évidence te faisais (fais?) du bien.
le fait que ce soit "bien" ou non , ce n'est pas cela l'important.
ce qui compte pour toi et qui t'as blessé, c'est qu'elle n'est même pas allée jusqu'au bout de ton livre et qu'elle t'as dit qu'elle "n'avait pas envie de se forcer", c'est une réaction étonnante de la part d'une maman!!
c'est comme lorsqu'en maternelle on fait des colliers de pâtes , tout le monde c'est que c'est affreux, mais cela n'empêche pas le parent, parfois de dire que c'est magnifique!
c'est comme ça que l'on construit la confiance que l'on a en soit adulte!
si nos parents nous répètent toute notre enfance qu'on est nuls et que l'on arrivera à rien, il est normal que l'on finisse par y croire.
donc mon conseil pour toi ce serait de t'appuyer sur des gens qui te font des commentaires positifs , puisque ta maman n'accepte pas de lire de ton texte jusqu'au bout et que tu ne peux pas t'appuyer sur elle, et de prendre ces commentaires positifs pour toi et d'avancer avec , en laissant de côté ce que fais ta mère.
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Je suis entièrement d'accord avec Jon en ce qui concerne la page blanche. Je n'ai jamais eu ce phénomène, parce que je n'ai jamais ouvert de nouveau document sans avoir d'idée, à part pour le tout premier Nano. Et je ne suis pas sûr que la page blanche soit liée à une histoire de transe mais à un problème de perfection. J'ai l'impression que ceux qui y sont confrontés croient que tout ce qu'ils écrivent est mauvais. Du coup, ils alignent à peine deux phrases qu'ils les effacent. Il faut être exigeant avec soi-même mais pas trop.
Sinon, par rapport à cette transe, je ne l'ai jamais ressentie. Bien sûr il m'arrive de m'extasier tout seul quand j'écris un bon passage mais jamais je n'ai senti une quelconque surdose de confiance en moi ou autre quand j'écrivais. L'avantage, c'est que je ne risque pas de perdre l'envie d'écrire puisque je ne peux pas perdre une transe que je n'ai jamais connue :D
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Je pense que vous avez raison de dire que les mots doivent venir naturellement et que si on a pas l'inspiration ce n'est pas la peine d'écrire.
Cependant, il serait quand même bon de préciser que pour les petits génies qui parcourent ce forum et qui ont peut-être le talent pour devenir écrivain pro, il ne faut pas prendre cette habitude de ne pouvoir écrire qu'à l'inspiration.
Votre éditeur lui, s'en fou de vos phases de transe intellectuelle, il veut juste que vous respectiez son contrat et les délais. Donc si un jour vous vous levez le matin sans aucune inspiration, il faudra quand même se pencher 6 heures d'affilées devant une page. C'est pour ça qu'il faut prendre l'habitude je pense d'essayer d'écrire sans l'inspiration.
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Si ton éditeur est pas capable de comprendre que t'aies du mal à écrire et te force à pondre un manuscrit pour absolument sortir un livre de toi, tu dois pouvoir lui envoyer n'importe quel truc bateau sans trop de souci, visiblement, c'est pas la qualité qui intéresse :mrgreen:
De toute façon, je pense que ça vient assez naturellement. Quand on sait qu'il y a un "enjeu", on se met à écrire sans attendre les phases où ça devient "un besoin". Je crois pas que ce soit vraiment la peine de se forcer pour "prendre l'habitude". Si au moment de passer au stade "pro" on se rend compte pas tellement qu'on est pas capable, mais plutôt qu'on ne supporte pas de se dire "bon, aller, au boulot, j'écris une page", je crois que c'est même pas la peine de continuer.
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Hum, je n'ai sûrement pas assez d'expérience pour être vraiment constructive dans ce débat, mais je trouve étrange que vous écriviez sous l'effet d'une impulsion momentanée. Est-ce que vous ressentez vraiment tout d'un coup le besoin d'écrire ? Est-ce que ça vous libère vraiment de quelque chose ?
Personnellement, j'écris comme je dessine, pour "offrir" aux autres toutes les histoires que j'ai dans la tête, les partager. Mais ces histoires sont là tout le temps, je suppose que c'est pour ça que les mots viennent tous seuls : parce que l'idée m'habite tout le temps. Mais du coup ce n'est pas vraiment une impulsion qui me fait écrire, il faut juste que je trouve le courage de m'y mettre et alors le temps défile sans que je m'en rende compte. Est-ce que ce n'est pas pareil pour vous ?
Tout ça pour dire que la "page blanche" vient peut être du fait qu'accablés par d'autres préoccupations, vous ne vous autorisez plus à laisser vagabonder votre esprit (mais j'extrapole à partir de ma propre expérience qui est bien limitée :-[).
Par ailleurs, quand j'écris c'est vrai que les mots viennent tous seuls, mais je ne suis pas sure que ce soit cette transe dont vous parlez : je suis loin d'être certaine que ce que j'ai fait est bien, je pense juste que je fais de mon mieux dans l'instant, ce qui ne veut pas dire que je ne pourrait pas faire mieux plus tard... Pensez-vous qu'on ne peut produire quelque chose de vraiment intéressant que dans cet "état de transe" dont vous parlez ?
Si oui, est-ce qu'il ne faut pas juste se laisser aller à ne rien faire du tout pour le retrouver ? Est-ce que vous ne vous sentez pas plus productif après une phase d'apparente inactivité ou vous laissez aller votre imagination ?
Je suis désolée, ça fait beaucoup de questions et aucune réponse mais je suis vraiment intriguée et je ne savais pas trop où demander :-\
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J'ai tout le temps l'impulsion d'écrire, mais ça ne veut pas dire que je passe mon temps à le faire. Par contre oui, réfléchir à certains points de l'histoire, à comment développer ça ou ça, à incorporer une idée, tout ce genre de trucs qui font partie de l'écriture sans en faire partie (c'est à dire juste le travail de réfléxion) je le fais dès que je le peux. Je dirai qu'en matière d'écriture, 80% de mon travail est fait de ces abstractions intellectuelles qui n'aboutissent à pas grand chose, car c'est dans les 20% restants que j'ai un ordinateur devant moi pour tapper des phrases, et que généralement je ne raconte jamais ce que j'ai prévu de faire.
Pour rebondir sur la transe, je ne saurai pas trop l'expliquer car on ne s'en rend pas vraiment compte sur le coup. Tu trouve une bonne réplique et t'arrive à enchainer dessus, puis t'écris un truc encore plus beau et tu te mets à jongler avec les mots comme jamais. C'est jouissif comme sensation, mais ça retombe comme un soufflet après relecture quelques jours/semaines/mois plus tard. Tu n'es plus dans l'instant où t'as écrit ça, les maladresses et les fautes surgissent tout d'un coup et t'as honte d'avoir crû que c'était bon. Cela dit je pense que les trucs les plus intéressants sont écrits dans ces moments-là, disons que ce sont des diamants bruts qu'il faudra polir avec le temps.
Pour ta dernière question, un vrai écrivain aura toujours quelque chose à raconter, toujours. C'est l'effort d'écrire qui est chiant, trouver les mots, corriger, relire, etc... Mais comme j'ai dit un écrivain se forcera toujours à aller au delà de ce travail pour pondre quelque chose.
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Votre éditeur lui, s'en fou de vos phases de transe intellectuelle, il veut juste que vous respectiez son contrat et les délais.
Je ne sais pas à quel genre de contrat tu fais allusion mais personnellement je ne signerai jamais un contrat qui m'oblige à écrire un truc. Ca me parait plus logique d'écrire d'abord le roman avant de le soumettre à un quelconque éditeur.
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Personnellement, sans rentrer sur le débat concernant l'éditeur, je me rends compte que j'ai aussi perdu quelque part cette capacité à entrer dans un état de transe qui me permettait, il y a quelques années, d'écrire sans y réfléchir mes plus belles pages, qui nécessitaient bien entendu relecture et corrections, mais dont le fond était là et bien là. Maintenant, personnellement j'ai aussi perdu le contact avec deux personnes avec qui je partageais énormément, discutant des heures durant du contenu de mes textes, aussi bien sur le fond que sur la forme, et ça ça m'a bloqué aussi. Maintenant, je me suis rendu compte que cet état, je peux essayer de le retrouver, par l'entraînement. En me forçant à trouver un début d'histoire, sans l'écrire, simplement imaginer le début, travailler le bloc brut, jusqu'à trouver le filon de départ. Et une fois que j'ai trouvé ce filon de départ, alors je peux reprendre mon stylo et essayer de le faire courir sur la page.
Maintenant, je me rends compte aussi qu'actuellement j'ai à peu près 52315961452315 projets différents en cours, et qu'à vouloir trop en faire en même temps, j'ai tendance à ne plus avancer dans rien. Donc là c'est aussi une discipline personnelle que je dois m'efforcer de retrouver, parce que je sens que la capacité est toujours là.
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Pour ceux qui bloquent, il paraitrait qu'il suffit de se forcer à s'y mettre au moins 4minutes, et après ca va tout seul... 4 minutes c'est le temps que notre cerveau aurait besoin pour pouvoir s'adapter et se donner l'envie de se mettre à une tache...
J'ai pas testé la véracité, mais ca coute rien d'éssayer, meme si ca implique d'écrire n'importe quoi pendant 4 minutes... ^^
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Pour ceux qui bloquent, il paraitrait qu'il suffit de se forcer à s'y mettre au moins 4minutes, et après ca va tout seul... 4 minutes c'est le temps que notre cerveau aurait besoin pour pouvoir s'adapter et se donner l'envie de se mettre à une tache...
J'ai pas testé la véracité, mais ca coute rien d'éssayer, meme si ca implique d'écrire n'importe quoi pendant 4 minutes... ^^
A mon avis, c'est faux : il m'arrive souvent de me mettre à travailler et de m'arrêter quand j'ai l'impression d'avoir bien mérité une pause, de regarder l'heure, et de constater que j'ai travaillé 5 minutes :mrgreen:
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A mon avis, c'est faux : il m'arrive souvent de me mettre à travailler et de m'arrêter quand j'ai l'impression d'avoir bien mérité une pause, de regarder l'heure, et de constater que j'ai travaillé 5 minutes :mrgreen:
Ahaha, mais c'est le syndrome inverse ca :mrgreen:
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Je compléterai un peu mon message d'il y a deux ans.
Maintenant que j'ai pris l'habitude d'écrire quasiment tous les jours, pendant une durée qui varie pas mal, je trouve qu'il est beaucoup plus facile et rapide de m'y mettre.
Bon, en fonction de mon humeur, principalement, j'aurai plus de facilité avec tel ou tel genre de texte, mais le fait est là : l'habitude d'écrire aide largement à débuter une cession. En donnant une certaine confiance, non pas dans la qualité de ce que l'on produira, mais plutôt dans la quantité, de laquelle sortira toujours quelque chose de bon, ne serait-ce qu'une phrase ou une petite idée.
Dans l'idéal, entre 1h et 2 par jour, au minimum une demi-heure, et sinon autant que je peux.
Et plus j'écris, plus j'ai envie d'écrire, mais je sors un peu du cadre de ce fil.
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Ce que vous appelez "état de transe", c'est cette forme d'écriture automatique qui se matérialise dans notre tête lorsqu'on s'endors? (Hypnojesaisplusquoi...).
Personnellement la période de ma vie où j'ai été le plus inspiré correspond à l'époque où je lisais énormément de livres de Serge Brussolo et où je regardais beaucoup de films dérangeants avec un ami. Je m'étais pas mal désocialisé et je passais tous mes midis sur mes bouquins. (50 livres en un an, quand même!)
Du coup j'en suis ressorti avec plusieurs morceaux que j'ai joué avec mon groupe d'après mais pas totalement indemne non plus puisque aujourd'hui on me reproche encore mes problèmes de communication.
En ce moment je revis un peu cela, je lis beaucoup de livres tirés par les cheveux (La Nuit Du Bombardier de Brussolo, de la grosse folie...), je m'isole pas mal mais par contre je dors beaucoup plus qu'avant (j'ai vieilli...), du coup je ne ressent plus cette sensation d'abrutissement avec toutes ces hypnagogies. (j'ai retrouvé!!!). Cependant, travaillant en milieu hospitalier je suis servi question inspiration...
Tout ça pour dire que j'ai beaucoup de mal à associer inspiration et vie sociale...
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TiL, ton point de vue m'intéresse pas mal, un détail, tu peux citer certains des films que tu as vu durant cette période ? Parce que je remarque que moi-même, je retrouve généralement mieux l'inspiration lorsque je ne suis pas dans mon état tout à fait habituel...
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Silent Hill (choqué pendant deux semaines à cause de toute la symbolique du film, d'ailleurs j'ai vraiment l'impression de l'avoir vu dans une sorte de transe...).
Les Autres
Jeepers Creepers
The Descent
The Creep
...
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Bonjour tout le monde,
Je crois que oui, parfois, on a cette effet de se sentir complètement coupé du reste du monde, que notre inspiration est immense lorsque nous écrivons. Hélas, j'étais comme toi petite, j'écrivais beaucoup, bon pas très élaboré et bien sûr, les fautes, mais je me souviendrai toujours de cette passion que j'avais. Peut-être que quand nous sommes plus jeunes, le fait d'être émerveiller par tout... On a plus d'inspirations, on pense moins à l'avis des autres, donc, il va de soi que notre confiance en nous est plus grande.
L'important je crois, ce n'est pas ce que les autres vont penser de ce que tu vas écrire. Il faut que tu ailles confiance en ce que tu écris. Et toi, que penses tu de ce que tu viens de faire ? Pour ce qui est de cet ''état de transe'', ce n'est que trop vrai. Quand on est dans une phase quelconque (films, livres, etc.). Pourquoi ? À mon avis, notre vie est tellement différente de ce que nous voulons écrire. Donc, quand nous nous ''évadons'' dans un autre petit monde en regardant des films, lisant, etc. , on se coupe du quotidien. En écrivant, on se sent dans notre petite bulle car nous sommes inspirés et notre vie quotidienne est loin derrière.
Bien sûr, il ne faut pas regarder des films à journée longues, et tout... Après on fait ce qu'on veut ;)
Simple petit conseil: Écrire dans un coin tranquille que l'on aime et loin de la télévision, bruit, etc. aide beaucoup à être plus dans sa bulle :)
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Bizarrement j'arrive à écrire au milieu de l'amphi lors des intercours, sans doute le stress... Le seul problème est qu'il y a toujours quelqu'un pour me demander ce que je fait...
J'aimerais bien avoir un lieu genre bar ou resto typique pour écrire mais il y a peu d'endroit de ce genre par chez moi...
Et sinon l'inspiration pour moi c'est deux choses:
_ Les idées de choses à raconter. Dans mon cas, étudiant infirmier, ces situations de vie me viennent toutes seules. Après est-ce éthique ou non de les écrire, à mon avis, elles font prendre conscience au grand public de ce qu'est réellement l'hôpital et ce que beaucoup de gens peuvent vivre.
_ Les formulations: c'est là que ça se complique. J'essai de commencer chaque chapitre par une phrase d'accroche comme Lovecraft mais j'ai peur qu'il y ait un côté répétitif...
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l'élan d'inspiration, ça existe mais ce n'est pas NECESSAIRE. Se dire qu'on ne peut rien écrire de bien sans atteindre cette transe, c'est de la pure fainéantise. Quand je me relis, je me rends compte, rétrospectivement, que certains passages que j'avais écrits sous l'impulsion d'une inspiration presque surnaturelle ne sont en fait pas si extraordinaires que ça, alors que d'autres passages dont l'écriture a été laborieuse, ou j'ai vraiment fait un effort pour avancer, sont finalement assez géniaux.
Après, j'ai remarqué que les élans d'inspirations venaient souvent quand il se passait beaucoup de choses dans ma vie faisant intervenir à la fois mes sens et mes émotions. Ils viennent aussi souvent dans des situations précises : promenade, insomnie, transports ...
En outre, même si en tant que littéraires, nous aimons évidemment lire, je crois qu'il faut quand même de temps à autres arrêter complètement de bouquiner pour s'écouter soi-même. Je ne suis pas sûr par exemple que ce soit une bonne chose de remplir les heures que l'on peut passer dans un train, avant de s'endormir, etc. par de la lecture. La créativité vient souvent à des moments où l'on devrait s'ennuyer.
Sinon, pour répondre à un débat qui a eu lieu plus tôt dans le sujet, quand un texte touche vraiment la sensibilité de l'auteur, mais pas les lecteurs, je crois que l'auteur doit humblement accepter son échec, mais en revanche je ne pense pas que l'auteur doit abandonner son projet de communiquer l'émotion qu'il voulait communiquer à travers son texte ... Je crois qu'il doit simplement soigner encore plus la forme, et lier son texte à d'autres qui peuvent éventuellement éclaircir son idée
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L'inspiration vient aussi surement de nos perceptions selon l'endroit dans lequel nous nous trouvons.
Par exemple, ayant joué dans des groupes avec des excités du bouton de volume et autre batteurs bucherons, j'ai des acouphènes qui sont plus ou moins prononcés selon la pièce dans laquelle je suis, par exemple, comme j'ai l'ai dit plus haut, j'écris souvent dans l'amphi de mon école, par contre dans une autre salle c'est impossible. On peut aussi ne pas se rendre compte de ces différences de perceptions...
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_ Les idées de choses à raconter. Dans mon cas, étudiant infirmier, ces situations de vie me viennent toutes seules. Après est-ce éthique ou non de les écrire, à mon avis, elles font prendre conscience au grand public de ce qu'est réellement l'hôpital et ce que beaucoup de gens peuvent vivre.
Il est tard je vais uniquement répondre à ce point.
Raconter ce qu'on vit ou ce qui se passe dans un hôpital ne va pas à l'encontre de l'éthique.
Par contre si ce que tu racontes permet :
1) que la ou les personnes concernées se reconnaissent.
2) pire que des tiers identifient la ou les personnes concernées par l'histoire que tu racontes.
Alors là oui, tu vas à l'encontre de l'éthique et du secret professionnel.
Donc de plomber ton avenir en tant qu'infirmé et/ou auteur.
D'avoir de sérieuses difficultés de retrouver un boulot après cela (un travail intéressant).
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Ce n'est évidemment pas le but qu'on reconnaisse qui que ce soit, je décrit des types de situations, pas les personnes elles-mêmes.
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Je remonte ce vieux sujet pour m'installer sur le divan.
Docteur, je commence à perdre confiance en moi. Je me dis que je suis peut-être pas faite pour écrire, après tout ; que j'ai jamais rien composé de très novateur, que... bref. Ajoutons à cela que je n'ai aucune idée valable pour le NaNo, et, sans rire, me voilà en déprime scriptive...
C'est grave docteur ?
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Moi, je pense que ce n'est pas grave : j'écris pour me faire plaisir, pour moi et pas forcément pour les autres, je n'attend pas de réussite après mes œuvres car si j'en attend, je serai déçu si je n'en ai pas alors que si je n'en attend pas, je serai content si j'en ai.
Voilà, j'espère que tu vas nous faire d'autres textes, et non pas arrêter.
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Moi, je doute à chacune de mes phrases, et j'ai souvent été à deux doigts de tout arrêter... Mais ça me plaît trop, et j'y reviens toujours ! Ecris d'abord pour toi, et si ça plaît à d'autres, tant mieux ! Il y aura toujours des gens qui seront meilleurs que toi, mais tu seras toujours aussi meilleure que d'autres. Et je pense sincèrement qu'il y a un public pour tout le monde ^^
En y réfléchissant, je me dis que si on a un "blocage" quand on écrit quelque chose, c'est peut-être que l'histoire ne nous plaît tout simplement pas, et du coup le cerveau met un droit de véto dessus :mrgreen:
Je suis tout à fait d'accord avec le toi d'il y a 3 ans :mrgreen:
Pour le NaNo, prend donc toutes tes idées, des mots piochés au hasard, des situations, des ébauches de personnages, des impressions, et met tout ça dans un shaker ! Y aura forcément quelque chose à en sortir ! :P
Voilà ma consultation 8)
Comme prescription, je te conseille d'aller quérir un défi dans la section appropriée, qui sait, ça peut toujours débloquer quelque chose ^^
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que j'ai jamais rien composé de très novateur, que... bref.
Alors ça je n'arrête pas d'engueuler Olaf à ce sujet: je lis énormément, et pourtant je tombe rarement sur des sujets originaux! Au mieux, le traitement du thème est novateur, et surtout sort de la masse (genre David Wellington qui fait du vampire Nosferatu bien gore en pleine frénésie Twilight), mais si tu y réfléchis bien, beaucoup de grands bouquins n'ont rien d'original (le Trône de Fer, par exemple). Même les histoires de Stephen King ne sons pas si originales que ça, mais tout repose dans son écriture.
Ajoutons à cela que je n'ai aucune idée valable pour le NaNo, et, sans rire, me voilà en déprime scriptive...
En même temps, as-tu vraiment le temps de te poser tranquillement en ce moment, avec ton boulot et la montagne? est-ce le bon moment pour écrire pour toi? Je sais que pour qu'Olaf écrive, il lui faut une "bulle de calme", du coup on s'est mis d'accord pour que je le laisse tranquille à ces moments-là pour qu'il soit totalement concentré sur l'écriture, et encore ça ne marche pas toujours, s'il a trop de choses en tête il n'arrivera à rien sortir!
Et pourquoi tu ne ferais pas un petit jogging pour te dérouiller?
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C'est rien... C'est l'automne qui arrive... ::)
Quand ça ne vient plus, faut faire autre chose pour se vider l'esprit.
En ce moment je suis dans une phase ou j'écris beaucoup. C'est cool.
Mais en parallèle, ça fait six mois au moins que je ne sors rien de valable en musique... Mais je ne m'inquiète pas trop. Je sais que ça reviendra.
Donc ne te mets pas trop la pression. Pour l'instant, fais une pause. Relis éventuellement tes brouillons non achevés, tes notes... Parfois y a un déclic qui se produit sur un bout de texte qui paye pas forcément de mine. Et c'est reparti.
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Je remonte ce vieux sujet pour m'installer sur le divan.
Docteur, je commence à perdre confiance en moi. Je me dis que je suis peut-être pas faite pour écrire, après tout ; que j'ai jamais rien composé de très novateur, que... bref. Ajoutons à cela que je n'ai aucune idée valable pour le NaNo, et, sans rire, me voilà en déprime scriptive...
C'est grave docteur ?
Je ne pense pas que qui que ce soit soit "fait pour" quoi que ce soit.
Si tu sais écrire, que tu as envie d'écrire, que tu as quelque chose à écrire, alors écrit. Tu n'es même pas obligée de te faire lire. Ecrit lorsque tu as quelque chose à raconter, ne te force pas à chercher l'inspiration à tout prix lorsqu'elle n'est pas là.
Pour ceux dont ça n'est pas le métier, le gagne-pain, écrire doit rester un plaisir. Un plaisir mais aussi une thérapie, un exutoire, une envie, une délicieuse torture, une douce mélancolie...en aucun cas un véritable supplice.
Je passe un peu par là en ce moment, je suis dans le creux de la vague. J'ai les idées pour poursuivre mon roman mais je les juge trop nombreuses et surtout toutes mauvaises, conclusion je n'avance pas. Ça m'use moralement de ne pas y parvenir mais j'essaye de me rappeler chaque jour que je n'ai d'obligation envers personne, si ce n'est envers moi-même et mes personnages.
Ce sentiment de vacuité s'est retrouvé renforcé depuis que je suis arrivée sur ce forum, lorsque j'ai constaté à quel point il était facile pour certains de se montrer créatif. Mais pourquoi se comparer ? Il faut avancer à son rythme et savoir accepter les périodes creuses lorsqu'elles nous tombent dessus. ;)
Pourquoi ne pas relire/retravailler certains de tes anciens textes ? L'appétit vient en mangeant comme on dit... Pour ma part, j'ai constaté un regain de créativité consécutivement à chaque soirée dico, c'est stimulant de se laisser aller à délirer sur 3 mots sortis de nulle part :)
Tu vas retrouver l'inspiration Kerena, laisse-toi juste du temps.
Quant au talent il a toujours été là, tu l'as juste oublié. ;)
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Bon, vous m'avez remonté le moral.
Nouvelle histoire, correction d'une ancienne ou finissage de vieux trucs : je sais pas où va me mener mon NaNo 2015, je sais pas si j'aurai mes 50 000 mots, mais je sais maintenant que je suis décidée à le faire.
Merci pour vos messages, ici ou mp, je revois les choses sous un autre angle, et c'est moins angoissant :huhu:
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J'arrive un peu trop tard pour ton moral, Kerena, et finalement c'est le résultat qui compte donc je suis content pour toi.
L'essentiel, c'est de faire ce qu'on a envie, ce dont on a besoin, au fond de nous. La vision que peuvent en avoir les autres doit absolument passer après, sinon tu n'écris pas pour de bonnes raisons et mieux vaut tout arrêter. C'est déjà bien assez compliqué de gérer ce qui se passe dans notre propre tête, alors s'il faut en plus passer par celles de tous les autres, on ne s'en sortira jamais :mrgreen:
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Confiance, pas confiance ... Poser la question est déjà un problème à mon avis. Ouvrir un traitement de texte. Taper. Se souvenir de la phrase d'Hemingway : "Le premier brouillon de quoi que ce soit, c'est de la merde." (authentique) . Avancer. Continuer.
Relire. Réécrire. C'est toujours "de la merde", mais c'est mieux. Réécrire. Relire. Jusqu'à ce que le résultat soit satisfaisant. Contempler le texte terminé. Vous êtes satisfait. Enfin.
Et là, vous l'avez, la confiance en vous. Le problème ici est posé à l'envers : n'attendez pas d'avoir confiance en vous pour écrire. Ecrivez, faites de votre mieux : vous aurez confiance en vous.
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Et là, vous l'avez, la confiance en vous. Le problème ici est posé à l'envers : n'attendez pas d'avoir confiance en vous pour écrire. Ecrivez, faites de votre mieux : vous aurez confiance en vous.
Bien dit ! ;)
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Deux choses m'ont récemment fait perdre confiance en moi sur le plan de l'écriture:
_Mes fautes de français, surtout d'il y a quelques années et dont j'ai vraiment honte pour quelqu'un qui a beaucoup lu depuis tout petit... J'ai honte d'avoir envoyé des tapuscrits avec tant de fautes...
_Mon implication trop prononcée dans mon écriture, en croyant raconter des scènes vues au quotidien, j'ai surtout raconté ma propre souffrance et mes propres révoltes dans un environnement pas fait pour moi et que j'ai détesté. Ces scènes représentent une partie importante de mon dernier projet et j'aimerais pourtant toute les virer... C'est dommage parce que la partie qui traite de musique me plait toujours.
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Pour ton deuxième point, je ne sais pas trop comment te répondre mais pour les fautes d'orthographe, il ne faut pas t'en faire, même si cela frêne un peu les lecteurs, il leur suffit de les relever...
Et sinon (bon, même si je ne sais pas si tu en auras le temps) il y a de très bons sites d'orthographe sur internet (pas de lien ni de nom en tête pour l'instant, je reposterais si ma mémoire se débloque... ;))
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Hello, pour les fautes ben pas grand chose à faire. Mais pour le reste, l'écriture reste un exercice très voir très très personel. Le côté cathartique de l'écriture est indéniable mais si tu veux partager avec les autres parfois c'est pas mal de coucher sur le papier ses émotions et de retravailler son style quelques semaines voir quelques mois après.
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Haha, en parlant de confiance, ben j'ai plus du tout confiance en moi :mrgreen: j'ai l'impression de ressasser toujours la même chose, sans vraiment avancer. Toujours le même style, la même narration, aucun travail de forme. Bref, je me repose sur mes maigres acquis, et j'écris vraiment rien d'intéressant.
Je vais aller chercher un défi dans la salle correspondante, je crois. Ça me fera que du bien. :huhu:
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J'ai jamais eu confiance en moi mdr :mrgreen:
Mais en même temps, je n'ai jamais beaucoup écrit et franchement, je pense que c'est aussi simple que ça : faut écrire tout le temps (et beaucoup lire aussi). Et se chercher aussi, penser librement, vivre librement.
J'allais bien demander un petit défi mais j'en ai déjà 2 sur le feu qui crament gentiment (pardon Ben, pardon Milla :huhu: ).
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Je viens de lire attentivement ce sujet... Archi intéressant, mais que de questionnements, que d'angoisses, que de pression, ça m'a presque donné le tournis... :/ Je ne me suis jamais posé la question, j'ai commencé à relater ma vie sous forme d'écrit à douze ans, je n'avais aucune confiance en moi, j'en ai encore moins à 25 ans... la seule chose que je pense savoir c'est qu'il faut avoir quelque chose à raconter. Je ne crois pas qu'on puisse se mettre devant une feuille ou un ordinateur et proclamer : Tiens je vais raconter l'histoire de machine ou de bidule. En tout cas pour moi c'est du surréalisme, je serais incapable de faire ça. j'ai la certitude que pour être vraiment lue et comprise, il faut donner de soi, se mettre à nue, écrire avec sa main, sa tête, son ventre, son sang et son sexe. C'est ainsi que le conçois, je ne vous conseille pas pour autant de faire de même :P