Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: April le 10 Juillet 2026 à 14:07:45
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Dès que je t’ai vu, je t’ai détesté. J’ai compris tout de suite qu’entre toi et moi, rien ne pouvait se passer. Maintenant quand j’y repense, il y a dix ans déjà tu étais trop grand, trop imposant, tu prenais trop de place. Et moi, je n’avais pas ce besoin que tu prennes toute ma place, au milieu de ma toute nouvelle pelouse. Toi, le grand cèdre, tu y étais planté, pile au milieu, et tu n’avais aucune intention de bouger.
Au début j’ai essayé de ne pas te remarquer ; c’était de la peine perdue. Très vite tu as pris ta place dans ma vie. C'était tes épines innombrables qui envahissaient mon allée toute propre. Je balayais, tu recommençais dès le lendemain. Et puis, le mois d’août est venu.
Souviens-toi de tous ces interminables mois d’août, quand ton pollen envahissait mes intérieurs propres. Souviens-toi de toutes ces pommes de pin en quantité incalculable, qui envahissaient ensuite ma pelouse jusqu’au mois de mars prochain. Souviens-toi de cette pelouse inexistante, car il paraît que tu modifies le pH du sol : l’herbe a refusé de pousser à côté de toi.
Un jour, dans le désespoir, j’ai décidé de demander un devis, pour t’abattre. Tu es resté là comme d'habitude, immobile, mais cette année tu as donné beaucoup moins de pommes de pin : en gros, fin octobre c’était fini. À ce moment-là, j’ai réalisé que tu me comprenais.
C’était bizarre. J’ai essayé de croire que tu as donné moins de pommes de pin parce que cet été-là a été trop sec. Et même si c’était vrai, ton intelligence a commencé à me surprendre. Depuis, je te regardais autrement.
Et aujourd’hui je suis rentrée avec mes courses, comme d’habitude. Un mois de canicule ne passe pas inaperçu : j’étais épuisée. En garant la voiture, j’ai juste remarqué que presque toutes mes plantes, que j’arrosais régulièrement en essayant de les protéger, étaient à l’ombre. Ce n’est pas grand-chose en soi, d’être à l’ombre, sauf pendant une canicule.
Et puis j’ai vu que c’était ton ombre. Depuis le temps qu’on se connaît, tu as encore grandi. Tu es très beau d’ailleurs, je n’ai jamais remarqué ça.
Je ne sais pas quoi te dire, et je ne le dirai pas : je sais que tu sais te mettre au courant de mes intentions.
Je me suis dit juste qu’une présence stable, celle qu’on ne remarque pas quand tout va bien, peut être importante. Est-ce déjà une autre histoire ?
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Merci de nous avoir partagé ton texte.
Le premier paragraphe me faisait croire que c'était une rupture amoureuse, et non, tu parles d'un arbre.
Mais en poursuivant ton histoire, c'est un désamour pour cet arbre, dont ton héroïne (je suppose une femme) ne voit que les défauts et les contraintes.
Mais, lors de la canicule, elle voit que, malgré ses défauts, il a d'innombrables qualités qu'il ne faut pas oublier.
C'est une histoire "d'amour" envers un arbre. Elle prend conscience de toute son importance et de ses bienfaits.
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Ah le début m'a bien eu :D, je pensais avoir à faire à une romance clichée et ça m'agaçait un peu, mais le retournement m'a fait adorer le texte. On a tellement besoin de penser l'arbre comme un être vivant, comme une présence dans nos vies, pas juste un décor, mais un organisme. C'est une très jolie évolution de relation, opérée efficacement même si le texte est court, l'arbre est un personnage à part entière et la narratrice apprend à l'aimer. Et puis la réflexion sur l'ombre est très juste par les temps qui courent, heureusement qu'elle ne l'a pas coupé ! Moi c'est dans leur absence que j'ai compris l'importance des arbres (pour la petite anecdote il y avait un très bel arbre entouré de plein de végétation et d'arbustes dans la cour intérieure de mon immeuble, ça grouillait de vie et d'oiseaux, et tout a été rasé ...). Un texte assez touchant finalement.
Sinon quelques remarques, principalement sur le manque de virgule et quelques problèmes de concordance des temps. Et puis des remarques stylistiques, mais ça reste mon avis très subjectif.
Dès que je t’ai vu, je t’ai détesté. J’ai compris tout de suite qu’entre toi et moi, rien ne pouvait se passer j'ai un doute de concordance des temps, pouvait ou pourrait ? intuitivement j'aurai dit futur mais je ne suis pas sûre à 100%. Maintenant quand j’y repense, il y a dix ans déjàvirgule tu étais trop grand, trop imposant, tu prenais trop de place. Et moi, je n’avais pas ce j'enlèverai le ce, pas nécessaire besoin que tu prennes toute ma place, au milieu de ma toute nouvelle pelouse. Toi, le grand cèdre, tu y étais planté, pile au milieu, et tu n’avais aucune intention de bouger.
Au début j’ai essayé de ne pas te remarquer ; c’était de la c'était peine perdu plutôtpeine perdue. Très vite virguletu as pris ta place dans ma vie. C'était tes épines innombrables qui envahissaient mon allée toute propre. Je balayais, tu recommençais dès le lendemain. Et puis, le mois d’août est venu.
Souviens-toi de tous ces interminables mois d’août, quand ton pollen envahissait mes intérieurs propres. Souviens-toi de toutes ces pommes de pin en quantité incalculable, qui envahissaient ensuite ma pelouse jusqu’au mois de mars prochain suivant plutôt que prochain j'aurai dit, étant donné qu'on est dans le passé. Souviens-toi de cette pelouse inexistante, car il paraît que tu modifies le pH du sol : l’herbe a refusé de pousser à côté de toi. l'herbe refuse de pousser à côté de toi ?
Un jour, dans le désespoir, j’ai décidé de demander un devis, pour t’abattre. Tu es resté là comme d'habitude, immobile, mais cette année tu as donné beaucoup moins de pommes de pin : en gros, fin octobre c’était fini. À ce moment-là, j’ai réalisé que tu me comprenais.
C’était bizarre. J’ai essayé de croire que tu as donné moins de pommes de pin parce que cet été-là a été trop sec je pense qu'il y a un problème de concordance des temps dans cette phrase, que tu avais donné, avait été trop sec. Et même si c’était vrai, ton intelligence a commencé à me surprendre. Depuis, je te regardais autrement. je pense que du présent irait mieux, surtout avec le depuis
Et aujourd’hui je suis rentrée avec mes courses, comme d’habitude. Un mois de canicule ne passe pas inaperçu : j’étais épuisée. En garant la voiture, j’ai juste le juste n'est pas nécessaireremarqué que presque toutes mes plantes, que j’arrosais régulièrement en essayant de les protéger, étaient à l’ombre. Ce n’est pas grand-chose en soi, d’être à l’ombre, sauf pendant une canicule.
Et puis j’ai vu que c’était ton ombre. Depuis le temps qu’on se connaît, tu as encore grandi. Tu es très beau d’ailleurs, je n’ai jamais remarqué ça.je n'avais jamais remarqué ça
Je ne sais pas quoi te dire, et je ne le dirai pas : je sais que tu sais te mettre au courant de mes intentions. le je sais que tu sais est un peu lourd, il faudrait sans doute reformuler cette phrase
Je me suis dit juste je me suis juste dit qu’une présence stable, celle qu’on ne remarque pas quand tout va bien, peut être importante. Est-ce déjà une autre histoire ?