Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: Narken le 01 Avril 2012 à 14:54:13
-
Coucou tout le monde! Après un passage à vide je me remet à l'écriture...
La valse des infinis débute.
Je tire la poignée rouge dans un mouvement circulaire. Un SHLANK métallique et la seconde couche du fuselage rougeoie puis se détache sèchement du projectile qui perce les nimbes argentées. Je protège mes yeux de l'éclair vif que la collision entre la pièce d'acier et un petit astéroïde provoque. Je souris. Voilà bien longtemps que je n'ai pas chevauché les nuées. Mais ça revient petit à petit. Mes doigts réapprennent le contact des leviers et des tuyaux pneumatiques. La douce note sifflante des ergols chatouille mes tympans. J'aime ce son. Il porte en lui la promesse d'horizons vertigineux - et rappelle à ma mémoire le souvenir de mondes connus de moi seul. Le moteur secondaire peine à soutenir la cadence que je lui impose. Le modèle de ma navette n'est pas des plus récents mais je le connais à fond. Un destrier mécanique savamment équilibré et parfaitement profilé pour la course aux étoiles. De points de Lagrange en points de Lagrange, j'évolue avec la légèreté d'un asquame. La vision fugitive d'un de ces petits animaux spaciaux aux yeux protubérants et au vol gracieux m'arrache un rire qui résonne dans le scaphandre de commande. Le moteur crache sporadiquement : il ne suit plus le rythme des accélérations et des décélérations. Je le déconnecte du réservoir. Le cliquetis du variateur énergétique égrène ses pulsations. La pompe. Je la branche et l'écoute rattraper la déphase jusqu'à trouver son régime libre. Pfuuuiiiiii... Mon vaisseau s'élance dans l'espace avec une rapidité inouïe : je viens d'échapper au champ orbital sur lequel je flottais en équilibre. Je relie les trois moteurs principaux simultanément. L'énergie cinétique de mon corps qui augmente est absorbée par les suspensions particulaires de mon cockpit. Lancé à pleine vitesse, balle grise s'affranchissant des nuages de météores, je slalome entre les planètes le long de courbes tendues et irrégulières. Orion est déjà loin. Forçant sur les réacteurs, j'accélère encore. Plus question de rêverie lunatique quant au ballet des étoiles : je vise les vitesses de libération. L'Antarède - ma navette- avale les heures-lumières. Les images externes se tordent dans mon viseur.
Dans un tonnerre silencieux, j'émerge de la fontaine cosmique. Devant moi, le monstre.
Le trou noir.
La gueule béante broie inexorablement la matière. Les flots d'énergie déversent leur tempête. L'écume du courant saigne les astres. La poussière stellaire tourbillonne furieusement entre les vortex. La lumière, prise dans les rets attractifs, s'évanouit comme une fumée évanescente. La trame de l'espace se déchire parsec après parsec. Le trou noir grossit - ou plutôt, l'univers se laisse dévorer peu à peu. Les profondeurs insondables engloutissent à une vitesse phénoménale les mondes. Fusion des possibles. Je comprends enfin cette phrase qui m'a lancé à l'assaut des étoiles :
"Le vide? Il n'y a pas de vide dans l'espace. Il y a la poussière et la sueur des hommes qui l'arpentent. Les larmes irraisonnées, les éclats de rire, les cris fous de chacun. Se propulser en solitaire à Lum2, voir les comètes s'infléchir sous tes ailerons de manœuvre, s'ouvrir à l'immensité de l'univers, ça te change profondément.
Sais-tu où nous nous trouvons actuellement? Non, plus généralement. Encore trop précis. La Terre? Tu te rapproches... Je vais te le dire : que tu sois chez toi, dans ta capsule d'entraînement, au beau milieu de l'océan, à chaque instant : tu es dans l'espace."
Brave soubresaut que ce souvenir. Les instruments s'affolent. Une rafale de radiations qui perturbe ma trajectoire. Un pichenette et le problème est réglé : le nez de l'Antarède pointe vers le centre du maelström. L'oeil géant me fixe, impassible. Le ronronnement des turbines prend des airs de staccato. Le murmure de la carlingue superposé à ce rythme mélancolique m'enchante inexplicablement. La dernière symphonie du monde, et la plus belle. Les rares rais de lumière qui me parviennent, corrigés par le décodeur, me renvoient le reflet des planètes et des amas galactiques. Pris dans le courant d'attraction, je coupe toutes les machines, à l'exception de mon générateur d'oxygène. Le voile du point de non-retour s'approche de plus en plus lentement au fur et à mesure que l'espace et le temps se contractent. J'ouvre au maximum ma visière.
Dans un silence absolu, baigné par l'obscure clarté des débris alentour, ma conscience se déploie comme tombent les barrières physiques.
Un dernier élan et je plonge.
-
La valse des infinis débute
.
Les infinis valsent-ils...je n'arrive pas à me faire à cette idée.
perce les nimbes argentées
Je croyais qu'une nimbe était une auréole
des ergols
j'ai appris ce mot
De points de Lagrange en points de Lagrange,
connait pas!
asquame
?
je slalome entre les planètes
c'est un peu trop, non?
Dans un tonnerre silencieux,
le tonnerre silencieux et ...les éclairs invisibles
parsec après parsec.
j'ai encore appris un autre mot
Fusion des possibles.
qu'est ce que tu veux dire?
ma conscience se déploie
comment ta conscience peut elle se déployer?
Je me suis laissé emporter dans ton vaisseau à travers les étoiles et c'était très sympa .
Deux remarques cependant: toi aussi tu te laisses emporter par les mots et certains d'entre eux me semblent inappropriés. Ensuite, certains termes "techniques", pour les non initiés, demandent la présence d'un dictionnaire.
-
Bonjour,
Ton texte, selon moi, n'est pas aussi fluide. Certains mots que tu emploies nécessite un dictionnaire et peut retarder la lecture. Puis certaines tournures de phrases font réfléchir sur leurs significations.
Merci
-
Adrien709 : le fait est que les détails techniques que j'ai parsemé n'ont d'autre fonction que de "faire vrai" et de donner un certain cadre spatial et sensoriel à mon personnage, mais il n'y a absolument pas besoin de comprendre ces termes pour très bien saisir ce que je souhaite communiquer au lecteur! Je ne pensais pas que je devrais les justifier :D
Piga : la valse des infinis, c'est juste une phrase d'intro presque "pour faire joli"! Si on devait s'attacher au sens pur et dur de chaque mot on aurait du mal à trouver notre style ;D
Pour les nimbes, d'accord, je reconnais que ça peut prêter à confusion... Je voulais donner une impression de liberté en faisant imaginer au lecteur la navette virevoltant dans des sortes de "fumées célestes"...
Points de Lagrange : rapport à la physique des corps célestes et au points de stabilité ou d'instabilité des orbites potentiellement exploitables pour le voyage spatial.
Le terme précis n'est sans doute pas indispensable.
Asquame : je fournis un élément de réponse dans la phrase suivante mais là encore, une digression apparemment malvenue :-)
Slalomer entre les planètes parce que j'imagine réellement une vitesse hallucinante.
Tonnerre silencieux : ben quoi? L'image poétique passe mal avec l'action tu veux dire?
Fusion des possibles : j'ai cherché une formulation qui soit calme et en même temps évocatrice de la vision incroyable qui s'offre au personnage.
Ma conscience se déploie : c'est venu comme ça, j'aurais bien du mal à expliquer ^^
Merci d'avoir lu et commenté!
-
Salut!
J'ai vraiment apprécié la façon dont tu nous entraines avec toi dans cette valse des infinis. Même si personnellement je ne connaissais ni la signification du mot "ergols" ni celle du mot "aquasme", la poésie l'emporte sur le côté scientifique et détaillé du texte donc ça ne m'a pas dérangé.
Dans le style, ça fait un peu penser à du Asimov qui aurait pris des cours de poésie ce qui n'est pas du tout déplaisant :P ! (même si je l'accorde par endroit les métaphores utilisées font un peu fouillis)
Donc voilà, je tenais à dire que j'ai passé un agréable moment en te lisant, et j'aurais bien aimé avoir quelques lignes de plus à me mettre sous la dent!