J'ai reprit ce texte que je viens de finir.
Je vais poster les parties petit à petit pour ne pas vous étouffer et aussi parce que je suis en train de tout recopier sur l'ordi.
Et même si je tape assez vite ça prend gavé de temps.
Enfin bref.
J'ai presque 50 pages WORD alors je sais pas si vous allez avoir le courage d'aller jusqu'au bout
Enfin bref.
Bonne lecture
Chapitre premier
Métro ligne 2. Philippe Auguste. 7h10. Bouche remplie de la foule habituelle, pressée, stressée, entassée. Lecteurs MP3, conversations météorologiques, échanges de politesses, négociations pour places assises...
L'homme au cigare a décrété l'éveil de Paris depuis plus d'une heure maintenant.
Une rame après l'autre, toutes les deux minutes. Ouverture des portes, cohue, sirène du départ et fermeture des portes en prenant soin de ne pas laisser traîner ses doigts au risque de se les faire pincer.
Le métro de 7h11 clignote sur le panneau d'affichage. Une lumière s'installe au fond du tunnel. Sans trop de bruit, elle freine puis s'arrête laissant la foule la pénétrer une nouvelle fois ( sans qu'elle ne puisse jamais s'en imprégner )...
Beaucoup de pingouins en cravatés, une poignée de lycéens le cerveau encore sous l'oreiller. Les néons sont explosifs mais le calme est quasi absolu. Le départ est imminent. Un homme sobrement vêtu franchi la porte au dernier moment, et se place devant, face aux voyageurs. Il racle un peu sa gorge en bon orateur, se masse délicatement les tympans et prend la parole d'une voix forte et déterminée. Il à neuf minutes pour se faire comprendre et il le sait. La ligne se finit à Nation. Les esprits vont l'effacer sans encombre, Il se doit d'être parfait...
" Messieurs dames bonjour. Je vous demande à l'avance de bien vouloir excuser cette parenthèse matinale, qui je l'espère saura troubler par son caractère haineux la bonne digestion de votre petit déjeuner. Je vous remercie de prêter oreille à cette intervention et quel que soit votre degré d'attention je saurais vous donner l'envie de m'écouter. Laissez moi me présenter et vous faire regretter le malheureux hasard de notre rencontre.
Je ne suis pas sorti de prison sous peu, je n'ai pas de maladie orpheline; avant leur décès, mes parents m'ont toujours apporté l'excès de tendresse que je leur réclamais. Je ne quémande pas une aumône symbolique pour du vin en plastique et ne vous ferais pas le plaisir de soulager votre conscience en vous laissant me vider entre les doigts le contenu indésirable de vos porte feuilles. Non rien de tout cela. Je suis juste monté dans ce métro pour vous pourrir la matinée. Ça me fait du bien et c'est moins cher qu'une psychothérapie.
Je m'appelle Hector, j'ai la quarantaine légèrement entamée. Mon physique sans prétentions a supporté les années avec une certaine élégance, chose que vous aurez la gentillesse de bien vouloir remarquer. Pas de proéminence ventrale exagérée, le cheveu encore alerte, la démarche généreuse. Je ne bois pas d'alcool et ne fume qu'occasionnellement un bon cigare. Tout pourrait être aux frontières de la perfection s'il n'y avait pas cette tache indélébile, ce dysfonctionnement qui bloque toute la belle mécanique. Le ciel est gigantesque et magnifique, beau à pleurer . L'écosystème fonctionne à merveille. Mais devant le soleil stagne une masse nuageuse statique, impossible à déplacer même sous de fortes bourrasques; l'humanité toute entière venue se planter là pour pratiquer sa grande spécialité : détruire et se féliciter de ses échecs. Cette incroyable capacité à se renouveler dans l'erreur.
Et vous êtes une part infime de cette grande et belle humanité, braves travailleurs ; les micro-gouttes de cette dépression annonciatrice de pluies acides, et en même temps la terre qui recevra cette semence empoisonnée, sur laquelle rien ne poussera jamais. Vous êtes la cause et la conséquence. Plus vous avez de cartes en main et plus vous jouez les mauvaises; en pariant à chaque mise des sommes astronomiques. Et quand vous bluffez vos nez sont cyranesques. Il y a quelque chose de très peu subliminal dans ce que j' aimerais vous dire.
" Allez vous faire foutre " .
Hector est droit, face à un public sans voix. Conscient de n'avoir ni la carrure d'un prophète ni le discours d'un dieu de l'apocalypse il a remarqué au fond un groupe totalement hermétique à son discours. Trois filles en pleine montée d' hormones, hypnotisées par un de ces magazine de stars aux trois questions existentielles: comment en devenir une sans avoir inventé la poudre ( exception faite du fard à paupières ), bien vivre cet état suprême d'adoration et ne pas sombrer dans une névrose catatonique lorsque l'éclat synthétique perd de son rayonnement... L'accès à la postérité du pauvre d'esprit. Le rêve de princesse puis le déclin, la chute inévitable de la star vers les méandres de l'oubli; " j'ai été “…
Hector s'en fout. Il ne fait pas le poids face aux stéréotypes esthétiques; la blondeur parfaite d'une célébrité, les ongles impeccablement vernis de la vedette; lui qui promène son anonymat le long des rames et vomit son trop plein sur les genoux des clients fidèles de la RATP.
Alexandre Dumas. 7h12. L'arrêt est annoncé. Les trois adolescentes se collent à la porte, rangent leur imprimé religieusement dans leur sac. Dans un instant elles seront assises au dernier rang d'une des classes du lycée, prendront 4 heures de colle chacune pour bavardages intempestifs et maudiront ce qu'elles connaissent de la vie pour leur avoir donné des parents incapables de pousser leur générosité jusqu'à 50 euros d'argent de poche par mois. Et que jeunesse trépasse...
D'autres descendent, aussitôt remplacés par de nouvelles têtes. Le wagon est plein à craquer. Hector est content; d'un oeil rapide il parcourt son audimat, recoiffe une barbe de plusieurs mois et récupère son analyse en décidant de creuser au plus profond. L'insondable est peut être accessible. Peu importe ceux qui ont raté le début. Pas le temps de résumer le précédent épisode. Aller de l'avant. Pousser jusqu'au dégoût absolu et le leur montrer; comme on force un chien à renifler sa propre merde en lui disant « Tu vois ça, c'est pas bien « !!!
" Je ne joue pas d'accordéon, mes capacités à pratiquer un instrument se limitent à des souvenirs de flûte. Je n'ai pas de chien pour attiser votre pitié. Je suis seul, triste mais prêt à vous en donner autant que nécessaire. Je suis à la rue depuis le début de ce millénaire plein de promesses et de découvertes technologiques. J'éventre vos poubelles sans honte, avec l'espoir naïf d'y trouver les restes de vos insupportables gaspillages. Je n'ai aucun endroit ou aller pour me vautrer sur un canapé, pas de télécommande pour surfer sur les crêtes de la connaissance ni téléphone pour élire mon candidat préféré. Je ne possède que ce que je récupère de votre lassitude; des objets sans grande valeur, parfois neufs, souvent obsolètes, victimes d'une époque qui évolue en permanence mais ne fait que remplacer les vieux morceaux par de la poudre aux yeux; sans jamais remettre en question l'intégralité du système. Il faudrait tout simplement foutre en l'air cette saloperie et reconstruire pièce par pièce, jour après jour. De toute façon je prends même ce qui est bancal, cassé, abîmé, décousu; on fait moins de manières quand l'existence ne se limite pas à un dosage de chlore ou un problème de double vitrage. Quelle est la place de Virginie dans l'entreprise? Plutôt italien ou mexicain pour nos 5 ans de mariage? Une bague ou un collier? Ne vous inquiétez pas si je hausse quelque peu la voix, c'est pour mieux pénétrer vos petites têtes pleines de barbelés. Vous faire chier dessus par votre patron, votre femme, vos enfants en plein âge con c'est une chose, mais par une saloperie de SDF, c'est le comble. Le pouvoir sur la matière vous donne des airs supérieurs. Ah! Quelle exténuante quête du bonheur, la vision suprême de l'idéal dans la possession matérielle absolue. L'aboutissement de votre pouvoir d'achat jusqu'à la moindre fantaisie commerciale. Salle de bain en or pour super-propreté; ouverture des portes de voiture à distance pour éviter de se fracturer le poignet en faisant pivoter la clé dans son réceptacle. J'ai donc je suis. Doux jésus que votre univers est bandant! Tout ce luxe que vous pouvez vous payer sur un coup de tête. Comme j'envie vos coupes à la mode, les couleurs joyeuses de vos déguisements, l'accord sans fausse note du haut avec le bas. Vous êtes coincés dans ce wagon jusqu'à la prochaine station, condamnés à m'écouter, c'est le seul moyen de capter votre attention contre votre gré. Je vous sens maudire la foulée qui vous à fait me rencontrer, cet instant où les portes se sont refermées sur un univers que vous pensiez connaître. Je suis là pour vous perturber, agiter votre utopie et me marrer en regardant tomber la neige. On ne vous a peut être jamais parlé comme ça, toujours caressés dans le sens du poil. J'espère vous être désagréable et gâcher suffisamment votre matinée pour imprégner vos esprits au delà de cette excavation. Qu'au grand jour mes paroles subsistent et influent ne serait-ce qu'une seconde sur votre comportement. Alors cette salive aura été utile, ces postillons insolents. "
Avron. 7H13. Les quais sont déserts, fermés pour cause de travaux. Sur les bancs des clochards s'échangent des villageoises, perdues dans la capitale sous leurs robes de plastique. Les murs vantent les mérites de compagnies d'assurance ou de voyages au bout du monde. Les tagueurs n'ont pas encore témoignés de leur passage mais les graffitis commerciaux sont déjà en place; capables de vous vendre l'inutile sous les traits de l'indispensable. Tout un métier. Personne ne monte où ne descend, le public d' Hector ne subit aucune perte à sa plus grande satisfaction. Il ne lui reste plus que ce trajet jusqu'au terminus de la ligne 2. Nation. Ce sont donc ces visages qui souffriront de son apothéose à moins que personne n'ait rien compris à sa démarche, le prenant pour un de ces ahuris qui traînent leurs carcasses de rames en rames à la recherche d'interlocuteurs faciles. Mais son discours n'était pas le même; pas de petite pièce m'sieu dames, à votre bon cœur et autres formules d'approche insupportables. Rentrer dans leur lard, se faufiler tel un microbe entre les cellules formatées et greffer un disque dur tout neuf . Le montage en série a pour inconvénient l'euphorie de groupe, la pensée unique, l'arbitrage subjectif; tout ce qui touche à l'aliénation sans pouvoir être isolé. Hector frappe trois fois dans ses mains, comme il a vu faire au théâtre avant que le rideau ne se lève. Son rideau à lui c'est plutôt un linceul. Il n'annonce pas la mort mais prévoit pas le beau temps non plus. Plusieurs personnes se retournent, il sourit.
" Je ne sais pas jongler et ne suis pas magicien. Je fais difficilement sortir un lapin de mon chapeau sans que vous ne voyez l'astuce. Je ne sais que parler français en espérant le pratiquer du mieux possible. Je n'ai pas d'histoire drôle à vous raconter même si je suis persuadé que pour certains d'entre vous mon existence est une farce et que, depuis cinq minutes, vous vous marrez bien. Ça m'est égal, si je n'ai pas le plaisir de le faire pour vous, alors ce déballage me soulage et me donne de quoi vivre quelques instants supplémentaires; quand vous ne serez plus là. Dehors. A l'extérieur de cette tombe sans pierre, sans nom. Parfois je surprend sans vraiment écouter des extraits de vos conversations; dans la rue, surtout. Une laisse à la main vous intervenez sur les grands dossiers du journal de TF1, prenez positions pour ou contre avec dans l’idée que votre squelettique démarche intellectuelle est perçue par votre auditeur comme une révélation. Vous parlez bien sûr sans écouter à des gens qui ne vous écoutent pas non plus. Deux monologues souvent superposés. La phrase est conçue pour être expulsée immédiatement. Inutile de la remodeler, l'essentiel se trouvant dans la fréquence du débit. Plus on parle, plus on a de chances que le monticule de connerie se désagrège, prenant tantôt la forme d'une idée absurde, tantôt aucune forme du tout et on se souhaite une bonne après midi en tirant un coup sur la laisse. Taper le digicode, pousser la lourde porte, monter les trois étages, introduire la clé, faire entrer l'animal, fermer la porte, allumer la télé, préférer un documentaire sur le mystère de la disparition de Claude François à une rediffusion des meilleurs moments de la 6. Un choix...
Vous êtes le canapé sur lequel j'allonge mes interminables lamentations le temps d'une consultation gratuite. Je suis las de me justifier auprès d'employeurs indifférents, fatigué de me raconter pour ne pas sombrer un peu plus dans l'oubli. Et pourtant je persévère, lucide. Mon vécu ne mérite pas le grand écran, ni la plume insolente d'un écrivain à la mode. Je ne suis pas un cas unique. Juste une molécule instable modifiant votre perception le temps d'un voyage. Un électron libre au service de l'humanité, en ayant toutefois conscience de ne rien pouvoir changer. On se moque bien souvent des gens qui décident autour d'un verre de refaire le monde; on a tort; eux au moins ils essayent. Et puis si ça ne mène à rien, ça prouve au moins que le sens de rotation de la terre n'est qu'une donnée subjective. Un coup à droite, puis à gauche en percutant les étoiles comme la bille frénétique d'un flipper diabolique. Elle vient tilter contre le soleil à force de secouer la machine, sursaut brutal, game over. Considérons-nous comme un maillon de l'évolution, une manière élégante de sauver les meubles et de s'avouer vaincu. D'autres réussiront mieux que nous, c'est certain. C'est pas croyable de se donner autant de mal pour tout anéantir et se rendre compte que la nature se relève sans arrêt, à croire que sa clémence et sa capacité d'absorption dépasse notre force de destruction. Se dire que nous faisons partie d'elle autant qu'elle fait partie de nous, alors si on n'arrive pas à résister au plaisir de la considérer comme une déchetterie, ne nous attardons pas devant le miroir pour arranger un cheveu rebèl ou un morceau de salade coincé entre les dents. La vie est un cadeau, sachons nous en montrer digne. Mes paroles ne valent pas grand choses puisque l'apparence gouverne cette société et n'ayant pas votre pouvoir d'achat, je ne peux me permettre une fantaisie griffée ou un accessoire indispensable. Je n'ai pas la prétention de vous donner des leçons. Ayez juste en respect ma franchise et mon désarroi. Vous pouvez oublier tout ça en un rien de temps, vous savez si bien le faire. J'ai bien évidemment remarqué des groupes de distraits, ceux qui m'ont ignoré, dévisagé. Je vais bien tout va bien... Peu importe. Le seul hic au tableau est mon reflet en vous. Robinson et moi souffrons de solitude; à chacun son île déserte. Qu'importe la foule si elle n'a qu'un esprit, le chiffre s'il n'est pas multipliable, le mot s'il n'est pas conjugable. Soufflez, et mes paroles disparaissent sous les rails, écrasées par votre cécité. Je vous souhaite une fin de journée habituelle, sans surprises, sans éblouissements, avec les ingrédients qui vous ont cuisinés, sans piments, sans trop de goût. Pour votre information, les programmes télé sont en pages 10. Ne montez jamais après que la sirène ai retentit. Tiens j'ai encore une chose à vous dire. Saviez vous qu'Hitler n'a pas fait fureur dans la peinture parce que c'était un bon arien ?
Nation. 7H20. Hector regarde les gens descendre, se mélanger au nombre, tenir la rampe en grimpant les escaliers ou chercher de la monnaie pour un expresso serré. C'est court neuf minutes quand on a tant de choses à partager. Ils n'ont su quoi lui dire. Pas trouvés les mots pour le rassurer, lui poser une main sur l'épaule en lui disant que ça ira mieux demain, lui glisser une clé dans la poche pour ouvrir quelque chose. Ils sont restés muets à ses insultes comme à sa détresse. Certains ont une correspondance pour un autre métro, un paquet de clopes à acheter, des rendez vous à annuler, un retard à justifier.
" Ils ne m'ont pas parlés de peur de me couper la parole, attendant l'instant propice pour glisser une réplique malicieuse. Cette politesse me touche, j'en verserais presque une larme. "
Hector sort un instant de ses pensées et après s'être lissé la barbe, empoigne son sac et emprunte d'un pas vigoureux l'escalier mécanique. Il traverse différents halls, adresse plusieurs sourires sans réponses. Après une bonne marche il se retrouve sur un nouveau quai, blindé à souhait. Des japonais de laine, des chinois de cajous, un peu de hongrois que ce qu'on voit; un groupe d'algérien dans mes mains. Hector sourit à cette diversité, plus il touchera de cultures plus son message écrasera les barrières à supposer que l'univers parle français. Le métro de 7h34 scintille sur le tableau d'arrivée. Des feux naissent sur la voie ferrée. Silencieusement, ils ralentissent leurs courses et meurent au pied des voyageurs. Accès autorisé, bousculade, places réservées aux handicapés. Des businessmen rasés de prés, after shave et tralala, quelques étudiants à peine réveillés. La lumière est percutante mais l'atmosphère reste sereine. Le trajet va débuter. Hector sous son manteau sans artifices se presse à l'intérieur. Il fait front à l'ennemi au fond du wagon. Il se masse les cordes du bout des doigts, passe un mouchoir sur son front humide et interpelle les voyageurs de son timbre franc et volontaire. Il n'a pas beaucoup de temps, l'oubli va l'absorber. Il doit être parfait.
" Messieurs dames bonjour. Veuillez excuser cette intrusion dans un réveil parfois douloureux et mes manières peu orthodoxes, cette façon que j'ai de pratiquer ma haine. Je ne suis pas là pour vous vendre quelque chose, je n'ai que ma langue de précieux. "
Chapitre second
Le métro disparaît dans la nuit du tunnel.
Le matin se réveille une fois que l’on sort. Dehors, les choses prennent vie, les gens se mêlent les uns aux autres le temps d’un passage piéton ou d’un panini au comptoir des kebabs. Les noctambules déambulent en petits groupes à la recherche de leurs appartements ; les travailleurs s’activent en maudissant le passage si prompt du temps. Et puis les éternels adorateurs de nuits à la belle étoile ouvrent à peine un œil, constatent les insupportables similitudes entre la veille et le début de cette journée pour mieux resombrer dans ce mélange explosif d’alcool et d’épuisement social.
Hector navigue sous terre à la quête de son Graal, la compréhension collective, mais d’autres n’ont plus cette force. Plus le goût de se révolter en façade au dégoût des badauds. Les doigts congelés ne sont plus aptes à la pratique d’un instrument, à demi tendus en une main parallèle au sol, elles sont à peine attentives aux bourses généreusement remplies qui ne s’ouvrent que si rarement.
Plus le courage de prendre une douche, se raser devient barbant, manger des sandwichs au pain, boire les mélanges invendables de la communauté européenne, vérifier l’étanchéité de son sac de couchage, espérer un hall charitable pour y faire son lit le temps d’une nuit. Trouver une occupation pour la journée comme traîner à la gare, traîner les long des quais, traîner dans les parcs. Ou aller voir Marcel sur son banc en bord de Seine, histoire de voir un courant d’eau et d’y rêver la mer. Qui ne rêve pas d’autant de libertés ? Tous les problèmes de RTT, montant du SMIC et réunions soporifiques réglées. Plus d’horaires à respecter. C’est le prix à payer pour n’avoir fait qu’espérer un peu de lumière, au moment où d’autres posent leurs livres de chevet en éteignant la leur au fond d’un lit douillet.
A suivre...