Salut !
Les défis Tic-Tac, c'est quoi ? Un sujet aléatoire est donné et on a une heure pour écrire un texte. Hésitez pas à fouiller le sujet éponyme épinglé en haut de section pour plus de détails, ou même poser vos questions ;)
Pour ce Tic-Tac, ça donne quoi ? le sujet est une couverture aléatoire, proposée par Claudius :) merci Claudius :)
(https://zupimages.net/up/26/26/zm7b.jpeg)
Ce texte est une fan fiction. Qui connait accrochera peut-être, qui ne connaît pas risque de s'y perdre. Je vais sûrement bientôt partir à la recherche d'un elfe mage hautain et crétin, mais je l'aime pour ce qu'il est.
N'weti (https://monde-ecriture.com/forum/index.php?topic=47200.0) a désormais sa page dans les carnets de bord, avec un sommaire complet.
Une bonne lecture et une bonne soirée !
Te retrouver
J’esquive les soldats, disparais au profit de ruelles plus tranquilles. La capuche remontée sur mon visage, j’avance vers le coeur de la ville, vers ses sommets politiques. L’effort est anodin. Mes doigts, accrochés aux pierres de la forteresse, en connaissent chaque prise, chaque écart. Je hais ce palais, autant que je l’aime. Je l’aime d’un amour tel qu’il me dévore, chaque jour, chaque nuit, passé. Et je le hais pour cette dépendance qu’il instille en moi. Presque arrivée au sommet d’une tour que je sais déserte, je m’enorgueillis de n’avoir été découverte, quand une main me saisit. Elle me hisse avec force sur le balcon. La femme m’observe. Nulle colère, nul ressentiment. Je la salue :
— Léliana.
— N’weti, me répond-elle. Vous voilà de retour…
J’acquiesce. À la vérité, je ne reviens pas pour eux, mais pour des rumeurs. Des rumeurs qui me rapprochent de lui. Je baisse un instant les yeux, détourne mon regard vers les montagnes environnantes, quand une présence, un fourmillement familier, m’étire un sourire léger.
— Cole.
L’esprit se blottit contre moi, non pas comme un être de chair, mais comme une conscience aiguë, une sensation de sa présence partout dans mes pensées, pour les apaiser.
— Vous ne pouvez pas, me sourit-il. Je peux peut-être…
— Non Cole, ordonné-je.
— Votre fardeau.
— Mon fardeau, répété-je.
Il tourne autour de nous, murmure des paroles apaisantes. Léliana fronce les sourcils, l’observe sans parvenir à le comprendre. Elle se tourne vers moi :
— Qu’allez-vous faire ?
— Rien.
Je devine son regard surpris, sa colère. Léliana se maîtrise sûrement mieux que tous nos autres compagnons, mais ses émotions n’en restent pas moins visibles sur son visage pour qui apprend à le lire.
— Rien ? répète-elle. L’Inquisition…
— aurait dû s’arrêter à la mort de notre ennemi. Je ne suis pas une héroïne éternelle, je ne suis destinée à aucun trône. Vous devez apprendre à m’oublier. Vous devez reprendre vos vies là où l’Inquisition vous les a volées.
Elle respire plus fort. Les mots s’impriment dans son esprit, je le vois à son regard. L’Inquisition doit tomber et intégrer l’Histoire comme un événement passager. L’Inquisition ne doit pas perdurer.
— Cela fait deux ans, Léliana. Deux ans que nous aurions dû rendre les armes.
— Ils vont détester cela. Tous nos compagnons…
— doivent retrouver le cours de leurs vies.
— Et vous ?
Je garde le silence. Je sais mon visage se fermer à elle. Toujours lorsque je me confronte à mes projets immédiats. Aussitôt, Cole revient ; vers nous, en moi. L’esprit s’immisce dans le mien.
— Le retrouver. Le retrouver. Effacer le regret de ne pas l’avoir retenu. Deviner qui se cache. Ce n’est pas votre faute.
— Ce n’est la faute de personne, Cole, réponds-je. Je dois le retrouver pour répondre à certaines de mes questions.
— Eh bien… marmonne Léliana. Les deux grands disparus qui reviennent au même moment, pour une surprise, je suppose que c’en est une…
Je relève les yeux vers elle, tente de comprendre ses mots. Deux ans que je tente de disparaître pour mieux le retrouver, deux ans que j’entends mon nom sur nombre de lèvres sans me retourner ; pour le retrouver… et c’est elle, qui me cherche aussi, qui arrive la première à retrouver sa trace ?
Je ris presque, mes émotions chamboulées par cette possibilité, me cache les yeux pour ne pas la laisser les deviner ; en vain. Elle m’explique la situation et réussit à nouveau, par ses paroles et ses manigances, à me ramener à un rôle que j’exècre, pour le retrouver ; enfin.