Le Monde de L'Écriture

Coin écriture => Poésie => Discussion démarrée par: Kerdrel le 05 Juillet 2026 à 13:15:28

Titre: Le sablier
Posté par: Kerdrel le 05 Juillet 2026 à 13:15:28
Le sablier 

____________ஜ۩۞۩ஜ___________ 

Lentement s'écoule ma vie
Avec ses rires, ses chagrins
Comme le sable avec ses grains
Sèche au vélin ma poésie.

Parfois dans un vent de folie
Un mot s'envole de mes mains
Si le temps fuit sans lendemains
Je me perds en didascalie.

Dans ce goulot d'étranglement
Tout finira en sédiments
Reste alors une plage blanche.

Ce goût de sel entre les dents
Lèvres gercées d'embruns mordants 
Qu'aucune soif jamais n'étanche.

Le samedi 4 juillet 2026 ©
Titre: Re : Le sablier
Posté par: Robert-Henri D le 05 Juillet 2026 à 17:24:11
Certes, kerdrel, Le risque encouru est léger mais réel : oublier de vivre la scène en voulant trop la commenter, implique de devenir spectateur de soi-même, de se perdre dans l’indication plutôt que dans l’élan.

En somme, c’est un vertige doux : assimilable à celles et  ceux qui écrivent la vie au lieu de simplement la traverser.
Titre: Re : Le sablier
Posté par: Kerdrel le 06 Juillet 2026 à 11:08:27
Merci de votre lecture Robert-Henri

la vie est un théâtre d'ombres dont nous
sommes que les simples figurants
pour plagier Shakespeare

 :mafio:
Titre: Re : Le sablier
Posté par: Robert-Henri D le 06 Juillet 2026 à 18:46:28
 >:D Oh que oui mon ami.
Titre: Re : Le sablier
Posté par: April le 07 Juillet 2026 à 19:12:12


Bonsoir Kerdrel,
Votre poème est mélancolique, mais pas désespéré  ::) Il évoque avec justesse le passage du temps.
C'est toujours un plaisir de vous lire
Titre: Re : Le sablier
Posté par: Kerdrel le 07 Juillet 2026 à 20:37:48
Merci April,

de vous être penchée sur ce texte
j'ignore s'il s'agit de "mélancolie" 
je suis désespérément optimiste
mais surtout complètement lucide

agréable soirée

 :mafio:

Titre: Re : Le sablier
Posté par: AlmaVeyre le 08 Juillet 2026 à 14:47:12
Bonjour Kerdrel,

J’ai trouvé dans ce poème une belle unité d’images, entre le sable, le vélin, les sédiments, le sel et les embruns. On sent le temps comme une matière qui s’écoule, use, dessèche, puis laisse malgré tout une trace.

L’image du « goulot d’étranglement » m’a particulièrement retenue : elle donne au sablier quelque chose de plus oppressant, comme si l’écriture devait passer par un passage étroit avant de devenir dépôt, mémoire, ou silence.

La fin, avec ce goût de sel et ces lèvres gercées, apporte une sensation très physique au poème. Ce n’est plus seulement le temps qui passe, c’est presque le corps qui en garde la marque.

Amicalement,
Alma