Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Poésie => Discussion démarrée par: Sernard le 17 Juin 2026 à 10:41:38
-
L’on va
L’on va, bon an malheur s’en faire crever des fleurs
Dans tous les pots de cœurs qui durent ce qu’ils s’emballent
L’on va, tant bien que dalle s’acheter des étoiles
Sortant deux ou trois balles de nos porte-bonheur
L’on cueille les sourires se fendant d’un clin d’œil
En étant prêt au pire la main sur le larfeuille
Aux terrasses des cafés ou sur le quai des gares
Sentant bon, bien coiffé on claque nos cafards
L’on va, cahin carat claquant des chapeaux bas
Passer des bagues au doigt auprès d’ la tout venante
L’on va, coussi coupantes les citadelles branlantes
De l’Espagne qui nous hante des châteaux qu’on lui doit
L’on ramasse la vie que le bon temps nous laisse
Aux lingots d’organdi accrocher nos faiblesses
Y’a pas de rêv’ petit au royaume du bonheur
L’on s’endort chaque nuit riche de nos malheurs
L’on va, vaille que maille mett’ la main a la paille
Sur les peaux en écailles qui coupent notre route
L’on va, coûte que coûte pour peu qu’on en rajoute
Vers l’oreille qui écoute ce que le cœur nous braille
-
:) Serait-ce l'art d'avancer en claudiquant avec élégance, mêlant argot, jeux sonores et images du quotidien qui fait sentir la vie qui s’achète, se cueille, se claque, se ramasse ? Qui n'a pas vécu un moment où l'existence se révèle faite de petites dépenses et de grandes failles ? Les rimes sont brinquebalantes, les allitérations volontaires, les expressions détournées donnent au texte un rythme de marcheur fatigué mais tenace. C’est donc une poésie de trottoir et de cœur, où le bonheur se monnaie mal et où l’on s’endort, riche seulement, de ce qui nous manque !