17 juillet
Entre les mots il y a la pensée du lecteur conduite par l’auteur. Le vide entre les mots crée une augmentation des mots du texte.
C’est une porte ouverte dont l’auteur a construit le cadre. C’est une porte ouverte par l’auteur qui t’emmène sur des chemins nouveaux que ta place de lecteur permet de prolonger, et d’affermir de sable, de cailloux ou d’herbes folles.
L’art pour l’auteur de ces mots consiste alors à les choisir inspirant, suggestifs, subtilement agencés pour ne pas empêcher l’air de passer, un air de liberté, de rêve, d’associations d’idées et d’images. La petite histoire du lecteur désormais rejoint celle de l’écrivain. Une rencontre se produit et nous faire dire « qu’on aime bien ». Un enrichissement par la lecture justifie son besoin et un plaisir de lecture.
L’écrivain se fait poète, il cueille le monde, ses indices, ses traces, ses signes pour les servir au plus grand nombre qui les habillera de sa chair et de son vécu.
« D’entre les mots » de Georges Jean est un marchepied constitué de ses sentiments, ses paysages personnels pour nous inviter à inventer, ressentir les nôtres. Les marchepieds de l’âme dont chaque mot est une pierre qui édifie la maison où se logera notre identité intime.
Pour permettre l’entre deux des mots, il faut d’abord les avoir beaucoup fréquenté et usé pour ne conserver que les meilleurs, les essentiels et les résistants. Il est juste qu’ils reviennent souvent ceux-là, car ils ont fait leur preuve, démontré qu’eux seuls correspondent à ceux-ci ou ceux-là. Le vocabulaire du poète est reconnaissable car il porte les stigmates de l’expérience.
Ils ne sont pas là pour divertir, mais pour donner une valeur où la variété des lectures s’exercera. Des mots-piliers, des mots-pilotis qui soutiennent notre demeure exposée aux intempéries des jours.