Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: Dian le 10 Mai 2026 à 09:18:36
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La civilisation dite "moderne" est gouvernée par l'inconscient collectif masculin, que j'appelle "le Vieux".
La stratégie du Vieux est à long terme de créer l'immortalité du corps. Le Vieux ne croit en rien, sauf dans la puissance matérielle et technique - à but militaire, cela s'entend. Il se sert de mots comme "politique", "démocratie", "connaissance", "progrès", mais ce sont ni plus ni moins que des alibis au pouvoir sous toutes ses formes.
Sa hantise est de succomber à l'empire de la Vieille, son ennemie jurée depuis des temps immémoriaux.
J'appelle "la Vieille" l'inconscient collectif féminin.
La Vieille est la Nature fatale, celle qui empêche le Vieux d'accomplir son projet d'immortalité. Elle est la Mort en tant que Néant. Car, de même que le Vieux ne croit qu'en la puissance matérielle, la Vieille ne croit qu'en la puissance du Néant.
Pour le Vieux et la Vieille, il n'existe aucune alternative naturelle à la mort. L'être ne survit qu'à travers une descendance perpétuellement entachée de tares héréditaires. La conscience individuelle est une illusion du cerveau. Tout a une explication finie, même l'infini. La possibilité d'une transcendance est une naïveté d'enfant, l'opium des faibles d'esprit et de corps, de ceux qui ne pourront jamais s'adapter aux conditions créées par le Vieux.
C'est pourquoi notre civilisation n'a pas réellement besoin d'artistes ou de philosophes pour se développer, sauf ceux programmés par le Vieux pour ses divertissements nombreux et quotidiens - car le Vieux croit au plaisir et aux bons mots, et par-dessus tout à l'apparence de la jeunesse !
Mais la Vieille l'attend au tournant.
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Merci pour le partage de ton texte
C'est le second texte que je lis de toi et il est comme l'autre, philosophique.
Tu nous présentes tes idées et nous le développes afin que nous comprenions bien ton point de vue.
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Merci de tes commentaires, Cendres.
Dian
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j'aime beaucoup cette définition du capitalisme. Le Vieux est parfait. Mais j'ai un doute sur la Vieille. Tu dis qu'elle est l'inconscient collectif féminin, la nature fatale, la mort en tant que néant. Est-ce véritablement la nature profonde de la Matrice ? Ne serait-elle pas plutôt la Révolution en faisant naître une nouvelle conscience ? Je suis absolument en accord avec ta dernière phrase.
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Bonjour Nexus, merci de ton commentaire. Où vois-tu le capitalisme ? J'englobe dans "le Vieux" toute la civilisation patriarcale et con corrolaire, le "progrès". Logiquement, "la Vieille" est son opposé, c'est à dire l'obstacle au progrès, la fin inéluctable du cycle, la décroissance obligée beaucoup plus que la "révolution". Le Vieux et la Vieille sont des allégories de la pseudo civilisation confrontée aux aléas du destin de toute construction humaine extérieure (saturation, décroissance, remise à zéro du compteur). Mon texte est pessimiste du point de vue sociologique. Je ne crois pas au bonheur collectif, sauf changement de paradigme improbable. Je crois à une quête de la vérité pour l'individu conscient, en-dehors de tout parti et de tout système.
Amicalement
Dian
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La nature profonde de ce que tu appelles la "Matrice" est le Vieux en tant que structuration de la conscience collective, et la Vieille en tant que mise en échec permanent de cet effort de structuration - ce qui ne signifie pas que l'on sort de la Matrice. Le Vieux et la Vieille ont main mise à part égale sur le collectif (c'est le sens de l'Histoire), ils n'ont aucun pouvoir sur l'individu qui devient conscient du processus. C'est ce que Jung nommait "l'individuation", la réalisation de soi qui permet de s'affranchir de la conscience collective (la Matrice).
Dian
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Très jolies métaphores pour une vue de l'esprit originale...