Les écorchures de l'âme
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Il faisait beau c'était l'été
Mère à l'époque travaillait
On me plaça pour les vacances
Chez sa sœur dénommée Hortense
Qui avait un fils, mon cousin
Plus âgé, seize ans, je crois bien.
Il voulait toujours qu'on s'amuse
Mais à des jeux où l'on abuse
J'étais un bambin très naïf
Plutôt rêveur, un peu craintif
Je devais tenir son mandrin
Exercer un lent va et vient.
La nuit pareil mais dans sa chambre
Il faisait froid comme en décembre
Alors je me collais très fort
Captant la chaleur de son corps
Dès qu'il avait éjaculé
J'étais tranquille, il me laissait
J'avais six ans, petit minot
Pour échapper à mon bourreau
Ma planque était le pigeonnier
Déjà allergique au duvet
Nez coincé entre mes genoux
Je respirais, mais par à-coups.
J'étais devenu son jouet
Un peu sa chose, il en jouait
Si j'étais trop récalcitrant
Il pouvait devenir méchant
Voulait m'enfermer dans la cage
De son chien qui bavait de rage.
Ainsi mon calvaire a duré
Un certain temps plusieurs étés
Dans sa chambre au premier étage
Je me sentais pris en otage
Montant les escaliers là haut
Mon ascenseur pour l'échafaud.
Un souvenir traumatisant
Qui s'arrêta vers mes dix ans
Ayant jeté son dévolu
Sur un plus jeune, après j'ai su
C'est une histoire de famille
Qui m'a mis le cerveau en vrille.
Je peux en parler à présent
Il est mort tel un mécréant.
Le dimanche 24 mai 2026 ©