Le Monde de L'Écriture

Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: April le 09 octobre 2026 à 15:43:24

Titre: Le calcul mental, ou un dîner pas c*n
Posté par: April le 09 octobre 2026 à 15:43:24
On déjeune ensemble. Elle me raconte les dernières nouvelles. Avec ses trois meilleurs amis, elle organise un dîner où chacun doit amener un invité que les autres ne connaissent pas.

Ma première pensée est instinctive : “Amène-moi !”

— Je ne peux pas t’amener, me répond-elle avant que je le dise : tout le monde te connaît.
C’est vrai.

Ils vont faire de vraies pâtes carbonara, comme en Italie : guanciale, pecorino, œufs et poivre. Pas de crème fraîche, évidemment.
À ce stade, je ne sais plus si je veux faire de nouvelles rencontres ou bien simplement être invitée à dîner.

— Dis, combien de nouvelles rencontres vont avoir lieu pendant ce dîner, à ton avis ? me demande-t-elle.

Je calcule :

— Vous êtes huit en tout. Les quatre invités vont chacun rencontrer les trois autres invités et les trois hôtes, donc six nouvelles personnes chacun. Cela fait quatre fois six, vingt-quatre rencontres. Les quatre hôtes vont chacun rencontrer les trois autres invités ; quatre fois trois fait douze.
Au total, trente-six ?

— Tu y es presque, me confirme-t-elle avec un air taquin. Regarde, je te fais un dessin. Chaque invité rencontre six nouvelles personnes. On compte les rencontres progressivement, en retirant celles déjà comptabilisées, cela fera : six plus cinq plus quatre plus trois.

Elle dessine. Les traits se croisent sur la feuille blanche. Dix-huit. On sourit, toutes les deux.
Dix-huit nouvelles connexions pendant un dîner, le contraire de c*n.

La prochaine fois que quelqu’un me dira : “Les jeunes passent maintenant leur temps sur leurs téléphones” — je ne le croirai pas.

                       
                                                                                                   :coeur:
Titre: Re : Le calcul mental, ou un dîner pas c*n
Posté par: Alan Tréard le 10 octobre 2026 à 20:49:17
Bonjour April,


Me voici pour découvrir ton texte.

Sympa cette petite publication qui nous pousse à exercer notre calcul mental. J'ai trouvé de la vie et de l'énergie dans ta façon de raconter, de quoi nous embarquer dans une histoire à part entière. J'aime bien cette sorte de morale à la fin qui me parle et m'inspire.

Sinon, je crois que j'aurais aimé que tu m'en dises plus sur le personnage principal de ton histoire : ses goûts, ses passions, ses aspirations. De cette façon, tu aurais pu développer un peu son intériorité. Cela m'aurait permis de mieux m'identifier à lui, de m'émouvoir de sa discussion avec son amie.

C'est ce que je pouvais en dire aujourd'hui.


Merci à toi pour ce moment de lecture.

Et à bientôt sur le Monde de l'Écriture.
Titre: Re : Le calcul mental, ou un dîner pas c*n
Posté par: April le 11 octobre 2026 à 17:32:47


Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.



Edit / J'ai modifié légèrement le texte et le neuvième personnage a fait une apparition impromptue

Le calcul mental, ou un dîner pas c*n

On déjeune ensemble. Tu me racontes les dernières nouvelles. Avec tes trois meilleurs amis, tu organises un dîner où chacun doit amener un invité que les autres ne connaissent pas.

Ma première pensée est instinctive : « Amène-moi ! »

— Je ne peux pas t’amener, me réponds-tu avant même que je le dise : tout le monde te connaît.

C’est vrai.

Vous allez faire de vraies pâtes à la carbonara, comme en Italie : guanciale, pecorino, œufs et poivre. Pas de crème fraîche, évidemment.
À ce stade, je ne sais plus si je veux faire de nouvelles rencontres ou simplement être invitée à dîner.

— Dis, à ton avis, combien de nouvelles rencontres auront lieu pendant ce dîner ? me demandes-tu.

Je calcule :

— Vous êtes huit en tout. Chacun des quatre invités va rencontrer les trois autres invités et les trois autres hôtes, soit six nouvelles personnes chacun. Cela fait quatre fois six, vingt-quatre rencontres. Les quatre hôtes vont chacun rencontrer les trois autres invités : quatre fois trois, douze.
Au total, trente-six ?

— Pas tout à fait, me dis-tu avec un air taquin. Regarde, je te fais un dessin. Chaque invité rencontre six nouvelles personnes. On compte les rencontres progressivement, en retirant celles déjà comptabilisées : six plus cinq plus quatre plus trois.

Tu dessines. Les traits se croisent sur la feuille blanche. Dix-huit.
Je souris : dix-huit nouvelles connexions pendant un dîner. Voilà un dîner pas c*n.

La prochaine fois que quelqu’un me dira : « Les jeunes passent maintenant leur temps sur leur téléphone », je ne le croirai pas.


***
P.-S. Finalement, le guanciale, introuvable, a été remplacé par de la pancetta, et le chat du propriétaire de l’appartement a été comptabilisé parmi les connexions, en neuvième invité.