Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: CoolSpirit le 23 Mars 2026 à 17:43:51
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Être soi.
Le soi est l’objet de notre sujet.
Nous sommes à nous-mêmes notre propre soi, comme objet que l’on sculpte et travaille.
Le soi est l’objet, et le sujet, de notre travail d’être : nous sommes à la fois le sculpteur et la sculpture dans l’œuvre d’être soi.
Le soi est l’auteur et le projet de la sculpture de soi, sur soi, par soi.
Le soi est le destinataire et l’origine de notre élan à être soi-même.
Le soi est la matière, la forme et le mouvement qui les modifie et édifie.
Le soi est le fond et la figure qu’il prend à l’aune de l’édification de notre esprit.
Le soi est la conscience qui anime, l’esprit qui juge, et l’âme qui élance la vitalité vers elle-même.
Le soi est l’œuvre d’être et l’être de l’œuvre.
Un double mouvement est à l’origine du soi-même : la conscience revenue à elle, réfléchie, en un mot : consciente. Un double mouvement crée le soi, mais aussi un simple : la conscience comme plénitude aboutie, la conscience pure. La conscience donne le sentiment de sa présence immanente et totale, intégrale, dans tout l’univers, à l’esprit, lui qui par sa vitalité juge qu’il est en définitive plus qu’esprit, mais âme. Âme vivante. L’âme comme totalité pleine, aussi grande que Dieu, mais faîte petit comme un homme.
L’âme, l’esprit, la conscience, le soi, la pensée : c’est la vie sous les formes qu’elle prend pour être à elle.
Car elle-m’aime.
La conscience, c’est tout l’univers, appliqué, ajusté et réduit à notre seule personne.
La conscience, c’est incarner tout l’univers, avec le luxe supplémentaire d’Être sans être soi-même.
La conscience, c’est le fait d’être seul avec tout l’univers, sans pourtant avoir de compagnie, sans même s’avoir soi-même dans cette sensation diffuse d’être tout l’univers.
La conscience, c’est être avec tout, être avec rien, être avec le moi comme un toi, être avec moi comme personne ; c’est se subir comme être total, et c’est aussi avoir la chance de ne pas se subir, car la conscience est diffuse, à la fois précise et floue.
La conscience, c’est ressentir l’existence comme plénitude, qui est caractère divin ; la conscience est aussi se sentir comme manque plein de soi-même, soi sans soi, vide intégral d’être, permettant à ce vide d’être lui-même quelque chose, quelqu’un qui se remplit d’être, qui accède à la plénitude par ce vide total.
La conscience, c’est ce double mouvement de se sentir être soi-même plénitude intégrale du sentiment d’être tout l’univers, et simultanément rien et même pas soi-même : c’est être comme Dieu et comme Néant simultanément. La conscience, c’est comme être tout le Dieu du Monde et tout le Rien de l’Être à la fois.
La conscience, c’est avoir le sentiment d’être soi-même quelque chose et quelqu’un dans ce gigantesque univers, avec cependant le luxe dans cette existence de ne pas être soi-même.
La conscience, c’est se sentir soi-même comme absence de sensations. C’est être à soi-même son propre tout, comme si ce n’était pas nécessaire de l’être, parce que l’on est tout mais rien à la fois. Si l’on est Tout, on n’a même pas besoin d’être tout, ni d’être tout court : on est au-delà de tout, en soi-même, et au-deçà de rien, par Tout.
La conscience, c’est être sans soi. C’est être un Dieu pour soi-même vis-à-vis de l’univers et de la vie. La conscience, c’est vivre comme Créateur de sa propre vie, c’est vivre comme si l’on était Dieu et Soi en même temps. La conscience est le grand tout qui s’offre le luxe d’être aussi le grand rien par la même occasion.
La conscience, c’est être Dieu comme tout, Dieu comme Rien, Rien du Tout et Tout est Rien. C’est être Tout Dieu et Tout Rien.
La conscience, c’est être Dieu sans avoir besoin de l’être, car Dieu n’est rien d’autre que conscience, et la conscience n’est rien d’autre que Dieu.
La conscience est cette propriété divine faisant être Dieu, Dieu.
Au sujet de la liberté de conscience.
La liberté doit être guidée et éclairée.
Car sinon, on ne peut rien faire contre la liberté de conscience.
C’est le pouvoir le plus capital qu’a placé Dieu en nous.
La liberté de conscience n’a pas de limites, et Dieu lui-même ne peut rien faire contre elle.
C’est pourquoi certains, beaucoup, se damnent et choisissent d’aller en Enfer plutôt que de connaître la vie sainte au Paradis.
Car on ne peut rien faire contre la liberté de conscience.
Cela montre comment la conscience n’a point de limites.
Et c’est pourquoi il faille savoir ce que l’on fait lorsque l’on dirige la volonté de notre conscience dans une direction plutôt qu’une autre.
Liberté ne doit pas signifier faire tout ce que l’on veut et plus précisément n’importe quoi.
La liberté doit servir à donner notre plein assentiment, c’est-à-dire libre, à servir Dieu – car il n’y a pas d’autre choix, sinon de finir en Enfer.
La liberté mal orientée et très mal choisie mène à la dépossession de soi par soi-même, par cette conscience qui refuse sa source en dernier recours, et préfère mourir à la vie éternelle, par la damnation, que l’individu n’a pas comprises ni l’une ni l’autre.
Dieu nous donne la conscience pour nous individualiser et nous faire ressentir et comprendre que notre être, selon Sa volonté, prime par la nôtre sur ce que Dieu veut de nous. Il nous laisse libre pour que nous soyons Un, et unique, comme lui. En quelque sorte, Dieu nous place à une forme d’égalité avec Lui, par la conscience qu’il nous octroie, parce que par la conscience, nous sommes aussi conscient que Lui, Dieu, à vouloir ou ne pas vouloir le suivre et être comme Lui.
La conscience est cette propriété divine entre toutes qui fait que Dieu est Dieu, et que nous puissions le suivre et l’imiter, ou bien nous en éloigner et le rejeter.
La conscience est ce qui nous individualise divinement, car ce que nous pensons, de nous-mêmes, et de Dieu, c’est notre être, c’est nous.
À la fin, dépossédés de notre corps, nous ne sommes plus que conscience, qui connaît la plénitude céleste ou la souffrance infernale et éternelle.
La conscience n’est pas une qualité, c’est l’entité de nous-mêmes, c’est notre être, c’est ontologiquement parlant être soi, à la manière où Dieu est lui-même également.
Par la conscience, Dieu nous offrit notre être et notre âme.
Et si l’on ne peut rien faire contre elle, alors il faille tendre de toutes nos forces pour qu’elle aille dans le bon sens.
Car une fois effectués les mauvais choix, c’est fichu, on se damne.
Et on se damne un peu tous les jours, par les voies du péché ; c’est-à-dire par un usage mal orienté de notre liberté.
C’est au contraire se respecter que de limiter notre liberté à ce qu’elle doit viser.
Ceux qui croient que, parce que la liberté donne le sentiment, et en fait l’illusion, de se croire capable de tout, qu’ils peuvent tout se permettre à cause de cette liberté sont dans l’erreur.
Être libre, c’est devoir savoir ce qui est bon pour nous.
Et donc c’est être libre, certes, mais de ne pas faire ce que l’on ne doit pas faire.
Par la liberté, l’homme se damne ou se sauve lui-même, en tant qu’âme mal ou bien orientée vers son origine et sa finalité.
La liberté est un don offert avec la conscience.
Pour autant que ce soit un cadeau, il faille comprendre qu’il est à double tranchant.
Par la liberté, on peut autant se libérer que s’aliéner.
Si on ne peut rien faire contre la liberté de conscience, il faille alors tout faire pour – pour l’éclairer, la guider, l’orienter et bien la choisir.
Si certains font de la liberté de conscience, une prison de conscience, par la mort éternelle choisie, à l’encontre de Dieu qui aurait du être pris pour sauveur ; les autres doivent user de la liberté de conscience comme instrument menant la conscience sur la bonne Voie : celle de la voix de Dieu, qui nous parle, à l’intimité de cette conscience qui est nôtre, lorsque nous sommes assez fiables, dignes ou conscients, pour l’entendre nous faire part de sa volonté s’accordant à la nôtre.
La liberté de conscience est la voie royale pour obéir – ou désobéir – au Roi de notre vie, qui est Dieu comme absolu à comprendre pleinement, à désirer parfaitement et à aimer infiniment.
La liberté de conscience est le moyen par lequel nous pouvons atteindre Dieu en son être – car son Être est liberté de conscience.