J'aime mieux Michel Onfray dans ses causeries sur l'actualité. Ses livres s'enchaînent à un rythme excessif. Aucun penseur ne peut débarquer régulièrement, à la rentrée littéraire, en sortant de son chapeau le lapin blanc d'un nouveau concept. Ce rythme effréné le force à un certain remplissage. Dans Théorie de la dictature, le résumé de 1984 et de La Ferme des animaux tient toute la place : il n'y a rien de neuf dans l'analyse du totalitarisme. Ailleurs dans ses œuvres, si l'on connaît déjà Épicure et Nietzsche, il n'y a rien à découvrir. Peut-être est-ce un bon vulgarisateur, qui connaît bien l'art, du reste, et dont la conversation me plaît, mais pour ceux qui ont l'habitude d'aller boire à la source, avant de goûter les ruisseaux qu'elle alimente, il sera moins désaltérant.