Salut,
Texte écrit dans le cadre du BlindTexte Star Wars - May The Force Be With You.
Le BlindTexte, c'est quoi ? Le BlindText est un jeu d'écriture et de devinettes. Qui veut, écrit un texte sur un thème donné. Il l'envoie avant la date butoir au GameMaster. Le GameMaster poste ensuite tous les textes envoyés, de manière anonyme, et le jeu de devinettes commence. Les joueurs doivent deviner qui a écrit quoi. Une fois les auteurs démasqués, leurs textes leur sont réattribués pour les corrections.
Côté réécriture et corrections : j'aimerais redonner un peu de formes et de couleurs à ce texte, qu'un néophyte de Star Wars puisse s'y plonger. Par exemple, décrire Maître Mace Windu : qui a vu les films sait que Samuel L. Jackson a porté le rôle au cinéma, revoit peut-être approximativement sa tête, mais pour le néophyte, c'est juste Maître Mace Windu... il pourrait avoir une tête de lézard que ça ne changerait rien. Le BlindTexte me limitait en nombre de mots, mais maintenant, je retrouve ma liberté. J'ai déjà complété le texte par rapport à une critique apportée dans ce sens : qu'est-ce que l'Ordre 66 ? il y a un passage ajouté pour décrire ce que l'Ordre 66 signifie.
Ce que je garde : la dynamique générale des phrases, la façon de penser et d'être de John. S'il y a des répétitions (j'ai déjà repéré des répétitions de formes de phrases), je prends note, mais si on me dit "Je n'aime pas sa façon de décrire, fais plutôt comme ça ou comme ça.", j'écarterai.
Playlist d'écriture : BEAST IN BLACK - Dark Connection (https://www.youtube.com/watch?v=7NyON-NzBr4) / BEAST IN BLACK - From Hell With Love (https://www.youtube.com/watch?v=pHVboPp_8IY)
Corrections mises à jours :- j'ai ajouté une discussion entre Obi-Wan et Aria, pour expliquer l'Ordre 66 avec ce que les personnages peuvent en dire ;
- rêve retravaillé ;
Une bonne lecture et une bonne journée !
L'Ordre 66 Dans son rêve, John flottait au-dessus d’un vide qui s’étendait, si loin que la fillette ne devinait pas l’horizon. Elle savait pourtant que ce néant n’en était qu’une esquisse imparfaite. De partout, des émotions filèrent un kaléidoscope de couleurs et dessinèrent les frontières vivantes de Coruscant. John les observa, captivée.
Coruscant était magnifique ; une cité immense. De hauts immeubles, mouchetés de fenêtres aux teintes chaleureuses, s’élevaient vers les nuages. Des néons éternels clignotaient par milliers et une infinité de speeder se faufilaient dans des boyaux organisés pour ce chaos qu’offrait la cité. Coruscant rayonnait, soleil artificiel dans l’espace, le lieu à connaître, le cœur bouillonnant de la République Intergalactique, où se façonnait le monde de demain.
John se retourna.
Les couloirs du Temple Jedi s’étiraient derrière elle, ternes, dénués de nuances. L’initiée ne s’y sentait pas à sa place. Des murs gris, effilés, dénués de cette chaleur vibrante que John ne découvrait qu’à travers ses rêves. La discipline de ses mentors obligeait l’initiée à étouffer ce don, enfermer ses propres couleurs en elle. La vie de Jedi l’épuisait, les Maîtres la terrifiait. La peur… elle passa une main sur sa poitrine, réprima au mieux ce sentiment qui grandissait chaque instant avec elle.
Quelque chose se rapprocha. John sursauta à ce cliquetis grouillant, terrifiant, comme autant de petits coups martelés sur les murs, le sol ou le plafond. La créature avançait de manière désordonnée, semblait partout à la fois, prête à engloutir l’enfant. John se retourna, à l’instant où la bête fondait sur elle. Paniquée, l’initiée resta prisonnière d’un regard plus scintillant qu’une géante rouge. Elle chercha une issue et sa main toucha de la chitine quand, soudain, sa peur s’évapora. John se figea, le souffle coupé par cette révélation. La créature relâcha l’initiée qui chancela quelques pas. Quand John se retourna, il ne restait que l’empreinte d’une ombre, l’écho de pattes grouillantes. La fillette se réfugia en courant dans les couloirs du Temple.
Trop concentrée sur ce qu’il venait de lui arriver, elle ne remarqua pas tout de suite l’avertissement. Autour d’elle, les Maîtres s’effondraient un à un, anéantis par un ennemi invisible. Elle releva les yeux, juste à temps pour esquiver la chute de Maître Kit Fisto.
Dernier debout, Maître Mace Windu résistait aux coups frénétiques d’un adversaire invisible et y ripostait. Sa technique impressionnait John chaque fois qu’elle le voyait pratiquer, la maîtrise de ses émotions parfaite. John aimerait y parvenir, garder l’emprise sur sa peur. L’initiée s’imprégna des émotions du Maître quand, soudain, il s’immobilisa et hurla, d’une rage et d’une douleur telles que John chancela, abasourdie.
Le Maître s’affaissa, transpercé par un éclat vert. Impossible… les Jedi ne se trahissaient pas. John fixa le sang qui imbibait déjà ses chausses et le bas de sa tunique. Non, c’était impossible… L’assassin se tourna vers elle.
John tituba, s’enfuit, assaillie par une peur et une colère qui ne lui appartenaient pas. Profonds, les sentiments irradiaient du Jedi qui s’abattait sur John. L’initiée esquiva le coup. Le sabre fendit l’air, à un souffle de la fillette. Elle se cacha dans une alcôve, rejointe par d’autres enfants. Des camarades, des amis. Une famille. Ils ne sentaient pas le danger.
La créature reparut. John hésita, recula. Le sabre transperça son corps.
L’initiée ouvrit les yeux, son souffle erratique. Une douleur sourde pulsait partout dans son corps. John se concentra sur sa respiration. Calmer la frénésie de son cœur, réprimer la terreur, l’enfermer au fond de sa conscience.
John se redressa sur sa couchette, observa ses camarades encore endormis. Elle connaissait bien ses songes, des refuges aux enseignements des Jedi. Elle se rappela les corps des Maîtres et hésita : devait-elle les informer de son rêve ? pouvait-il être prémonitoire ? Non, se rassura-t-elle : les Maîtres ne perdaient jamais.
Elle se leva, s’habilla et rejoignit la bibliothèque. Des apprentis, plus vieux qu’elle, y étudiaient avec sérieux, et quelques Maîtres méditaient. Le droïde archiviste s’avança vers elle avec révérence :
— Puis-je vous aider ?
— Je cherche une créature capable de faire disparaître une émotion, murmura-t-elle avec un regard inquiet pour les Maîtres.
Le droïde lui tendit un datapad avant de retourner vers d’autres tâches. John s’installa sur un banc de balcon, à l’écart des autres.
Après plusieurs heures, elle se résigna : cette créature n’existait pas. John soupira, se hasarda à imaginer des prunelles de soleil qui ne quittèrent dès lors plus son esprit, lui parurent bien plus réelles qu’elles ne le devraient. Le doute s’instilla, la frontière entre onirique et réel brouillée.
John ferma les yeux. Elle tendit sa main, chercha cette créature parmi l’immensité d’émotions. La fillette tissa elle-même un fin fil de peur qu’elle dirigea au hasard dans Coruscant. Quelque chose s’accrocha à l’autre extrémité de ce lien et John la ressentit, l’entendit presque cliqueter vers elle.
Quand elle rouvrit les yeux, sa main pointait vers un quartier de la cité dans une pénombre permanente où la Mort régnait, la peur, la colère et la haine pour vassaux.
— Que cherches-tu dans ces profondeurs ?
John relâcha la tension dans son bras, qui fourmillait encore du lien tissé, et se retourna. Maître Mace Windu l’observait, ses paupières plissées. L’homme s’installa sur le banc et attendit.
— Une réponse, Maître Mace Windu, se hasarda John.
Le Maître se concentra. John savait qu’elle ne brillait par aucune aptitude physique et échouait aux exercices les plus simples. Son lien avec la Force retenait pourtant l’attention des Maîtres, comme sa capacité à deviner sans hésitation les émotions. Rien ne lui échappait : elle reconnaissait même le doute, subtile et fugace, sur le visage de Maître Yoda, bien qu’elle ne l’exprimât jamais. L’animosité de certains Maîtres l’effrayait et, un court moment, elle redouta que Maître Mace Windu ne vînt l’achever.
— La mort se trouve là-bas, conclut-il.
— La Mort se trouve partout, réagit aussitôt John. Là-bas, mais aussi ici.
Son rêve, encore trop présent, le lui rappelait. John refoula la peur qui voulait affluer. Ici, au Temple, elle restait en sécurité. Le Maître s’apaisa et acquiesça. Il paraissait vraiment intrigué par sa réponse et, à cet instant, avec Maître Mace Windu, John se sentit enfin véritablement protégée. Il lui demanda :
— As-tu ressenti quelque chose ?
— La Mort va venir. Ici, au Temple. Ni vous ni moi n’en réchapperons.
Le Maître croisa les bras sur son torse et réfléchit. Quand il voulait se concentrer, John avait remarqué qu’il se grattait le menton en silence. Alors, des fils colorés se décollaient de lui et retournaient au reste du monde. John y entremêla ses doigts, curieuse des ressentis que le Maître cachait, mais surtout soulagée d’avoir exprimé son rêve à quelqu’un. Après un instant, Maître Mace Windu attrapa le datapad à côté de lui :
— « Une créature qui peut faire disparaître une émotion » ?
— Oui, Maître Mace Windu.
Le Maître haussa un sourcil. John recula d’un pas, mais il ne la réprimanda pas. Il modifia la recherche et rendit le datapad à John en expliquant :
— Le Dévoreur mange les émotions et, le plus souvent, la personne avec. Ces créatures sont très rares. De gros insectes, invisibles pour ceux qui ne manipulent pas les émotions.
John saisit le datapad et s’émerveilla : le Dévoreur possédait une longue carapace et de très nombreuses pattes. La seule touche de couleur dans le croquis se trouvait au niveau de ses yeux : deux billes, entre le rouge et le jaune. John demanda :
— En avez-vous déjà vu un ?
— Pas tout à fait : je l’ai croisé sans parvenir à le distinguer vraiment, se remémora le Maître. Auprès d’une mercenaire du nom d’Aria T’Loak. Et toi, John : as-tu déjà vu un Dévoreur ?
John passa un doigt sur l’écran, dessina les contour de la créature pour ne plus l’oublier. Elle s’extasia :
— Je crois qu’il a dévoré ma peur, cette nuit !
John se mordit la lèvre. Trop tard : Maître Mace Windu la fixait avec beaucoup trop d’intérêt. Elle recula de quelques pas, prête à fuir, quand Maître Yoda vint à leur rencontre. Maître Mace Windu se leva et tendit vers John une main amicale, un lien tissé de teintes uniques, que la fillette ressentit comme un renouveau dans l’austérité du temple.
***
John chancela.
Elle se rattrapa au mur de l’alcôve, frappée par l’afflux d’émotions. Haine, colère et peur fondaient sur elle par vagues, si puissantes qui John ne pouvait plus réfléchir au-delà. Elle les vivait avec la même intensité que le Sith qui se rapprochait d’elle. John ne doutait pas de la nature du Chevalier qu’elle devinait monter les étages du Temple.
Sur son chemin, une panique subtile s’emparait des Maîtres, non pas pour eux-mêmes, combattants aguerris, mais pour les enfants qu’ils protégeaient. John se heurta un peu plus au mur qui la privait de toute échappatoire. Autour d’elle, ses camarades restaient calmes et confiants : les Chevaliers neutraliseraient la menace.
John se força à se rappeler les enseignements de Maître Mace Windu, qui avait commencé avec elle une formation alternative. Au lieu de réprimer sa peur, elle s’en enveloppa sans y succomber et suivit plus facilement l’empreinte émotionnelle de l’ennemi. Elle trouva la silhouette, noyée dans ses tourments et son pouvoir. John s’éloigna des autres initiés, se recroquevilla dans l’ombre d’un fauteuil, d’où elle entendit le cliquetis, devenu familier. Le Dévoreur se rapprocha, accroché au plafond. John ne recula pas.
— Maître, prononça un initié.
La voix s’évanouit dans un gargouillis terrifiant à l’instant où le Dévoreur absorba John. Le monde extérieur disparut. John flottait dans une mer de solitude, plus réelle que ses rêves. Le Dévoreur l’éloigna du Temple. Elle se laissa bercer par le son de ses pattes sur diverses surfaces et le murmure de la vie qui continuait autour d’eux.
John rouvrit les yeux dans une ruelle de Coruscant, le Dévoreur accroché à ses épaules. Maître Obi-Wan Kenobi tendit une main vers elle, son regard soulagé. John recula, le souvenir du dernier mot prononcé par son camarade encore bien présent. Elle ignorait à quel Maître accorder sa confiance, hormis Maître Mace Windu. Maître Obi-Wan Kenobi comprit et s’écarta.
— Nous devons la cacher, dit-t-il à Maître Yoda.
Ce dernier ne répondit pas. Assis sur une grosse caisse, il réfléchissait, quand une voix de femme tonna :
— Elle rejoint mon groupe.
L’inconnue s’imposa à côté de John et croisa les bras sous sa poitrine, une main au plus près de son arme, aussitôt imitée par le groupe qui se dispersait autour des Maîtres. John remarqua le bouclier naturel de la femme, qui lui permettait de s’imposer aux deux Maîtres et qui se reflétait dans ses prunelles.
— Les Jedi sont recherchés, se défendit Maître Obi-Wan Kenobi. Une initiée aussi jeune, loin d’un Maître, est à la merci de notre ennemi.
— Me prends-tu pour une traîtresse, Obi-Wan ?! gronda la femme. Je la protègerai. Tu as la parole d’honneur d’Aria T’Loak.
John reconnut ce nom. Aria T’Loak : la mercenaire, à la tête d’un groupe éclectique, tenue en très haute estime par Maître Mace Windu. Vive et alerte, la femme tourna la tête, aussitôt imitée par Maître Obi-Wan Kenobi. Elle indiqua aux Jedi un renfoncement et une petite porte, cachée derrière des containers.
John s’y réfugia la première, garda ses distances avec ses anciens Maîtres, s’assura de la protection d’Aria T’Loak entre elle et eux. Ils savaient pour le Temple, elle s’en rendait compte, et ils portaient sur eux le poids d’un secret.
Une fois à l’intérieur du hangar, une pièce discrète, avec plusieurs ouvertures sur ses façades pour faciliter les évasions en cas d’attaque, le Dévoreur se détacha de John et elle le suivit, s’assit à côté de lui pendant que les adultes reprenaient leur conversation :
— Merci Aria, souffla Obi-Wan Kenobi.
Cette dernière expliqua :
— J’ai reçu plusieurs offres pour tuer tout Jedi sur ma route. Tu te doutes que je n’allais pas vous trahir.
Maître Obi-Wan Kenobi sourit, sa confiance à peine entachée par l’incertitude des derniers évènements, avant de confirmer :
— L’ordre a également été donné aux Stormtrooper de tirer à vue. Je n’espérais même pas qu’une initiée eût survécu au massacre du Temple.
— Que s’est-il passé ? questionna Aria T’Loak.
— La peur, la colère, la haine, murmura Maître Yoda. Un Maître, un apprenti.
La mercenaire plissa les yeux :
— Des Sith…
John remarqua l’émotion irradier d’Aria T’Loak. Une colère sourde et profonde, ancrée dans son histoire. La femme crispa ses doigts sur l’arme à sa ceinture. L’apprentie se blottit un peu plus contre le Dévoreur qui s’enroula autour d’elle, laissa sa cheffe gérer seule ses tourments.
John tenta de saisir la tension qu’Aria T’Loak contenait, de l’apaiser. La mercenaire lui sourit, mais reprit pour elle toutes ses émotions, laissant les mains de John vides.
— Ils le nomment l’Ordre 66, les interrompit un des mercenaires.
John leva son regard vers lui, remarqua qu’il restait près d’elle, assez pour la protéger. Elle ressentit sa force tranquille, apaisante, et sut : il la protègerait, car sa cheffe la protégeait, la voulait auprès d’eux.
— Qu’as-tu trouvé, Anto ? demanda Aria T’Loak.
Les quatre yeux du mercenaire se baladaient en tous sens dans leurs orbites tandis que les écrans défilaient, à un pouce de son visage. D’une main sur son avant-bras, il pianotait le clavier intégré à son uniforme.
— Le Chancelier Palpatine a donné l’ordre d’éliminer tous les Jedi pour haute trahison envers la République.
— Le Chancelier stabilise ses appuis, devina Aria T’Loak tendue. Bientôt, il s’appropriera un pouvoir encore plus conséquent… Vous devez absolument survivre, Obi-Wan : s’il s’est allié à un Sith, seuls les Jedi parviendront à le démasquer et le destituer. Je compte sur vous pour détruire les Sith…
— Obi-Wan, l’interpela Anto. Anakin est avec lui.
Le Maître baissa les yeux et John vit la tension s’essouffler, le secret se dévoiler.
— Maître Anakin Skywalker, souffla-t-elle. Il les a tous tués.
Maître Obi-Wan Kenobi osa à peine croiser le regard de John, comme s’il se tenait pour responsable des actions de son ancien apprenti.
L’initiée s’avança jusqu’à eux, tenta à nouveau de saisir les fils colorés, mais Aria T’Loak l’en empêcha, posa sa main sur l’épaule de John avec un signe de tête. La mercenaire réitéra son offre :
— Je la cacherai. Je la protègerai, Obi-Wan. Elle manie les émotions : avec l’entraînement adapté, elle formera le parfait binôme pour cet entêté de Dévoreur.
Maître Yoda acquiesça à cette proposition et se tourna vers John :
— Le choix, nous n’avons plus.
John comprit combien cela coûtait au Maître de le reconnaître. Les trois Jedi, Maîtres comme initiée, venaient de perdre la sécurité de leur foyer et devaient conjuguer avec leurs propres armes, ainsi que les alliés qui se présentaient. John ne voulait pas s’éloigner du Dévoreur et elle se rendit compte qu’elle commençait déjà à obéir à Aria T’Loak :
— Je resterai auprès d’Aria T’Loak, déclara l’initiée.
La mercenaire tendit son autre main vers les Maîtres. Maître Obi-Wan Kenobi la serra. La mercenaire ajouta :
— Le jour où les Jedi voudront rétablir l’Ordre, je serai là pour vous épauler. Une dette de sang se paie, Obi-Wan : je paierai les miennes.
Maître Yoda offrit à John un sabre qu’elle reconnut aussitôt.
— De ceci, tu auras besoin.
John serra l’objet contre elle, souvenir de celui dont elle aurait aimé apprendre plus.
— Merci Maître Yoda…
— Et d’un Maître, te rapprocher, tu devras, continua Maître Yoda. Avant ton départ, où le trouver, je t’apprendrai.
***
John sourit, narquoise, aux cinq hommes. Malgré la supériorité numérique de ses adversaires, la jeune femme abordait le combat avec confiance. Elle puisa dans ses peurs d’enfant, les laissa la submerger. Consciente des fils lumineux que l’émotion déployait autour d’elle, elle les redirigea vers chacun des bandits qui, pris d’une terreur sourde, devinrent un met de choix pour le Dévoreur. Celui-ci grouilla sur eux et les engloutit. Rassasié, il revint s’accrocher à John.
La jeune femme rebroussa chemin vers Mos Esley, juste derrière les dunes. Elle se faufila dans la foule et évita les soldats de l’Empire. Un frisson la parcourut, une énergie singulière, rappel de son enfance. Elle fouilla les nombreux visages, à la recherche d’un ennemi ou, peut-être, d’un allié qui aurait survécu comme elle.
Après quelques minutes, elle se ressaisit et entra dans la Cantina où l’attendaient ses camarades. John s’installa sur la banquette, cachée par les carrures d’Anto Bek’tall et Preitor Gavorn, qui passa un bras autour des épaules de John avant de se raviser, grommelant à propos d’un maudit Dévoreur.
— Aria veut que l’on reste discrets jusqu’à la fin de son entrevue avec Jabba, leur indiqua Anto Bek’tall.
John opina. Personne ne discutait les ordres d’Aria T’Loak. Ses hommes la respectaient, John l’avait appris, à grandir auprès de la mercenaire. John se souvenait d’une unique fois où quelqu’un avait tenté de trahir Aria T’Loak. Sans l’aide de personne, leur cheffe l’avait retrouvé et exécuté. John ne désobéirait jamais à un ordre d’Aria T’Loak.
— Regardez, commenta Preitor Gavorn.
John observa l’altercation au bar avec plus d’attention. Un tout jeune homme au regard naïf, presque mignon, tentait de se dépêtrer de deux malfrats à la mauvaise réputation. Amusée, John sirota le verre posé pour elle par ses camarades.
Soudain, un autre homme s’interposa. D’un geste vif, il mit fin à la querelle. John se figea quand elle vit le sabre. L’homme calma la foule d’un regard dur, repéra John et lui adressa un signe de tête furtif. Maître Obi-Wan Kenobi. John reconnut à peine le Jedi, ses cheveux blanchis. Elle murmura à Anto Bek’tall :
— Je dois parler à Aria T’Loak.
Celui-ci passa deux doigts sur son oreillette et acquiesça :
— Elle veut te parler aussi. On décolle : une nouvelle mission nous attend.
John passa sa main sur le sabre violet qui ne quittait plus sa ceinture depuis ce jour où elle avait rejoint Aria T’Loak. Oui, une nouvelle mission…