De la neige à la colère
La neige magnifique auréole les arbres. Les auréoles harmonieuses sa balancent au sommet très loin des caves sombres où l’enfant fait rouler son camion de bois. Dans la régularité des auréoles s’harmonisent les sommets neigeux. L’enfant fait s’auréoler les arbres au-dessus des caves sombres.
Un autobus bariolé sur le sable étalé stupéfie les villageois. Une trompette souffle sur l’océan comme une tempête. Les crustacés grimacent et se déversent sur les trottoirs. L’enfant violet trébuche. Les baigneurs sombres se bousculent sur leurs serviettes brûlantes tandis que la neige ondoie sur les sommets magnifiques. Dans les caves roulent les crustacés aussi bariolés que l’autobus.
Sur la place publique des braises incandescentes s’écroulent. Les ouvriers barbouillent l’autobus de slogans. Les grands-mères devant leur cheminée brandissent les tisons. Un enfant remue dans le fauteuil Voltaire, alors que les usines décrépies déclenchent la colère des ouvriers. Les baigneurs sur leurs serviettes sombres écrivent des lettres rouges. Violemment l’enfant soudain scande son slogan « Je suis un crustacé magnifique ! ».
L’incandescence publique enflamme les pancartes sur la place où le sable ondule comme des sommets de neige. Dans les caves soufflent les grands-mères grimaçantes, pendant que les autobus violacés roulent sur les ouvriers.
Bientôt les hôpitaux remplissent leurs couloirs. Une onde rouge remue partout sur les brancards. Sur la place tourne la Grande Roue de la fête foraine. Les lumières scintillent comme les grains d’un sable brûlant. La roue tourne donnant le vertige. La nausée des gens se déverse sur les ouvriers coléreux. Sur leurs serviettes les baigneurs abandonnés gémissent. Les infirmières dans les couloirs bousculent les blessés. Grand-mère exaspérée se plante une grosse seringue dans son corps tuméfié. A la cave, les crustacés violets trébuchent violemment. La musique joyeuse de la fête fait onduler harmonieusement l’enfant. Le souffle de l’océan trompette sur les sommets qu’enflamme l’incandescence d’une colère publique. Dans les fauteuils Voltaire grimacent les villageois stupéfiés. Des cheminées se déversent des slogans de braises.