Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: CoolSpirit le 30 Mai 2026 à 17:26:07
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Où que l'on aille, quoi que l'on fasse, quoi que l'on dise et pense, tout est noyé dans un déluge de choses qui arrive à tout instant sur Terre, dans la pléthore des événements de pensées, d'actions, de dires et d'écrits faits de par le globe chaque jour passant.
C'est à se dégoûter d'agir, de parler, d'écrire, et même de penser.
C'est le grand dégoût universel de tout ce qui est, qui semble toujours de trop par rapport à tout ce qui fut jamais fait depuis que le monde est monde.
Et toi t'arrives là, à ne pouvoir qu'affirmer ou infirmer en une phrase, par un mot seulement, une infinitésimale portion de tout ce qui exista jamais, et tu le fais comme si cela avait une importance capitale pour le monde.
Mais ce monde... n'est que déluges de riens qui ne rencontrent que riens d'autres dont pouvoir en tirer ou seulement en dire de vérités...
D'où il suit que la « vérité » est un concept creux, lorsqu'il intervient pour parler de ce qui existe, et n'a de fondement et de validité, n'est « vraie » que lorsque l'on meurt, qu'au moment de la mort.
Rien de tout ce qui existe n'est « vrai », il n'y a de vérité qu'à propos de la mort et du néant final – qui reste un point d'interrogation posé par Dieu quant à tout ce qui aura existé.
La mort n'est point la fin ; pourtant il ne faudrait pas se considérer comme vivant le moindre instant de notre « vie », car cela n'arriva jamais de toute éternité que quelqu'un, le moindre être que ce soit, fut depuis toujours à toujours, vivant, seulement un instant, une seconde.
La vie est un état, une chose, un concept qui n'existe pas – a fortiori la mort également.
Tout est de passage, un passage, l'épreuve infinie de chaque instant, où en chacune de ces secondes qui passent, vivre consiste à se demander en quoi consiste vivre.
Vivre, au demeurant, c'est se demander ce qu'est vivre cette vie au moment même où l'on est en train d'exister à la vivre, cette vie étrange d'entre toutes – qui pourtant, simultanément, nous apporte une réponse, une vision, et une idée de ce qu'est la vie à chacun de ces même instants, qui semblent, non, qui veulent nous donner une réponse à ce grand pourquoi de la vie, et ce éternellement sans jamais ne cesser.
Vivre, c'est exister sans jamais ne savoir jamais le fin mot de tout ce qui existe au moment même où pourtant, l'éternité nous offre la sensation d'être éternel sans arrêt, éternellement doit-on dire.
Mais qu'est-ce que l'éternité de cette vie qui semble à aucun moment, comme à chacun tout autant, être, et ne pas être, éternelle ?
L'éternité est l'idée la plus pleine, de la plus grande plénitude, de quelque chose qui semble tout autant, à égalité avec son contraire, la plus creuse, vide, insensée, anéantissante d'elle-même et de toute chose.
Qu'est-ce que l'éternité, si à chaque micro-fraction de seconde du Temps éternel qui passe, tout doit advenir sous forme d'être et de néant, en étant et en n'étant pas à la fois ?
Cette question, doit trouver sa réponse si l'on penser à remplacer le terme d'éternité par le mot de « Dieu » : Dieu est l'Être, infini, suprême, éternel, qui est et n'est pas, infiniment, suprêmement, éternellement, à chaque instant.
C'est le grand mystère, au final, de la vie, de toute vie : le néant et l'être, comme combat permanent et sans fin, de Dieu CONTRE lui-même, comme nature infinie qui s'annule de trop l'être à chaque instant, et recommence instantanément de l’être tout autant.
Dieu est ce point sur la ligne du Temps et le plan de l'espace qui n'a aucune épaisseur, mais réalise, incarne, figure et fait apparaître tout ces temps et ces espaces infinis, qui confère l'infinité à l'infini en tous plans, sous toutes les manières, des tréfonds des moindres particules de l'infiniment petit jusqu'aux limites galactiques et constellaires de l'infiniment grand, afin que l'infini puisse prendre forme, consistance et être, à la fois dans la durée temporelle et les dimensions spatiales.
Dieu est ce point infini qui clôt l'existence à chaque instant.
Dieu est le point final de l'Existence – qui ne cesse jamais de se poser, là.
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Dans le cas de l'intelligence dite transcendante, l'on peut connaître des moments d'une grande lucidité avec des instants, des passages ou des phases d'extases et de transes d'intelligence et de la perception.
Des extases d'intelligence, des transes de la perception, pendant lesquelles le monde avec tous ses secrets semble se dévoiler à nous dans une clarté phénoménale, parsemée de fulgurances illuminatrices.
L'intelligence transcendante nous fait voir le monde comme monde, et pas seulement à travers le prisme d'un seul regard, mais comme si l'on englobait tous les regards et visions possibles d'un coup. Le monde comme monde, voilà l'objet de l'expérience transcendante.
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À certains moments, j'ai la vive impression que mon savoir épuise les contenus du monde ; comme à d'autres moments, j'ai l'impression de ne strictement plus rien comprendre autour de moi.
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Le chaos est vide.
Videz le chaos.
La vie consiste en une folie labyrinthique ou un labyrinthe de folie.
Le monde est un vaste fourre-tout, un copier-coller, un rébus délirant, et un patchwork illimité de toute chose forcée de cohabiter avec tout le reste de ce qui co-existe sur Terre.
Tout le monde se fout de tout dans la vie, et n'est toujours concentré que sur une petite chose, futile et dérisoire à l'échelle du globe, mais vitale et nécessaire pour la personne en question qui ne pense qu'à une seule pensée à la fois, au milieu de ce vaste chaos qu'est le monde.
Et ce que l'on fait ou pense à chaque instant nous fait oublier et passer à côté de l'essentiel, tout le temps.
L'existence est un labyrinthe de chaos où tout l'univers dans sa vacuité générale et avec le vide de ses espaces se montre et s'incarne dans la moindre petite chose que l'on fait, ou pense, et qui nous masque en réalité tout le reste de l'univers qui continue de tourner en pagaille.
Tout ceci serait insensé, et l'est déjà fortement ma foi, si un Créateur n'avait point voulu, telle, la Vie, à être si vaste qu'aucun homme n'est rien et ne peut n'être rien dans cet immense chaos organisé par Sa volonté transcendante.
On ne pense qu'à une seule pensée à la fois, on ne prononce qu'un mot à la fois, on ne regarde qu'une image ou vidéo à la fois, on ne ressent qu'une seule sensation ou ne visualise qu'une seule perception à la fois – dans ce monde où se passent des millions de milliards de choses chaque jour et que tout homme ignore du tout au tout. Et donc, n'est-ce pas un petit peu insensé que tout cela ? Il vaudrait mieux ne point penser pour contempler un peu, parfois, l'inanité de la pensée et la dérision de se croire être quelque chose de tangible dans un univers qui avale, dissout, broie, digère, et rejette tout individu à tout instant dans le cosmos colossal perdu dans les limbes de la vie à la surface d'un, de plus en plus, pauvre caillou gigantesque et minuscule à la fois qu'est cette planète exsangue d'avoir tout porté en elle à maturité.
La vie est chose insensée, folle, dingue, délirante, tant que l'on ne saisit pas à quel point elle l'est.
Ensuite, elle le reste, certes, mais notre place dans le monde s'en trouve grandement légitimée ou rendue lucide par la conscience ayant pris la digne mesure de son insipidité et de son insignifiance.
« Dieu seul, foyer des perfections » reste à envisager à chaque instant et partout.
Le reste n'est que fioritures, scories et inutilités visant à nous le faire oublier et perdre de vue.
Penser à Dieu, ou à la mort, chaque jour, chaque minute passant – voilà seul ce qui reste de consistant dans cette vie dont l'éternité est à construire et désirer chaque seconde.
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L'existence nous projette vers l'avant en permanence. Nous sommes comme la carotte devant le nez que se met le temps pour avancer. Le temps avance grâce à nous et à ce qu'on fait. En même temps, il poursuit son cours même si nous restons fixés sur le passé, par la remémoration des souvenirs. Le temps avance seul et a son propre moteur (qui est Dieu), en même temps, puisque nous sommes co-auteurs de la création, nous sommes aussi co-auteurs du temps et de sa progression. Si on refuse la vie et si l’on se suicide, le temps n'avancera plus. C'est comme si tout l'univers était fixé à un point, à une âme, concentré sur nous-mêmes et en nous-mêmes constamment ...et en même temps, il existe une infinité d'âme et de plans d'existence immanents et transcendants qui fait que l'univers est plus vaste que nous. Mais c'est comme une ligne, ou droite, sur un plan : elle n'est jamais une ligne que parce qu'elle est constituée d'une infinité de points qui se suivent sans se superposer qui, pris à part, semblent ne posséder aucune épaisseur. Ainsi va l'univers : tous ses points sont autant que lui tout l'univers, mais l'agrégation de tous les points de l'univers forme un ensemble plus grand. Pour filer une métaphore liquide : tout l'univers est dans une goutte d'eau, mais l'eau n'est eau que parce qu'elle est mer, et l'océan, c'est plus vaste et grandiose.
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On ne touche jamais à rien.
Est-ce que la peau touche de la peau, ou ne fait que donner l’impression qu’elle se touche ?
Les mains sont des mains qui s’échappent des mains.
Les regards sont des regards qui disparaissent du regard.
Les paroles sont des paroles qui passent entre les paroles.
Les doigts sont des doigts qui filent entre les doigts.
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Rien, ou tout, a de réalité.
La curiosité de l’existence qui nous fait nous y maintenir, c’est de parcourir les nuances entre ce tout et ce rien de la réalité.
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On est toujours rapetissé par le regard des autres, réduits à rien, amenuisés par leurs ambitions, leur mépris, leurs indifférences, leurs lacunes, amoindris par leur perception et par leurs humeurs. Les autres nous abrègent, nous condensent, nous restreignent par le fait qu’ils ne sont jamais sur la même longueur d’ondes que nous.
On est regardés comme si on n’existait pas.
L’autre est toujours celui qui nous ignore, c’est-à-dire que l’autre ignore toujours l’autre.
Qui est l’autre en définitive, s’il ne sait pas que l’autre, c’est lui ?!
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La matière n’est qu’imaginée par l’âme...
Tout est existence, la matière n’est qu’une vue de l’esprit.
C’est l’esprit qui a pris forme. Mais l’esprit prenant forme, cela reste de l’esprit – et non son assise « matérielle ».
Par exemple, lorsque l’on a une idée, étonnante, surprenante, forte, on s’écrie et on l’écrit, on peut le mettre en mots ou en images, la rendre active, présente et tangible sur différents supports.
Un regard extérieur verra : des mots, des images, du son, des paroles etc.
Mais tout ceci n’est qu’une mise en forme : l’important c’est l’idée.
Toutes ces différentes formes, ces mots et ces images, n’existent et n’ont de sens que parce que vous aurez eu une idée, et l’expriment.
Bref, c’est l’idée en tant qu’elle existe qui donne à voir, à entendre et à lire des formes visibles et tangibles.
Il en est ainsi pour toutes choses : toute chose existe, et la forme matérielle d’une chose, de toute chose, n’exprime pas l’identité de la chose en tant qu’elle se meut dans un univers visible et invisible, qu’elle se déploie dans tout l’univers visible mais aussi invisible.
La « matière » est une illusion : tout est esprit et existence.
D’où il suit que la science, les sciences dites « exactes » sont toutes biaisées et fausses dans leur approche et leur philosophie de départ : l’observation de l’état matériel des choses, et la déduction depuis l’expérience.
La science est un leurre et une gageure : elle est leurrée par le fait que, oui, il y a de la matière partout, et que tout semble tangiblement fait de matière formée de telle ou telle manière.
Mais elle oublie l’Existence et s’acharne à ignorer la cause de tout, à savoir : l’existence de Dieu, qui soutient toute chose dans sa nature, et fait de toute chose une chose spirituelle avant tout.
Toute science prétendument « scientifique » est une erreur, car elle pose et admet d’elle-même, en elle-même sa légitimité et son fondement théorique, comme si la science et ses prétendues lois étaient à elle-même son propre Dieu légitimant l’existence de toute chose.
La science est même, dans une large mesure, une aberration.
La science ne détient pas la vérité, elle la falsifie et la détourne pour servir ses intérêts et ses perspectives athées.
Le monde visible découle du monde invisible, le monde naturel provient du monde surnaturel, tout est miracle (à divers degrés), et Dieu conserve sa transcendance absolue sur toute chose.
Retournons le paradigme de toute chose envers toute chose !
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Hello CoolSpirit,
Si j'ai étudié plusieurs fois ce texte, c'est probablement parce qu'il déploie une pensée foisonnante, traversée de fulgurances métaphysiques, mais aussi d’images fortement "poétisées". On y sent une quête sincère de sens. Mais certaines idées se mêlent et se contredisent, ce qui brouille parfois la lecture. En resserrant quelques passages, tu pourrais peut-être donner encore plus de force à ce vertige philosophique ?
Je ne suis pas contre l'idée du souffle mystique puissant auquel nous autres, initiés, avons (ou avons eu ?) plus ou moins recours avant de nous en défier ! Car toute pensée qui cherche à embrasser le "Tout" et son "Contraire" peut tendre à en prôner l'équilibre par le biais de ce "Troisième" qui par toi me semble, sinon que renié, quelque peu mis en "ballotage". Or, si cette intensité crée de belles illuminations, il n'en est pas moins qu'à trop nuer les "Trois Concepts" ils peuvent autant se dissoudre dans l'éther de l'entendement humain que participer à l'obscurcir.
Ainsi, l'idée, bien qu'elle puisse paraître parfois orientée "conviction religieuse" me semble relever davantage d'affirmations universelles que d'expériences personnelles métaphysiques réellement vécues. Lesquelles, pourtant, contribueraient à renforcer encore la portée de cette intéressante réflexion.
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Bonjour Robert-Henri D,
À nouveau, tu me lis et me réponds, et à nouveau, je te réponds de même.
Merci pour cet échange.
Alors, que dire ?
Oui, cette série de textes et aphorismes divers et variés est dense, peut-être trop indigeste par moments, et semble donner l'idée de se contredire parfois.
Peut-être aussi est-ce parce que je veux relater trop justement l'ambivalence de certaines réalités : le fait que nous soyons "perdus" dans le vaste tout, isolés dans la totalité du monde, et en même temps, que grâce à Dieu qui nous a créés tels, que nous incarnions le tout de toute chose, que chaque homme n'est pas un simple "autre" pour les autres, mais l'univers entier.
Tu as raison de noter que, de par cette ambivalence, je n'inclus pas forcément l'idée d'une troisième voie, d'un intermédiaire entre le Tout et son Contraire, tel que tu sembles le percevoir dans cet écrit.
Je vais méditer là-dessus, proposer autre chose, et la prochaine fois, lors de prochains textes, ce sera moins dense et ambivalent, voulant tout dire d'une chose, tout relater dans sa complexité, sans penser qu'il faille peut-être mieux savoir quoi en penser à partir d'elle.
Par contre, si je fais part à la fois de mes idées comme convictions, religieuses, dans mes textes, cependant, elle représentent des affirmations universelles autant que des expériences personnellement vécues - peut-être pas toujours, je ne sais pas.
Je verrais si je vais continuer à publier sur ce forum, voyant et constatant que mes écrits, d'ordre philosophique, n'ont que peu d'échos, ou si je dois remanier et retravailler davantage pour rendre plus lisible ma pensée.
Toujours est-il que les prochains textes seront aussi sans doute marqués par cette même obsession de la conscience, à travers ce double mouvement d'avoir à tout instant hyper-conscience de la conscience de Dieu, qui lui a une encore plus grande conscience de ma conscience, et de son étroitesse face à la Sienne.
L'existence étant à cet égard un peu un miroir à double face...