Le Monde de L'Écriture

Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: Meilhac le 08 Avril 2012 à 19:40:27

Titre: [AT Mammouth n°1] Coup de peau
Posté par: Meilhac le 08 Avril 2012 à 19:40:27
coucou
vla un texte qui m'a été inspiré par l'appel "un petit rien avant le commencement" :-).
miousique !! (je me suis inspiré de l'histoire (ou de la légende) de l'enregistrement de la musique d'ascenseur pour l'échafaud).
(si il est encore temps (j'ai suivi ça de très loin) pour la revue, je peux prendre un petit moment pour le retoucher et/ou relire les autres textes en réponse au truc. et si il est trop tard pas grave, c'était sympa d'écrire ça, le thème était cool  :) ).


Coup de peau


On allait enfin pouvoir démarrer. J'en avais bavé pour qu'on se retrouve là tous ensemble. Il m'avait fallu convaincre Steve Bebop, motiver Joey Pride, et louer Pedro Alter. Très cher, Pedro Alter. Je manquais un peu de fonds à cette époque. J'étais pas connu comme maintenant. Mais j'avais pas lâché l'affaire quand les difficultés s'étaient présentées, et j'en étais récompensé. L'enregistrement aurait lieu. Steve, avec son saxophone mafflu, allait nous envoûter avec ses sons chauds et puissants. Joey, surexcité par le superbe piano Errar qui ornait le studio, allait pouvoir nous éblouir par son jeu puissant et mystérieux. Quant à Pedro, on verrait bien. Capricieux, celui-là. Mais bon, je savais que si le feeling était bon, il était capable de faire fuser des nom de dieu de phrases bouleversantes. On allait voir ce qu'on allait voir, ça allait déchirer. Moi j'étais un peu dans mes petits souliers. Comme compositeur, ok pas mauvais. Comme sideman, pas mauvais non plus, un peu recherché même (à l'époque j'en étais tout fier, même si aujourd'hui ça m'arrache un sourire de pitié). Mais là, le fait d'avoir dû m'occuper de l'intendance, réunir les zikôsses, leur acheter jus d'orange et drogue (Pedro crevait de soif après ses shoots d'héro), négocier avec le producteur du film, toutes ces responsabilités m'avaient pris la tête. Quant à la musique, elle était à peu près composée, mais il allait falloir donner une existence physique à ce que j'avais vaguement en tête et plus ou moins mis sur papier.

Le label avait donc fini par donner son accord. Musique de film, le film raconte, en gros, l'histoire d'un mec, le mec tente de séduire une nana, au début il échoue, après il réussit, ils couchent ensemble, rideau. Le scénario m'avait laissé un peu dubitatif mais après tout nous c'est plutôt la musique. La B0 comme on dit maintenant mais à l'époque on disait « musique de film ». C'était joli aussi : « musique de film ». J'aimais bien. Bande, ça fait un peu Elastoplaste,  ou bande de jeunes. Mais bon.
Le réalisateur n'avait pas été trop chiant, il faut bien dire. « Allez les gars, je compte sur vous, faîtes au mieux, et surtout du sentiment, hein ! Du sentiment ! ». C'était ça la consigne. Bon. J'avais répercuté le message aux gars. C'était moi le chef, c'était à moi de leur dire. Du sentiment les gars, du sentiment. Bô.

Le studio était mauve, un peu bizarre avec toute cette moquette et ces posters ridicules au mur, et cette espèce de baie vitrée qui donnait sur une rue de Paris, je ne sais plus laquelle, une rue avec des trottoirs, des passants, des crottes de chien, une rue quoi. Un..., deux..., un, deux, trois, quatre. Ça allait être à nous. Les conditions étaient claires : il allait falloir faire très très short. Steve nous avait prévenu qu'il devait partir à 18h. Pour voir sa mère à l'hôpital paraît-il. Pour aller draguer une Parisienne à mon avis.

Bref ça allait être à nous. Tout avait été bien organisé, un jeune gars était venu suspendre un écran le long du mur Ouest ; un gros projecteur avait été posté devant le mur Est ; et nous, entre les deux, les pieds bien enfoncés dans la moquette turquoise, les yeux naviguant entre l'écran et le pupitre, le pupitre et l'écran, l'écran et la fenêtre parfois aussi, pour s'évader un peu.

Intro, Steve envoie quelques notes de batterie. Comme prévu. Pedro plaque quelques accords. Bien joué Pedro ; tu nous as fait peur. Je retire tout ce que j'ai dit Pedro, on peut, parfois, compter sur toi. Le son de la batterie et du piano emplissait joliment le studio, le décollage de la fusée se déroulait pas mal, sans anicroche. J'allais pouvoir ajouter mon grain de sel, je préparais mon entrée avec délectation, il s'agissait que je réussisse mon attaque. Somme toute un solo de trompette, c'est comme la vie, le plus important c'est pas le milieu mais le début et la fin.  Les sons de la longue digression introductive de Steve et Pedro, assorties de quelques rares notes de contrebasse égrenées ici et là, nageaient autour de nous, se coulaient dans mes oreilles. Audition ok me disais je, cinq sur cinq. Les trainées laissées un peu partout par le saxophone surplombaient le tapis d'accords tissé par le piano. Légers, calmes, réguliers, les sons jaillissaient du clavier avec grâce.

Quelques mesures encore. L'objet cuivré rutilait dans ma main gauche. Je le laissais pendouiller, j'y jetais des regards enamourés. Trompette chérie. Joséphine (je l'appelais Joséphine) je t'aime, je t'aime d'amour, tu le sais, et tu me le rends bien, ça va être à toi, come on. Sur l'écran, un abruti en costard faisait du plat à une pimbêche en tailleur gris et violet. Plus que quelques secondes avant le commencement. Je porte ma trompette à la bouche. L'orifice doré de l'embouchure disparaît de mon champ de vision. La contempler ou en jouer, il faut choisir. Je sens la fraîcheur du cuivre entrer en contact avec mes lèvres et l'embouchure s'enfoncer mollement en moi. Mais je sens aussi, je sens surtout, un petit quelque chose entre moi et Joséphine. Comme un renflement, comme une protubérance, un petit rien qui me rend tout chose. Je rentrais de quelques jours de vacances au ski. Lèvres gercées. Un bout de peau avait pris son indépendance et s'était logé dans l'embouchure de la trompette. Alerte. Que faire? J'entends le sang me battre les tempes et les questions affluer dans ma tête. L'enregistrement de ma vie allait foirer à cause d'un morceau de moi, à cause d'un bout de chair que ma fatale incontinence avait laissé fuiter. L'examen mental des conséquences de cet incident malencontreux dura quelques secondes qui me parurent des heures, et au terme desquelles, malgré la coulée de sueur que je sentais entre mes deux omoplates et les pulsations de mon coeur qui étaient montées, je me jetais à l'eau, je jouais, je m'entendis émettre un son, puis deux, puis trois, des sons rares, bizarres, troublants. Qu'est-ce qui se passait morbleu ? Les notes sortaient à peu près, le morceau de peau, insistant, au lieu de se laisser expulser dans l'action, comme le font parfois les échardes auxquelles nous ne prêtons pas attention et que notre corps expulse naturellement, semblait s'être franchement fichés dans mon instrument, les sons étaient ténus, je jouais, je jouais, joue, joue, joue, me disait mon père quand j'étais petit et qu'un match de tennis ne se passait pas comme je voulais. Les notes sortaient du pavillon rutilant de ma trompette, je ne connaissais pas les notes que je jouais et pourtant les reconnaissais comme si je les avais intimement connues et aimées des années auparavant. Elles étaient ourlées, toutes douces, ténues. Je m'abîmais dans la contemplation des sons, sentais mon âme s'alléger à chaque nouvelle attaque. Si bémol majeur. C'était la tonalité. J'y étais à l'aise comme un jeune poisson dans une mer confortable, plein de santé, de vigueur, de souplesse. Et les sons jaillissaient de mon instrument en même temps que les larmes de mes yeux brûlants. Les notes suaves s'enchaînaient et, comme des guides amis me menant le long d'un sentier escarpé, chacune d'elle m'indiquait la suivante, la voie à suivre, la veine à creuser, la direction dans laquelle m'aventurer, j'enchaînais, je continuais, j'avançais...

Je percevais Steve, Aldo, Fred, comme à travers une nuage diaphane, comme si leur son me parvenait par des canaux inhabituels. Le feeling était bon, nous échangions des regards complices, je les sentais concentrés, un peu euphoriques par moments, assez calmes sinon, plus ou moins conscients au début de l'étrange beauté du son ce soir-là. S'agissait de garder notre sang-froid, que le charme perdure, qu'on parvienne à rester dans le même état que celui dans lequel nous étions.

J'avais peur que ce morceau de peau qui me valait d'éprouver des sensations inconnues, enivrantes, bouleversantes, choie, disparaisse, s'esquive, se débine... il restait bien en place, bien calé. Parfait, ne bouge pas mon gars, ne bouge pas reste là, tu es chair, tu es sang, tu es moi, tu es je ne sais quoi et ce que tu veux, à la fois dur et mou tu es bizarre je sais pas ce que tu fous là mais je t'en supplie ne bouge pas ne bouge pas. Et le bout de peau restait coincé dans l'embouchure, donnant cette couleur envoûtante, ce son singulier, ourlé, inimitable, et depuis inimité.

Ce petit bout de chair que tu as perdu Ned, tu en as fait don en quelque sorte à l'humanité tout entière. Ce morceau de peau a quitté ton corps pour venir se lover dans chacun des milliers de disques qui par la suite ont pris place dans les bacs des disquaires sitôt le film sorti.

Je n’ai jamais réussi à retrouver cette magie. Mes nombreuses tentatives pour recréer ce son ultime ont échoué. Le disque s’est magnifiquement vendu, est entré dans l’histoire de la musique, a fait ma fortune. Ce petit rien, ce bout de chair coincé par hasard dans mon embouchure, a changé ma vie. Coup de peau.
Titre: Re : Coup de peau
Posté par: Lemli le 09 Avril 2012 à 11:17:14
J'ai trouvé l'histoire sympathique ; cela dit, je ne suis pas fan des instruments cités, alors ça me limite.
C'est étrange que tout le texte soit fait de paragraphes courts, espacés, et que le moment essentiel du récit se noie dans un gros pavé de 20 lignes. A l'instant de le lire, j'étais moins dedans.
Pour le style, je suis plus dans le soutenu que le courant/familier, mais c'est le bon choix pour le personnage et le texte. Sinon, comme je l'ai dit, je n'y connais rien, mais c'est un peu surréaliste le changement de son pour un bout de peau, non ?
Titre: Re : Re : Coup de peau
Posté par: Meilhac le 09 Avril 2012 à 12:57:17
J'ai trouvé l'histoire sympathique ; cela dit, je ne suis pas fan des instruments cités, alors ça me limite.
C'est étrange que tout le texte soit fait de paragraphes courts, espacés, et que le moment essentiel du récit se noie dans un gros pavé de 20 lignes. A l'instant de le lire, j'étais moins dedans.
Pour le style, je suis plus dans le soutenu que le courant/familier, mais c'est le bon choix pour le personnage et le texte. Sinon, comme je l'ai dit, je n'y connais rien, mais c'est un peu surréaliste le changement de son pour un bout de peau, non ?
lol j'en sais rien. pas + en tout cas que des robots qui parlent, des trolls, des lutins, des peaux de chagrin qui rétrécissent mystérieusement, etc etc.
je retouche les paragraphes.
Titre: Re : [AT n°1] Coup de peau
Posté par: Milora le 09 Avril 2012 à 12:59:08
Citer
Steve nous avait prévenu qu'il devait partir à 18h.
prévenus

Citer
il s'agissait que je réussisse mon attaque.
ça sonne maladroit... "il s'agissait de réussir mon attaque" ?

Citer
Audition ok me disais je
disais-je. Et le style a beau être très oral, je pense qu'il faudrait marquer la rupture entre ce qui est pensé et le verbe introducteur, genre mettre au minimum une virgule...

Citer
ça va être à toi, come on.
italique pour l'anglais

Citer
et au terme desquelles, malgré la coulée de sueur que je sentais entre mes deux omoplates et les pulsations de mon coeur qui étaient montées, je me jetais à l'eau, je jouais, je m'entendis émettre un son
jetai, jouai

Citer
l'étrange beauté du son ce soir là.
soir-là

Citer
Le disque s’est magnifiquement vendu., est entré dans l’histoire de la musique
point ou virgule, faut choisir


Ça se lit bien. Je suis pas fan de la disparition de la ponctuation, mais là on est bien emportés. J'ai trouvé le début un peu longuet (mais je suppose que c'était pour coller au thème "avant le commencement"), je suis pas fan non plus de l'aspect "ambiance monde de la musique", avec jargon éculé et mots d'anglais à tout va, mais ça c'est personnel.
Bon, dernier truc qui m'a gênée : cette histoire de bout de peau m'a assez dégoûtée du coup j'ai lu tout le texte avec une sorte de dégoût à l'estomac, mdr. Mais là encore ça doit être personnel.
En gros, le texte se lit pas mal, l'idée est sympa, mais j'ai pas accroché plus que ça de mon côté, pour des raisons de goût personnel essentiellement.
Oh, par contre, tes descriptions de la musique sont bien trouvées : les notes qui nagent, qui guident le long d'un chemin escarpé... J'ai trouvé ça assez évocateur.
Ah, et le titre est trop fort  :D
Titre: Re : Re : [AT n°1] Coup de peau
Posté par: Meilhac le 09 Avril 2012 à 13:12:44
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Steve nous avait prévenu qu'il devait partir à 18h.
prévenus

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il s'agissait que je réussisse mon attaque.
ça sonne maladroit... "il s'agissait de réussir mon attaque" ?

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Audition ok me disais je
disais-je. Et le style a beau être très oral, je pense qu'il faudrait marquer la rupture entre ce qui est pensé et le verbe introducteur, genre mettre au minimum une virgule...

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ça va être à toi, come on.
italique pour l'anglais

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et au terme desquelles, malgré la coulée de sueur que je sentais entre mes deux omoplates et les pulsations de mon coeur qui étaient montées, je me jetais à l'eau, je jouais, je m'entendis émettre un son
jetai, jouai

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l'étrange beauté du son ce soir là.
soir-là

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Le disque s’est magnifiquement vendu., est entré dans l’histoire de la musique
point ou virgule, faut choisir


Ça se lit bien. Je suis pas fan de la disparition de la ponctuation, mais là on est bien emportés. J'ai trouvé le début un peu longuet (mais je suppose que c'était pour coller au thème "avant le commencement"), je suis pas fan non plus de l'aspect "ambiance monde de la musique", avec jargon éculé et mots d'anglais à tout va, mais ça c'est personnel.
Bon, dernier truc qui m'a gênée : cette histoire de bout de peau m'a assez dégoûtée du coup j'ai lu tout le texte avec une sorte de dégoût à l'estomac, mdr. Mais là encore ça doit être personnel.
En gros, le texte se lit pas mal, l'idée est sympa, mais j'ai pas accroché plus que ça de mon côté, pour des raisons de goût personnel essentiellement.
Oh, par contre, tes descriptions de la musique sont bien trouvées : les notes qui nagent, qui guident le long d'un chemin escarpé... J'ai trouvé ça assez évocateur.
Ah, et le titre est trop fort  :D
lol tu es de ceux/celles qui avaient la nausée quand la surface de ton bol de lait était ridé d'une couche de peau :-) ?
c'est quoi que tu appelles "jargon éculé"?
le titre c'est pas ce que je préfère dans mon texte, lol, je le trouve un peu trop à la piga/bobby lapointe, calembour ok, poésie bof.
Titre: Re : [AT n°1] Coup de peau
Posté par: Milora le 09 Avril 2012 à 13:37:50
Le lait a de la peau, chez toi ? mdr. Chez moi il a de la crème et c'est très bon  :huhu:

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c'est quoi que tu appelles "jargon éculé"?
Je sais pas, des trucs genre "envoyer la sauce", "à fond les ballons", "il allait falloir faire très très short", "shoots d'héro", envoyer des notes, etc. Je trouve que ça fait très "vieux guitariste désabusé" qu'on croise dans les films américains ^ ^

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le titre c'est pas ce que je préfère dans mon texte, lol, je le trouve un peu trop à la piga/bobby lapointe, calembour ok, poésie bof.
Oui, quand on n'a pas lu le texte le titre fait bien un effet calembour ; mais après la lecture du texte il prend tout son sens et je trouve qu'il a un côté un peu sarcastique/désabusé qui va assez bien avec le reste.

Titre: Re : Re : [AT n°1] Coup de peau
Posté par: Meilhac le 09 Avril 2012 à 13:42:17
Le lait a de la peau, chez toi ? mdr. Chez moi il a de la crème et c'est très bon  :huhu:

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c'est quoi que tu appelles "jargon éculé"?
Je sais pas, des trucs genre "envoyer la sauce", "à fond les ballons", "il allait falloir faire très très short", "shoots d'héro", envoyer des notes, etc. Je trouve que ça fait très "vieux guitariste désabusé" qu'on croise dans les films américains ^ ^
ah okaye. effectivement, j'avais en tête un contexte années 50-60. donc je prends ta remarque comme un demi-compliment : le vocabulaire que j'ai utilisé ne dissone pas trop par rapport à l'époque dans laquelle j'imaginais la scène :-).

(en fait je me suis vraiment inspiré de miles davis "ascenseur pour l'échafaud").
Titre: Re : [AT n°1] Coup de peau
Posté par: Gros Lo le 09 Avril 2012 à 14:00:39
Citer
Quand à Pedro, on verrait bien.
Quant

L’enthousiasme et la fluidité de l’oral me fait penser à Kerouac, toutes proportions gardées.

Citer
On allait voir ce qu'on allait voir, ça allait chier des bulles.
là pour le coup je trouve ça un peu poussif, tu nous as déjà servi suffisamment d’expressions similaires je pense, c’est redondant

 
Citer
La B0 comme on dit maintenant mais à l'époque on disait « musique de film »
BO (là c’est Bzéro que t’as tapé)

Citer
C'était joli aussi : « musique de film ». J'aimais bien. Bande, ça fait un peu Elastoplaste,  ou bande de jeunes. Mais bon.
nostalgie en douceur, dans le cadre de l’oralité et d’une réflexion à priori secondaire, je trouve ça pas mal !

Citer
« Allez les gars, je compte sur vous, faîtes au mieux
faites (faîtes c’est les cimes, les toits)


Citer
une rue avec des trottoirs, des passants, des crottes de chien, une rue quoi.
je pense que ce ton peut vite être perçu par le lecteur comme une pose que tu te donnes. Pour l’instant ça me semble naturel. Donc je dis ça juste pour pas oublier l’argument si ça se présente plus tard…

Citer
Steve nous avait prévenu qu'il devait partir à 18h
prévenus (normalement on écrit en lettres. Dix-huit heures)

Citer
je m'entendis émettre un son, puis deux, puis trois, des sons rares, bizarres, troublants
j’aime bien !

Citer
au début de l'étrange beauté du son ce soir là
soir-là


D’une manière générale : j’ai bien aimé ! j’ai trouvé ça fluide, le ton assez individualisé, c’est oral mais avec suffisamment d’expressions à toi et une relative maitrise narrative pour que ce ne soit pas « juste » des oralités à la chaine. Pour l’améliorer, faudrait peut-être le rendre un peu plus dense, pas forcément écourter toute la première partie (celle des préparatifs) mais lui donner une plus forte identité peut-être, qu’on y perçoive un peu+ leur vie en-dehors du studio, qu’il y ait un peu d’ambivalence au milieu de tout cet enthousiasme. Voilà enfin ce ne sont que quelques hypothèses de pistes.

Je pense pas que ce soit la même chose, la crème et la peau du lait…
LA PEAU DU LAIT C’EST HORRIBLE.
Titre: Re : [AT n°1] Coup de peau
Posté par: Tomoyo le 09 Avril 2012 à 15:25:36
Saaalut,

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le film raconte, en gros, l'histoire d'un mec, le mec tente de séduire une nana, au début il échoue, après il réussit, ils couchent ensemble, rideau
c'est pas un film, c'est un genre : comédie sentimentale  :huhu:

Citer
Bande, ça fait un peu Elastoplaste,
mdr!!  :D

Citer
c'est comme la vie, le plus important c'est pas le milieu mais le début et la fin
mmmmm si c'est son avis...  ::)

Citer
Les sons de la longue digression introductive de Steve et Pedro, assorties
assortis

Citer
ça allait être y à moi
"y" en trop

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à cause d'un bout de chair que ma fatale incontinence avait laissé fuiter
ah lala, ça m'a pas plu cette image..... :-X

Alors au début j'ai eu du mal à rentrer dedans parce que le sujet du monde de la musique ne me parle pas du tout, ni le vocabulaire ou le genre "à la cool" qui est transcrit. Ceci dit j'ai beaucoup aimé l'amour du narrateur pour ce monde-là, du coup ça c'était agréable.  :)
Je ne m'attendais pas du tout à la tournure des évènements. Comme Milora j'ai été un peu dégoutée, cette peau pendouillante, ça me fait pas rêver (bien sûr c'était pas ton but non plus).
Mais après hein, faire naître le disque de  sa vie de ça, j'ai bien aimé, ça faisait très bug de la vie de tous les jours qui peut s'avérer une bénédiction, ça faisait vrai en fait.
Ah oui l'avant dernier paragraphe où le narrateur se parle à lui-même avec un "tu" m'a un peu dérangée. Mais je suis facilement perturbable, ça ne concerne peut-être que moi du coup  :huhu:

Merci pour ce texte :D

PS : +1 pour Lo', la peau de lait est en effet juste bonne à être chopée à la cuillère et vite évacuée dans l'évier :huhu:
Titre: Re : [AT n°1] Coup de peau
Posté par: Trente Mai le 09 Avril 2012 à 16:06:30
Moi j'ai bien aimé ! Le texte est fluide, on entre dans un milieu particulier facilement (que personnellement je ne connais pas, celui des musicos), je le trouve bien décrit avec le ton un peu relâché qui sied au milieu en question (enfin, j'imagine, un peu cool-jazz ou quelque chose comme ça) et l'époque. Et cette histoire de petit hasard qui fait bien les choses, comme souvent les grandes réussites dans la vie.
Pas grand chose de constructif à proposer, peut-être un peu comme j'ai lu plus haut dans les commentaires un petit approfondissement du personnage principal et de la manière dont il a réussi à motiver les quelques cadors qui l'entourent pour ce morceau, et leur synergie dans la chanson ?
Merci !

Titre: Re : [AT n°1] Coup de peau
Posté par: Kailiana le 09 Avril 2012 à 16:15:13
Citer
de faire fuser des nom de dieu de phrases émouvantes à fendre les âmes et à faire saigner les coeurs
lourd


Au début j'ai eu un peu de mal, je trouve qu'il y a trop de "ralentissements" dans ton style, avec des "bref", des remarques du narrateur... ça gagnerait à être épuré des trucs inutiles.
Ensuite le bout de peau coincé m'a amusée, et j'ai bien aimé la description musicale. Mais j'ai trouvé que ça manquait un brin d'originalité, y'a des bons trucs (j'aime bien la dernière phrase "coup de peau") mais le texte ne m'a pas particulièrement étonnée.
Titre: Re : [AT n°1] Coup de peau
Posté par: Ambriel le 09 Avril 2012 à 16:24:03
Citer
Steve nous avait prévenu qu'il devait partir à 18h.
Prévenus (je crois)

Citer
Intro, Steve envoie quelques notes de batterie. Comme prévu. Pedro plaque quelques accords. Bien joué Pedro ; tu nous as fait peur. Je retire tout ce que j'ai dit Pedro, on peut, parfois, compter sur toi.

C'est normal ce bout de présent au milieu du passé ?

Citer
Le son de la batterie et du piano emplissait joliment le studio, le décollage de la fusée se déroulait pas mal, sans anicroche.
Je chipote mais ça me gênouille que tu mettes la batterie et le piano dans le même son. Je trouverais plus logique de dire « les sons de … emplissaient... » même si c'est peut être moins fluide, tout ça tout ça

Citer
Audition ok me disais je, cinq sur cinq.
Disais-je


Bon, je suis pas non plus spécialement fan des instruments cités (enfin j'ai rien contre non plus) et le monde de la musique me parle pas tellement à moi non plus, mais c'est sympathique, ça se lit bien. Le narrateur me paraît un peu détaché de la réalité, c'est bizarre. Sinon comme Mil j'ai pas cette histoire de bout de peau très ragoûtante, mais au moins c'est original :mrgreen:
Sinon, je plussoie Mil pour le titre (et Lo et Tomoyo pour la peau du lait:mrgreen:)
En fait j'ai rien à ajouter à ce qui a déjà été dit, donc je vais arrêter là XD
 :mafio:
Titre: Re : [AT n°1] Coup de peau
Posté par: ernya le 10 Avril 2012 à 12:35:12
Citer
surexcité par le super piano Errar qui ornait le studio, allait faire gicler à fond les ballons.

 :o
cette expression, "à fond les ballons", pour moi, elle est associée à Jezy et dans ton contexte, je la trouve vraiment étrange. Enfin le rapport entre gicler et les ballons, ça me laisse perplexe, j'ai l'impression que les deux expressions collent pas du tout ensemble

Citer
Quand à Pedro, on verrait bien.
Quant à

Citer
Mais bon, je savais que si le feeling était bon, il était capable de faire fuser des nom de dieu de phrases émouvantes à fendre les âmes et à faire saigner les coeurs.
je sais que tu veux rendre un style familier mais la répétition de "bon", je la trouve pas terrible quand même
jsuis pas convaincue par "nom de dieu", en fait, j'ai du mal à saisir la cohérence de toutes tes expressions
Citer
On allait voir ce qu'on allait voir, ça allait chier des bulles.

prends celle que tu préfère, les deux à la suite, je trouve ça bof

Citer
« Allez les gars, je compte sur vous, faîtes au mieux, et surtout du sentiment, hein ! Du sentiment ! ».
faites

Citer
J'avais répercuté le message aux gars.
répercuté ? ???

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Bô.
là c'est toi qui parles et plus ton personnage :huhu:

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Quelques mesures encore, et ça allait être y à moi.
pourquoi "y" ?

J'aime bien cette histoire de peau ! Par contre, j'ai vraiment eu du mal avec le style du début où t'accumules les expressions. J'ai trouvé ça lourdingue. Si tu nous avais planté un personnage étranger qui tente de s'intégrer en récupérant des expressions à droite et à gauche, j'aurais trouvé ça bien ! Là,  pour moi, ça fait jeux de mots faits d'expressions, et ce genre de délire, c'est pas du tout mon truc. Pas grave, c'est personnel, je le dis mais fais ta sauce.
Titre: Re : [AT n°1] Coup de peau
Posté par: Toluène le 10 Avril 2012 à 16:23:25
Tout à quasiment été dit donc je vais juste donner mon point de vue.

J'ai bien aimé l'histoire dans son ensemble. Une bout de peau qui change la vie d'un homme pourquoi pas  :) en tout cas ça ne m'a pas choqué. Les 10 premières lignes ont tout de même été assez difficiles à passer, mais une fois rentré dedans on se laisse prendre par l’atmosphère musicale. J'avoue avoir même un peu stressé à me demander si la peau allait partir ! Je ne suis pas forcement fan de trompette mais ça ne m'a pas gêné pour autant, je me suis imaginé une sorte de Your Latest Trick (http://www.youtube.com/watch?v=mpqdLqYYpoY) des Dire Straits (oui je sais c'est du saxo, mais ça y ressemble  ^^) et la musique a bercé ma lecture. Juste un dernier truc, je ne suis pas convaincu que le registre familier soit nécessaire mais ce n'est que mon humble avis et les points de vues divergent sur ce genre de détails.
Titre: Re : [AT n°1] Coup de peau
Posté par: Marygold le 13 Avril 2012 à 16:21:25
Bon, je ne suis pas sûre de pouvoir ajouter beaucoup de choses à ce qui a été dit, mais j'y vais de mon petit commentaire.

L’ambiance est assez chouette, super bien posée dans les premiers paragraphes (moi j'ai bien aimé le côté musique, le voc qui va avec, etc., même si y'a effectivement parfois des choses un peu lourdes, par accumulation). J’avoue que je me demandais comment tu allais te raccrocher au thème, même si avec la musique, y’a pas mal de choses possibles. Je ne t’avais pas beaucoup lu jusque là, mais je trouve que le texte est vraiment bien écrit, bien rythmé.
Cependant, l’élément déclencheur m’a un peu déçue. C’est sûr que ça donne un super titre, mais, de manière très terre à terre, je doute quand même qu’un si petit élément puisse modifier le son d’une trompette… ^^
Et du coup, j’ai été assez peu sensible aux émois du narrateur devant le son qu’il parvient à produire. Donc en gros, très bon début, mais fin un peu décevante pour moi.

Sinon, quelques petits commentaires sur la forme :
Y’a pas mal de virgules qui manquent, à mon avis et qui peuvent être restituées, sans gâcher le côté "oral" du texte. Du genre :
Citer
« Comme compositeur, ok pas mauvais. » -> ok, pas mauvais
mais après tout nous c'est plutôt la musique. -> mais après tout, nous
Pour voir sa mère à l'hôpital paraît-il. -> hôpital, paraît-il
Audition ok me disais je -> Audition ok, me disais-je

Citer
Musique de film, le film raconte
répétition pas très jolie
Citer
faîtes au mieux
faites
Citer
qu'il devait partir à 18h.

18 heures – et mieux encore, dix-huit heures.
Citer
sons de la longue digression introductive de Steve et Pedro, assorties
assortis ou assortie
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ça allait être y à moi.
y en trop
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les pulsations de mon coeur qui étaient montées,
je trouve que le verbe est mal choisi
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l'étrange beauté du son ce soir là.
soir-là
Titre: Re : Re : [AT n°1] Coup de peau
Posté par: Meilhac le 13 Avril 2012 à 16:47:35
de manière très terre à terre, je doute quand même qu’un si petit élément puisse modifier le son d’une trompette… ^^

sur ce point précis, puisque beaucoup me font cette remarque, ça me donne envie de dire deux trucs :

1/ Vian, trompettiste de jazz lui-même a très sincèrement cru et lui même répandu l'idée que l'enregistrement de la célèbre bande-son du film "ascenseur pour l'échafaud" (louis malle) par miles davis devait son mystérieux et envoûtant son de trompette au fait qu'un bout de peau des lèvres de miles davis s'était coincé dans son embouchure.

"Le disque de format 25 cm issu du film, publié par Fontana (une division de Philips Records), reçut le Grand Prix du Disque 1958 de l'Académie Charles-Cros. Les notes originales en furent rédigées par Boris Vian. Celui-ci était à cette époque responsable du catalogue jazz chez Philips et assurait la direction de Fontana9. Dans ces notes, Vihttp://fr.wikipedia.org/wiki/Ascenseur_pour_l'échafaud_(album)an — qui n’était pas présent lors de l’enregistrement — explique que la sonorité particulière de la trompette de Miles sur « Dîner Au Motel » tient au fait qu’un morceau de peau s’était détaché de sa lèvre et obstruait partiellement son embouchoir. La véracité de cette anecdote a été démentie par René Urtreger10. Le son quelquefois diffus de la trompette de Miles sur certains titres de la bande originale est probablement attribuable à des additions de réverbération au moment du montage définitif11."

(texte entier avec références ici http://fr.wikipedia.org/wiki/Ascenseur_pour_l'échafaud_(album)  )

2/C'est marrant que ce soit parfois les mêmes (je ne pense à personne en particulier hein je précise lol) qui écrivent des histoires avec des robots qui parlent, des trolls, des planètes peuplées de créatures étrangères, etc., et que l'inclusion dans un texte qui n'est pas de la SF de quelque chose d'un peu bizarroïde, étrange, voire fantastique, déstabilisé et gêne pour apprécier la lecture.

je ne suis pas sûr pour ma part d'avoir envie de m'enfermer dans un truc tout noir ou tout blanc, genre soit il faut que tout soit évident soit il faut que tout soit fantastique. introduire des éléments un peu troublants ou bizarroïdes ou improbables dans des textes qui a priori ne sont pas à proprement de la littérature fantastique, c'est quelque chose que je ne déteste pas et que j'ai a priori l'intention de ne pas m'interdire de faire à l'avenir.

C'est à la fois une question que je pose à la cantonade, et aussi une question que je me pose. Peut-être après faut-il sagement accepter de faire franchement de la SF ou alors des textes où rien n'est improbable ? Ce n'est pas mon avis a priori. J'ai tendance à penser que le fait que des auteurs comme Vian (L'écume des jours), Balzac (La peau de chagrin), Gainsbourg (Evguénie Sokolov) et d'autres aient choisi de glisser des éléments fantastiques (un nénuphar, une peau de chagrin, des vents artistiquement féconds) dans un contexte relativement ancré dans la réalité a contribué à ce qu'il y a de beau dans leurs livres su-cités.

Peut-être que je changerai d'avis, mais en l'état actuel des choses, introduire du bizarroïde ou du fantastique dans un texte pas SF, c'est une chose que je n'ai pas particulièrement l'intention de m'interdire à l'avenir.

Je dis ça, mais vos réactions m'intéressent of course, si tous les lecteurs me disent que c'est gênant, je remettrai peut-être mes goûts en question. Mais a priori c'est pas à l'ordre du jour. ;)

(en tout cas le deuxième point est presque hors-sujet par rapport au texte ci-dessus, puisque, si la version Vian a été démentie, elle a longtemps été la version officielle : pendant quelques années, on (la Terre entière je crois) a cru que cette histoire de bout de peau était véridique. La question serait alors : Vian a-t-il imaginé cette histoire ? Ou alors quelqu'un le lui a-t-il fait croire ?)

Pour le reste, et tant que je suis chaud lol : mille merci à tou.te.s pour vos lectures et remarques. Y a plein de remarques "négatives" avec lesquelles je suis d'accord (sur certaines répétitions (pas toutes), certaines petites fautes (orthographe, ponctuation), certains passages où le style est moins maîtrisé), plein de remarques positives avec lesquelles je suis d'accord (sur les passages de description de la musique par exemple), plein de remarques négatives avec lesquelles je ne suis pas d'accord (sur les virgules par exemple, ou sur certaines répétitions), et y a même des remarques positives avec lesquelles je ne suis pas hyper d'accord lol : je pense notamment au titre, qui est loin d'être ce que je préfère dans mon texte.

 :)
Titre: Re : [AT n°1] Coup de peau
Posté par: Gros Lo le 13 Avril 2012 à 17:05:04

La "nuance" dont tu parles, l'introduction dans la réalité d'éléments bizarroïdes, peu explicables mais pas impensables non plus, c'est la définition stricte du genre fantastique (Poe, Mérimée, blabla).
C'est moins courant que la fantasy à gros sabots mais le XXe en a encore de bons exemples, en poussant vers l'absurde et le loufoque (je pense à Borges et Cortazar).
Sans compter l'anticipation, qui est aussi une "nuance" de la SF (Le Dépeupleur TADAM PROUT).

Juste en passant !
Titre: Re : [AT n°1] Coup de peau
Posté par: Marygold le 13 Avril 2012 à 17:20:32
Sans aller jusqu'à l'histoire littéraire, personnellement j'ai été gênée parce que je n'ai pas du tout pris ça comme un élément bizarroïde ou fantastique, mais plutôt comme une explication qui m'a parue peu crédible (après, je ne connaissais pas les deux anecdotes dont tu parles, et alors là, je dis ok. J'attendais l'explication en fait).
Mais je ne suis pas du tout opposée à trouver ce genre d'éléments fantastiques que tu défends dans des textes dits "réalistes" : j'en ai lus, j'en ai aimés. C'est juste que là, je ne l'ai pas pris comme fantastique, et c'est d'ailleurs pour ça que je n'ai pas accroché à la suite, à l'émotion du musicien.
Titre: Re : [AT n°1] Coup de peau
Posté par: Zephyr le 13 Avril 2012 à 17:22:41
Bon, j'arrive bien après la batailles.

Sur le texte, j'ai vraiment rien à rajouter. Mais bon, il faut bien dire quelques choses. J'ai assez bien accroché, et très vite. J'ai pas eu comme la plupart une sorte de blocage aux premières lignes. C'est très fluide, et le côté oral est bien fait. On s'y croirai. Sauf que parfois c'est bien lourdingue (le "gicler à fond les ballons" par exemple qu'ernya a déjà noté). C'est franchement dommage. Et puis les
Pour le bout de peau, moi, ça ne ne m'a ni dégouté, ni gêné, ni rien du tout. J'ai trouvé ça marrant comme idée, et bien tournée. Ca donnais un petit plus au texte.
Donc je garde un avis assez positif.

Pour le peau du lait, JE LA HAIT ! Elle me dégoute et je trouve ça...Beurk !

Et pour le fantastique. Je pense absolument pas de dimension fantastique dans ce texte. Le fait qu'un bout de peau puiss modifier le son de l'instrument me parait pas fantastique. Étrange et marrant, mais tout à fait possible. Quand tu prends la Vénus D'Ille, pour le coup, tu tu dit que c'est pas possible, mais tu voit pas d'autres solutions. C'est étrange, irréaliste, mais la seule chose probable... Mais je m'éloigne du sujet  :mrgreen:
Titre: Re : Re : [AT n°1] Coup de peau
Posté par: Meilhac le 13 Avril 2012 à 18:17:25

La "nuance" dont tu parles, l'introduction dans la réalité d'éléments bizarroïdes, peu explicables mais pas impensables non plus, c'est la définition stricte du genre fantastique (Poe, Mérimée, blabla).
C'est moins courant que la fantasy à gros sabots mais le XXe en a encore de bons exemples, en poussant vers l'absurde et le loufoque (je pense à Borges et Cortazar).
Sans compter l'anticipation, qui est aussi une "nuance" de la SF (Le Dépeupleur TADAM PROUT).

Juste en passant !
OK. Mais alors "la peau de chagrin" de balzac, "l'écume des jours" de vain, "évguénie sokolov" de gainsbourg, tu mettrais ça dans la même catégorie que poe méritée et compagnie?
bref y a des gradations, et on a bien le droit de décider entre nous que les trois bouquins que je cite sont du fantastique à la mérimée.
mais il me semble que y a des livres où y a des trucs impossibles dans la vraie vie (un nénuphar qui pousse dans un poumon, la main d'un peintre orientée par ses flatulences) que,  jusqu'à présent (jusqu'à au MdE  :mrgreen: ) personne n'avait étiqueté "fantastique".

bref y a non pas une frontière nette, mais un continuum entre le "plausible/réaliste" et le "impossible/fantastique", un continuum à explorer sous toutes ses coutures  :) !

(et on pourrait même enrichir le débat avec la citation avec laquelle Kai signe ses posts, celle de twain sur la réalité qui n'est pas tenu au vraisemblable etc.) ;)
Titre: Re : [AT n°1] Coup de peau
Posté par: Anlor le 13 Avril 2012 à 18:20:18
Un débat ! Ou-vrons-un-fil-dé-bat !
Titre: Re : [AT n°1] Coup de peau
Posté par: Meilhac le 13 Avril 2012 à 18:24:41
le "gicler à fond les ballons"
? tu es sûr que tu as lu la dernière version? je croyais l'avoir enlevé.
Je suis d'accord qu'il y a par endroits des problèmes de dosage. écrivez dans l'ivresse, relisez vous à jeûn disait gide. J'ai un peu négligé la deuxième phase lol.
Titre: Re : [AT n°1] Coup de peau
Posté par: TaGaDa le 13 Avril 2012 à 18:31:01
Bonjour,

Le thème est interessant, le texte est fluide, il est juste de la bonne longueur, je pense que si il avait été plus long j'aurai décroché. La description de la musique est belle et laisse rêver  :)
Pour le petit bout de peau, j'ai trouvé ça un peu limite, et ça m'a légèrement dégoûté. J'aurai préféré autre chose, par exemple un objet qui se serait caché dans la trompette et aurait modifié le son, enfin je dis ça comme ça  (le pauvre j'avais l'impression qu'il allait s'arracher les lèvres).
Merci en tout cas  :D
Titre: Re : Re : [AT n°1] Coup de peau
Posté par: Meilhac le 13 Avril 2012 à 18:35:16
Bonjour,

Le thème est interessant, le texte est fluide, il est juste de la bonne longueur, je pense que si il avait été plus long j'aurai décroché. La description de la musique est belle et laisse rêver  :)
Pour le petit bout de peau, j'ai trouvé ça un peu limite, et ça m'a légèrement dégoûté. J'aurai préféré autre chose, par exemple un objet qui se serait caché dans la trompette et aurait modifié le son, enfin je dis ça comme ça  (le pauvre j'avais l'impression qu'il allait s'arracher les lèvres).
Merci en tout cas  :D
salut et merci beaucoup à toi aussi. ;)
tout ça me fait penser que j'aurais dû davantage "poétiser" le morceau de peau - comme Gainsbourg poétise les pets dans Evguénie sokolov.

la beauté est dans l'oeil de celui qui regarde, et si j'avais regardé ce bout de peau avec un oeil un peu plus artiste j'aurais sans doute pu davantage (même si j'ai un peu essayé à un moment quand même, quand je parle de chair, mais je me suis arrêté en route) de l'esthétiser un peu plus  (ça aurait sûrement été possible, on peut en faire des choses avec la langue lukiluk de lukiluk) ;)
Titre: Re : Re : [AT n°1] Coup de peau
Posté par: Anlor le 13 Avril 2012 à 18:36:01
Pour le petit bout de peau, j'ai trouvé ça un peu limite, et ça m'a légèrement dégoûté. J'aurai préféré autre chose, par exemple un objet qui se serait caché dans la trompette et aurait modifié le son, enfin je dis ça comme ça  (le pauvre j'avais l'impression qu'il allait s'arracher les lèvres).
Tout ces gens qui ne s'imaginent même pas le calvaire que c'est d'être instrumentiste à vent... et encore, il s'agit même pas d'anche double  :mrgreen:

En passant, j'ai pas fait de commentaire parce que je ne savais pas trop quoi dire de constructif ; ça se lit bien, j'aime bien l'ambiance de ton texte. Après ça m'a pas transporté non plus, mais j'ai bien aimé (voilà. Pas constructif du tout je disais.)
Titre: Re : [AT n°1] Coup de peau
Posté par: TaGaDa le 14 Avril 2012 à 09:55:52
Pardonnez nous Oh Grands Instrumentistes à vent de minimiser votre calvaire  :noange:
Titre: Re : [AT n°1] Coup de peau
Posté par: Verasoie le 14 Avril 2012 à 14:49:40
Citer
leur acheter jus d'orange et drogue (Pedro crevait de soif après ses shoots d'héro),

XD joli !

Citer
Comme prévu. Pedro plaque quelques accords. Bien joué Pedro ; tu nous as fait peur. Je retire tout ce que j'ai dit Pedro, on peut, parfois, compter sur toi.

mdr la reconnaissance du narrateur pour deux pauvres accords me fait marrer (en bien)

Citer
Somme toute un solo de trompette, c'est comme la vie, le plus important c'est pas le milieu mais le début et la fin.

j'suis pas d'accord pour la vie, mais c'est HS

Citer
et ça allait être y à moi.

y en trop



J'ai bien aimé le style ! J'ai juste trouvé le passage du solo un peu long, enfin j'ai toujours beaucoup de mal à appréhender de la musique mise en mots, j'trouve que ça colle pas. Mais ça ça dépendait pas de toi j'pense (quoique des fois ça passe tout seul ! mais c'est plutôt l'exception que la règle).

J'ai aussi été perturbée parce que je croyais que ça faisait référence à un groupe existant, et du coup, de pas savoir qui, me frustrait. XD Mais apparemment non !
Titre: Re : [AT n°1] Coup de peau
Posté par: Loïc le 14 Avril 2012 à 15:07:44
Blop!

Comme beaucoup, j'ai eu du mal au début, j'aime pas les phrases trop courtes avec plein de points partout. Enfin, c'est très personnel. Après, c'était bon, j'ai lu d'une traite, j'ai bien aimé, tout ça.
Titre: Re : Re : [AT n°1] Coup de peau
Posté par: Meilhac le 14 Avril 2012 à 15:35:21
Citer
leur acheter jus d'orange et drogue (Pedro crevait de soif après ses shoots d'héro),

XD joli !

Citer
Comme prévu. Pedro plaque quelques accords. Bien joué Pedro ; tu nous as fait peur. Je retire tout ce que j'ai dit Pedro, on peut, parfois, compter sur toi.

mdr la reconnaissance du narrateur pour deux pauvres accords me fait marrer (en bien)

Citer
Somme toute un solo de trompette, c'est comme la vie, le plus important c'est pas le milieu mais le début et la fin.

j'suis pas d'accord pour la vie, mais c'est HS

Citer
et ça allait être y à moi.

y en trop



J'ai bien aimé le style ! J'ai juste trouvé le passage du solo un peu long, enfin j'ai toujours beaucoup de mal à appréhender de la musique mise en mots, j'trouve que ça colle pas. Mais ça ça dépendait pas de toi j'pense (quoique des fois ça passe tout seul ! mais c'est plutôt l'exception que la règle).

J'ai aussi été perturbée parce que je croyais que ça faisait référence à un groupe existant, et du coup, de pas savoir qui, me frustrait. XD Mais apparemment non !
Merci Verasoie  ;)
En fait ça fait référence à des vrais musiciens (enregistrement de la BO d'ascenseur pour l'échafaud), à une vraie session. et c'est à dire que tu "cherchais" à deviner qui c'était et ça te gênait? tu penses que tu aurais mieux aimé le texte si j'avais, soit nommé plus clairement, donné les vrais noms, etc. ? ou si au contraire j'avais montré un peu plus clairement que c'était de la fiction? (Je te demande ça parce que c'est des vraies questions, ça m'intéresse beaucoup d'avoir tes impressions là-dessus, et celle des autres aussi, notamment parce que j'écris en ce moment un truc sur quelqu'un qui a vraiment existé, et des gens me disent "ce serait mieux si on ne savait pas qui c'est", etc.)

Je suis d'accord avec la totalité de tes remarques. :)
Ce qui est valable pour un solo ne l'est pas pour la vie, sur l'importance respective du début, du milieu, et de la fin, si j'ai le temps je vais retoucher ça.
Pour ce qui est du début : j'ai rien inventé du tout (y compris la reconnaissance pour deux accords lol) : la drogue (héroïne notamment) était très répandue parmi les jazzmen nord-américains, et miles davis, quand il jouait avec coltrane, appréhendait réellement, genre jusqu'au dernier moment, c'était "sera-t-il en état de souffler dans son instrument"? (d'ailleurs miles davis a fini par virer coltrane de son quintet).
y a trop de "ça allait être à moi", c'est à cause du thème, je me disais faut qu'on comprenne autour de quel "commencement" est organisé le texte. Je vais alléger sur ce point.

Et alors pareil ça m'intéresse beaucoup ce que tu dis sur la  musique mise en mots.
c'est quoi les exceptions qui confirment la règle, les cas où tu trouves que c'est pas raté ? la musique mise en mots ça m'intéresse bien. j'essaye de temps en temps. et je suis pas au clair là-dessus.
Artaud dans "Van gogh suicidé de la société" s'essaye à décrire des peintures de van gogh, tout en disant que c'est à peu près impossible; steinbeck aimait bien décrire (évoquer, plutôt) les notes (surtout graves :-)) des guitares acoustiques aux états-unis; Huysmans consacre pas mal de passages à la musique (notamment les chants religieux, dans "en route"); les passages de proust sur la musique de vinteuil, wagner, césar franck et des tas d'autres ne sont pas forcément les plus fabuleux du livre (quoique ça dépend des endroits); gainsbourg évoque brièvement les musiques dodécaphoniques de berg et schonberg; bô je sais pas; je pense que ça peut rendre un peu (d'ailleurs d'autres ont dit qu'ils avaient bien aimé certains passages d'évocation de la musique... bô faut voir. peut-être qu'il vaut mieux décrire l'effet que ça fait sur l'auditeur que décrire la musique elle-même. et en même temps... je sais pas. faut voir :-).)
Tout ça me fait penser au fil (dans atelier d'écriture) "décrire un parfum". comment faire dans ces cas-là, dans quelle mesure ça se décrit, comment, ou est-ce qu'il vaut mieux décrire l'effet que ça fait. j'ai pas lu "le parfum", je devrais peut-être.
 ;)

Blop!

Comme beaucoup, j'ai eu du mal au début, j'aime pas les phrases trop courtes avec plein de points partout. Enfin, c'est très personnel. Après, c'était bon, j'ai lu d'une traite, j'ai bien aimé, tout ça.
merci Loïc  ;)
Ta remarque me rappelle opportunément qu'il faut que j'en fasse trop en matière de phrases courtes (même si là en l'occurrence je ne pense pas être allé trop loin).
Titre: Re : [AT n°1] Coup de peau
Posté par: Verasoie le 14 Avril 2012 à 15:51:09
Alors :

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En fait ça fait référence à des vrais musiciens (enregistrement de la BO d'ascenseur pour l'échafaud), à une vraie session. et c'est à dire que tu "cherchais" à deviner qui c'était et ça te gênait? tu penses que tu aurais mieux aimé le texte si j'avais, soit nommé plus clairement, donné les vrais noms, etc. ? ou si au contraire j'avais montré un peu plus clairement que c'était de la fiction?

En fait comme j'ai une culture musicale / cinématique assez mauvaise, ça m'arrive souvent qu'on fasse une référence explicite à un truc dont j'ai jamais entendu parler. Bon, là, personne n'a retrouvé ce que c'était, apparemment :mrgreen: donc je me sens pas frustrée, mais j'avais peur que ce soit un truc évident (genre un groupe trop connu dont je connaîtrais pas les membres mais tout le monde si) et de passer à côté.

Du coup, outre cette angoisse très personnelle à laquelle tu ne peux rien :mrgreen:. Je pense que si tu l'avais nommé plus clairement, ça ne m'aurait pas plus parlé parce que je ne connais pas le film et que je ne connais aucun groupe de jazz. Quant à "montrer plus clairement que c'est de la fiction", ben, justement, c'est pas de la fiction...

Du coup, peut-être seulement enlever les éléments qui "font penser que c'est un groupe existant" (j'attendais limite de savoir qui est ce groupe, comme une chute, et le fait de savoir que le trompettiste s'appelle Ned, comme l'indice final. Tu vois ce que je veux dire ?).

Genre " Le disque s’est magnifiquement vendu, est entré dans l’histoire de la musique, a fait ma fortune. " me fait avoir envie de savoir de quel disque on parle. À mon avis, soit là tu mets pas ce genre de remarque (mais ce serait dommage, vu que c'est la chute !) soit tu sors carrément le nom du groupe ou du film, comme ça on sait qu'il n'y a pas de sous-entendu et on évite de le chercher.

Après, je suis la seule à avoir relevé, donc bon : )

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y a trop de "ça allait être à moi",

non non, y'avait juste un "y" en trop dans "ça allait être y à moi" : p

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la drogue (héroïne notamment) était très répandue parmi les jazzmen nord-américains, et miles davis, quand il jouait avec coltrane, appréhendait réellement, genre jusqu'au dernier moment, c'était "sera-t-il en état de souffler dans son instrument"?

Oui oui je sais ! Enfin je l'imaginais bien comme ça. Du coup j'ai trouvé ça bien rendu !

Citer
c'est quoi les exceptions qui confirment la règle, les cas où tu trouves que c'est pas raté ?

De mémoire : un passage dans Charly d'Anlor (j'ai dû le relever dans mon commentaire, si tu veux aller voir... désolée j'ai pas le temps de chercher, j'ai un train xD). Aussi la nouvelle "Psychopolis" de Ian McEwan, si tu peux la feuilleter en librairie (génial auteur. C'est dans le recueil "sous les draps"). En plus psychopolis, y'a du jazz dedans.

Citer
bô je sais pas; je pense que ça peut rendre un peu (d'ailleurs d'autres ont dit qu'ils avaient bien aimé certains passages d'évocation de la musique... bô faut voir. peut-être qu'il vaut mieux décrire l'effet que ça fait sur l'auditeur que décrire la musique elle-même. et en même temps... je sais pas. faut voir :-).)

Bah, y'a pas vraiment de méthode je pense ! Chacun comme il le sent. Là c'était pas hyper-lourd hein, mais ça m'a pas emportée autant que l'aurait fait la musique, c'est tout : )

Citer
tout ça me fait penser au fil (dans atelier d'écriture) "décrire un parfum"

Ouais voilà ,'jy pensais aussi, c'est un peu le même problème, probablement. ^ ^