Le Monde de L'Écriture

Coin écriture => Poésie => Discussion démarrée par: Titus le 09 Août 2026 à 12:33:26

Titre: Nostalgie
Posté par: Titus le 09 Août 2026 à 12:33:26
Des yeux furtifs jetés sur le prévu,
Et c’est toi qui m’apparaît
Ou plutôt un état provisoire de toi.
Alors, assis l’un en face de l’autre,
Nous partageons
Le regard et la parole
Qui éveillent la joie,
Et autour de laquelle tournent
Tous les lieux.

Hélas ton être et le mien
Ne sont pas synchrones,
Pas plus que nous envers nous-mêmes,
Il n’y a rien qu’un pont de chair entre nous,
Ton être de chair qui sacre le mien.
Car nous sommes le récit d’un monde
Qui n’existe qu’à peine,
Et pourtant tout s’accorde,
Toi, moi et cette région en exil.
Titre: Re : Nostalgie
Posté par: LOF le 09 Août 2026 à 12:43:44

Car nous sommes le récit d’un monde
Qui n’existe qu’à peine,
Et pourtant tout s’accorde,
Toi, moi et cette région en exil.


Alors, assis l’un en face de l’autre,
Nous partageons
Le regard et la parole


J'aime beaucoup ce poème. On peut y lire d'autres poèmes...
Titre: Re : Nostalgie
Posté par: Titus le 09 Août 2026 à 12:53:26
Salut LOF,

Merci pour ton retour.

Je ne sais plus quel auteur disait que le poète, malgré les apparences, écrivait toujours le même poème.


A plus  :)
Titre: Re : Nostalgie
Posté par: CoolSpirit le 09 Août 2026 à 21:58:33
Bonjour,

Ce poème évoque la nostalgie d'autres poèmes en effet.

"Car nous sommes le récit d’un monde
Qui n’existe qu’à peine"

Ceci pourrait être généralisé à l'ensemble de presque toute parole, tout acte, tout ce qui est fait, car quoique nous fassions, c'est toujours microscopique face à l'immensité des mondes.

Chaque être est le récit de son propre monde microscopique, aussi grand soit-il ; chaque être est une version en miniature de ce monde ; chaque être contient l'universel et pourtant reste dérisoire, semble-t-il ; "chaque être est un hymne détruit", un avorton sublime, une collection d'états d'âmes tout à la fois misérables et fantastiques ; chaque être est le tout pour le grand tout, et rien du tout à la fois envers le Créateur ; chaque être est comme une parcelle tombée de Dieu, un être divin incarné sur Terre, et pourtant tout à fait insignifiant ; chaque être représente, incarne et figure tout l'univers à sa manière, en même temps qu'il n'existe qu'à peine : chaque être est le récit du monde tout entier, mais que lui-même.

Nous ne sommes pas synchrones, mais pourtant tout s'accorde.
Beau paradoxe, que je retiendrai.

En te souhaitant de poursuivre l'écriture d'autres poèmes aussi bien écrits,
Amicalement.
Titre: Re : Nostalgie
Posté par: Titus le 10 Août 2026 à 15:17:35
Bonjour CoolSpirit,

Je répondrai à ton commentaire par un poème inspiré de cette citation (de qui est-elle au fait ?)

"chaque être est un hymne détruit"

Qui s’appuie sur l’exil pour apercevoir le royaume,
Gravit l’axe où l’ombre s’explique dans la lumière
– Brise le miroir –
]Juste avant de retomber dans la parole, son terme.

Merci  :)
Titre: Re : Nostalgie
Posté par: CoolSpirit le 10 Août 2026 à 19:36:12
Si ma mémoire est bonne, la citation est de Cioran.

Merci pour ton petit poème.