Salut !
Les défis Tic-Tac, c'est quoi ? Un sujet aléatoire est donné et on a une heure pour écrire un texte. Hésitez pas à fouiller le sujet éponyme épinglé en haut de section pour plus de détails, ou même poser vos questions ;)
Pour ce Tic-Tac, ça donne quoi ? le sujet est une couverture aléatoire, donnée par moi :)
(https://omer.mobi/soute/untitre/couverture_mus.php?s=image_nevinson_christopher_richard_dans_les_airs_ppg1839_575104-CUT&t1=Le+savoir-faire%0D%0A&t2=de+la+sibylle%0D%0A&a=Autumn+LOWE)
Exutoire. Je n'ai pas d'autre mot. Exutoire.
Une bonne lecture et une bonne soirée !
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En attendant l'aurore
Un vent nocturne, glacial, me figea net. Ma colère brûlante – ardente, incandescente ! – ne résista pas longtemps à la réalité de cette fin d’automne et je grelotai dans mon uniforme.
Devant moi, une terre de cultures. Des champs s’étendaient jusqu’à l’horizon, tissés entre eux par des chemins en terre battue, des murets en pierre, des maisons solitaires et des rangées d’arbres élancés.
Je haïssais ce décor !
Londres me manquait. Un instant, le paysage sembla s’effacer au profit des fumées noires de ses cheminées, de son air épais et brumeux, des murs hauts, ternes de ses quartiers les plus pauvres. Je tendis la main vers elle. Londres. La belle Londres. Elle qui m’avait vue naître, grandir, m’épanouir ; me détruire…
Londres…
J’essuyai les larmes qui gelaient sous mes paupières lourdes. Ma vie était là-bas. Pourquoi l’avais-je abandonnée ? Pour un nouvel aube ? Je ne savais plus… Je me relevai. Mon genou résista, transi de froid. Incapable de plus, je hurlai tout l’air de mes poumons et me recroquevillai sur moi-même, entre froid, douleur, rage, désespoir.
Soudain, une cape. L’épaisse laine noire pesa sur mes épaules et je me tournai vers mes nouveaux amis. Ils s’installèrent l’un après l’autre, se resserrèrent autour de moi. Les champs ne me parurent plus si affreux, juste un patchwork maladroit.
Mon meilleur ami, ma plus précieuse rencontre depuis mon départ de la capitale, écarta un bras et je me blottis contre lui, frottai mon visage sur son épaule et bredouillai, le nez caché dans les plis sa chemise :
— Je veux retourner à Londres.
Il ne répondit pas. Il savait, comme si lui-même vivait mon tourment, me réconforta en quelques gestes habiles et je m’accrochai à sa force et son silence, ce silence salvateur qu’était notre amitié. Un cœur calme, serein, berça la nouvelle aube qui s’élevait dans le ciel.
Au loin, un bourdonnement nous interpella. Un oiseau étrange, aux longs bras métalliques, sa tôle terne tremblante face aux assauts du vent. Une épaisse fumée noire, épaisse, brumeuse, s’échappa de ses entrailles. J’écarquillai les yeux face à cette ingéniosité incongrue, similaire à d’autres, rencontrées… là-bas, dans ma belle Londres. Mes amis restèrent muets de stupeur, incrédules.
Je ris. Même loin d’elle, Londres restait toujours près de moi. Je me relevai, retrouvai peu à peu mes esprits, profitai un instant du lever de soleil, imaginai la capitale, dans son brouillard, et saluai son messager incongru, avant de suivre mes amis sur le chemin du château, ma nouvelle vie.