Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: Lièvre de Mars le 13 Juillet 2012 à 11:10:04
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Bonjour à tous ! En ce vendredi 13, je saute le pas et je poste mon premier texte sur ce forum. En espérant qu'il vous plaise au moins un peu, puisque je doute qu'il vous puisse vous distraire, je suis ouverte à toute critique négative ou positive, évidemment.
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« Fais attention, Snowflake. Je possède ce que toi tu n’auras jamais, et je n’hésiterai pas à m’en servir contre toi et ta… Petite famille. »
Une mélopée inquiétante qui résonne dans sa tête. Une menace sans équivoque comme une Epée de Damoclès au dessus de leur tête. Pas seulement au dessus de lui. Et c’est là que la peur est la plus grande. Une peur qui n’empêche pas de sourire, de rire ou de faire semblant. Une peur constante, diffuse, sans soubresauts ou période de calme. Toujours présente, jamais paralysante, mais toujours plus douloureuse, chaque soir qui passent.
« Il manque de l’argent, Synyster.
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-Je ne peux pas continuer de te laisser prendre de l’argent sur tes ventes comme ça. Tu as ton pourcentage, c’est suffisant. Fais attention. »
Non, c’est loin d’être suffisant. Pas avec tout cet argent à rembourser, pas avec Carter et sa voix concupiscente partout et à chaque instant. Son officier de probation le jour, son bourreau la nuit. Sa liberté d’hier, ses barreaux d’aujourd’hui. Carter. Directeur adjoint de l’Asile qui a connu ses heures les plus sombres. Alec et Synyster. Les enfants damnés des Snowflake. Il n’avait rien à faire là bas, pas avec ce frère. Pas dans la même cellule. Pas aussi longtemps. Son corps porte encore les stigmates de ces 7 longues années d’enfer. Carter, l’homme qui lui a permis d’en sortir. « Un jour tu devras me rembourser. » La liberté enivre, la liberté détruit, et la liberté n’est jamais lucide. Qu’importe la présence de ce bracelet à sa cheville. Qu’importe les rencontres avec cet homme chaque semaine qui passe. Qu’importe d’être à jamais vu comme un malade refusant d’être soigné. Qu’importe tout. Qu’importait tout.
Puis il y a eu Raven. Douce Raven. Elle est de ces personnes si fragiles, si rares, qui auraient dû naître en un autre temps moins cruel, un autre monde plus clément. Comme lui, elle a toujours été là où il n’aurait jamais fallu qu’elle soit. Des parents absents, et une enfance faite de vols et de viols, de drogues et d’addictions, d’alcool et de violence. Elle est toujours une enfant, comme peu d’adulte peuvent s’en vanter. Une enfant rêvant de beauté, de calme, de vie. Comme lui. Leur rencontre était comme programmée. Leur amour, évident. Ils vivent vite, bousculent les étapes. Dans la peur de tout voir s’écrouler. C’est sans doute là, leur amour. La peur qu’ils partagent que tout recommence. Leurs tentatives désespérées de tout changer, de se donner un nouvel avenir. Ensemble. Deux enfants perdus dans un monde qui les dépasse.
Et il y a eu Eiris. Petit bout de vie, petit bout d’espoir. Sans passé, une page blanche, pure. Innocente. Un trésor né de ce désespoir, une étoile dans leur ciel.
Et ce soir, au dessus de lui, le ciel est noir. Sans étoiles, sans Lune. Sans lumière. Tout chez lui est sale. Son argent, ses mains, celles qu’il serre et celles qu’il sert. En voulant sortir de la drogue, et de tous ses métastases, il s’y est enfoncé, jusqu’à en vendre de ses propres mains. Tout, pour empêcher Carter d’avoir sa famille. Tout, mais tout ce n’est jamais assez. L’espoir existe dés lors qu’une solution existe. Il n’y a pas de solution.
Il roule vite. Une fois chez lui il trouvera Raven et Eiris, et un trait sera tiré sur sa journée. Leur sourire vaut toute la douleur du monde. Chaque jour qui passe semble le vieillir. Il n’a plus l’impression d’être jeune. Ni même d’être vieux. Juste fatigué. Las, de cette vie tellement loin de celle dont ils ont toujours rêvé. La joie est tellement factice qu’elle en devient tragique. Et il ne sait pas quoi faire. Anesthésié, amorphe face aux évènements. Il faudrait agir, faire quelque chose… Mais quoi ?
Les immeubles sont menaçants, ce soir. Leurs ombres engloutissent la ville, l’engloutissent, indique un chemin imaginaire. Se perdre dans des espoirs vains. Il y a pensé. Tout lâcher, laisser faire les choses qui arriveront quoi qu’ils fassent. Abandonner la bataille, se soumettre à Carter, à la fatalité. Il n’a pas pu. Laisser ses trésors se détériorer, finir par les perdre, les briser peut-être, non, il n’a pas pu. Il n’a pas l’étoffe de son frère. Il n’a pas l’étoffe de son égoïste de frère. Qui a su fuir sans se préoccuper de ce qui lui arriverait. Il n’est pas capable de sauver sa vie, et de les laisser mourir. Mais il ne sait pas quoi faire pour les sauver. Il n’a pas l’étoffe d’un héros. Je suis juste un putain d’incapable.
Et devant la petite maison de banlieue qu’ils ont achetée avec le peu d’argent qu’ils n’offrent pas en pâture à Carter, son cœur se resserre. Pourquoi n’ont-ils pas le droit au bonheur ? Pourquoi juste une seule année ? Pourquoi ne peut-il pas leur offrir ce qu’elles méritent ? Il marche lentement, les rideaux sont tirés, aux fenêtres, et ne laissent filtrer que de rares raies de lumière claire. Rien ne semble bouger. Pas un bruit, pas un mouvement. La porte est entrouverte, et une tâche dorée orne le palier. Tout est allumé. Tout est silencieux. Pas de cri d’enfant lorsque le parquet grince sous ses pieds. Pas de bruits de course. Rien. Le vide. Un calme étrange l’envahit. Une sensation de fatalité, le goût âcre de l’anticipation. Le vent devient froid. La lumière violente. Ses pas qui résonnent, dans ce silence. Sa respiration. Des livres renversés. Un vase brisé, répandant ses éclats brillants à ses pieds. Un miroir étoilé de longues fissures qui dédoublent son reflet en autant de visage fermé. Une porte dégondée rejetée sur un mur. Un coffre comme un dernier rempart. Sa respiration. Ses pas étouffés. Une tâche rouge orne le sol. Il continue d’avancer. Anesthésié. Amorphe face aux évènements. Les murs rougis. Les meubles renversés. Une lampe clignotante. Lumière, nuit. Lumière, nuit. Un gémissement. Un prénom. Le silence. Sa respiration, ses pas précipités.
Dans l’angle de la pièce, Raven, douce Raven, est repliée comme un animal blessé. Une de ses mains serre anarchiquement le vide, cherche un réconfort sans doute dans sa douleur. Il s’approche, récupère dans ses bras son corps léger, caresse son front où des mèches éparses et poisseuses zèbrent sa peau tellement, tellement pâle. Ses yeux se rouvrent, cherchent son visage, de longues secondes, et se baissent sur son corps, sur sa main crispée sur sa robe. Si belle robe, si virginale. Si pure. Couverte de cette couleur écœurante, humide, immonde. Comme un animal blessé, Raven, douce Raven, gémit à chaque mouvement. Pourtant un sourire lumineux habille son visage douloureux. Pourtant elle semble se blottir dans ses bras. Ses lèvres me meuvent, mais elle ne parle pas. Peut-être n’y parvient-elle pas. Sa main vient caresser sa joue, y laisse une trace diffuse mais rouge, si rouge. Et comme un cygne, Raven, douce Raven, fredonne une chanson. Et comme le cygne, son chant s’élève faiblement.
« Frosty Weather… Snowy Weather… When the wind blows… »
Comme le vent souffle, comme le vent se calme, la voix de Raven, douce Raven, se meurt lentement. Son dernier mot est comme un murmure secret. Son sourire se crispe, ses yeux perdent leur couleur, si belle couleur, et sa main retombe comme tombe et retombe la neige. Comme tombe et retombe ses larmes. Et comme les gouttes répondent au vent, sa voix résonne comme un dernier mystère, pour Raven, douce Raven.
« …We all go together. »
Un dernier mystère muet, pour le cygne qui a refermé ses ailes, qui n’en a laissé que les plumes. Raven, douce Raven, auréolée de son halo pourpre, Raven, douce Raven, avec pour seul linceul ses larmes, Raven, douce Rave, avec pour seul réconfort ces baisers sur ses lèvres sêches. Raven, douce Raven, enfin loin de ce monde. Par sa faute. Il n’a pas su agir. Il n’a rien su faire. Il a tout perdu. Jusqu’à la dernière personne qui savait le guider. Où ira-t-il, désormais, dans le noir, dans sa lumière ? Comment avancera-t-il, maintenant que son soutien s’est rompu ? Les regrets vont, comme coulent les larmes. Les flammes et la chaleur ne sont qu’illusions. Rien n’est plus douloureux que les erreurs. Silence. Sa respiration. Ses sanglots. Sa souffrance. Allongé, comme l’est sa Raven, sa douce Raven. Essayant de percevoir ce qu’elle ne voit plus. Ecoutant le silence qu’elle n’entend plus. Souhaitant la mort qu’elle n’a pas choisi.
Le temps passe. Des heures, des minutes, des secondes, qui sait ? Le silence. Et un cri, des larmes, des sanglots, cristallins. Innocents. Des coups faibles donnés dans une porte. Il ne veut pas l’entendre. Il ne veut plus entendre. Deux syllabes répétées sans cesse. Les mêmes. Maman… Maman… Maman… Il est vide. De volonté. De larmes. De douleur. Il n’entend pas. Jusqu’à ce que le refrain change. Papa… Papa… Papa… Ses paupières battent. Poussé par une force sans nom, il se redresse. Pousse la porte d’une armoire. Et dans ses bras, une petite fille pleure. Elle ne comprend pas. Elle ne peut pas, ne doit pas comprendre. Il se relève, et regarde une nouvelle fois sa Raven, sa douce Raven. Endormie. Comme le cygne dans ses plumes. Plumes rouges. Ses cheveux comme une couronne éternelle. Au paradis, tu seras leur reine.
De ses deux trésors, il ne lui en reste qu’un. Petit trésor. Effrayé, suffoquant dans ses larmes. Il s’éloigne, il berce son dernier trésor, lui chuchote de s’endormir, tente de lui sourire. Il ne s’en sait pas capable. Il ne ressemble qu’à un fantoche d’homme, sa grimace de clown triste, et son corps couverts des plumes de son cygne.
« Frosty weather, Snowy Weather, when the Wind blows, we all go together… »
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Pas seulement au dessus de lui.
au-dessus
chaque soir qui passent.
passe
Il n’avait rien à faire là bas, pas avec ce frère.
là-bas
Son corps porte encore les stigmates de ces 7 longues années d’enfer.
en lettres^^
Elle est toujours une enfant, comme peu d’adulte peuvent s’en vanter.
adultes
Et ce soir, au dessus de lui, le ciel est noir.
au-dessus
L’espoir existe dés lors qu’une solution existe.
dès
Leurs ombres engloutissent la ville, l’engloutissent, indique un chemin imaginaire.
indiquent
La porte est entrouverte, et une tâche dorée orne le palier.
tache
Un miroir étoilé de longues fissures qui dédoublent son reflet en autant de visage fermé.
hum jsuis pas sûre sur ce coup-là mais j'aurais mis "visages fermés"
Une tâche rouge orne le sol.
tache
Souhaitant la mort qu’elle n’a pas choisi.
choisie
Alors dans l'ensemble ton texte se lit bien, il y a quelque petites fautes mais facilement rectifiables donc à ce niveau pas de soucis. Par contre, pour le fond, j'avoue ne pas avoir accroché plus que ça. Je ne sais pas trop pourquoi. J'ai eu l'impression de suivre le texte d'assez loin en fait, de pas vraiment être dedans, auprès des personnages. Du coup il n'a pas réussi à me toucher et au niveau de ce qui se passe j'ai pas trouvé très original comme histoire et comme façon de la raconter.
Tant pis, ce sera pour une autre fois ! ^^