Coin écriture => Poésie => Discussion démarrée par: jeM Ecorne le 29 Mai 2012 à 16:33:33
Titre: Ravachol
Posté par: jeM Ecorne le 29 Mai 2012 à 16:33:33
Ravachol n'a pas trop trainé à l'école Il a perdu l'idée de l'existence d'un cheveu Et pourtant il ne se tient pas la coiffe Il boit gaiement les chopes du temps A la sonnerie il dirige ses envies A la récré il siffle un air de carmagnole A la face du monde il se fend d'un sourire Souris rouge qui ne courait pas dans l'herbe folle Faux rire d'adapté et vrai pli Malice sereine d'un regard tendre Sous le monde décharné Sur la montre où l'aiguille s'affole
Titre: Re : Ravachol
Posté par: Jon Ho le 29 Mai 2012 à 16:44:05
Tu vas te faire engueuler toi... T'as pas posté au bon endroit :P
Concernant ton poème :
Ravachol n'a pas trop trainé à l'école Il a perdu l'idée de l'existence d'un cheveu ... Rien compris... ça correspond à quoi perdre l'existence d'un cheveu ???
A la récré il siffle un air de carmagnole ; j'ai pas plus compris... " Vive le son du canon " ^^
Souris rouge qui ne courait pas dans l'herbe folle : quelle est la signification pour toi d'un sourire rouge ? La honte ? Dans ce cas quel rapport avec l'herbe folle ???
C'est plein de mots très jolis mais soit j'ai loupé le coche, soit il ne faut pas chercher à creuser le fond mais s'intéresser à la forme et à la décoration...
Titre: Re : Ravachol
Posté par: Poindironie le 29 Mai 2012 à 20:18:34
ça me fait penser à ça : Le cancre de Leny Escudero... mais dix quinze ans après... quand le gamin n'a non pas oublié ce qu'il était, mais que sa singulière intelligence lui a permis de faire en sorte que ça ne se voit plus trop, perdu dans les bons plis des cheveux, des cols ou des jupes, ressortant au coin d'un sourire cynique, comme un reste...
Ce qu'il reste de l'enfance et de l'indiscipline...
Après selon qu'on est optimiste ou pessimiste, on se dit que ce qui reste est l'authentique part inatteignable ou bien que tout ce qui est parti est la résultante d'un satané pouvoir d'adaptation pour ne pas dire d'assimilation, de neutralisation...
"Je vis tout seul au fond d'la classe Je dis je vis mais pas vraiment J'ai pas d'cervelle, j'ai que d'la crasse Faut s'faire tout p'tit, petitement Et pendant que les purs, les vrais intelligents Vous savez ceux qui sont toujours au premier rang Pendant qu'ils vivent la vie des autres La vie des bons auteurs, la vie des douze apôtres Moi j'vis la mienne, et vive le naufrage Moi j'vis la mienne, et vive le voyage
Un bout d'soleil tombé du ciel au creux d'ma main Et je voyage Un chant d'oiseau qui s'est perdu parc'que personne l'a entendu Et je voyage
[Répétition 1] : Bouche fermé, les bras croisés, les yeux levés écoutez bien têtes incultes Le bon savoir, le vrai savoir, le seul savoir et vous serez de bon adultes
[Répétition 2] : Et mon frère corbeau à l'autre bout du champs Chante pour lui tout seul la chanson du printemps
Le professeur m'a dit que j'étais intelligent, mais pas comme il le faudrait, C'est pas d'la bonne intelligence
Je suis ce qu'on ne doit pas faire L'exemple à ne pas retenir Qui rit quand il faudrait se taire Et mon avenir, j'ai pas d'avenir Et pendant que les autres font des sciences naturelles Moi je pense à Margot, Margot, qui est si belle Qui ne sait rien du tout, ni d'Iena, ni d'Arcole Mais qui à la peau douce et douce la parole Qui se fout du génie Et vive le naufrage Et qui aime la vie Et vive le voyage
Un grand loup bleu danse dans ses yeux quand je le veux Et je voyage Puis il me mord au creux des reins c'était hier je m'en souviens Et je voyage
[Répétition 1]
[Répétition 2]
Apprendre à lire et à écrire, pour moi aussi c'est important Mais après pour lire quoi, écrire quoi, ce qui les arrange les grands Le jour de ma naissance, je suis venu dans le tumulte Sans doute pour m'avertir que je venais dans un monde occupé par les adultes Ca s'rait bien l'école, si au lieu de toujours parler d'hier On nous parlait un peu d'aujourd'hui, de demain Mais d'quoi j'me mêle moi, j'y connais rien Pourtant j'ai l'impression que j'apprendrais mieux Ce qui me touche un peu, ce que j'aime bien C'est peut-être pour demain, qu'est-ce que ça s'ra chouette
x2 Vous avez entendu, il faut qu'je parte, la cloche à sonner Composition d'histoire, j'aurais dû réviser Et moi j'suis là à parler, j'perd mon temps oui Vous savez peut-être, il y a eu un coup d'Etat au Chili On y assassine pour un non, pour un oui Au Portugal, il y en a eu un aussi Au petit matin, c'était la fin de la nuit Et il paraît qu'en Espagne, on recommence à chanter dans les rues Mais je n'suis sur de rien, j'ai seulement entendu dire Ah, il faut qu'je parte la cloche à sonner Ah, composition d'histoire et j'ai encore oublié Et pourtant c'est facile, et puis c'est important Mais.. Mais j'm'en rappelle jamais la date de la bataille de Marignan Mais je sais qu'c'est facile, mais j'ai encore oublié, ah merde ! Dimanche j'vais encore être collé Mais pourtant c'est facile, et puis c'est important, la date de la bataille De Marignan C'est ça qu'y est important, la date de la bataille de Marignan"
Titre: Re : Ravachol
Posté par: jeM Ecorne le 31 Mai 2012 à 13:40:34
Effectivement Jon Ho les enjolivures me tapent les yeux mais … pour le reste comme le suggère Poindironie le lecteur peut s’aventurer à apprécier le détachement d’un homme qui ne connait pas l’existence d’un cheveu et l’absurde liberté emprunt de la folie de l’(en) étêtement que Ravachol peut nous communiquer ici. On peut aussi lire sa jeunesse scolaire de cancre qui permettrait dans ce portrait le surgissement de la pensée collective et anarchiste qui l’habillera plus tard. On peut donc s’amuser qu’il chante cette carmagnole révolutionnaire quand 1893 sera utilisée pour servir d’air à la Ravachole. Enfin pour limiter mes réactions sympathiques aux interrogations exprimées la souris ne peut être que rouge anarcho-communiste ou rouge comme un hommage à Boris Vian et son herbe rouge. La souris (…) qui courait dans l’herbe est une comptine qui peut résumé le sort de Ravachol ; révolutionnaire dénoncé molesté et mise à mort alors que les policier et le délateur sont récompensés. L’herbe folle souligne la ténacité et le désir de vie déclinés sans faille ( la faille où pousse l’herbe folle) par Ravachol jusqu’à sa décapitation. Je pourrais broder encore mais je suis trop ébloui par la décoration.
Titre: Re : Ravachol
Posté par: Jon Ho le 31 Mai 2012 à 14:32:42
Je voulais juste souligner le danger que peut susciter une trop belle décoration. Bien des murs vermoulus sont embellis pas de beaux tableaux. Peut être que le terme vermoulu est rude mais dans un essai de suprématisme littéraire ( comme Malévitch et son carré blanc sur fond blanc en peinture ), il ne faut pas oublier la tonne d'explications rationnelles qui se doit de compléter l'oeuvre.
" Parfum d'étoile sur un arbre perché éclosion spontanée d'un milliard de décibels Le spasme d'une nuit sur la table à langer Et ces violons qui jouent à la marelle . "...
Parfois je suis pas sûr de saisir le sens Et du coup la forme se dissout en de jolies couleurs. La beauté est si statique ...
Titre: Re : Ravachol
Posté par: Zephyr le 01 Juin 2012 à 21:27:07
J'ai juste été hors du poème. J'avais les mots qui venait, mais j'avais aucune image, aucune impression aucune truc. Du ocup je sais même pas is j'ai aimé ou pas le poème.
Souris rouge qui ne courait pas dans l'herbe folle
Ce vers m'a touché. Parce uqe ça fait remonter la souris verte. Ça fait remonter des gouter et des gâteaux au yaourt. Parce c'est plein d'enfance, de souvenir et de regrets.
Mais c'est le seul vers. Le reste, je ne l'ai ni aimé ni détesté. C'est juste sans... j'arrive pas à trouver le mot juste. C'est sans saveur. Ouai, on va dire ça. J'arrive pas donner quelque chose aux mots (hormis le vers sus-cité).
Titre: Re : Ravachol
Posté par: Cambrien le 21 Février 2016 à 16:53:18
Lu après une suggestion du forum. Peu sensible à la poésie, je ne suis pas en mesure de livrer un commentaire pertinent sur le texte. Je note toutefois une sorte d'hermétisme de l'ensemble. L'auteur connait tout de même le sujet. En ce qui concerne la couleur rouge, il s'agissait d'un élément récurrent chez cet anarchiste qui ravivait son teint blafard à l'aide de céruse rouge. Et non pas blanche. Pour un teinturier, quoi de plus normal finalement?