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"Igor est fâché, il a raté son bus"
"Il court à perdre haleine, le sang battant ses tempes. Plus que quelques mètres, l'abribus est proche. Trop tard, la silhouette du bus vient de disparaître au coin de la rue. Igor balance un violent coup de pied sur le poteau du lampadaire."
Mille et une minutes avait fait ça et je trouvais ça marrant. Alors si ça vous dit, on peut se proposer mutuellement des phrases toutes simples, comme celle-ci et les étoffer un peu afin de les rendre plus vivante ^^
Celui qui étoffe une phrase en propose une suivante pour quelqu'un d'autre.
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je suis à fond pour.
dans mon roman qui sera bientôt fini, j'en suis un peu là : à beaucoup d'endroits, il faut que j'élague; mais à certains endroits il faut que j'étoffe.
donc le jeu serait que quelqu'un fasse fuser des phrases sèches, et que les autres doivent l'engraisser?
je commence, allez-y, engraissez :
aujourd'hui, maman est morte
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Oui voilà c'est ça que je voulais dire ^^
(Je viens de remarquer que ta phrase est la première phrase du livre d'Albert Camus :D : L'étranger : Aujourd'hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas.)
Bon je vais m'y essayer ^^
Je sors du travail, il est tard. C'était une journée épuisante. Je m'installe à l'arrière du bus et ôte de ma poche mon cahier journalier. Je commence à écrire : "Le patron était très exigent, beaucoup de boulot avec les collègues.". Impossible de me concentrer. Les gens dans les transports sont vraiment bruyants. Ils m'agacent. J'ai hâte de rentrer retrouver ma mère, elle qui est toujours calme.
Arrivé derrière la porte et cherchant les clés, je trouve bizarre qu'aucun son ne me parvienne. D'habitude la télévision est toujours allumé et je peux en entendre le son. Les trouvant enfin, j'ouvre la porte. Je l’aperçois, étendue sur le sol. Je m'approche. Pleurant, je sors mon cahier et écris : "Aujourd'hui, maman est morte.".
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Bon ben, j'essaye ! Un peu d'indulgence, hein :mrgreen:
aujourd'hui, maman est morte
Ce matin, un rayon de lumière sorti des nuées est tombé sur le cerisier du jardin, et j'ai réalisé qu'il était en fleurs. Le printemps, tardif, est enfin arrivé, mais elle ne le verra pas. Ce matin, maman est morte, mais rien ne semble s'être arrêté pour autant.
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excellent mary :) !
(à ton tour de nous proposer une petite phrase à étoffer, why not? ;))
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Meilhac, je te propose une phrase :) :
- Je scrute la rue, un homme m'effraie.
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Meilhac, je te propose une phrase :) :
- Je scrute la rue, un homme m'effraie.
"Me vla planté comme un con devant ce nom de dieu de bonhomme rouge... vert... rouge... vert... rouge... vert... J'ai beau me dire qu'il va falloir y aller, j'ai les deux pieds scotchés dans le macadam, comme s'il avait fondu autour de mes semelles et que j'étais condamné à y rester englué pendant des heures, des jours... rouge, vert, rouge, vert... Reprends-toi, me dis-je. Tu vas pas y passer la nuit. Mais y a aussi ce gars de l'autre côté. Qu'est-ce qu'il a à me regarder comme ça ? Il est bizarre. On dirait que son oeil gauche est fluorescent... Et puis il a pas l'air commode.On dirait qu'il a l'intention de me chercher des noises... Il a l'air d'en savoir long en tout cas, il a l'air d'en avoir après qui après quoi je sais pas mais il a l'air d'en avoir après quelqu'un ou quelque chose. Après la vie ? Je sais pas. La mort ? Peut-être. Ou l'amour ? Ou moi peut-être ? Mais oui bon sang c'est peut-être après moi qu'il en a.
Dans le doute, je prends un air dégagé, je contemple la rue et l'horizon, l'air de rien, en sifflotant pour me donner un air dégagé. Je déscotcherai mes pieds du macadam un peu plus tard. Quand le gars sera parti. Rouge... vert... rouge... vert... (va-t-en méchant monsieur effrayant!). rouge... vert... rouge... vert..."
bon là j'ai bigrement étoffé :-). :)
double-phrase suivante à étoffer, pour qui veut : "Je m'appelle Ismaël. Mettons".
;)
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*Toc-toc* Puis-je ? :)
double-phrase suivante à étoffer, pour qui veut : "Je m'appelle Ismaël. Mettons".
Je m'appelle Ismaël. Mettons. Je dis "Mettons", parce qu'en réalité, je n’en sais strictement rien. C’est simplement comme ça qu’un jour, ce type m’a appelé. Pourquoi Ismaël ? Allez savoir. Je n’avais pas de nom, je n’étais qu’un gamin comme un autre –sauf que je ne m’appelais rien du tout. Alors, Ismaël ou autre chose, n’est-ce pas… vous conviendrez avec moi que ça ne veut pas dire grand-chose. J’aurais tout aussi bien pu m’appeler Jean-Charles. N’empêche… j’ai beau dire, je suis quand même curieux de savoir quel nom mes parents m’auraient donné, s’ils en avaient eu l’occasion. Si ça se trouve, ils l’ont fait mais personne ne l’a su, et moi encore moins. Alors, maintenant, je m’appelle Ismaël. Enchanté.
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tip top ;)
et maintenant propose donc une phrase Xeraphia ;)
(bon sinon c'est moi qui le fais, mais le plus simple serait que ce soit celui qui étoffe qui propose la phrase suivante).
"longtemps je me suis couché de bonne heure".
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"longtemps je me suis couché de bonne heure".
(FLOOD) vouloir étoffer Marcel c'est un peu comme si Lorie voulait chanter Berlioz :mrgreen:
edit ernya : +1 (étoffer Marcel, c'est un comble)
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"longtemps je me suis couché de bonne heure".
Je ne sais pas si on peut appeler ça "Etoffer"... :-[
En se référant à la définition stricte de l'exercice, j'ai peut-être été trop loin...
Se coucher de bonne heure, c’est bon pour la santé, qu’on dit. Se coucher avec le soleil, se lever avec le soleil : c’est le rythme naturel du corps, celui auquel il a toujours fonctionné, avant que cet imbécile d’être humain ne se mette à inventer des moyens d’éclairage artificiels qui lui permettaient de rester éveillé la nuit. Ce genre de progrès, très peu pour moi, merci. J’écoute mon corps, je dors tôt, je me lève tôt, je mange ce qu’il me réclame et je bouge autant qu’il en a besoin. Je suis quelqu'un de sain, moi. Je mange mes huit portions quotidiennes de fruits et de légumes, moi. Croyez-vous que j’aie été malade un seul jour de ma vie ?
Longtemps, je me suis couché de bonne heure. « Le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt », dit le proverbe. Pour se lever tôt, il faut se coucher tôt. Le monde appartient à ceux qui se couchent de bonne heure, messieurs les philosophes, poètes ou autres illuminés qui nous abreuvent d’âneries du genre.
Mais, un jour, je ne me suis pas couché de bonne heure. Un jour, je me suis demandé ce qui se passait, la nuit, quand je dormais, tout fier de m’être couché au rythme de mon corps. Qui vivait ? Qui riait, qui pleurait, qui aimait ? Qui dansait, qui buvait, qui chantait ? Qui écrivait, qui composait ? Que faisaient les autres quand moi, je dormais ? Longtemps, j’ai résisté à la tentation de le savoir et de trahir mon corps. Jusqu’au jour où j’ai commis l’irréparable : je suis sorti alors que le soleil venait de se coucher. Je ne me suis pas couché avec lui.
Et j’ai découvert la vie la nuit. La vie sauvage, effrénée, échevelée, que mènent la nuit ceux qui ont perdu leur vie le jour. La nuit, pour rattraper le temps perdu. Le temps perdu à travailler, le temps perdu à dormir. Dormir ! Tout ce temps que j’avais perdu ! Le rattraperai-je un jour ?
Je vis la nuit, maintenant. Je me couche quand même de très bonne heure, mais avec l’aurore. Et je me lève tôt, avec la nuit. Longtemps, je me suis couché de bonne heure et le monde m’appartenait. Je l’ai perdu en apprenant à apprivoiser la nuit. J’ai appris à vivre la nuit. Et le monde m’appartient.
Je propose quand même la phrase suivante : Aujourd'hui, j'ai mangé une pomme (Amis floodeurs, pardon :mrgreen: )
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J'étais aux champs avec Mamie. Nous ramassions des pommes. L'une d'entre elles trônait au milieu des autres dans le panier. Elle était rouge et brillait comme si elle avait été lustrée. Ce qu'elle avait l'air appétissante ! Je ne pu résister. Je croquais dedans à pleines dents. Elle était juteuse et légèrement ferme. Cela faisait toute sa délicatesse. Je l'a dévorais. Au bout de cinq minutes il ne restait plus que le trognon. "Elle était délicieuse, je me suis régalé !" m'exclamais-je à Mamie. Aujourd'hui j'ai mangé une pomme, j'en remangerais peut-être une demain.
Phrase suivante : J'entendais de drôles de son provenant de la petite église. :P
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Ok donc : J'entendais de drôles de son provenant de la petite église.
J'étais désespérée.
Souffrir n'est rien quand on est fou mais tous ces bruits dans mon crâne commençaient à m'inquiéter.
Allais-je survivre encore longtemps aux appels sonores?
J'avais d'abord commencé par me sectionner les doigts un beau matin lorsque la scie égoïne hurlait dans mes cheveux, puis ce furent mes pieds que je coupais à la hache à cause des gémissements de bucherons dans le bas ventre.
Hier encore, j'avais tenté de me brûler la langue parce que de petits diablotins galopaient dans ma bouche et là, maintenant, voilà que j'entendais de drôles de sons provenant de la petite église que j'hébergeais sur ma nuque.
Je n'avais plus d'alternative: il fallait impérativement que j'abandonne ma tête.
Phrase suivante: Il y a si longtemps que je suis mort que je me demande si j’ai vécu.
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Allez, je m'essaye à ce petit jeu...
Toujours j'ai éprouvé la pesanteur de ma poitrine, le silence atroce de mon esprit, la sérénité délétère de mon indolence, mais il y a désormais ce doute lancinant, abrutissant, absurde: il y a si longtemps que je suis mort que je me demande si j'ai vécu.
Petite phrase à mi chemin entre la megalo et le navet à l'eau de rose "Je suis le maitre du monde!"
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A présent, je n'ai plus à craindre personne. Partout, je suis considérer comme le plus riche, le plus intelligent. Et pour certaine, le plus beau. Maître du monde... Je crois que c'est le qualificatif qui me va le mieux. Pas par mégalomanie. Juste un constat. Après tout, si la planète ne peux se passer de moi, j'en suis le roi. Et pour peu que les extraterrestres n'existent pas, l'univers m’appartient.
Voila ! C'est cool, ça donne des idées :)
Le ciel noir au dessus des immeubles n’annonçaient rien de bon.
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Il était seize heure, enfin. Les enfants s'étaient réveillés de leur sieste, les maillots de bains étaient enfillés, les boués, pelles, seaux, rateaux et serviettes étaient regroupés dans le grand sac vert en plastique, nous partions à la plage. Dehors, je jettais un rapide coup d'oeil autour de moi, le ciel noir au dessus des immeubles n’annonçaient rien de bon, la séance de baignade risquait d'être sérieusement écourtée, mais qu'importe, il vallait mieux risquer d'être surpris par un déluge que d'encourir le courroux bruyant des enfants privés de plage.
mon plaisir quotidien, chez ma grand mêre était le gouté qu'elle me préparait
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mon plaisir quotidien, chez ma grand mère était le goûter qu'elle me préparait
Quand j'étais enfant, je n'avais aucune faculté mentale.
J'étais et je suis resté ce que l'on nomme dans le terroir, un être creux, sans idées ni pensées, sans vie, sans âme, sans sucre, sans supplément de quoi que ce soit.
Je n'avais strictement aucun centre intérêt.
Tout ce qui m'importait était mon plaisir quotidien chez ma mamie. Chez mémé...
Cette vieille puanteur qui ne savait rien faire d'autre que tailler des tranches de pain ou de petites branches d'arbrisseaux à longueur de journée.
Et quel était-il ce putain de centre d'intérêt à la con me demanderez vous?
Il était sans intérêt bien évidemment: mon plaisir quotidien, chez ma grand mère, était le goûter qu'elle me préparait!
C'est dire si j'étais grave... Déjà.
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Dès que j'avais engouffré la dernière miette de ce pauvre gouté, je me cassais sans remercier la vieille. je courais dans les rues sales de ce quartier de dégénéré jusqu'au parc où des mioches grades jouaient sur des tobogans rouillés.
J'épiais, caché, ceux dont les parents n'étaient pas là. Ceux là, je les tabassais, comme ça, même pas par plaisir, juste pour passer le temps. C'est dire si j'étais grave... déjà.
et pour la suite:
"Docteur, docteur, vous n'auriez pas le modèle B, je n'ai pas les moyens pour une grippe A"
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Bon allez essayons, juste pour s'amuser:
Il commençait à me gongler celui-là. A...A...A...
Il baillait sur cette même lettre comme un analphabète; la suite de l'alphabet coincée entre ses dents. Brillant comme une tomate bien rouge.
Des syllabes, étroites et courtaudes, s'élançaient dans les airs et retombaient s'aplatir sur le sol.
A...A...A... La grippe A.
Il commençait à me gonfler celui-là. Et pourquoi pas B, tant qu'on y est ? docteur, docteur, vous n'auriez pas le modèle B par hasard, parce que le A commence à se sentir seul à sortir tout seul dans ce monde inconnu, jeté d'une bouche ingrate et désabusée, laissez lui la paix, laissez lui la paix, il ne voulait pas être dérangé par un bonhomme comme vous, gras et infecte, l'infâme !
Non. Impossible. Pas ce genre de phrase. Le modèle A n'est tout simplement pas abordable.
Prochaine phrase ;): "Gardez vos pieds hors de l'eau"
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"Gardez vos pieds hors de l'eau"
Je les avais pourtant prevenu de ne pas mettre les pieds dans l'eau ! C'est la periode nuptiale des megalodons et la seule facon d'observer ca c'est de rester pepere dans le bateau, mais allez faire comprendre quelque chose a ses nuques epaisses de touristes. Ils ont cru qu'ils etaient au Marineland de Nice. Et voila. Maintenant je me retrouve avec une brochette de cul-de-jatte. J'aurais meme pas le plaisir de leur botter le train et l'hopital n'a pas assez de roulette pour les rendre plus mobile. Ma vie est injuste.
prochaine phrase : Au fond du lac Titikaka
ps : desole j'ai un clvier anglophone donc les accent tout ca ben j'peux pas U_U
pps : pas pu resister ce jeu est marrant ^^
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Au fond du lac Titikaka.
C'est pas vraiment là que j'imaginais finir ma vie. Je me voyais plutôt mourir à l'hôpital, à quatre-vingt dix ans, avec mes petits enfants pour me tenir la main. Mourir, ça n'a pas l'air très agréable dans tous les cas, mais j'imagine qu'après une vie longue et une agonie douloureuse, ça ressemble plus à une délivrance qu'à une punition. Alors que là, crever d'asphyxie avec un parpaing aux pieds et des poissons à moitié aveugles pour toute compagnie, c'est vraiment pas réjouissant.
En même temps, il faut avouer que c'est un peu ma faute. Les cartels ne rigolent pas avec le paiement des dettes, ma mère me l'avait bien dit. Cette fois, j'aurais du l'écouter. Ils ne m'ont pas collé une balle dans la peau, j'imagine qu'ils avaient envie d'une promenade en bateau. C'est compréhensible, il est joli, ce lac. Dommage que je doive finir au fond.
Marrant, ce jeu :mrgreen:
Je vous propose :
Il manque les trois dernières pages du livre.
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Il manque les trois dernières pages du livre.
Pêtage de plombs, attention, vous voilà prévenus :huhu:
Il n’avait pas dormi depuis des jours, peut-être des semaines. Ce maudit livre ne le laissait pas fermer l’œil. Il l’avait déniché au fin fond du grenier de ses grands-parents, tout à fait par hasard. Il n’avait rien de mieux à faire, cette après-midi pluvieuse, à part farfouiller dans ce grenier. Et il l’avait trouvé, là, dans sa vieille reliure de cuir rouge tachée et toute fripée, un pavé de feuilles jaunes et minces comme le plus délicat des parchemins, couvertes d’une minuscule écriture à laquelle l’encre manquait par endroits. Le livre sentait bon le vieux papier et la poussière, exactement comme il l’aimait. Il l’avait d’abord ouvert par curiosité. Quelques mots l’avaient directement attiré, et il avait feuilleté sa trouvaille avec plus d’intérêt. Définitivement conquis, il s’était installé dans le grenier sale et poussiéreux, oubliant complètement l’endroit où il était, et avait repris le livre depuis le début. Et cela faisait des jours, maintenant, qu’il n’en avait pas bougé. Recroquevillé dans son coin, il dévorait avec une fièvre croissante le contenu de sa précieuse trouvaille, indifférent au temps qui s’écoulait, à son corps qui réclamait nourriture et repos. Plus rien ne comptait, que ce livre, cette merveille de livre qu’il tenait entre les mains, et qui semblait ne jamais se terminer, à son grand dam et pour son plus grand bonheur. Il lisait, il lisait sans s’interrompre une seule seconde ; ses yeux brûlants, injectés de sang ne se détachaient pas un instant de son livre, son livre, sa grande trouvaille. Il y avait été aspiré, le livre l’avait hypnotisé, captivé, capturé, et il le parcourait à une vitesse folle, sans limite, sans retenue, assoiffé, affamé, vivant son livre et brûlant de le lire en entier, de le pénétrer, de le terminer, de pouvoir enfin le fermer, le poser, pouvoir enfin s’apaiser de sa lecture, fermer les yeux, rêver le monde qu’il vivait et qu’il quitterait bientôt. Il était proche, il le savait, il le sentait ; son corps tremblait depuis des jours, ses mains frémissantes avaient du mal à tenir son livre, mais il était proche, il touchait à sa délivrance, oh ! oui, il y était presque, il le savait, et de le savoir le rendait plus fou encore, l’entraînait plus loin dans sa lecture, jusqu’au fond de ce merveilleux livre maudit dont il venait à bout, patiemment, fébrilement, sûrement, lentement. Il décomptait les pages, une à une, au fur et à mesure qu’il les dévorait, qu’il mouillait son doigt de sa salive pour les décoller, goûtant sur sa langue l’âge amer du recueil, et le décompte allait de plus en plus vite, les pages tournaient, une, et encore une, et encore une autre, ses yeux hurlaient alors qu’il les forçait à lire encore et encore, ses mains avaient renoncé et il se tenait penché au-dessus du livre ouvert à même le sol, son visage pâle et émacié tout proche de son livre, tellement proche que son nez en touchait les pages, que la sueur gouttait sur le livre, et il tournait une page, une autre page. Terminé, presque terminé, enfin fini ! Plus qu’une dizaine de pages, sa langue a un goût de vieux carton, ses doigts sont jaunes de poussière, plus que quelques pages, il maîtrise à peine le tremblement de son corps en privation, plus que cinq pages, il y est, oh ! il y est, il le sent, il le sait, tout au fond de lui-même, tout au fond de son ventre vide, cette boule qui lui monte à la gorge, ces larmes qui lui montent enfin aux yeux, brûlantes, une vraie torture, mais il y est, que lui importe cette souffrance, il a terminé, plus que quatre pages, tourne la page, trois… Son doigt ne tourne plus de page. Il le mouille encore, fiévreusement, essaie encore, sans succès, passe sa langue sur son pouce, presque avec hargne, tourne la page –il n’y a pas de page. Il n’y a plus de page. Il manque les trois dernières pages du livre.
Et je propose ! "Je suis mort ? Vous croyez ?"
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J'aime bien ton texte Xeraphia mais il ne faut pas avoir l'esprit mal placé comme moi quand on le lit ;)
A mon tour!
Ils sont tous de la même promotion. Que des vieilles connaissances.
C’est la première soirée des vacances. Ils se sont retrouvés chez celui dont les parents ont une maison à la mer. Ils sont arrivés toute la journée au compte-goutte, plus ou moins épuisés par leur voyages respectifs. Comme il est coutume, c’est la surenchère ce soir.
Interdit de se coucher avant le levé du soleil et première baignade demain en fin d’après-midi... le temps que tout le monde émerge. Enfin pour l’histoire de la nuit blanche on repassera parce qu’évidemment certains, moins raisonnables que d’autres, sont déjà bien loin. D’ailleurs, en en voyant une s’effondrer, on entends un “Ca... c’est fait...” goguenard qui provient du canapé où on joue à la console.
En fait, au départ cette chute c’était juste pour attirer l'attention. C’est une blague un peu improvisée parce que la fille parterre connaît bien ses limites et n’a aucune envie d’être malade. Dans son élan elle s'est jetée, sur un coup de tête au propre comme au figuré car elle ne s’en est pas rendue compte tout de suite mais son crâne avait heurté le coin de la table basse. Pas grand chose. Une petite coupure au cuir chevelu, mais comme toujours à cet endroit fortement irrigué, ça fait vite beaucoup de sang. Donc c’est un des garçons assis en tailleurs au-dessus qui remarque le premier le problème avec un interjection bien de circonstance “Merde! putain!”. Au sol la blagueuse continue de jouer le jeu.
En fait ça lui va bien, c’est un fantasme depuis qu’elle est toute gamine d’entendre se qu’on dira d’elle après son décès. Enfin pour être honnête c’est surtout ce que dira l’ex copain de sa meilleure amie qui l’intéresse. Elle qui était si impatiente de le revoir à l’occasion de cette soirée! Depuis le début c’est tout juste si il l’avait regardé avant de lui faire la bise. Dés lors et jusqu’à maintenant il n’avait plus laché la manette de la console de jeu, fasciné, absorbé par l’écran.
Alors elle, elle bouge pas et elle écoute... et ça marche! Bizarrement la mayonnaise prend bien, tout le monde s’inquiète de son sort.
“J’ai mon brevet de secourimze!”, quelle aubaine il y en a un qui sait comment réagir. Il prend tout de suite les choses en main en calmant tout le monde. “Surtout faut pas la bouger!”, il affiche une sérénité remarquable compte tenu de son état réel. Tout le monde le regarde en train de prendre le poul de la fausse malheureuse. Difficile pour cette dernière d’ailleurs de continuer son cinéma lorsqu’elle sent l’index et le majeur bien tendus de son sauveteur.. sur sa pomme d’adam. Le médecin improvisé baisse la tête, soupir, s’énerve et se résout, avant le bouche à bouche, à poser son oreille sur la poitrine de la morte. Il ne dit rien mais tout le monde comprends. On commence a vraiment paniquer dans le salon. D’autres vieilles connaissances qui étaient dans le jardin rentrent en disant “Qu’est-ce qui se passe? Qu’est-ce que vous faîtes là!”... Mais toujours pas un mot du garçon qui continue a appuyer frénétiquement sur les boutons de son joypad. Soudainement son copain à côté lui dit “Mais tu peux pas arrêter deux minutes là?”
Ca y est la morte sent qu’il va enfin s’intéresser à son cas et elle commence à chercher une issue honorable a cette blague encombrante.
Une autre copine renchérie voyant que le joueur s’obstine: “mais arrête enfin quoi, tu comprends rien là! on a coupé la partie, c’est une vidéo à l’écran, tu joues dans le vide! Et t'as perdu de toute façon.”
Il les dévisage tous les deux, délaissant la manette l’air dépité: "Je suis mort ? Vous croyez ?"
Les mots résonnent étrangement dans le salon où il est le dernier à réaliser se qui se passe.
Et je propose: "Si au moins c'était une grimace."
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Si au moins c'était une grimace. Et ben elle aurait été vachement bien réussi. Cette crispation de la mâchoire et la révulsion des orbites, c'était vraiment cool. J'aurai pu passer des heures à la regarder. Nom de bleu. Au départ, elle m'a fait vraiment peur. Elle était arrivée comme ça, d'un coup. Bouh ! Aaah ! Bon j'avais l'habitude. Mais là c'était de la grande classe ! Du grand numéro ! Chapeau l'artiste ! Maintenant j'en rigolais. A chaque fois que je tournais le regard vers son visage, je pouffais. Quelle blagueuse. Le plus fort, c'était cette couleur bleue. Une teinte schtroumpf qui détonnait avec la couleur de ma table d'autopsie. Ah... Si au moins c'était une grimace.
Prochaine phrase : "Je suis comme un roman vite lu".
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Je passe. Je ne laisse pas de trace. Je ne marque pas. Il ne faut pas plus de quelques instants pour me connaitre de A à Z, et toutes les lettres ne doivent pas y être. dehors je suis frippé, dedans je suis écorné. on m'oublie sur une étagère ou sur un banc public. Je suis insignifiant, je ne suis rien, je suis comme un roman vite lu, même pas un petit plaisir, juste un passe temps entre deux gares.
la phrase suivante ... "Mes parents n'avaient pas d'enfant"
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C'était le Summer of Love. 1969. Mes parents n'avaient pas d'enfant. Pas encore. Moi, ou plutôt mon ébauche, je les attendais, bien caché au fond d'un voyage hallucinogène. Ce fut par une nuit de pleine lune, après avoir avalé deux buvards ramenés d'Amsterdam par un Hell's Angel en route vers Casablanca, que mon père et ma mère se croisèrent dans un champ de fraises, où je les accueillis avec mon plus beau sourire. Papa me prit pour un papillon, et maman pour un ballon de plage. Mais neuf mois plus tard, j'étais là...
Next: "Le sommeil est le frère de la mort."
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Sylvie nous a quitté il y a de ça un mois, me laissant seul avec un enfant au milieu d'une vie à peine construite. Annoncer la disparition d'une mère à son fils c'est comme annoncer à ses parents que l'on se marie pour la quarantième fois, on tourne autour du pot, on évite de rendre la situation plus dramatique qu'elle ne l'est et on fini par trouver un dérivé qui limite le nombre de litres de larmes versées.
"Maman est partie faire un long dodo car elle était très fatiguée, tu pourras encore lui parler la nuit quand tu fermeras tes yeux".
"Mais pourquoi on dit que maman elle est morte papa?".
"Le sommeil est le frère de la mort, l'un est juste un peu plus long que l'autre tu comprends?".
"Oui, je vais dormir alors, j'ai besoin de parler à maman".
Next: "Prends moi par la main, montre moi le chemin" .
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"prends moi par la main, montres moi le chemin"
Rideau matinal en pleine face. Au secours, de la lumière. Mes yeuux !
- Fiston ! debout. T'es en retard, tu vas louper ton car.
Je grogne en m'enfonçant la tête dans les oreillers buzz l'éclair.
- Allez Timy, tu voudrais pas être en retard à ta rentrée ? C'est le collège aujourd'hui, tu rentres dans la cour des grands ! C'est pas n'importe quoi la sixième. Allez avales tes céréales et vas chercher ton sac au fond du placard. Je t'emmènes à l'arrêt dans dix minutes.
Il sort sans fermer la porte, et je l'entends dévaler l'escalier, poser sa serviette en bas avant d'aller boire un café. Hmm, ça sent bon. Je me lève au bout de quelques minutes, me passe la tête sous l'eau et enfile mon t-shirt. Puis, je descends.
- Pas faim Timy ? Allez grouilles toi on y va.
Trajet de cinq minutes jusqu'à l'arrêt de bus. J'aurais pu le faire à pied, mais tant pis, ça me permet de passer un peu de temps avec mon père. Il passe les vitesses de sa main droite tandis que je scrute l'extérieur, encore endormi par le roulement du moteur.
suivant : "Comme prendre du sel pour de la coke. Et manger épicé."
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« Comme prendre du sel pour de la coke. Et manger épicé. »
Hier, j'étais encore un type tout ce qu'il y a de plus normal. On se faisait un pique-nique avec le crew, et c'est là que tout est parti en sucette. Il paraît que j'ai fait des trucs barrés. Il paraît, parce que moi, je me souviens plus de grand chose. J'enchaînais les binouzes et les kebabs, on matait les filles qui passaient. Boris essayait un slam, et moi j'assaisonnais. On a dû me dire : « Eh, ducon… », le reste m'a échappé, en tout cas, c'était puissant. Rien à voir avec le Ducros qu'on fumait derrière les préfa'. Je suis parti en live, on m'a dit que j'avais sauté dans le lac, et que je courais partout en gueulant : « Assafa ! ». Me demandez pas pourquoi, j'en sais foutrement rien. Donc je courais à moitié à oilpé, avec des sortes d'algues sur la tête, et je buvais à même le lac en disant que ça me brûlait. J'ai fini au poste, la rumeur a déjà fait le tour du quartier, et là, j'ai toujours soif. Chronique sidérée de Ducon Ier, ou comment prendre du sel pour de la coke. Et manger épicé.
Suivant : « J'aime mes fraises fraîches et bien mazoutées. »
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Atlanta, 1852.
Seule encore une fois face un traquenard. Tante Lucy s’est encore mise en tête de me caser avec un homme de lignée aristocratique, et pas des moindres : John Tarmeston. La famille Tarmeston possédait des terres qui s’étendaient à perte de vue, on y cultivait du coton. Je n’ai jamais apprécié John ; son père était un homme bon et savait prendre soin de ses esclaves. Mais depuis qu’il est alité, son fils a repris les affaires. Il fait obéir tout le monde à coups de fouet. John m’a toujours fait peur, même lorsqu’il se ramenait chez tante Lucy avec des friandises et des fleurs. Ses cadeaux me laissaient de marbre, il faisait tout pour gagner la confiance de ma tante, et au vu des derniers événements, il a réussi à la faire chavirer. Il va venir souper chez-nous pour demander officiellement ma main. Ma main, et tout le reste. Misère de moi…
Ma tante est « fière » de moi, qu’elle dit. Pas sûr qu’elle le reste après ce que je m’apprête à faire à ce minable de John. Il me fait presque pitié.
Derrière son sourire, un regard froid et implacable qui semblait me dire « Tu seras à moi un jour ou l’autre ». Je ne l’aime pas, je le méprise et je n’ai jamais eu l’occasion de le lui dire : Tante Lucy m’a toujours chaperonnée. Pendant que lui rêvait de serrer ma taille dans ses bras jusqu’à me briser pour me faire sienne, de mon coté, je rêvais de lui cracher à la figure. De lui arracher les yeux, ses yeux là qui ne me cachaient pas ses vrais dessins. J’aurais voulu l’insulter devant tout le monde dans la rue, comme l’a fait cette mégère de Bonita-Tignasse-Rouge. Elle vociférait maudissant le maire de la ville ; on voulait la chasser parce qu’elle vendait son corps et dansait dans un cabaret. Ma tante avait beau me boucher les oreilles, l’air horrifié, j’avais tout entendu. Et tout retenu. Mes parents doivent se retourner dans leurs tombes. Mais non, les morts n’ont ni bouches ni yeux. Encore moins des oreilles. Ils ne peuvent être au courant de ce à quoi je pense.
Je sais, cela ne se fait pas. Les filles de bonnes familles se contentent de débiter des phrases toutes faites, poliment, ou se taisent. Toutes des écervelées ne parlant que chiffons. Et toutes rêvaient au prince charmant. Leurs cervelles aseptisées ne pouvaient imaginer le prince qui se cache derrière chaque homme : Porc qui a pris de l’embonpoint, porc brandissant le fouet contre les miséreux, sur un cheval avachi et fourbu.
C’est sans doute pour cela que je n’ai pas d’amies, au grand désespoir de tante Lucy. Elle me grondait jusqu’à l’asphyxie et finissait toujours par me lancer un « T’es intenable » d’un regard désespéré. Oui tante Lucy, je suis intenable. Infréquentable aussi. Cela n’est pas ta faute, tu sais, tante Lucy. Tu ne m’as pas élevée ainsi. Tu as toujours pris soin de moi. Mais. C’est toujours toi qui choisissais mes poupées quand j’étais petite. Et mes robes. C’est encore toi qui décidais quelle personne je devais voir ou éviter. De la couleur de mes souliers qui avalaient mes pieds quand je dansais le regard vague et que tournoyaient autours de moi tous ces visages placides. Tu serrais mon corset avec tyrannie, quand j’étouffais sous ma peau. Tu as toujours applaudi la main blanche qui serrait la mienne d’une légère pression, cette main putride qui me donnait un haut-le-cœur. Cette main impitoyable qui châtiait les moins besogneux.
Non tante Lucy, je n’aime pas les mains blanches, et j’aime encore moins danser avec des morts sentant la camomille et le jasmin. Ce que je voudrais ? Envoyer valser toutes ces robes et porter des chiffons rapiécés. Je ne veux pas ressembler à une princesse mais à Bonita. Bonita et ces lèvres pourpres. Bonita et ses formes indécentes. Qui n’a rêvé de les embrasser les lèvres de Bonita ? Moi, je l’ai désirée cette princesse-catin.
J’aurais voulu me défaire de mes corsets, et que mes seins pendent lamentablement au dessus de chiffons aux couleurs vives. Relever mes jupons à faire pâlir le père Joseph. Que son regard se trouble en pensant à l’impensable.
Tante Lucy, je n’aime pas tes madeleine sucrées, je n’aime pas ton chocolat chaud du matin, et ton pain blanc. Mon pain, je le veux noir et bouseux. Me nourrir de fruits véreux et offrir les raisins de ton jardin aux chevaux. Et aux cochons. Ils aiment ça les cochons, les mets gouteux. Je l’ai su en allant au bal de la petite Mathilde.
Je ne veux plus de tes fraises à la chantilly. Les miennes, je les aime fraîches et bien mazoutées. Oui tante Lucy. J’aime tout ce qui est pourri.
Suivant: : Tu as l'air moins con, quand tu dors le revolver sous l'oreiller.
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Tu as l'air moins con, quand tu dors le revolver sous l'oreiller
Ils l'avaient bien prévenu, à l'agence lussifeyre. "Attention, c'est un métier de précision. Vous vous en sentez capable?" Il fit oui de la tête, empocha l'objet, et tourna des talons. Pas une minute à perdre, une somme de travail l'attendait.
Tout d'abord, une bonne sieste. Quelle est la meilleur position pour un tireur couché? Il essaya tout. La tête sous l'oreiller. sur l'oreiller? Et puis tous ces bras, toutes ces jambes, à ne plus savoir qu'en faire. C'est pourtant vrai, que c'est un métier de précision. Et ce flingue, pitaing !! Sous le matelas, tu parles d'un inconfort !!
Au bout d'un long moment, il se retrouva, les yeux rivés au plafond, son bras armé se ballotant le long du lit. Ces imbéciles là, réalisa-t-il subitement, ils seraient fichus de me coller un blâme pour avoir rayé le parquet. Roulé en boule sous la couette, le précieux emmailloté dans l'édredon, il se mit à rire.
Ah Ah!! Ils peuvent toujours rappliquer, sur ce coup là, chui bon!! Au moins là, tu as l'air moins con,
quand tu dors le revolver sous l'oreiller !!
Et pourtant, elle tourne.
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Mode écriture automatique on !
Le vieille horloge du salon tourne toujours, malgré ses cent vingt ans passés. Son tic-tac pénétrant rythme l'atmosphère et se répercute contre les murs vides. Son balancier doré continue éternellement ses va-et-viens, hypnotisant quiconque se risque à l'observer.
La vieille horloge du salon regarde tout. Les deux roses peintes au-dessus du cadran, semblables à deux yeux, scrutent la pièce, attentives au moindre mouvement. Mais le seul qui satisfait ce voyeurisme est celui de la poussière qui s'accumule sur les meubles.
La vieille horloge du salon aurait dû mourir il y a longtemps. Ses engrenages de bois sont gonflés d'humidité, ses poids son rouillés, la clé pour la remonter est abandonnée...
La vieille horloge du salon ne devrait plus fonctionner.
Et pourtant, elle tourne.
Pour la suite : Évidemment, quand on confond le sucre et le sel...
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Evidemment, quand on confond le sucre et le sel...
Cette fois, c'est la bonne. Elle prend la petite bouteille, le liquide glougloute dedans. Elle débouche et approche de son nez, pas trop près. Aucune odeur. Elle en verse un peu dans la préparation. Pas de couleur non plus. Parfait. Cette fois, c'est la bonne.
Elle verse le dessert dans dix petits pots et recouvre de biscuits. Dans chaque pot, la dose nécessaire pour que tout s'arrête. Il suffit qu'il mange en entier. Après, à elle la fortune et les condoléances éplorées.
Elle entre dans la cuisine.
"Le dessert est prêt !"
Il la regarde approcher, énamouré. Elle sourit, il sourit. Son dessert préféré. Avide, il se saisit de sa cuillère et prend une riddicule portion. Il faut savourer. Sans remarquer les yeux avides de sa femme, il l'enfonce dans sa bouche.
Il y a un silence, puis il recrache tout, il s'étouffe presque.
"Mais qu'est-ce que t'as foutu la dedans ?!" Un moment, elle panique, on lui avait pourtant certifié ni goût ni odeur, elle ne comprend pas. Elle court vers la cuisine. Son regard s'arrête sur les ingrédients qu'elle a laissé en plan, toute à son impatience. Elle soupire. Encore raté.
Evidemment, quand on confond le sucre et le sel...
Pour la suite : Il nous tournait le dos, alors on a préféré l'enfoncer.
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Tu as l'air moins con, quand tu dors le revolver sous l'oreiller
Ils l'avaient bien prévenu, à l'agence lussifeyre. "Attention, c'est un métier de précision. Vous vous en sentez capable?" Il fit oui de la tête, empocha l'objet, et tourna des talons. Pas une minute à perdre, une somme de travail l'attendait.
Tout d'abord, une bonne sieste. Quelle est la meilleur position pour un tireur couché? Il essaya tout. La tête sous l'oreiller. sur l'oreiller? Et puis tous ces bras, toutes ces jambes, à ne plus savoir qu'en faire. C'est pourtant vrai, que c'est un métier de précision. Et ce flingue, pitaing !! Sous le matelas, tu parles d'un inconfort !!
Au bout d'un long moment, il se retrouva, les yeux rivés au plafond, son bras armé se ballotant le long du lit. Ces imbéciles là, réalisa-t-il subitement, ils seraient fichus de me coller un blâme pour avoir rayé le parquet. Roulé en boule sous la couette, le précieux emmailloté dans l'édredon, il se mit à rire.
Ah Ah!! Ils peuvent toujours rappliquer, sur ce coup là, chui bon!! Au moins là, tu as l'air moins con,
quand tu dors le revolver sous l'oreiller !!
Et pourtant, elle tourne.
Trop de points d'interrogation. Ca tue tout le reste.
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C'est la phrase qu'il faut étoffer? :o
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Non, TiL, on en est là :
Il nous tournait le dos, alors on a préféré l'enfoncer.
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Non, TiL, on en est là :
Il nous tournait le dos, alors on a préféré l'enfoncer.
On avait beau crier, il ne écoutait pas cet enfoiré. Il gribouillait sur ces fiches, alors que nos vies ne tenaient qu'à un fil. On lui disait "noir", il écrivait "blanc". Pourtant, tout était clair, il n'avait qu'à nous écouter. Il s'entêtait dans ses hypothèses, effaçait, recommençait comme s'il était Dieu! Il a même tué un des nôtre. Pourtant il était réel. Il ne l'avait jamais trouvé sincère dans ses dialogues. On murmurait, criait. Sa plume aurait dû rebrousser chemin. Il nous tournait le dos, alors on a préféré l'enfoncer cet écrivain de mes deux.
Suivant: Mon miroir m'a menti, ce matin.
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Mon miroir m'a menti, ce matin
Mon compagnon d'infortune, qui jamais ne m'a trahie. Lui seul sait me dire les mots véritables. Il connait la réponse à mes questions, qui du voisinage, la topographie fine des plis de l'âge. Quand je tire la tronche, posément il me dit Vois ce que tu deviens, tu es ce que tu hais.
sans ambage, sans fard, nue sous la lumière crue du premier soir.
J'ai regardé par dessus son épaule. J'y ai vu un sourire. Mon dieu, tout se perd. Mon miroir m'a menti ce matin.
Je me suis trompé quelquefois.
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Je me suis trompé quelquefois.
Oui, je l'admets, malgré ce que je te répètais sans cesse, je n'ai peut-être pas toujours raison. Je me suis peut-être trompé en te disant que c'était la saison rêvée pour aller camper en forêt et retrouver la vie sauvage. Peut-être aussi quand je t'ai dit de t'habiller léger car nous n'aurions pas froid. Ne pas s'intéresser à la météo avant de partir, une erreur, certainement. Nous étions trempés ; je n'aurait peut-être pas dû te dire que ça allait se calmer et qu'il fallait continuer d'avancer. Erreur, encore, quand tu m'as demandé si je savais où nous étions et que je t'ai répondu qu'il suffisait de regarder les étoiles, nous trouverions la sortie. C'est peut-être ma faute si tu es tombée malade et que je n'ai pas voulu appeler les secours car je voulais faire comme nos ancêtres, soigner ton mal de tête avec des plantes.
Je me suis peut-être trompé de plante, aussi, ça ne t'a pas vraiment guérie.
Attention, chérie, ça va couper !
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Trente minutes.
Non, quarante.
Cinquante?
J'sais plus. J'ai arrêté de compter mon impatience. C'est fou c'que les gens se perdent dans leurs monologues absurdes au téléphone dès qu'ils croient qu'on est là que pour ça. Il croit vraiment que je l'écoute ce con. J'attends qu'il raccroche. Qu'il me libère, mais non. Il fallait qu'il me parle de son chat. De sa voiture cabossée. Et de sa mère castratrice. Il veut couper les ponts avec elle, qu'il me dit. Oh non surtout pas. S'il croit qu'il va la remplacer par moi, je suis foutue. Et si je lui disais d'aller se faire pendre? Non, ça s'fait pas. Les gens doivent rester polis au téléphone. J'ai sommeil, bordel. Ah ouais... Main'ant il me parle de son boulot à la con. De ses querelles sournoises avec les collègues... Pffiou!
Il m'agace. Il faut que je dorme. Il n'est que quinze heures, mais il faut qu'je dorme. Il n'avait qu'à être moins soporifique.
J'vais l'envoyer paitre. Je dois l'envoyer paitre, pour le bien de tous. Non, mais j'peux pas...
Je sors avec lui. J'suis conne. Comment j'ai pu tomber amoureuse de lui?
J'répondrai à cette question plus tard. Pour le moment...
- Hey, chéri... Chéri? Tu m'écoutes? Là, je dois vraiment y aller ... (On s'obstine au bout du fil et on continue à parler) Chéri! ... Bon, ben... Attention, ça va couper.
CLAC.
Suivante: Mon chat est mort. Vive le chat!
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mon chat est mort. Vive le chat !
L'affaire tombait en rade, c'était clair, la phocéenne me menait en bateau. J'avalais une dernière rasade à fond de cale pour me remettre à flot. J'ai pas senti le choc au début. Quand j'ai levé la tête, un gyrophare m'éblouissait plein pot.
- Alors, matelot, on écume les chats crevés?
- Il est Cat' heure moins le Cat', my Lord, mon chat est mort. Vive le chat !
- C'est ça. Et ma cousine elle s'appelle Agnès. Vous aimez les expériences nouvelles? le panier de crabe. vous allez adorer.
-> faut reconnaitre, c'est du brutal.
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La tâche n'était pas aisée, j'avoue.
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-> faut reconnaitre, c'est du brutal.
Bam ! Le poing tape de front sur sa joue. La sueur gicle de son visage. Mais vite, il se remet en place, prêt à parer un deuxième coup. Il tourne, saute d'un pied sur l'autre à petites foulées. Il se prépare, se rapproche peu à peu de son adversaire ; boum ! A son tour de frapper ! Il n'est pas décidé à se laisser vaincre. Son concurrent tombe brutalement.
- Faut reconnaître, c'est du brutal ! s'exclame le commentateur. L'adversaire est au tapis, va-t-il se relever ?!
Le boxer trottine paré à lancer un nouveau coup. Un de ses préparateurs lui passe un gant humide sur le visage mais le pugiliste le repousse violemment.
- ...7, 8, 9, 10 ! Je déclare James LaMotta vainqueur par KO !
Les fleurs butinent les papillons.
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Les fleurs butinent les papillons.
Je les avais connues autrefois. Si belles, elles offraient leurs couleur, sans armes. Il y a bien longtemps, légèrement posé sur leur tendres pistiles, leur polen attendait le papillon charmant.
Regarde aujourd'hui comme elles bondissent d'un papillon à l'autre.
Et toi, tu crois encore pouvoir ceuillir ta rose? Innocent!
Pour la suite :
Il regarde le bébé et il pleure.
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Depuis qu'il est venu au monde, j'ai l'impression que notre couple n'est plus ce qu'il était. Il n'y plus de "nous", plus de tendresse, plus de regards complices. On était juste des parents. J'ai l'impression de me perdre dans ce minuscule petit corps qui me bouffe un peu plus chaque jour. Je n'ai plus de droit de dire "je veux", il fallait que tout passe par lui. Intolérable. J'aurais pu exister enfin quand il est en sommeil, mais non. Il se réveille toujours pour me rappeler que je suis génitrice. Marcel ne le voit pas. Il ne voit pas que je perds la tête. Que je suis disparais à chaque fois que je tends le sein. Je ne veux plus être mère. Je veux être juste une femme. Un individu. Une épouse peut-être. Mais pas mère. C'est au-dessus de mes forces. J'approche du berceau avec un oreiller. Ma délivrance. Au même moment, Marcel entre dans la pièce. Il regarde ce que je tiens entre mes mains. Il regarde le bébé et il pleure.
Il sait que c'est fini. Qu'il n'y a plus de couple. Plus de famille.
Phrase suivante: Je veux que tu me baises.
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Je veux que tu me baises
Lili regardait la rue par la fenêtre embrumée de la voiture. A la radio, du mauvais rap. Son père conduisait tranquillement. C'était un lundi matin. La nuit fut courte. Mais Lili savait s'en accommoder. Ce n'était pas la première fois. Ce ne serait pas la dernière. Elle savait faire semblant. Le masque de la tranquillité était un familier de Lili, elle savait le manier habilement, ni trop, ni pas assez.
Sa mère lui disait souvent "Les apparences sont trompeuses. Apparemment il faut tromper." Alors, Lili trompait, sans trop y penser, naturellement, parce qu'on lui avait appris.
Elle refoula ces larmes par une respiration. Elle ferma les yeux, se focalisa sur la musique. Le rappeur commençait le refrain connu de Lili, elle le voyait dans son clip, entouré d'une dizaine de filles au bord de sa piscine. Le summum du cliché. Elle oublia ces images pour se concentrer sur les paroles.
"Je veux que tu me baises. Meuf, je veux que tu me baises. Oh !"
Le père de Lili eut un gloussement. Lili ferma les yeux de toutes ses forces. Elle sentit soudain sa main puissante sur sa fine cuisse.
Elle prit une longue respiration. Remit le masque. Ouvrit les yeux pour les planter droit devant elle. Un sourire.
"Les apparences sont trompeuses. Apparemment il faut tromper."
PHRASE SUIVANTE: Ça te fait rire ?
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PHRASE SUIVANTE: Ça te fait rire ?
- Ça te fait rire ?
- Ben… un peu, quand même.
- T’es taré.
- C’est toi qui n’as aucun humour.
Elle me regarde, un peu paumée. Elle ne le voit pas, l’humour. C’est dommage, parce qu’il est là. Comme une œuvre d’art. Splendide, discret : beaucoup de classe, cet humour qu’elle ne voit pas. Elle est trop terre-à-terre pour ça.
- C’est quoi qui te fait rire ? Ce type est malade.
- Farpaitement. Mais il m’amuse, qu'est-ce que tu veux que je te dise. Mais regarde-le, enfin ! Evidemment, je veux bien croire que ce n’est pas donné à tout le monde de…
Elle ne me laisse pas finir, elle s’éloigne en secouant la tête. Je lui ai fait peur, comme souvent. Elle se calmera, elle reviendra : on est trop proches pour se séparer pour de vrai. Il lui manque ce brin de folie pour apprécier ce que je vois, ce que j’aime, ce qui m’amuse, ce qui me fait vivre. Moi, je suis un artiste, un vrai, et je vois les autres. Un jour, je saurai lui montrer, et elle ne me demandera plus jamais si « Ça me fait rire ? » ; et même si elle ne verra jamais, ça me fera toujours rire.
Suivante : Un violon pleurait tendrement.
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Suivante : Un violon pleurait tendrement.
Porté par la marée humaine, je marchais à travers le dédale des couloirs de la gare parisienne. L'air ambiant était saturé par l'odeur de la sueur et du parfum des gens tout autour de moi. M'arrêtant un instant pour acheter mon ticket, j'entendis au loin, à travers le capharnaüm de bruits de talons claquant le sol, une mélodie des plus agréable à l'oreille.
J'avançais parmi la foule jusqu'à son origine. L'homme au long manteau se dressait dans un coin, et un violon pleurait tendrement dans ses mains abîmées. La douce musique m'accompagna jusqu'au quai, et résonnait encore dans ma tête quand je sautai sur les rails, un sourire aux lèvres.
Phrase suivante : Leur foi m'effraie.
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Pas évident, j'ai cogité un peu avant de trouver un contexte fiable. A vous de juger ^^
D'une morosité des plus ignobles, les deux gardes me traînent jusque devant le juge. C'était un homme d'une envergure épatante. Son regard vous faisait savoir qu'il comprenait ce que vous ressentiez, comme si sa sagesse lui permettait de ressentir si précisément votre état d'esprit que son jugement allait être en connaissance de cause. Ses lèvres, humectées, venait de savourer un délicieux repas, certainement au Palais flatté ou un autre restaurant bien réputé du quartier. Il commençât calmement à me poser des questions quant à mes théories sur la forme de la Terre. J'y ai répondu plus que sereinement, tout en gardant un œil sur mes détracteurs, de vulgaires vautours apathiques, guettant une faille dans mon argumentation. Les crocs acérés, prêts à mettre une existence à l'état de débris. Toute cette coalition religieuse est venue me dévorer, ainsi une meute de loup dévorant les théoriciens scientifiques venant brusquer l'impôt religieux dans un quelconque domaine. Ils dirent un à un au juge que mes affirmations ont souillé les croyances du clergé, et que je ne suis qu'une marionnette hérétique que le Diable en personne anime. Leur foi m'effraie, elle pèse lourd, très lourd, et tend vers l'aveuglement. Son poids n'a d'autre choix que de venir s'accumuler sur les épaules du juge, qui finit par me condamner à mort.
Phrase suivante : "Je réalise alors que le temps m'avait rongé"
A vos claviers :D
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Je suis vieux et moche, j’veux dire, j’suis même pas banal, comme les autres gens, nan, j’suis quelque chose d’autre, une créature fabuleuse. Ma barque elle tangue, droite gauche, tic-tac , j’suis pas loin de la fin, ça clapote sur le vieux bois, il a un peu perdu sa peinture bleue d’antan, lui aussi il est vieux et moche. J’suis comme un con, là au milieu de mon lac, dans mon lac y’a pas de poissons, le temps les a pris avant moi, sacrés poiscailles. Des fois, j’me dis que les gens ils manquent d’absurde dans leur vie. Toujours à faire ce qu’on attend d’eux, toujours là où on les attend. Mm, bin moi non. Je réalise que le temps m’avait rongé, pourtant j’me sens pas blessé, j’me sens pas affaibli, j’attends la suite de mon aventure, sereinement dans ma barque, une petite sieste un bel après-midi. J’suis vieux et moche, mais j’le vis bien, ouai.
next : j'ai peur des torchons
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Les phobies viennent mais ne partent presque jamais. Et quand on en guéris on a toujours un frisson comme qu'on on se souvient d'avant, moi je ne guérirai jamais car cette phobie reste au fond de moi. Enfant j'en ai failli mourir, de cette saloperie. Ce n'est pas une phobie ordinaire. Très handicapante même c'est la peur du TORCHON !!
Phrase suivante : Le chanteur imitait à la perfection la chanson.
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Un soir de pluie, ruelle déserte. Je me promène, mains dans le dos, au gré du vent. L'eau qui tombe du ciel me rentre dans les chaussures, pénètre mes vêtements, dégouline le long de mes tempes. Ce soir, je suis triste, triste et seule. Je continue mon chemin, flic flac, flic, flac, un pied dans une flaque. Je suis trempée. Comme si rester sous la pluie pouvait me laver de ce que je venais de voir, comme si je pouvais oublier cette abomination. J'écoute, pas un bruit. Je suis seule. Quand soudain, au détour d'un carrefour, je l'entends. Une voix douce, à la fois envoûtante et mélancolique, qui semble sortir de nulle part. Une voix masculine, qui chante une chanson bien connue. " Et la mer efface sur le sable les pas des amants désunis ". Yves Montand. Je me sens mieux, soudain, comme si ma tristesse trouvait refuge dans cette chanson. Le chanteur imitait à la perfection la chanson.
Phrase suivante : Il faut que je l'attrape, cette sale bête. ^^
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Hop, j'tape le squat dans ce petit jeu ;p
Je la sens. Calme, froide, et noire, toujours logée au fond de mon tronc cérébral. Elle siffle et susurre de sordides logorrhées qui me rongent et me hantent continuellement, le jour, la nuit. Elle m'empâte la gorge, ses terribles mandibules m'inondant de dopamine. Elle suce avidement ce qu'il me reste d'adrénaline, m'offre ce que je paye d'ocytocine. Les synapses prisonnières de ses massives pattes velues, elle me berce mortellement. Je plane au dessus de l'enfer, les étoiles qui s'étirent et qui grossissent lentement au fond de mes yeux ne reflètent plus que des volutes du monde. Il va falloir faire quelque chose. Il faut que je l'attrape, cette sale bête...
Phrase suivante : Demain, il pleuvra.
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Hoplà idem
La nuit va très bientôt tomber. Le soleil n'est presque pas visible, maintenant. Les nuages s'ammoncelent au-dessus de la terre asséchée, à la fois réconfortants et menaçants. Réconfortants, parce qu'il n'a pas plu depuis si longtemps qu'aucune récolte n'a pu éclore, mais aussi menaçants en raison de la tempête qu'ils annoncent, de toute évidence. Oui, c'est sûr et certain : demain, il pleuvra.
Phrase suivant : Je n'ai jamais rien vu d'aussi hardcore de toute ma vie.
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Je n'ai rien vu d'aussi hardcore de toute ma vie. J'étais plantée derrière des ballots de paille fraîchement coupés, lorsque Jack mon voisin déboula dans la grange suivi de ma sœur aînée. Il se retourna vers elle avec précipitation et lui parla d'un ton veule.
– Viens vite à l'intérieur!
Ma sœur s’exécuta avec empressement. Elle tenait un sac de joute qui paraissait lourd. Elle était haletante. Il essaya de la calmer.
– Ça va bien se passer, ne t'inquiète pas.
Elle hocha la tête timidement. Jack sortit une fine corde de sa poche, l'accrocha à une poutre solidement. Il se retourna vers ma sœur.
– Approche, ça sera vite fait, pas le temps d'avoir mal...
Il empoigna son opinel à la lame affûtée.
– Où est la bête?
Elle lui tendit alors le sac qui bougeait dans tous les sens. Jack y plongea la main et en sortit mon lapin blanc! Paralysée par la stupeur, aucun son ne sortit de ma bouche. Avant que j'ai pu reprendre mes esprits, l'animal avait été assommé, attaché à la poutre, entaillé et pelé. La lame de l'opinel s'enfonça autour de son œil qui sortit de son orbite et libéra un flot de sang que ma sœur s'empressa de récupérer dans un bol. Mes jambes vacillèrent. Jack annonça:
– Maintenant c'est le tour du cochon!
Prochaine phrase : "Maintenant c'est le tour du cochon!"
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Et je me tenais là, pieds et mains liés. Le visage marqué de crachats et de coups. Dégoulinant de crasse. Le reste du corps goudronné et emplumé. Dieu que leurs liens me tuaient la peau ; comme des putains de serpents occupés à me scier les poignets et les chevilles.
Aujourd'hui, le temps était doux. La brise à peine fraîche et le ciel bleu, parsemé de quelques nuages. Une belle journée. Je pensais... on a du mal à s'imaginer, nous, au milieu de tout ça. On pense que ça n'arrive jamais qu'aux autres. On voit les autres partir, mais on s'inquiète pas. On se dit que non, pas nous. Non. On se rassure.
Et ça arrive.
Aujourd'hui était un beau jour, et ma conscience oscillait entre l'odeur de chair brûlée et la déperdition morale. La détresse. Je reniflais un bon coup encore, et levais les yeux vers mon bourreau.
"Maintenant, c'est le tour du cochon !"
J'allais rejoindre Aimée. Plus qu'une vive seconde de souffrance.
Allons-y.
Au prochain : C'est Noël, les enfants !
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Jeu très intéressant !
La clé tourne dans la serrure. Elle tourne la tête. Elle voit d'abord ses chaussures noires, ses chaussures trouées qui semblent avoir vécu plus longtemps que leur porteur. Son regard monte, passe sur le pantalon maladroitement rapiécé, s'arrête quelques instants sur cette chemise miteuse flottant sur le torse trop maigre.
Le visage de l'homme est creusé, vieilli par la misère et usé par les années. Un sourire qui parait déplacé sur cette mine fatiguée lui est destiné. Il lui désigne du regard ce qu'il tient dans sa main droite. La petite fille suit le regard. C'est un sapin, un de ceux qu'elle n'a jamais vu que chez les autres. Il ne doit pas faire plus d'un demi-mètre, il est tordu, certaines branches sont déjà marrons, il manque des aiguilles. Pourtant c'est un sapin. Un de ceux qu'on a laissés sur le bord du chemin, trop misérables pour être acceptés. La fillette a du mal à détacher ses yeux de l'arbre, mais son regard incrédule vient à nouveau se fixer sur son père.
"C'est Noël, les enfants !".
La phrase pour le prochain : "Parce que le silence est magnifique"
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Josy était là, en haut de cette falaise, surplombant la mer emplie de rochers trappus. Elle ferma les yeux un instant mais la douleur cognait ses tempes, comme si elle voulait sortir de ce crâne inconfortable. Derrière elle, la petite fête foraine du village vivait, se mouvait de ce vent de bretagne. Les lumières de la grande roue brillaient, les musiques criaient. La jeune femme aurait voulu tout jeter dans cette abîme s'offrant devant elle : les orgues de barbaries, les vendeurs de barbapapa, les micros hurlant, les trains fantomes aux cris artificiels, les gens heureux... Tout ça mériterait de partir dans l'eau, ne lui laissant que tranquilité et mélancolie. Parce que le silence est magnifique et que le rompre est un affront terrible. Mais elle ne pouvait, Josy ne pouvait que rester figée là, seule, triste... Puis elle trouva une nouvelle solution : si elle ne pouvait jeter tout ce bonheur au dessus de la falaise, c'est elle ira rejoindre les profondeurs de la mer, mélange de mort et de tranquilité...
Bien bien bien, prochaine phrase : "Ce cerceuil est vraiment trop petit"... ^^
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C'est ainsi. J'en suis retournée depuis trois jours, je me sens presque coupable. A qui en parler ? Personne ne lui accordait du temps à part moi. Avec cette tragédie, il pleut, je regarde la pluie couler en trombes, hypnotique, me remémorant les doux et déjà lointains souvenirs. J'aimais avant tout lui vider mon sac à propos de mon mari, mes névroses, mes faux espoirs. Bien qu'il fut déjà dans un état altéré deux mois avant de mourir, il écoutait calmement, sage, les yeux humides, sans commentaire futile et pesant. Ma fille Aline a tout de suite remarqué un changement au début de notre relation. Je souriais aux mauvaises nouvelles du jour, je préparais à manger le soir, je faisais des efforts pour articuler un "merci" à mon mari qui me complimentait sur ma perte de poids, cynique. Aline me décochait des flèches de reproche par les yeux : Maman, je sens que tu trompes mon père et Dieu, tu as un amant. Je n'avais pas envie d'expliquer les choses à l'époque, et ce serait encore plus insensé aujourd'hui. De toute façon, c'est fini, il est inerte. J'ai demandé à la voisine une boîte à chaussure, mais je me rends compte que ce cercueil est vraiment trop petit.
Tu mérites au moins un mausolée, pauvre hamster qui m'a apporté tant de réconfort.
La prochaine phrase est : "Rira bien qui rira le dernier !"
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Ce midi, il allait retrouver sa mère . Elle adorait les gâteaux. Enfourchant son vélo,il se dirigea vers une boulangerie. Il lui fallait prendre la nationale puis la petite route dans les bois sombres, passer le moulin rouge. Il repensait à la fille de la soirée d’hier, le goût fugace des lèvres lorsqu’il l’avait embrassée, son rouge à lèvre, ses yeux malicieux. Peut-être la reverrait-t-il. Il n’avait pas vu le camion droit devant. Des éboueurs qui revenaient du travail. Il ne voyait pas qu’il allait trop vite. Il tourne la tête, trop tard. La roue du vélo tourne, tourne sans vouloir s’arrêter. Il freine de toutes ses forces. Rien ne peut y faire. Il repense à sa mère : « Fais attention sur la route». Une inquiétude qu’il chassait d’un haussement d’épaule. Huit ans qu’il prenait son vélo pour se déplacer, moins cher et plus pratique qu’une voiture. Le risque était moindre. Il était prudent, des petites routes de campagne qu’il parcourait avec aisance. Jamais il n’avait eu affaire à un automobiliste un peu rapide.
Le camion s’était arrêté brutalement devant un passage piéton qu’il n’avait pas vu, trop pressé. Le jeune homme insouciant sur son vélo ne le vit pas, trop confiant dans l’habitude. Peut-être était ce le printemps, le soleil, le parfum des fleurs qui le grisait ou des cheveux blonds brillant sous les spots colorés. Il n’eut que le temps de penser à sa mère « Fais attention à toi, sois prudent». Prudent il l'avait toujours été, mais insouciant aussi.
Prochaine phrase: " Chiche! t'es cap' ou t'es pas cap' ? "
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Igor répéta, avec le même sourire aux lèvres :
"- Alors ? Chiche ! T'es cap ou t'es pas cap ?"
Harry n'aimait pas quand son compagnon le regardait comme ça, de haut. Il détestait ce regard moqueur, ce petit rictus de malice, cette flegme agaçante... Il aurait voulu lui sauter dessus et l'étrangler complétement, jusqu'à ce qu'il soit mort entre ses mains, ami ou pas ami. Car Harry le savait, Igor avait maintenant une emprise sur lui. L'adolescent au fort l'accent russe savait que son ami tenait plus que tout à sa fierté et qu'elle pourrait l'obliger à n'importe quoi. D'ailleurs, Igor ne savait pas trop ce qui le poussait à confronter Harry ainsi, à tester ses limites. Peut-être par pure curiosité, ou juste par amusement. Quoi qu'il en soit, Igor continua à jouer avec l'esprit du jeune roux, à le torturer spirituellement, et lui demanda une troisième fois en lui tendant l'objet :
"- Alors Harry ? Chiche ou merde ?"
Il s'avança :
"- T'es cap ou t'es pas cap ?"
Alors, d'un coup sec, Harry prit l'arme dans sa main droite. Puis, un expression dure de colère sur le visage, pointa le canon du revolver sur sa tempe.
Phrase suivante : Une énième main émergea de l'eau glacée.