Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Poésie => Discussion démarrée par: Escalibert le 07 Juillet 2026 à 07:05:41
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Je voudrais presque te dire
Toi à l'aube de la feuille blanche
qui hume, la déchiffre en silence
Elle qui toujours est jamais
qui se pare du vide, se gorge du temps
présente en offrande
L'espace d'un instant
Te dire que nous sommes
foudroyés d'un même éclair
qui nous brise et nous meut
jusqu'au creux de ce monde.
à Hélène Dorion
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:) Vive le Québec et ses poétesses !
Merci pour ce poème !
j'aime ce qui avance dans la discrétion !
Comme à l’aube d’une parole qui cherche sa juste place, la feuille blanche peut agir tel un modeste seuil désireux de voir un rai de lumière se glisser sous la porte qu'il porte et sait apte à rejoindre un espace d’écoute où le vide se fait plus avenant qu'une offrande.
Les images d'apparence simple peuvent paraître tenues, mais elles ouvrent un mouvement intérieur net qui ne demande qu'à être partagé. Dans cette sobriété habitée, de faux silences rejoignent une manière de dire qui touche à l’essentiel sans le nommer, fidèle à une poétique de l’instant et de la présence.
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Je vous vois comme maniant le fleuret, et faire mouche avec votre plume. Vous touchez au plus juste. Dans le corps même du texte.
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Bonjour Escalibert,
Votre poème avance comme une parole qui hésite à se livrer tout à fait, et c’est précisément cette retenue qui lui donne sa force. Ce « presque » ouvre un espace très délicat : quelque chose veut se dire, mais demeure au bord, comme si l’aveu complet risquait de rompre l’équilibre.
J’ai trouvé très belle cette tension entre la feuille blanche, le silence, le vide offert, puis l’éclair commun qui vient soudain traverser le texte. On passe d’une présence presque immobile à une secousse intérieure, et ce mouvement reste longtemps en tête.
Amicalement,
Alma