Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Poésie => Discussion démarrée par: Titus le 10 Juillet 2026 à 14:08:48
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Un quatrain
De la Terre jusqu’au Ciel, telle n’est pas la légende ?
Mais souvenez-vous, mal accordés, vous qui excédez l’exil
Que vous êtes les ordonnateurs du où et du quand –
Du presque qu’un être, vide de sens, soyez donc un Monde !
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Bonsoir Titus,
J'ai relu plusieurs fois votre quatrain avant de me risquer à vous écrire.
Je n'ai pas la prétention d'en avoir saisi toutes les ramifications, mais j'ai aimé cette impression qu'il demande au lecteur de ralentir. Il ne livre pas son sens d'un seul regard ; il oblige à revenir sur certains vers et à les laisser résonner.
J'y perçois une réflexion sur notre manière d'habiter le monde, ou peut-être de le réduire lorsque nous croyons pouvoir tout ordonner. C'est cette tension qui m'a accompagné après la lecture.
Merci pour ce texte exigeant, qui accepte de ne pas tout donner immédiatement et fait confiance à son lecteur.
Amitié,
Alma
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Bonsoir AlmaVeyre,
Je vous remercie pour avoir commenté ce poème hermétique (même à mes propres yeux).
Permettez-moi de citer une poétesse qui est ma poète préférée avec Hölderlin et Victor Hugo. Voilà ce qu’elle dit dans les Quatrains et autres poèmes brefs (collection Poésie / Gallimard) :
« Voir le Ciel d’Été
Est poésie, bien qu’il ne soit point dans un Livre –
Les vrais Poèmes fuient – »
C’est cette fuite, à la limite du dicible, que j’essaie de nommer sans pouvoir y arriver.
Amicalement :)
Titus.
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Titus,
Merci beaucoup pour votre réponse.
La citation que vous partagez éclaire votre démarche. J'aime beaucoup cette idée que les vrais poèmes « fuient » et qu'ils ne se laissent jamais enfermer tout à fait dans une explication.
Je crois que c'est aussi ce qui m'avait retenue à la lecture : non pas comprendre immédiatement, mais avoir envie d'y revenir.
Merci également pour cette belle découverte.
Amitiés,
Alma
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J'ai oublié de dire le nom de l'auteur ::) : c'est Emily Dickinson (1830-1886), inconnue de son vivant.
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Titus,
Oui je l’avais saisie, et cette citation choisie est très éclairante :
« Voir le Ciel d’Été
Est poésie…
Les vrais Poèmes fuient »
Autrement dit, la poésie n’est pas ce qui s’explique parfaitement. Elle réside justement dans ce qui échappe au langage. Le poème n’a pas vocation à enfermer une idée dans une définition mais à désigner quelque chose qui se dérobe.
Amitiés,
Alma