Le Monde de L'Écriture

Coin écriture => Poésie => Discussion démarrée par: Robert-Henri D le 20 Juin 2026 à 20:51:39

Titre: "Sous un ciel disloqué" (rêverie amphigourique)
Posté par: Robert-Henri D le 20 Juin 2026 à 20:51:39

À l'heure où les songes hermaphrodites pleurent leurs chevelures létales,
des murmures de pluie écoutant mes disgrâces, martelaient la nuit carcérale.
Leurs tractations géométriques, ruisselantes de ahans tirés d'introspection
comme un langage statistique, hurlaient au hasard de leur implémentation.
C'est alors que surgit une église acoustique issue d'arabesques artistiques.
Des évanescences s'y recueillant, mon esprit les toisa d'un silence drastique…

Il est des invisibilités trahies qui souvent se muent en théâtralités pro plurielles,
stigmates éclectiques, elles frémissent sous la pubescence du trop de voyelles.
Lors, en vagues d’abeilles sociologiques, je les enruche avec impertinence :
des doigts transparents filtrent les informations, mais pas leur mouvance !
Sont-ce des fluides syntaxiques où s’égouttent des mots aux virginités rétives ?
Mais déjà l'aube s'impose et l'ombre peu à peu se mue en une clarté chétive

Mes aliénations implosent : des chrysalides mentales s’ouvrent en soleils captifs.
Comme des songes fracturés, mes réalités cherchent leurs adjuvants complétifs,
mais les étoiles soufflées fissurent ma grammaire : mon Moi oublie le traversin...
Pourtant, face à lui d'autres pensés vacillent : l'équilibre est-il agnostique ?
Certains onirismes prostitués nourrissent nos mémoires de moult réflexivités !
intelligences pneumatiques, qui enfantent des cécités végétatives explicitées !

Les visions manichéennes procurent des faisceaux de torches émotionnelles,
leurs verbes topiaires s’aiguisent en discriminants leurs images intemporelles :
hydres mensongères qui oscillent entre schizophrénies variables et rêve ordinaire.
Nos excentricités modélisées ont des visages qui se figent en chastetés binaires.
Algues topologiques, qui dérivent au gré des sciences suicidées non puritaines,
nos valeurs hypostasiées plantent leurs germes dans des biologies incertaines.

Et passe le temps des horloges trouées qui bégaient ! Voici venue l'entéléchie !
Plus de guerres ni de fiel, c'est l'ère du tout artificiel, de la mémoire enrichie !
Enfin, les maux vectoriels s’étirent en asymétries pénitentielles expiatoires.
La sainte odeur robotique a su briser le pieu reflet du chrysanthème miroir.
Et tant mieux si les locomotives mémorielles traînent leurs peaux inconscientes,
leur statues aux ongles musiciens vibreront dans l’immobile vent des présciences

Nos lumières temporelles respireront bientôt des zéphyrs transactionnels.
Les vents debout dormiront à jamais blottis sous l'aile d'un Eole solennel, 
n'effleurant guère qu'une onde mouillante à l'affleure de nos baisers placebos.
Les serments des girouettes, plus ne grinceront de blasphèmes météos.
Plus de cryptologies chancellent, de mitoses accidentelles ni monstruosités,
Nos prières ont su pénétrer l’inorganique : il n'y a plus de doctrines mal usitées !

Mais de tout ça rien n'existe qui vraiment s'enseigne : de notre temps, même les stoïcismes peinturlurés saignent. Le trop plein de blessures algorithmiques évoque la fin. Les planètes à infanticides sont autant d'irrégularités politiques. Même les éternités pointillistes se dispersent, trop de muses quantiques déplacent leurs oracles pour que leurs prédictions relèvent du miracle.


Titre: Re : "Sous un ciel disloqué" (rêverie amphigourique)
Posté par: Dian le 21 Juin 2026 à 15:19:15
Hello Poète, c'est un texte dense, audacieux et ambitieux, visionnaire certainement par violente hybridation de l'abstrait et du concret, du mathématique avec la chair, et aussi grâce à une "versification" qui dépasse la mesure (sans jeu de mots). J'ai une préférence pour "résonances" qui atteint son objectif avec peut-être plus de naturel.
Bien à toi
Dian
Titre: Re : "Sous un ciel disloqué" (rêverie amphigourique)
Posté par: Robert-Henri D le 21 Juin 2026 à 19:27:10
Héllo Dian,

J'étais certain que ça allait te plaire !

Et puis tu as raison de rappeler que cette fois nous quittons le naturel pour mieux tutoyer le  subnaturel...

Sans être exactement ce que Claudel appelait "la prose mesurée" ; comme tu l'as sans doute remarqué, nous avons cette fois quelque chose qui relève du verset laïc moderne :

Soit des vers très longs (entre vingt et vingt‑six syllabes) qui dépassent résolument les formes classiques et s’organisent en unités de souffle. Ceci dans un style créatif où les pensées se présument à la fois amples et visionnaires. Cette longueur, alliée à la rime et à l’élan oratoire, inscrit donc bien ce type d'écriture dans la tradition du verset poétique où la phrase devient rythme, et la strophe, respiration.