Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Poésie => Discussion démarrée par: Maxence le 28 Mars 2026 à 19:14:59
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Elle a choisi.
Moi, j’entends : elle a été laissée seule.
Seule.
Pas sans monde autour.
Sans point d’appui.
Marchant pieds nus
sur un sol qui recule.
Ses jours glissent.
Sans prise.
Sans relief.
Vingt-cinq ans.
Vingt-cinq.
À cet âge, on brûle.
Pas disparaît dans une case.
Noelia.
Ton prénom claque.
Pas un point final.
Un courant d’air.
Un doute qui persiste.
On parle de dignité.
Mais quelle dignité
quand on remplace des bras
par des procédures ?
Quand l’espoir devient un dossier classé ?
Non.
Non à cette douceur qui ressemble à une démission.
Non au calme qui sent la fatigue collective.
Mourir
ne devrait jamais être
la solution la plus accessible.
Imagine.
Quelqu’un tombe dans un puits.
Pas de cri.
Juste un souffle.
Un frottement.
Et nous, en haut ?
On débat :
« Veut-il remonter ? »
« Est-ce son choix ? »
On n’envoie pas de corde.
Je refuse ça.
Je refuse qu’on appelle ça du respect.
Qui reste
quand ça tremble ?
Pas quand c’est racontable.
Pas quand c’est beau.
Quand c’est lourd.
Quand ça use.
On manque de lois ?
Non.
On manque de présence.
De regards qui tiennent.
De voix qui disent :
« Reste. »
Même mal.
Même brisé.
Même sans y croire.
Parce que parfois, sauver quelqu’un
ce n’est pas le sortir du noir.
C’est descendre avec lui
et refuser de le laisser seul dedans.
Noelia,
Si ton silence fait autant de bruit,
c’est qu’il refuse de devenir normal.
Qu’il dérange.
Qu’il insiste.
Qu’il nous oblige à regarder
ce qu’on appelle trop vite
une solution.
On n’apaise pas la nuit…
en abandonnant
ceux
qui la traversent.