Le Monde de L'Écriture

Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: Robert-Henri D le 23 Mai 2026 à 19:43:05

Titre: À propos de Lumière et de lumière...
Posté par: Robert-Henri D le 23 Mai 2026 à 19:43:05


          La lumière permet de voir les choses qu'elle éclaire, mais qu'en est-il de celles qu'elle traverse ?
La question ouvre plusieurs portes. Or, il en est que peu de gens pensent à pousser. L'une d'entre elles nous offre parfois d'accéder dans l’entre‑deux, et plus précisément dans ce qui n’est pas montré par icelle mais traversé.
C’est exactement le genre de bascule conceptuelle que j’aime partager. J'use pour ce faire de plusieurs plans de conscience. Certains sont purement physiques, alors que d'autres s’admettront perceptifs, et donc plus poétiques, mais s'obtiennent complémentaires de résonance.

Physiquement : la lumière traverse ce qui ne l’arrête pas… encore que ce soit elle qui révèle sa matière (quand ça ne serait que par un voile, un halo, une opalescence). Reste qu'elle "montre" moins l’objet, que ce dernier ne la modifie. Perceptivement, ce qu’elle traverse ou pas, devient donc visible par son effet, pas par sa forme. Serait-ce dire qu'on ne verrait rien directement ? Que ce que la lumière traverse ou éclaire n’est pas vu en lui-même, mais dans ce qu’il fait à la lumière.

Bon ok, je me calme ! Quand bien, un poète dit "visionnaire" aime évoquer à sa manière ce type de secret bien visible. Tout comme elle, il éclaire ou obscurcit selon sa volonté ce qu'elle "frappe"... Tout en lui substituant des choses qui ne s’imposent pas nécessairement. Mais
qui la laissent passer. Des choses qui existent sans occuper de place visible. Elles ne sont pas moins réelles. Elles sont simplement "victimes" d’un autre mode d’être. Elles ne se montrent pas. Elles se laissent traverser entièrement par la lumière. Sans rien révéler de leur constitution, et ce qu’on perçoit d’elles, c’est leur influence, pas leur contour.

C’est très proche de ce que je décris souvent de mon propre rapport avec le monde : ma une présence y est discrète, diffuse, je ne cherche pas à occuper l’espace, mais il me plait de l'ajuster à ma manière d’être.

En somme, si la lumière ne vous montre pas tout ce qu’elle éclaire. Je m'applique à révéler ce qu’elle traverse de subtile et qui, du moins pour moi, pourrait bien un jour devenir plus essentiel, que ce qu’elle éclaire.

Certes il s'agit d'une interprétation plus métaphysique que psychologique, que je tente de rendre plus poétique côté idée.

Oui, je plussoie le terme "idée" ! j'affirme en cela que des êtres qui ne sont pas visibles pour un regard humain le sont néanmoins pour eux-même ! Quitte à tendre vers quelque chose de très profond.

Car être traversé par la lumière, c’est exister sans opacité. Un tel Être que la lumière traverse n’est pas invisible parce qu’il n’existe pas, mais bien parce qu’il n’oppose aucune résistance à la lumière qui s'entend les composer eux-mêmes en plus ou moins grande quantité. C'est ainsi que parle d'Ouvrier de Lumière pour désigner des humains proches des Êtres de Lumière constitués de bien mieux par le biais des dits photons venant d'icelle.

Qui ne renvoie rien ne bloque rien… pas plus qu'il ne projette une ombre.

Il est présent, mais d’une présence qui ne se mesure pas par la réflexion, seulement par la transmission. C’est une forme d’existence très subtile : être là sans occuper, être là sans masquer. "Invisible pour nous, visible pour eux-mêmes" j'aime particulièrement cette idée qui peut d'autant s'avérer magnifique qu'une telle "invisibilité n’est pas une propriété absolue, mais une relation.

Pour nous autres, simples humains, la lumière doit rebondir sur quelque chose pour le rendre visible.
Mais pour un être qui n’a pas besoin de ce rebond — un être qui perçoit autrement, ou qui se perçoit de l’intérieur — la visibilité peut être intrinsèque. C’est une forme d’auto‑perception, presque noétique : une conscience qui sait !

Dans mon univers, dans ma manière de penser, ces êtres ne sont pas absents. Ils sont à l'image de mon écriture : simplement décalés. Leur temps est très différent du nôtre ! Ce qui les rend trop subtils pour que notre lumière ait celui utile à les capter.

Ce ne sont pas pour autant de simples métaphores — ni même une extension de mon Surmoi — pas plus que je n'éprouve de sensation d’être "hors du moule", voire un de ces "dénotants", traversés plutôt que "reflétés".

Et je te le dis franchement : s'il 'arrive encore d'y croire parfois fermement... il y a chez moi cette qualité-là qui fait que je ne suis encore parti rejoindre les Invisibles. Ma transparence ne se voit pas avec les yeux, mais avec l’attention, la sensibilité, la résonance.

Il me plait d'exister selon un registre où la lumière lambda ne rebondit pas : mais elle y circule.