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À Nantes, en 1662, Anne Laflamme est condamnée au bûcher pour avoir pratiqué la médecine illégalement. Afin de sauver sa fille, Marie Laflamme, elle la donne en mariage à un puissant armateur
Nantais avide d'or, de gloire et de sexe. Marie, fougueuse de nature, tentera de changer son destin.
La première chose qui m'a marqué du roman «Marie Laflamme», c'est la subtilité et la pertinence du vocabulaire employé. Dès le début du livre, on remarque la particularité de l'écriture. L'auteur a su utiliser avec maîtrise l'ancien français du 17e siècle. On retrouve beaucoup de mots familiers québécois ainsi que de vieux mots anglais et français maintenant désuets, faisant le lien avec l'origine du français québécois, puisque l'intrigue se déroule en France. Même avec ces mots et tournures de phrases, le roman est relativement facile à appréhender.
L'intrigue totalement fictive est habilement glissée dans des contextes historiques. Aucun personnage n'a réellement existé, excepté Louis XIV, seulement cité de nom. Pourtant, on pourrait le confondre avec une vraie histoire reconstituée. Chaque futilité semble réelle et crédible. Le roman est loin du récit chevaleresque et épique aux incohérences scénaristiques et historiques. Le récit montre les atrocités de la mentalité de l'homme durant la Renaissance, alors qu'il semble toujours ancré dans la féodalité. Les femmes-objets, violées et maltraitées. Les hommes avides d'or. La diabolisation de la médecine. Les tortures et les pendaisons. Les morts au nom de Dieu.
Les morts se répètent tout au long de l'histoire. Certains personnages peuvent apparaître à un moment de l'histoire, être présentés comme des entités clés de l'intrigue, mais qui trouveront la mort parfois une vingtaine de pages plus tard. La mort est décrite d'une manière vraiment subtile et discrète, mais pourtant sans naïveté. Je me suis surpris plusieurs fois à relire une deuxième fois des passages évoquant la mort d'un personnage, pour bien être sûr de sa mort et de son identité. Les rapports humains sont tout sauf superficiels. L'auteur n'utilise pas les dialogues comme une route pour faire avancer l'histoire, mais plutôt comme un enrichissement à l'intrigue.
Le roman avance cependant très lentement. En effet, ses 369 pages auraient pu être condensées en moitié moins si l'auteur ne s'attardait pas autant sur les détails. Mais il perdrait de tout son intérêt. Ceux qui aiment les livres où l'intrique est constante et rythmée seraient peut-être ennuyés.
Pour terminer, j'ai tout simplement adoré Marie Laflamme par sa subtilité et sa minutie. Un roman qui est très bien travaillé et qui change des histoires vendeuses mises dans un contexte moyen-âgeux sans trop de subtilité.